News : La Cliqua
Dans le hip-hop français, c’est l’heure des reformations. Après NTM le mois dernier, le groupe parisien la Cliqua rempile à l’occasion du festival lyonnais l’Original hip-hop.
Réplique. Créé par un collectif d’associations du cru, l’Original, que dirige par Jean-Marc Mougeot, se rêverait à l’heure de sa cinquième édition en réplique du prestigieux festival de Montreux : «J’aimerais bien qu’on arrive à faire avec le hip-hop ce que Claude Nobs réussit en Suisse pour le jazz. Il est capable de passer trois ans à convaincre tel artiste de jouer avec un autre, juste chez lui. Un tel état d’esprit nous a incités à essayer de construire des projets innovants. Le retour de la Cliqua s’inscrit dans cet ordre d’idée.»
Composé de cinq membres, ce groupe a contribué à l’enrichissement du rap au milieu des années 90, travaillant aussi bien les expressions, que le débit et la coloration musicale. Armé de micros HF, la Cliqua sillonnait les concerts de Paris et de banlieue et défiait sur scène ses concurrents. Tandis qu’IAM, MC Solaar et NTM remportaient leurs premiers gros succès nationaux, la Cliqua, l’écurie Time Bomb (Oxmo Puccino, Lunatic, Xmen) et Ideal J faisaient du rap français un genre, une école. Leurs morceaux de l’époque, Conçu pour durer, Comme une sarbacane, sont devenus des classiques auxquels des artistes telle Diam’s font encore référence aujourd’hui.
Mais après deux albums, le groupe s’est séparé. Daddy Lord C, l’aîné, a développé une carrière de boxeur professionnel ; Rocca, d’origine colombienne, est parti à New-York pour travailler avec son groupe de Bogotá, Tres Coronas ; Egosyst s’est installé en Suisse; Kohndo a privilégié un rap instrumental, soul, à travers des albums solo ; Raphaël a repris ses études.
Bagout. «On se retrouve dix ans après, façon Patrick Bruel et sa Place des Grands Hommes», s’amuse Daddy Lord C, dans les coulisses du Transbordeur, où le groupe répète depuis une semaine. Les choses, selon lui, ont bien changé dans le rap français, «devenu soit trop "caillera", soit trop moral. J’en suis même venu à préférer écouter du rock. Le Velvet Underground ou Renan Luce me plaîsent plus que du faux rap où des enfants s’inventent des passés de bandits. Alors ce soir, on va faire les classiques, mais aussi nos morceaux solos, inédits pour la plupart».
Source et rédaction de cet article : Libération









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