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		<title>Le Schiste et l’Asphodèle</title>
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		<pubDate>Wed, 21 Oct 2026 09:03:07 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Roman Entre mémoire et merveilleux &#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160;&#160; Premier roman de Diana-Eva Filippi, publié aux éditions Maïa, Le Schiste et l’Asphodèle, nous entraîne au cœur de l’Alisgiani,&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div style="margin-bottom:20px"><img decoding="async" width="2560" height="1966" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/09/Couverture-Le-Schiste-et-lAsphodele-scaled.png" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" loading="lazy" /></div>
<p class="wp-block-paragraph">Roman</p>
<h1 class="wp-block-heading has-text-align-center"><strong>Entre mémoire et merveilleux</strong></h1>
<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <strong>Premier roman de Diana-Eva Filippi, publié aux éditions Maïa, Le Schiste et l’Asphodèle, nous entraîne au cœur de l’Alisgiani, dans un récit fantastique entre mémoire, légendes et transmission.</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; On y suit le destin de Battistu, un jeune homme arraché à l’enfer de la Première Guerre mondiale et projeté, un siècle plus tard, dans la Corse de 2017. Il se retrouve là confronté à une société qu’il ne reconnaît plus, sur un territoire qui lui semble étranger, où les maisons abandonnées, les chemins, les pierres et les paysages portent encore les traces de ceux qui y ont vécu.</p>
<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; À travers le regard neuf et parfois déstabilisant que Battistu pose sur la Corse contemporaine, Diana-Eva Filippi fait ainsi dialoguer deux époques et deux mondes.&nbsp; Le décalage, auquel Battistu se heurte, nous invite à questionner notre rapport au progrès, à la terre et au patrimoine, mais aussi les tensions entre héritage et modernité. Mais le récit de l’autrice défend aussi l’idée d’une culture vivante, capable de puiser dans son histoire pour continuer à évoluer.</p>
<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Entre réel et invisible, passé et présent, Le Schiste et l’Asphodèle nous propose ainsi une réflexion sensible sur ce qui nous relie à une terre, à une histoire, à ce que nous recevons de nos ancêtres et à ce que nous choisissons, à notre tour, de transmettre.</p>
<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-large"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/09/63377.png"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="682" height="1024" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/09/63377-682x1024.png" alt="" class="wp-image-13369" /></a></figure>
</div>
<h2 class="wp-block-heading"><strong>Rencontre avec Diana-Eva Filippi</strong></h2>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>PDC : Ce livre est votre premier roman. &nbsp;Depuis quand écrivez-vous ?</strong><strong></strong></p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Diana-Eva Filippi :</strong> L’écriture, sous forme narrative ou poétique, en français comme en langue corse, m’accompagne depuis ma plus tendre enfance. J’ai toujours éprouvé ce besoin d’exprimer l’intime à travers les mots. J’ai suivi une filière littéraire, puis les classes d’hypokhâgne et de khâgne à Bastia, avant de rejoindre Sciences Po Aix. Aujourd’hui, je suis cheffe d’un service de la Cullettività di Corsica. Ce parcours correspond à une conviction profonde : chaque culture, chaque peuple, a le droit d’exister, d’être entendu et reconnu. Cette conviction a fortement guidé ma plume pour ce premier roman, que j’ai voulu comme un vecteur des traditions et de la culture de l’île, sans renoncer à son ouverture vers les autres et vers l’avenir.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment est née l’idée du Schiste et l’Asphodèle ?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Le roman est né d’un frisson éprouvé en traversant les villages de Castagniccia, à l’automne ou en hiver, lorsque la brume, « a nebbia », s’accroche aux montagnes et semble ouvrir un entre-deux mondes. Le silence, les maisons abandonnées, leurs toitures effondrées ont nourri mon imaginaire. J’ai ressenti le besoin de redonner leur voix aux êtres qui avaient laissé les traces de leur existence entre ces murs, mais aussi aux pierres elles-mêmes, qui recèlent tant d’histoires.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pourquoi avoir choisi l’Alisgiani comme territoire du récit ?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">L’Alisgiani est ma vallée d’origine, mais je ne voulais pas simplement choisir un décor. J’avais besoin d’un territoire qui possède déjà sa propre mémoire, ses silences, ses cicatrices, afin que mes personnages puissent y inscrire leur histoire sans jamais être tout à fait séparés de celle qui les a précédés. Il y a dans cette vallée une matière particulière. La montagne y conserve les traces de ceux qui l’ont habitée, les maisons abandonnées semblent encore retenir quelque chose des voix qui les ont traversées, et les chemins eux-mêmes paraissent porter la mémoire des passages. L’Alisgiani est donc bien davantage qu’un ancrage géographique : elle est, à mes yeux, une mémoire en mouvement. Elle façonne ceux qui y vivent, ceux qui en partent et ceux qui en héritent.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le titre associe le schiste et l’asphodèle. Que symbolisent-ils ?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Ils appartiennent à deux univers qui semblent s’opposer. Le schiste est minéral, sombre, ancien, profondément ancré dans la terre. L’asphodèle est végétal, lumineux, fragile, presque aérien. Pourtant, dans mon imaginaire, ils se répondent.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Le schiste est la matière de la vallée, celle qui porte les maisons, les terrasses, les chemins et, avec eux, les traces de ceux qui nous ont précédés. Il est ce qui demeure lorsque les hommes passent.</p>
<p class="wp-block-paragraph">L’asphodèle renvoie davantage à la lumière, aux croyances, au merveilleux, à ce qui renaît. Cette tension entre ce qui reste et ce qui renaît, entre la mémoire et l’élan, le poids de l’héritage et la possibilité de l’inventer autrement, traverse le roman.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pourquoi faire basculer Battistu de la Première Guerre mondiale à la Corse contemporaine&nbsp;?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">La Première Guerre mondiale a marqué un tournant historique, mais aussi social et culturel, pour la Corse. Nous demeurons les héritiers de cette histoire. Nombre de familles se souviennent encore des pertes qui ont endeuillé leurs villages, tandis que les idées autonomistes ont poursuivi leur chemin jusqu’à se trouver aujourd’hui à la tête de la Cullettività di Corsica.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Je souhaitais rendre hommage à cette hérédité, à ceux qui étaient là avant nous et à ce qu’ils nous ont légué, comme à ceux qui viennent après nous, en créant un fil continu entre les générations, le passé et l’avenir.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Que vous permet le regard de Battistu sur la Corse d’aujourd’hui ?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Je voulais regarder notre présent à travers le regard d’un homme qui n’en connaît ni les évolutions ni les codes. Il vient d’un monde où l’attachement à la terre et au monde rural allait de soi. Que penserait-il de ces hectares de terre abandonnés, de ces terrasses ravagées par le temps, de ces fontaines dont nous avons oublié la source ? Pour autant, sacraliser le passé peut conduire à l’immobilisme. Il ne s’agit pas de choisir entre hier et demain, mais de comprendre ce que nous voulons conserver, ce que nous devons laisser évoluer et ce que nous souhaitons inventer. La culture est matière, elle est vivante.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>La mémoire et la transmission sont au cœur du roman. Pourquoi ces thèmes vous sont-ils si importants ?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Plus je m’imprégnais des univers de ma vallée, plus les voix de celles et ceux qui avaient quitté ces terres, par nécessité ou par choix, s’imposaient à moi. J’écris comme on se noie : profondément, intimement. J’ai besoin de m’immerger dans une bulle sensorielle, connectée aux sensations, aux couleurs et aux senteurs qui nourrissent l’imaginaire. J’espère, ce faisant, faire voyager mes lecteurs autant que je voyage moi-même lorsque j’écris.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quelle place accordez-vous aux croyances et à l’imaginaire dans votre manière de raconter la Corse ?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">La Corse détient, à mes yeux, une portée mystique incommensurable. Ses paysages semblent naturellement se situer à la frontière du réel et de l’invisible. Comment ne pas imaginer, devant certaines crêtes ou certains villages abandonnés, les récits et les croyances qui peuplaient autrefois l’imaginaire de nos ancêtres ? Voilà comment je ressens la Corse : elle m’enveloppe et développe, sans même que je m’en aperçoive, les confins des mondes qu’elle nourrit au plus profond de mon cœur.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le chant polyphonique occupe aussi une place importante dans le récit</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Le chant polyphonique est une manière de parler de ce qui nous relie, de ce qui naît entre les êtres et qui, précisément parce qu’il ne peut appartenir à personne, devient plus grand que chacun d’eux. C’est ce que m’inspire la Quinte ou « A Voce Anghjulina ». Lorsque les voix d’un chœur s’accordent avec justesse, une voix supplémentaire peut sembler surgir. Elle n’appartient à personne et appartient pourtant à tous. Cette idée me semble porter une belle métaphore de la transmission. Nous sommes faits de voix qui nous précèdent, de celles que nous rencontrons et de celles auxquelles nous choisissons de répondre. Et parfois, de cette rencontre naît quelque chose que nul n’aurait pu faire exister seul.</p>
