• Royal « manque de dignité » selon Fillon

    L.S. et J.B. (lefigaro.fr) avec AFP
    04/07/2008 | Mise à jour : 17:48 |
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    Pour Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy n'est « absolument pour rien » dans la libération d'Ingrid Betancourt.
    Pour Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy n'est « absolument pour rien » dans la libération d'Ingrid Betancourt. Crédits photo : AFP

    Le premier ministre a sévèrement répliqué aux déclarations de l'ex-candidate socialiste sur Nicolas Sarkozy et l'éventuelle récupération politique de la libération d'Ingrid Betancourt. Royal riposte.

    « Je trouve que c'est un manque de dignité totale ». François Fillon a rudement contre-attaqué après la sortie de Ségolène Royal, qui a estimé que Nicolas Sarkozy n'était « absolument pour rien » dans la libération d'Ingrid Betancourt et prévenu qu'« une récupération politique serait décalée ».

    « Elle était comme une petite fille dans une cour de récréation », a ajouté le premier ministre devant un groupe de journalistes au deuxième jour de sa visite officielle au Canada. Pour finir, il l'a renvoyée aux conseils de son ex-compagnon François Hollande : « Elle aurait dû écouter (le premier secrétaire du PS) qui s'est comporté plus en homme d État ».

    Jean-Pierre Raffarin, ex-premier ministre, a lui aussi tancé la figure socialiste, estimant que ses propos relèvent « de polémiques secondaires dignes de politiciens secondaires » et « d'agitation politique ». D'autres personnalités de droite ont répliqué à l'unisson. « Je ne pense pas que le besoin de se faire voir politiquement justifie un tel jugement », a déclaré Rama Yade sur LCI. « Je suis scandalisé que de tels propos soient portés sur la France et le président de la République depuis le Canada », a déclaré de son côté Roger Karoutchi, secrétaire d'État chargé des relations avec le Parlement. « Je suis consterné de voir que quelqu'un qui a été candidate à l'élection présidentielle rompe l'unité nationale qui s'est faite, au delà de tous les clivages, sur la libération des otages, et notamment sur celle d'Ingrid Betancourt et affligé de voir que décidément le sectarisme peut ne pas avoir de limites », a-t-il conclu.

    Les personnalités de droite ont même reçu un allié issu des rangs de la gauche pour dénoncer les propos de Royal. Dans un communiqué, l'ancien ministre Jack Lang a estimé vendredi que «minimiser» le rôle de Nicolas Sarkozy dans la libération d'Ingrid Betancourt relevait d'une «rare mesquinerie et d'un manque d'élégance morale». « Pour avoir personnellement participé à l'Elysée, en décembre dernier, à une rencontre entre le président Sarkozy et le président Chavez, je peux témoigner que le président français n'a pas ménagé sa peine pour arracher Ingrid Betancourt à ses geôliers », a-t-il ajouté.

    Royal appelle à la « décence »

    Devant la polémique, l'ancienne candidate socialiste a répliqué à son tour par le biais d'un communiqué. Elle dit « s'étonner de la polémique indécente soulevée par la droite et des propos très virulents tenus par François Fillon ». Avant d'ajouter : « Le moment n'est pas à la polémique politicienne ». Ségolène Royal justifie ensuite ses propres paroles, prononcées en réponse à des journalistes. Ces propos « se sont contentés de reprendre des faits admis par tous, et notamment par le secrétaire général de l'Élysée ». Claude Guéant avait affirmé jeudi sur France 3 que la France n'avait « pas pris part » à l'opération qui a permis les libérations. « Par ailleurs, ses propos ont été sortis de leur contexte puisque lors de son intervention, elle a appelé au respect des retrouvailles familiales si longtemps attendus et à la nécessité de n'alimenter aucune polémique », conclut Royal, invitant le gouvernement « à faire preuve d'un peu de décence. »

    «Je laisse Mme Royal à ses responsabilités. Qu'elle lise la presse française. Elle verra à quel point elle a choqué l'ensemble des responsables politiques français», a répondu François Fillon, citant notamment les propos de Jack Lang.

    Aussitôt après sa libération et à l'instar de ses enfants, Ingrid Betancourt avait remercié depuis Bogota le président Nicolas Sarkozy, son prédécesseur Jacques Chirac et son « ami » l'ancien premier ministre Dominique de Villepin.

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