<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;J’avais donc envie que la polyphonie soit davantage qu’un décor sonore : qu’elle devienne une clé de lecture du roman.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Au-delà de l’histoire de Battistu, que souhaiteriez-vous que le lecteur retienne de cette rencontre entre « hier et demain » ?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Je n’aimerais pas tant que le lecteur referme ce livre avec une image de la Corse, qu’avec une sensation : celle d’une terre vivante, profondément liée à son histoire, mais dont le cœur continue de battre au présent. Nous recevons une histoire, une langue, une terre, des gestes, des silences ; puis vient le moment où il nous faut décider de ce que nous en ferons. Le passé n’est pas une destination. Il est une matière dans laquelle chacun peut puiser pour construire ce qui vient. Une culture véritablement vivante n’est pas celle qui se protège du temps : c’est celle qui sait lui répondre.</p>
<p class="wp-block-paragraph">
<p class="wp-block-paragraph">
<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-large is-resized"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/09/Couverture-Le-Schiste-et-lAsphodele-scaled.png"><img decoding="async" width="1024" height="786" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/09/Couverture-Le-Schiste-et-lAsphodele-1024x786.png" alt="" class="wp-image-13368" style="aspect-ratio:1.302801119448031;width:635px;height:auto" /></a></figure>
</div>
<div class="wp-block-group">
<div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le Schiste et l&rsquo;Asphodèle</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Diana-Eva Filippi</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">aux <strong>Éditions Maïa</strong></p>
</div>
</div>
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			</item>
		<item>
		<title>Réinventer La Poste au plus près des territoires</title>
		<link>https://corsicaradio.fr/reinventer-la-poste-au-plus-pres-des-territoires/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[lepressing]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Oct 2026 12:28:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la une]]></category>
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					<description><![CDATA[D’Olivier Kozar, on pourrait retenir un «&#160;Tour de France&#160;» professionnel, de la RATP à La Poste, au fil des territoires et des missions de service&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div style="margin-bottom:20px"><img decoding="async" width="912" height="600" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-28-a-14.29.05.png" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" /></div>
<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-28-a-14.29.05.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="912" height="600" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-28-a-14.29.05.png" alt="" class="wp-image-13392" /></a></figure>
<p class="wp-block-paragraph">D’Olivier Kozar, on pourrait retenir un «&nbsp;Tour de France&nbsp;» professionnel, de la RATP à La Poste, au fil des territoires et des missions de service public. Son parcours l’a conduit jusqu’en Corse, où il découvre un territoire dont la culture, l’attachement à la terre et au collectif font écho à son propre parcours. À la tête de La Poste dans l’île, il aborde désormais un nouveau défi : accompagner la transformation de l’entreprise et de ses métiers sans perdre le lien avec le terrain.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Par <strong>Caroline Ettori</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous avez pris vos fonctions en Corse cet été. Quel premier regard portez-vous sur La Poste dans l’île ?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">J’ai découvert une équipe très humble au regard du travail mené ici. Pourtant, beaucoup de choses méritent d’être vues et entendues. J’ai notamment découvert des actions qui demandent du courage : la relation avec les élus, la recherche de solutions locales pour maintenir une proximité avec les clients et les usagers, le travail pour répondre aux fractures géographiques et numériques ou encore l’accompagnement des publics fragiles.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Le contexte géographique et humain est complexe, avec des villages isolés et, à l’inverse, des zones urbaines où se concentrent davantage l’économie et l’emploi. La question est donc de savoir comment La Poste peut répondre au mieux aux attentes de la population dans ce nouvel environnement. Dans un contexte de baisse des financements publics, nous devons trouver des solutions et nous adapter. Beaucoup d’actions sont déjà engagées autour de la ruralité. En tant que directeur qui chapeaute l’ensemble des activités du groupe en Corse, mon rôle est de faire connaître et de promouvoir ces actions.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quelles sont vos grandes priorités pour les prochaines années ?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">La première est de poursuivre le développement déjà engagé. La deuxième consiste à construire des viviers de compétences locaux. Il faut être capable d’identifier des profils et des compétences acquises par l’expérience, parfois en dehors des parcours scolaires classiques. C’est ce que j’appelle « l’école des talents ». L’objectif est de repérer les viviers qui nous permettront à la fois d’accompagner les départs à la retraite et de répondre à l’émergence de nouveaux métiers.</p>
<p class="wp-block-paragraph">La troisième priorité est la proximité, notamment à travers notre maillage territorial. Dans les zones où il y a peu d’habitants et peu de services, notre présence reste essentielle.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans les villages, la disparition d’un bureau de poste est souvent vécue comme un recul. Comment envisagez-vous l’évolution de ce maillage ?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">La présence postale est encadrée par des obligations de maillage et, en Corse, nous sommes au-dessus du niveau minimal prévu par la loi, avec 95,4% en Corse-du-Sud et 93,2% en Haute-Corse de la population se trouvant à moins de 5 km et à moins de 20 minutes de voiture d&rsquo;un point de contact postal.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Mais le sujet est aussi celui du financement. La Poste demeure chargée de quatre missions de service public : le service universel postal, l’aménagement du territoire, l’accessibilité bancaire et le transport et la distribution de la presse. Ces missions demeurent, mais les actions qui permettent de les assurer doivent évoluer pour répondre aux nouveaux besoins des populations et aux réalités des territoires.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Jusqu’à présent, un système de péréquation permettait notamment de financer certaines agences postales portées en partenariat avec les communes. Aujourd’hui, les moyens alloués par l’État sont moins importants et dépendent notamment de la fréquentation. Dans certaines agences rurales, celle-ci est extrêmement faible, avec seulement quelques visiteurs par semaine.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Une solution pourrait être la mutualisation de différents services comme par exemple un commerce et les services postaux.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment cette présence peut-elle être réinventée concrètement ?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Les usages ont profondément évolué, accompagnés d’une diminution drastique du courrier en même temps qu’une progression forte du colis. Le colis est toutefois une activité concurrentielle : il ne relève pas, contrairement à certaines de nos missions de service public, des mêmes obligations de présence sur l’ensemble du territoire mais il offre une opportunité d’évolution.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Notre point fort reste la présence du facteur 6 jours sur 7, sa connaissance fine du territoire et son capital confiance. Aujourd’hui, son métier ne se limite plus à la distribution du courrier et des colis. C’est ce message que nous devons faire passer aux élus, mais aussi à nos clients et à nos usagers.</p>
<p class="wp-block-paragraph">« Veiller sur mes parents », le portage de repas ou de médicaments, le recensement, le recyclage des matériels de bureau ou des vêtements professionnels… : autant de services de proximité proposés par nos facteurs, qui sont de véritables acteurs du lien social et territorial.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Nous travaillons également sur des points de service ruralité qui pourraient être intégrés à d’autres activités locales : un commerce, une bergerie ou encore un office de tourisme. Ces lieux pourraient proposer certains services de La Poste, comme l’oblitération, la vente de timbres, d’enveloppes ou d’emballages pour les colis.</p>
<p class="wp-block-paragraph">L’intérêt est double : ces points de service peuvent offrir des horaires d’ouverture plus larges que ceux d’un bureau de poste et, pour l’activité qui les accueille, attirer une clientèle supplémentaire. C’est également une chance pour les emplois insulaires, il est possible d’avoir un emploi dans son village.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>La Corse est un territoire où la question de la proximité prend une dimension particulière…</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Oui, clairement. La proximité est une vraie force pour La Poste en Corse, notamment par rapport à la concurrence. Nous avons une présence sur le territoire et une relation avec la population qui constituent un avantage.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Cette proximité concerne également les services bancaires. La Banque Postale peut notamment aujourd’hui intervenir dans l’ouverture de comptes et l’accompagnement des publics, des plus privilégiés aux plus précaires en mixant l’humain et le digital pour un conseil au plus près.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Mais cette proximité représente aussi un défi dans un territoire à la géographie complexe. Certaines habitations sont difficiles d’accès en véhicule et les facteurs doivent parfois parcourir de longues distances à pied, avec des colis de plusieurs dizaines de kilos. Nos factrices, facteurs et chargés de clientèle font preuve d’un engagement remarquable. Ces réalités posent la question de leurs conditions de travail, auxquelles le Groupe est particulièrement attentif. Les épisodes de canicule vécus cet été nous le rappellent&nbsp;: nous devons continuer à adapter nos organisations et nos pratiques pour mieux protéger nos collaborateurs.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous avez mentionné votre relation avec les élus. Qu’attendez-vous de ces échanges ?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Comme je suis arrivé récemment, mon premier travail est d’aller à la rencontre des élus et des institutionnels, de me présenter et surtout d’écouter leur vision de leur territoire, du petit village à une vision plus macro à travers mes échanges avec la Collectivité de Corse notamment. Pour assurer cette proximité opérationnelle, je m’appuie sur deux adjoints, l’un pour la Haute-Corse et l’autre pour la Corse-du-Sud, qui assurent le relais sur le terrain.</p>
<p class="wp-block-paragraph">L’objectif est de construire, avec l’ensemble des parties prenantes, les solutions postales de demain. Pour cela, nous devons écouter et comprendre l’évolution des usages et des besoins. C’est cette capacité à nous adapter collectivement qui fera la force de nos réussites futures.</p>
<p class="wp-block-paragraph">La question que je veux poser est celle de l’utilité : si nous maintenons une présence, qu’apporte-t-elle réellement encore aux habitants ? Et que pouvons-nous y ajouter pour qu’elle soit davantage utilisée ? Il peut aussi y avoir des intérêts communs. C’est cette logique de gagnant-gagnant que je veux développer.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le courrier baisse, le colis progresse, le numérique transforme les usages. Comment voyez-vous la transformation de La Poste et de ses métiers ?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">La transformation fait partie de l’histoire de La Poste. Si nous n’étions pas capables d’évoluer et de nous adapter, nous n’existerions plus. J’ai déjà évoqué le métier de facteur et les points physiques mais le numérique peut aussi apporter des réponses, notamment face à la fracture digitale.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, nous développons des outils qui permettent de réduire les tâches répétitives et font gagner du temps aux agents, afin qu’ils puissent davantage se consacrer au conseil, à l’écoute et à l’accompagnement.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Il faut également faire évoluer la relation à distance. Les personnes les plus isolées ou les actifs se déplacent moins facilement pour rencontrer un conseiller et peuvent préférer un échange par téléphone ou en visioconférence. Cela ne signifie pas que tout doit devenir numérique, mais que nous devons accompagner ceux qui sont moins à l’aise avec ces outils.</p>
<p class="wp-block-paragraph">L’enjeu est donc de faire évoluer les parcours tout en préservant l’accompagnement humain. Un client qui commence une démarche en ligne doit pouvoir, dès qu’il en ressent le besoin, échanger avec un conseiller. Nos collaborateurs font déjà vivre cette relation sans couture entre le numérique et l’humain, afin de proposer une expérience simple, fluide et sans rupture.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Les perspectives sont encourageantes et peuvent créer de nouveaux emplois en Corse. Certains services du centre financier d’Ajaccio, développés localement, notamment autour du surendettement ou du microcrédit, prestent également à l’échelle nationale.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>La transformation concerne la transition énergétique. Comment l’envisagez-vous en Corse ?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">La transition énergétique est déjà engagée depuis longtemps au sein du Groupe. Depuis plus de vingt ans, La Poste réduit son empreinte carbone, notamment en électrifiant progressivement sa flotte et en développant le photovoltaïque dans ses bâtiments. La Banque Postale joue, elle aussi, un rôle important dans le financement de cette transition.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Ces engagements sont reconnus à travers plusieurs distinctions ESG — environnementales, sociales et de gouvernance. Elles saluent les performances extra-financières du Groupe et la solidité de sa démarche en matière de développement durable. La Poste figure ainsi dans la Liste A du CDP Climate Change, parmi les 4% des quelques 20 000 entreprises évaluées en 2025. Elle est également classée numéro un mondial, tous secteurs confondus, par Moody’s ESG Solutions, et se situe dans les 3% des entreprises les mieux notées de son secteur par EcoVadis.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous revenez souvent à l’idée que les solutions doivent venir du terrain. Pourquoi ?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Parce que des solutions existent déjà, inventées par les postières et postiers eux-mêmes. Mon rôle est de les écouter, de repérer ce qui fonctionne et de voir ce que nous pouvons ensuite reproduire ailleurs.</p>
<p class="wp-block-paragraph">C’est aussi, pour moi, une façon de réapprendre mon métier dans ce contexte insulaire, avec ses habitudes, ses contraintes et ses réalités. Mon expérience m’a permis de parcourir de nombreux territoires et d’accompagner différentes transformations du service au public et auprès des entreprises et collectivités. Mais chaque territoire oblige à regarder les choses autrement.</p>
<p class="wp-block-paragraph">La transformation pour la transformation ne signifie rien. Il s’agit de transformer les missions, les outils et les métiers tout en trouvant les moyens de continuer à dynamiser les territoires et à pérenniser les emplois.</p>
<p class="wp-block-paragraph">C’est finalement le fil conducteur de mon parcours : aller sur le terrain, écouter, comprendre les réalités locales et construire des solutions avec ceux qui les vivent. Mon expérience me donne des repères, mais elle ne remplace pas cette écoute. En Corse plus qu’ailleurs, je veux partir de cette réalité pour construire La Poste de demain sans perdre ce qui fait sa force : la proximité, la confiance et ce lien humain fondé sur la parole donnée.</p>
<h4 class="wp-block-heading"><strong>LA POSTE EN CORSE ET EN CHIFFRES</strong></h4>
<p class="wp-block-paragraph">1&nbsp;450 postières et postiers</p>
<p class="wp-block-paragraph">191 points de contact répartis sur l’ensemble de l’île</p>
<p class="wp-block-paragraph">447 tournées dont 56% en zone rurale</p>
<p class="wp-block-paragraph">15&nbsp;000 km parcourus par jour par les factrices et facteurs, 6 jours/7</p>
<p class="wp-block-paragraph">
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les pompiers voient rouge</title>
		<link>https://corsicaradio.fr/les-pompiers-voient-rouge/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[lepressing]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 Oct 2026 08:58:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la une]]></category>
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					<description><![CDATA[Près de quarante jours de grève. Du jamais vu. Le mouvement revendicatif national des soldats du feu a été largement suivi. Dans l’île, il souligna&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div style="margin-bottom:20px"><img loading="lazy" decoding="async" width="650" height="638" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-28-a-10.58.01.png" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" /></div>
<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-28-a-10.58.01.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="650" height="638" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-28-a-10.58.01.png" alt="" class="wp-image-13362" /></a></figure>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Près de quarante jours de grève. Du jamais vu. Le mouvement revendicatif national des soldats du feu a été largement suivi. Dans l’île, il souligna les difficultés spécifiques qui accroissent le malaise général. Mais indique l’importante contribution des collectivités locales qui suppléent fortement au désengagement de l’</strong><strong>É</strong><strong>tat.</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Jean Poletti</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">La colère couvait depuis longtemps, se concrétisant sporadiquement avec de brèves flambées revendicatives. Cette fois, nul avertissement sans frais. La corporation dit son exaspération et engagea une opposition frontale avec le ministre de l’Intérieur, autorité de tutelle. Après plusieurs rencontres place Beauvau avec Laurent Nuñez, les représentants syndicaux se dirent floués et dépités. «&nbsp;Nous sommes en sous-effectif chronique, le matériel est vétuste ou insuffisant alors que nos missions se multiplient.&nbsp;» Tels sont les griefs majeurs qui sans conteste imposent une profonde mutation organisationnelle. Les déficiences logistiques eurent comme point d’orgue les violents incendies qui parcoururent dernièrement le pays. Malgré leurs efforts aux lisières de l’abnégation, les pompiers semblaient engagés dans une lutte inégale. Le bilan eut sans doute été plus important encore sans l’élan de solidarité citoyenne. Ici, des agriculteurs acheminant des citernes d’eau. Là, des entrepreneurs du bâtiment creusant à coups de bulldozers de vastes tranchées coupe-feux. Sans oublier de nombreux particuliers venus spontanément prêter main-forte.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Compassion insultante</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Dans un propos vraisemblablement puisé dans des éléments de langage dûment préparés, les émissaires du pouvoir saluèrent cette réaction populaire. Elle permettait ainsi de dissimuler les carences criantes en hommes et équipements. Sans verser dans l’énumération citons simplement pour fixer les esprits que nul masque ou protection efficiente contre les fumées toxiques ne fait partie des équipements conventionnels. Tandis que boissons et nourritures étaient gracieusement fournis par les riverains. Vous avez dit intendance en souffrance&nbsp;?</p>
<p class="wp-block-paragraph">La Corse, une nouvelle fois&nbsp;, ne fut pas épargnée par les flammes estivales. Elles n’eurent pas l’amplitude et la vigueur de celles qui se propagèrent en maints lieux de l’Hexagone. Pour autant, elles mobilisèrent les équipes, qui par ailleurs devaient faire face à leurs autres missions de secours.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ici et maintenant</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">En l’occurrence chez les gradés ou dans les rangs, tous disent à bon droit que durant la saison touristique la population augmente sensiblement, créant par effet logique une hausse des interventions. Elles s’ajoutent et se superposent à celles récurrentes des incendies.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Pourtant cette surcharge de travail s’effectue à personnels constants. Aussi la corporation insulaire réclame-t-elle une nouvelle stratégie qui réponde mieux aux besoins. En saine logique, la CGT, le STC et Avenir Secours dans une réelle unanimité se sont joints aux doléances générales, sans pour autant gommer des spécificités. Oui, du Cap à Bonifacio les tâches ne cessent de se multiplier. À l’évidence, les responsables nationaux font la sourde oreille. Bien évidemment sur le terrain la rupture rode.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Subventions locales</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, différence majeure, chez nous les deux Services départementaux bénéficient d’importantes subventions de la Collectivité de Corse. Sans forcer le trait, osons dire qu’elle pallie de manière significative l’inaction gouvernementale. Dans les allées du pouvoir a-t-on véritablement conscience de la décrépitude qui s’instaure au sein des casernes&nbsp;?</p>
<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des déclarations lénifiantes saluant la bravoure, l’autorité étatique fait depuis longtemps preuve d’une indifférence envers les personnels qui frise le dédain. Ils n’ont nul besoin de médailles ou de compliments, mais d’abord et avant tout d’outils de travail efficients et de recrues. Le reste n’étant que vaine littérature ou fausse mansuétude.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>&nbsp;</strong>En bannissant tout esprit polémique, cette attitude singulièrement décalée fut illustrée par un cliché d’un grand magazine. Elle représentait en une le président de la République s’adonnant tout sourire au jet-ski alors que le pays s’embrasait. Apparentement terrible. Nul ne demandait que l’hôte élyséen manie la lance à incendie. Ni même qu’il revête l’uniforme et le casque, mais qu’il se rende rapidement sur les lieux proies de flammes. Au moment où elles parcouraient les végétations et détruisaient habitations, hameaux, communes. Et pire encore provoquaient des morts. Il le fit mais lors des dernières braises. Et l’habitant de susurrer&nbsp;: pourquoi viens-tu si tard&nbsp;?</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’</strong><strong>É</strong><strong>tat prend le maquis</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Brisons cette parenthèse, qui peut sembler hors sujet. Elle campe cependant, mieux que longues digressions, la perception des princes qui nous gouvernent devant des calamités naturelles que les changements climatiques rendront malheureusement répétitives et habituelles. Pourtant, malgré les faits désastreux et les sombres perspectives, nulle réflexion n’est initiée en haut lieu. Pas même l’amélioration factuel du système en place. Qui pourtant atteint ses limites.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Dans un raccourci saisissant, revenons à notre région. Écoutons Lucien Rossini, délégué di U sindicatu di i travaglatori corsi dire sans ambages «&nbsp;l’apport financier des collectivités locales nous ont permis de renouveler presque entièrement le parc de véhicules, tout en permettant de restaurer les locaux&nbsp;». Comme en écho Lucien Rossini, représentant Avenir Secours de souligner en substance que «&nbsp;chez nous la prise de conscience salutaire des maires et de l’Assemblée territoriale n’est pas un vain mot&nbsp;».</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Au four et au moulin</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Sans verser dans l’extrapolation, chacun perçoit aisément que sans cette implication budgétaire, la situation des soldats du feu s’avèrerait en Corse proche de la paralysie. Combien sont-ils&nbsp;? Environ deux-mille-sept-cents, dont une large majorité de volontaires. Sans ces personnes qui épaulent les professionnels animés d’un sens civique aigu, nul doute que les quelque trente-six mille interventions annuelles ne pourraient être accomplies. Mais ce bénévolat qui ne dit pas son nom ne peut se substituer indéfiniment à l’absence cruciale de politique publique du pouvoir, devant conjuguer emplois supplémentaires et équipements nécessaires.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Toujours plus</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Doit-on rappeler que la protection des personnes et des biens est la prérogative régalienne de l’État&nbsp;? En l’espèce, dire qu’il n’est pas à la hauteur de sa tâche relève de l’évidence qui confine parfois à une sorte de non-assistance environnementale ou humaine en danger. «&nbsp;La réalité est chez nous vécue au quotidien&nbsp;», martèlent les sapeurs-pompiers. Ils font aussi remarquer que l’accroissement inexorable de leurs actions dans le rural est la conséquence des manques ou de la disparition des services publics. Voilà qui renvoie aux absences de soignants de proximité, et reflète une organisation du territoire laissant l’intérieur à la portion congrue. Toujours plus&nbsp;! Les pompiers sont devenus insidieusement taillables et corvéables à merci. Ils sont ceux qui se pressent auprès des blessés de la route ou lors d’accidents domestiques. Ils sont les premiers secours dans les villages. Et se muent même en libérateurs pour tirer de leurs fâcheuses situations des personnes bloquées dans l’ascenseur.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’étincelle du devoir</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Ce panel, qui croît sans cesse, ne rencontre chez eux nulle récrimination. Ils répondent présents sans l’esquisse de l’ombre d’une hésitation. Pourtant ils alertent. À l’impossible nul n’est tenu. En clair, les personnels manquent, à l’image des engins divers et variés pour les servir. Un exemple&nbsp;? Un camion équipé pour combattre les feux de forêts coûtait deux-cent-mille euros, aujourd’hui il faut débourser près du double. Que faire lorsque, comme cela est parfois le cas, ils sont vétustes&nbsp;? Les rafistoler avec les risques que cela comporte lors d’opérations&nbsp;? Les changer&nbsp;? Mais là encore la puissance publique fait la sourde oreille. Et ce sont dans des rituels désormais établis le pouvoir régional voire les mairies et les intercommunalités qui honorent les dépenses.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>U troppu stroppia</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Cette folle surenchère pourra-t-elleperdurer sans que les autorités, dites responsables, jouent l’Arlésienne&nbsp;? Est-il normal, qu’ici plus qu’ailleurs, un système pourtant essentielrésiste presque exclusivement grâce aux subventions locales&nbsp;? Alors il sedit dans les allées du pouvoir que les caisses sont vides. Nul ne le nie. Mais sauf à se lamenter, ceux qui depuismaintenant une décennie occupèrent les palais lambrissés, devraient à tout le moins faire leurmea culpa plutôt que de pérorersur les estrades de campagne ou jouer les cabotins lors de réunions internationales. Courroucés&nbsp;? Les syndicalistes le sont assurément. «&nbsp;On continue le job&nbsp;», dit l’un d’eux. Maisson engagement se teinte d’amertume. Avec ses collègues,il ne craint nullement d’affirmer qu’en comparaison avec d’autres services publics&nbsp;: « Nous sommes les parents pauvres de la République.&nbsp;»</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Effets dévastateurs</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">La tonalité se fait plus grave, le propos quitte la réaction épidermique et se veut prospective. En leitmotiv, il place sa diatribe dans sa véritable dimension. Délaissant nuances et euphémismes,il se faitporte-parole. L’État ne doit plus s’en remettreaux localités pour que les sapeurs-pompiers puissent remplir une fonctionqui est d’ordre national. Et dans une adresse, relayée par Corse Net Infos, d’asséner&nbsp;: «L’État doit comprendre que les collectivités ne peuvent pas subvenir à tous les besoins. Il faut qu’il mette la main à la poche. En contrepoint, dans une région frappée par la précarité, cet effort local que nul ne conteste atteint en onde de choc sur les finances insulaires et les habitants.&nbsp;» Point n’estbesoin d’être grand économiste pour comprendre que l’argent dévolu aux pompierspourrait manquer pour d’autres domaines. Car les capacités financières ne sont pas extensibles et impliquent des choix.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Niches de recettes</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Devant le mur du silence de Paris, des palliatifs sont imaginés.Le STC propose de nouvelles recettestelle une contribution surl’activité touristique. Le raisonnement&nbsp;? «&nbsp;La population locale payeles secours en montagneou l’assistance aux plaisanciers en détresse.&nbsp;»Dans le même temps, d’autres leaders syndicauxréclament «&nbsp;en urgence absolue&nbsp;» que les zones sensiblescomme l’extrême-sud bénéficientd’un supplément de moyens. Ellesallient en effet risquesde feu de forêt et suractivité liée au tourisme.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Toutefois le cahier de doléances, qui ne fait pas l’amalgame entre le possible et le souhaitable, met au jour la situation d’un corps de métiers dans lequel l’a engoncé trop d’inaction en haut lieu. Il convient ailleurs comme ici de revoir toute l’organisation. Étoffer les effectifs, leur donner les matériels nécessaires. Bref, en faire une réelle force de frappe de professionnels.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Réactiver la flamme</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Pour l’heure, doit-on le redire inlassablement, tant le différentiel est majeur ceux qui font carrière sont seulement vingt pour cent dans les casernes. L’écrasante majorité étant constituée de volontaires. Sans eux, qui laissent emplois, activités et occupation sitôt qu’ils sont alertés, rien ne fonctionnerait. Haro sur l’État&nbsp;? Oui. Dès lors qu’il rechigne à respecter ses obligations et honorer sa fonction. À moins que s’étant lui-même consumé dans une situation comptable inextricable, il prenne le risque de brûler ses vaisseaux. Et transmettre le fardeau au prochain gouvernement…</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
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		<title>Wellness Murtoli Pilates Club, le luxe de ralentir</title>
		<link>https://corsicaradio.fr/wellness-murtoli-pilates-club-le-luxe-de-ralentir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[lepressing]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 17 Oct 2026 08:47:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la une]]></category>
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					<description><![CDATA[Il y a des lieux qui invitent naturellement à ralentir. Des endroits où le silence, la lumière, les odeurs du maquis et la proximité de&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div style="margin-bottom:20px"><img decoding="async" width="496" height="464" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-28-a-10.51.05.png" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" loading="lazy" /></div>
<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-28-a-10.48.55.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="914" height="562" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-28-a-10.48.55.png" alt="" class="wp-image-13354" /></a></figure>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Il y a des lieux qui invitent naturellement à ralentir. Des endroits où le silence, la lumière, les odeurs du maquis et la proximité de la mer suffisent déjà à modifier le rythme d’une journée. Le Domaine de Murtoli appartient à cette catégorie rare. </strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Par <strong>Anne-catherine Mendez</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Du jeudi 29 octobre au dimanche 1er novembre 2026, il accueillera la 4e édition du Wellness Murtoli Pilates Club, une retraite pensée comme une véritable parenthèse de bien-être, loin des injonctions à la performance et des emplois du temps saturés. Preuve que cette expérience confidentielle, imaginée autour du mouvement, du bien-être et de la reconnexion à la nature, a su trouver son public. À l’origine de cette aventure, Santa Canarelli a imaginé un séjour à l’image de Murtoli : intime, élégant, authentique et profondément ancré dans son environnement. À ses côtés, Laetitia Antomarchi, professeure de Pilates et coach sportive du Domaine depuis six ans, accompagne les participants au fil des différentes éditions. Toutes deux partagent une même vision : celle d’un bien-être qui ne se résume ni à une séance de sport, ni à un programme imposé, mais qui se construit dans un équilibre entre le corps, l’esprit, la nature, l’alimentation et le temps que l’on s’accorde enfin à soi-même. L’idée paraît simple : pendant quelques jours, respirer, marcher, bouger, bien manger, se reposer et retrouver des sensations que le quotidien finit souvent par mettre à distance. Mais derrière cette apparente simplicité, tout est pensé pour créer une véritable rupture avec le rythme habituel.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le corps autrement</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Le Pilates constitue naturellement l’un des fils conducteurs du Wellness Murtoli Pilates Club. Travail de la respiration, mobilité, posture, renforcement profond, contrôle du mouvement : la discipline permet de retrouver une conscience plus fine de son corps. Mais ici, la performance n’est jamais une finalité. Il ne s’agit pas de compter les calories dépensées ou de repousser ses limites. Le mouvement est envisagé comme une manière de se recentrer, de se réapproprier son corps et d’en écouter les besoins. Chacun avance selon son niveau et son énergie du moment. La présence de Santa Canarelli et de Laetitia Antomarchi donne aussi au séjour une dimension particulièrement incarnée. Leur approche du Pilates dépasse la simple pratique sportive : il s’agit de transmettre une façon différente de bouger, plus consciente, plus attentive et plus respectueuse de soi.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Marcher entre mer et maquis</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">À Murtoli, impossible de dissocier cette expérience du lieu dans lequel elle prend vie. Le Domaine n’est pas simplement le décor de la retraite. Il en est presque un acteur à part entière. Le matin peut commencer par une séance de yoga, avant un petit-déjeuner en bergerie. Puis vient la randonnée, avec une marche soutenue sur les sentiers qui serpentent entre maquis et Méditerranée. On marche, on respire, on observe. Et ce qui pourrait n’être qu’une activité physique devient progressivement une autre manière d’habiter le temps. Il y a la pierre, les chemins, les senteurs méditerranéennes, la végétation, la mer au loin. Toute cette nature qui impose silencieusement son propre rythme et rappelle que l’on peut parfois retrouver de l’énergie simplement en cessant de courir.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le bien-être jusque dans l’assiette</strong></p>
<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-28-a-10.51.18.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="522" height="366" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-28-a-10.51.18.png" alt="" class="wp-image-13355" style="width:418px;height:auto" /></a></figure>
</div>
<p class="wp-block-paragraph">Cette philosophie se prolonge naturellement au moment des repas. Pendant le séjour, un chef privé prépare une cuisine saine, équilibrée et raffinée, conçue en cohérence avec un programme nutritionnel élaboré par une diététicienne. Les précédentes éditions ont notamment fait la part belle à une cuisine végétarienne et sans gluten. Mais là encore, aucune austérité. Les repas sont de véritables moments de partage, pris notamment dans l’intimité des bergeries. Parce que prendre soin de soi ne signifie pas renoncer au plaisir. Bien au contraire. Murtoli cultive ici un équilibre qui lui ressemble : la simplicité d’un produit, l’exigence d’une cuisine et le plaisir de se retrouver autour d’une table.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Retrouver le geste</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">La retraite propose également des ateliers créatifs, parmi lesquels la poterie ou d’autres pratiques manuelles. Cela pourrait sembler accessoire. Cela ne l’est pas. Travailler une matière, fabriquer quelque chose de ses mains, se concentrer sur un geste simple sont autant de moyens de ralentir l’activité mentale et de retrouver une forme d’attention que les écrans et le rythme quotidien ont parfois tendance à disperser. Pendant quelques heures, on ne produit rien d’urgent. On crée simplement pour le plaisir de faire.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une expérience volontairement intime</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">L’une des forces du <strong>Wellness Murtoli Pilates Club</strong> réside aussi dans le nombre volontairement limité de participants. Pas question ici d’une retraite standardisée accueillant des dizaines de personnes. L’expérience demeure volontairement confidentielle et permet à chacun d’être accompagné tout en conservant son propre espace. Les repas se partagent, les séances créent des liens, les randonnées invitent à la conversation. Mais chacun reste libre de vivre cette parenthèse à sa manière. C’est sans doute ce qui explique le succès des premières éditions et la programmation de plusieurs nouveaux séjours.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le luxe a changé de visage</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">À une époque où le mot « bien-être » est parfois devenu une promesse marketing, le <strong>Wellness Murtoli Pilates Club</strong> semble prendre le parti inverse. Pas de transformation spectaculaire promise en quelques jours. Pas de compétition. Pas de programme militaire. Simplement les conditions nécessaires pour retrouver un équilibre : bouger, respirer, marcher, manger avec plaisir, créer, dormir et regarder autour de soi. Le véritable luxe n’est peut-être plus d’en faire toujours davantage. Il consiste parfois à pouvoir s’extraire du bruit, du téléphone, des contraintes et des sollicitations permanentes. Trois ou quatre jours ne changent évidemment pas une vie. Mais ils peuvent suffire à modifier un rythme, à retrouver certaines sensations et, surtout, à se rappeler combien il est nécessaire de s’accorder du temps.</p>
<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-28-a-10.51.05.png"><img decoding="async" loading="lazy" width="496" height="464" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-28-a-10.51.05.png" alt="" class="wp-image-13356" /></a></figure>
</div>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Notre coup de cœur ?</strong> Cette manière qu’ont Santa Canarelli et Laetitia Antomarchi de remettre le Pilates à sa juste place : non pas comme une recherche de performance, mais comme une porte d’entrée vers un mieux-être beaucoup plus global. Et cette idée, finalement très simple, que dans un lieu comme Murtoli, prendre soin de soi commence peut-être par une chose devenue rare : accepter de ralentir.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Après le rendez-vous automnal du <strong>29 octobre au 1er novembre 2026</strong>, le <strong>Wellness Murtoli Pilates Club</strong> retrouvera ainsi le printemps corse avec deux sessions, <strong>du 15 au 18 avril 2027</strong> et <strong>du 22 au 25 avril 2027</strong>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
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		<title>Dissolution de la cité</title>
		<link>https://corsicaradio.fr/dissolution-de-la-cite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[lepressing]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 16 Oct 2026 12:26:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Le président de la République a décidé le 9 juin 2024, le soir des élections européennes, de dissoudre l’Assemblée nationale. Mais beaucoup lui reprochent d’avoir pris&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div style="margin-bottom:20px"><img loading="lazy" decoding="async" width="580" height="840" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-28-a-14.26.34.png" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" /></div>
<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-28-a-14.26.34.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="580" height="840" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-28-a-14.26.34.png" alt="" class="wp-image-13389" /></a></figure>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le président de la République a décidé le 9 juin 2024, le soir des élections européennes, de dissoudre l’Assemblée nationale. Mais beaucoup lui reprochent d’avoir pris une décision inopportune et incompréhensible. Il est vrai que la nouvelle Assemblée, n’ayant aucune majorité quelle qu’elle soit, rend le pays encore plus ingouvernable.</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Michel Barat, ancien recteur de l’Académie de Corse.</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Elle donne, malheureusement dans ses séances, un spectacle ubuesque qui défigure la République au point de la mettre en danger. Mais cette dissolution, aussi surprenante soit-elle, a été prise dans un mouvement peut-être inéluctable, de dissolution de la cité elle-même comme entité politique de la nation qui a été entamée, il y a bien des années, voire des décennies. Toute cité ne peut se tenir et perdurer que par un équilibre entre les idéaux et opinions de ses citoyens, ses forces économiques, ses classes sociales, garanti par un État qui doit demeurer fort pour exercer l’autorité. Tout en étant respectueux et protecteur de la liberté de chacun. La République de Platon est un des premiers ouvrages si ce n’est le premier de philosophie politique où est présentée une cité idéale, si idéale qu’elle est sans doute non seulement totalitaire mais impossible au point que Platon dut écrire un second grand ouvrage Les Lois censé réaliser au mieux son idéal théorique.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Gouverner ou administrer</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Dans le «&nbsp;livre&nbsp;V&nbsp;» de La République, il prononce cette formule qui résonne jusqu’à nous&nbsp;: «&nbsp;À moins que les philosophes ne deviennent rois dans les cités, ou que ceux qu’on appelle aujourd’hui rois et souveraines ne deviennent véritablement et sérieusement philosophes, … il n’y aura pas de terme aux maux des cités.&nbsp;» Bien entendu il faut entendre «&nbsp;philosophe&nbsp;» dans son sens grec et non pas dans son acception contemporaine. Aujourd’hui, le mot désigne un praticien ou un enseignant de la réflexion critique conceptuelle et argumentée au fil de l’histoire de la philosophie. En grec, depuis sa première attestation chez Héraclite et sa reprise forte par Platon, il signifie tout simplement «&nbsp;ami de la sagesse&nbsp;» et en matière de philosophie politique ami du bien commun. Quand il déclare donc qu’il faut que les philosophes soient rois, il indique qu’une politique se fait au nom d’une idée du bien public et qu’elle ne se limite pas à la gestion des affaires&nbsp;: le gouvernement des hommes ne se réduit pas à l’administration des choses.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Marxisme triomphant</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Ainsi Platon établit-il une tripartition sans doute trop stricte, trop exclusive des rôles dans une cité&nbsp;: les gouvernants qui tendent à la connaissance du Bien par la raison, les gardiens qui mobilisent leur courage pour la défendre et en troisième position les producteurs qui assurent les besoins matériels selon les désirs des citoyens.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Cette société est bien une société de classes voire de castes. Car elle oublie que chaque citoyen, quel que soit son rôle, peut et doit tendre vers le bien public.</p>
<p class="wp-block-paragraph">La pensée politique contemporaine renverse cette problématique. Car la satisfaction des besoins des gens est devenue première. Dans ce cas, c’est bien l’administration des choses qui décide du gouvernement des hommes. Bien entendu, cette vision de la cité, triomphe avec le marxisme qui affirme que l’économique décide en dernier ressort.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Citoyen «&nbsp;consommateur&nbsp;»</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">S’il est vrai que cette conception de la cité prend naissance chez les premiers socialistes comme Saint-Simon pour s’achever chez Karl Marx, elle a gagné aussi le libéralisme et le néolibéralisme pour qui la production de la valeur est l’activité clef de la prospérité ou de la pauvreté de la société. Mais ces derniers ont de plus considéré que la circulation de la valeur, c’est-à-dire la finance, l’emportait sur sa production. Quoi qu’il en soit, la pensée politique contemporaine est marquée par un dépérissement du politique au profit de l’administration des choses. Qui ne connaît plus des citoyens mais des consommateurs. La cité n’est plus le lieu privilégié de la réalisation d’une fin mais celui des moyens de satisfaire les désirs des individus. Elle a perdu sens pour prétendre à l’efficience. La cité se dissout en même temps que la politique. Comme le citoyen conscient du bien public disparaît derrière l’individu consommateur. Cette dissolution ouvre la voie à un retour du politique refoulé. Qui pourrait bien être tyrannique.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Marie-Pierre Pancrazi – Penser le grand âge autrement</title>
		<link>https://corsicaradio.fr/marie-pierre-pancrazi-penser-le-grand-age-autrement/</link>
		
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		<pubDate>Thu, 15 Oct 2026 08:33:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la une]]></category>
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					<description><![CDATA[Portrait Psychiatre, gériatre et spécialiste des troubles cognitifs, Marie-Pierre Pancrazi est la coordinatrice du Centre Mémoire de Ressources et de Recherche (CMRR) à l’hôpital de&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div style="margin-bottom:20px"><img loading="lazy" decoding="async" width="1920" height="2560" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/09/IMG_4062-scaled.jpeg" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" /></div>
<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/09/IMG_4062-scaled.jpeg"><img loading="lazy" decoding="async" width="768" height="1024" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/09/IMG_4062-768x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-13346" /></a></figure>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Portrait</strong> </p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Psychiatre, gériatre et spécialiste des troubles cognitifs, Marie-Pierre Pancrazi est la</strong> <strong>coordinatrice du Centre Mémoire de Ressources et de Recherche (CMRR)</strong> <em><strong>à l’hôpital de Bastia</strong></em><strong><em>,</em></strong> <strong>et préside également depuis sa création en 2024 le Gérontopôle di Corsica. Un engagement qui prolonge un parcours consacré au grand âge, mais aussi une histoire personnelle où la Corse, la transmission et la solidarité occupent une place particulière. Avec, en filigrane, la figure d’un grand-père dont les valeurs continuent de guider son regard sur le vieillissement.</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Par Karine Casalta</p>
<p class="wp-block-paragraph">Il y a des histoires familiales qui éclairent longtemps après un parcours professionnel. Pour Marie-Pierre Pancrazi, c’est son grand-père qui l’a sans aucun doute influencée. «&nbsp;Il venait passer l’hiver chez nous à Marseille. C’est quelqu’un qui a toujours beaucoup travaillé, qui aimait partager, qui aimait raconter des histoires. C’était un chanteur de paghjella, il inventait des poèmes… » Elle se souvient aussi d’une maison ouverte aux autres. « Il y avait toujours une assiette disponible pour la personne qui passait, à la maison. J’ai eu cette image-là. » Une image de solidarité et de transmission qui, avec le recul, lui apparaît comme déterminante. « Je ne l’ai pas tout de suite consciemment perçu, mais je me suis rendu compte après de l’importance qu’il a eue dans mon cheminement et dans mon attachement à la Corse et à des valeurs. »</p>
<p class="wp-block-paragraph">Quelques années avant sa mort, un accident vasculaire cérébral le rendra malheureusement aphasique. Pour sa petite-fille, cette expérience laissera une empreinte durable. « J’ai vu ce que ça pouvait donner de rentrer dans ce type de maladie et de perdre un peu ses repères. C’était très douloureux. Ça a sûrement influencé mon parcours, mon choix d’exercer la médecine et d’aller vers les personnes âgées. »</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Regarder la personne âgée dans sa globalité</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Son cursus médical commence ainsi par la psychiatrie, avant de s’orienter très vite vers la gériatrie et la mémoire. Exerçant au fil de sa carrière dans différents centres mémoire, dont certains qu’elle a créés, elle travaille également un temps à l’Agence régionale de santé (ARS) en Île-de-France, en charge des parcours des personnes âgées.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Une expertise qui lui permet de mesurer aujourd’hui combien le vieillissement dépasse le cadre médical : « Vous ne pouvez pas regarder la personne uniquement du côté de la maladie, mais vous devez la voir dans sa globalité. Car accompagner une personne âgée, c’est aussi accompagner une famille, des proches, une histoire de vie. Et prendre en compte tout ce qui conditionne le vieillissement en dehors du cabinet médical ou de l’hôpital&nbsp;: le logement, l’isolement, la mobilité, l’accès aux soins, la prévention, tous ces éléments très importants qui font partie d’un écosystème dont on ne se rend pas compte à quel point il nous porte jusqu’au jour où on devient fragile.&nbsp;»</p>
<p class="wp-block-paragraph">C’est ainsi, poussée par l’envie de se rapprocher des membres âgés de sa famille, qu’en 2015 elle décide de venir travailler en Corse. Son expérience liée à une appétence naturelle pour la santé publique et la vie citoyenne la conduisent alors immédiatement à collaborer avec tous les acteurs de la ville et du médico-social. « Je me suis rendu compte qu’il y avait en Corse une structuration très intéressante de l’abord multiple autour de la personne âgée, et notamment du grand âge. C’était donc intéressant de travailler à partir de ce qui se fait ici et non pas de reproduire forcément ce qui se fait ailleurs, puisqu’on a une grande singularité géographique et culturelle. » Une singularité qui prend une importance toute particulière face au vieillissement de la population insulaire. «&nbsp;On est déjà à 31% de la population qui a plus de 60 ans. La proportion augmente deux fois plus vite qu’ailleurs. En 2050, on va être à 40%. Donc on est déjà une île âgée. C’est un vrai changement sociologique. Nous vivons une transition démographique, il nous faut donc nous ajuster et travailler sur ce qui fait qu’on vieillit bien.&nbsp;»</p>
<p class="wp-block-paragraph">S’ajuster, de fait, c’est regarder bien au-delà du système de soins. « Il faut ajuster nos territoires, nos villes, nos logements. Il n’y a pas que la santé. » La question est d’autant plus sensible que les deux tiers des personnes âgées vivent dans le rural. Dans certains villages, elles représentent plus de 35% de la population. « Pour certaines personnes, accéder aux services, aux soins, c’est beaucoup plus long qu’en zone urbaine. Il faut avoir une voiture, il faut avoir accès à la mobilité. » Et puis il y a l’isolement. Celui des personnes qui vivent seules, mais aussi celui qui peut naître de la disparition progressive des solidarités familiales.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le Gérontopôle, un « assemblier »</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">C’est dans cette perspective de servir la cause du «&nbsp;Bien vieillir en Corse&nbsp;» que Marie-Pierre Pancrazi préside aujourd’hui le Gérontopôle de Corse qu’elle a participé à créer. «&nbsp;Sa création s’inscrit dans des axes qui existaient déjà, explique-t-elle, comme la politique Invechjà bè in Corsicaportée par la collectivité de Corse, qui avait déjà exploré des axes multiples et multidimensionnels, et a travaillé à mieux vieillir en Corse. Et puis, il y a le plan régional de santé de l’Agence régionale de santé de Corse, qui a mis la gériatrie en priorité. C’est le socle sur lequel s’est édifié le Gérontopôle. Et de préciser&nbsp;: le Gérontopôle ce n’est pas un lieu, ce n’est pas un guichet. C’est un acteur territorial qui se met au service des politiques publiques et qui sert d’assemblier.&nbsp;»</p>
<p class="wp-block-paragraph">Le rôle du Gérontopôle est en effet est de mettre en lien des acteurs qui interviennent à différents niveaux – aidants, citoyens, acteurs du médico-social, chercheurs, acteurs économiques et institutionnels, etc… afin de faire émerger des réponses adaptées au territoire pour améliorer la qualité de vie des aînés et anticiper les besoins futurs. « Notre vision est à 360 degrés&nbsp;!&nbsp;»</p>
<p class="wp-block-paragraph">Ainsi la recherche, notamment en lien avec l’Université de Corse, fait partie de ses axes de travail. Tout comme l’habitat, qui constitue un autre chantier de réflexion autour de logements adaptés au vieillissement. «&nbsp;La majorité des gens veulent vivre chez eux, rappelle la docteur Pancrazi, mais encore faut-il que ce chez soi ne soit pas un non-choix parce qu’on n’a pas les moyens d’aller ailleurs. » L’idée est donc de travailler sur la notion d’habitat intermédiaire, qui émerge beaucoup sur le territoire national, et pourrait être reprise chez nous, avec des petits regroupements de logements qui permettraient aux aînés de rester dans leur environnement habituel «&nbsp;Si ce n’est au village, tout au moins dans la piève, explique la docteur Pancrazi. Et pourquoi pas dans un cadre intergénérationnel, pour permettre à des jeunes familles de trouver un logement et d’associer des générations. (…)&nbsp;»</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une île qui doit se préparer à vieillir</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Labellisé par l’Union des Gérontopôles de France, il s’inscrit aussi au-delà d’un cadre régional à un niveau national, ce qui lui permet de profiter des instituts du vieillissement rattachés à l’UGF et des grands axes de travail portés au niveau de la Caisse nationale d’Autonomie. «&nbsp;On est dans une dynamique qui va plus loin que ce qu’on pourrait faire seul ici. Donc c’est très important pour nous qu’on ait ce relais, et qu&rsquo;on puisse ainsi participer à des actions qui sont nationales et parfois même internationales.&nbsp;»</p>
<p class="wp-block-paragraph">Le Gérontopôle joue également un rôle d’observatoire du bien-vieillir. Une mission que lui a dédiée la Collectivité de Corse, visant à faire un diagnostic des besoins du territoire et pouvoir ainsi agir avant d’en arriver à des situations d’urgence. C’est ainsi qu’une enquête réalisée avec l’Insee en juillet dernier a pu identifier des fragilités particulières chez les femmes âgées, souvent confrontées à la solitude, à la précarité et aux difficultés de mobilité. Un autre point critique est aussi l’arrivée massive, à laquelle il faut se préparer, de la génération baby-boom à un âge où les besoins de soins et d’accompagnement augmentent. Deux branches notamment, pour lesquelles il faudrait avoir des actions ciblées.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Prévention, accès aux soins, soutien à domicile, lutte contre l’isolement : les chantiers sont nombreux. Et derrière eux, une même conviction : il faut anticiper. « Car on peut parfois en arriver à des situations décompensées au niveau santé, ou de renoncement aux soins. [&#8230;] Et on se dit qu’on aurait pu anticiper cette fragilité. » Mais le Gérontopôle travaille aussi à rendre les initiatives existantes plus visibles. Une cartographie des actions consacrées au bien-vieillir devrait ainsi permettre aux habitants de mieux savoir vers qui se tourner. Il mène par ailleurs des actions de prévention, notamment autour des chutes et du repérage des pré-fragilités, et accompagne les initiatives destinées aux aidants.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Retrouver la place des aînés</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Mais derrière les dispositifs et les politiques publiques, c’est avant tout une certaine conception du vieillissement que défend Marie-Pierre Pancrazi. Celle d’une société qui ne réduirait pas les personnes âgées à leurs fragilités. « Nos aînés peuvent être très utiles en termes de transmission de savoir, de transmission de savoir-faire, et tout simplement d’accompagnement de générations plus jeunes. »</p>
<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, elle s’inquiète d’une société toujours plus rapide, numérique et dématérialisée, qui peut accentuer les fractures entre générations. « On a perdu peut-être en termes de sens de la vie, d’inclusion, parce que je ne trouve pas d’autre mot que celui-là, l’inclusion des différentes générations dans la société. (…) Si je reviens à mon grand-père, il a connu l’autosuffisance. Il vivait au rythme des saisons avec quelques animaux. Il se déplaçait à dos d’âne. Ensuite il a pris l’avion, mais voilà, il a connu l’arrivée de l&rsquo;électricité, et le début de la salle de bains… Il y a eu depuis le XXe siècle, une rupture de modernisation avec une temporalité qui s’est accélérée et qui génère de l’isolement. C’est un problème qui est d’ordre sociologique voire philosophique&nbsp;: comment accepte-t-on l’avancée en âge, en ajustant notre temporalité pour que tout le monde puisse s’y retrouver&nbsp;? Ce n’est pas évident&nbsp;!&nbsp;» Et d’insister sur le lien&nbsp;: « Il y a un enjeu de partage. » Marie-Pierre Pancrazi veut croire aux capacités de solidarité de l’île. « Il faut vraiment se dépêcher de créer des ponts et des liens entre générations. »</p>
<p class="wp-block-paragraph">Son regard est lucide, mais pas désabusé. Elle reconnaît les progrès sanitaires et sociaux, tout en posant une question essentielle : « On vit beaucoup plus longtemps, mais est-ce que la qualité de vie est associée aux années ? » Car finalement, ce que lui a transmis son grand-père, c’est bien l’idée que vieillir ne consiste pas seulement à avancer en âge, mais continuer d’avoir une place, des liens et quelque chose à transmettre. « Toutes ces personnes sont une force pour une société&nbsp;! »</p>
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			</item>
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		<title>Pénurie de logements sociaux</title>
		<link>https://corsicaradio.fr/penurie-de-logements-sociaux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[lepressing]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Oct 2026 12:22:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la une]]></category>
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					<description><![CDATA[&#160;La Corse cherche les clés  8 000 demandes pour 883 attributions. C’est la cadence infernale enregistrée chaque année auprès des bailleurs sociaux. L’île se retrouve aujourd’hui&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div style="margin-bottom:20px"><img loading="lazy" decoding="async" width="408" height="486" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-28-a-14.23.32.png" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" /></div>
<h1 class="wp-block-heading">&nbsp;<strong>La Corse cherche les clés</strong></h1>
<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-28-a-14.23.32.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="408" height="486" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-28-a-14.23.32.png" alt="" class="wp-image-13386" style="width:214px;height:auto" /></a></figure>
</div>
<p class="wp-block-paragraph"> <strong>8 000 demandes pour 883 attributions. C’est la cadence infernale enregistrée chaque année auprès des bailleurs sociaux. L’île se retrouve aujourd’hui submergée par des milliers de dossiers en attente. La Coordination de lutte contre l’exclusion, emmenée par le docteur François Pernin, ouvre le débat à Ajaccio le 14 octobre prochain.</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Jean Poletti</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Le foncier est-il une marchandise comme les autres ? La question posée par Edgard Pisani dans Utopie foncière<em>,</em> publié en 1977, n’a rien perdu de son actualité. L’homme politique avait prévenu&nbsp;: la manière dont une société organise la propriété du sol détermine, en partie, son organisation sociale et son pouvoir. Près d’un demi-siècle plus tard, cette réflexion résonne avec les tensions contemporaines autour du logement. En Corse, où le foncier est particulièrement convoité, les réponses sont à inventer. Posséder un toit s’avère difficile pour une partie de la population. À la salle de conférence de l’hôpital de Castelluccio, les expériences locales et nationales se confrontent. Mais avec un taux de précarité flirtant aux alentours des 20%, soit le plus élevé de France, ils sont de plus en plus nombreux à candidater auprès des organismes HLM.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pression spéculative</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Les inscriptions sur les listes s’envolent&nbsp;: + 33% en dix ans. Pourtant très peu aboutiront. Ces fins de non-recevoir hypothèquent parfois l’avenir. Obligent, en attendant, à envisager des solutions de repli. Quand elles existent. Une famille hébergée par des proches. Une autre sommée par ce choix cornélien&nbsp;: Payer son loyer ou se nourrir. Le tout sur fond de vie chère. Sommes-nous à la limite d’un système&nbsp;? En tout état de cause, il ne tient plus qu’à un fil. Loyers qui flambent. Biens disponibles devenus denrées rares. Achat souvent hors de portée. Le marché immobilier insulaire, sous contrainte permanente, y est bien pour quelque chose. Pour HyacintheChoury, président de la Commission «&nbsp;précarité-solidarité&nbsp;» au Conseil économique et social (CESECC), ce déséquilibre s’explique par «&nbsp;la très forte pression spéculative de la part d’investisseurs extérieurs&nbsp;». Ceux-là participent à «&nbsp;la réduction des capacités d’extension du parc social&nbsp;».&nbsp;Qui reste d’ailleurs, avec ses 16&nbsp;183 logements, l’un des plus faibles de France. Et représente à peine 10% des résidences principales. Contre 17% en France métropolitaine. Sans perdre de vue, non plus, que ce parc est aussi vieillissant. Se transformant souvent en fameuse «&nbsp;passoire thermique&nbsp;» sous les coups assénés du soleil et du mercure qui grimpe.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Concurrence des précarités</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Pas suffisant, toutefois, pour décourager&nbsp;les ménages d’y accéder. Bien souvent, les parcours des uns et des autres se croisent. Puis entrent en compétition. Jeunes actifs, retraités modestes, familles monoparentales&nbsp;: tous attendent le même logement à bas coût. «&nbsp;C’est&nbsp;la concurrence des précarités&nbsp;», explique Bruno Morel, président d’Emmaüs France. Un phénomène nouveau qui gagne aussi notre île. Parce que les logements sociaux ne sortent pas suffisamment de terre. Disons que le parc locatif ne progresse pas au même rythme que les besoins. Inverser la tendance qui plonge ces demandeurs sans réponse au bord de l’exclusion. C’est le message de François Pernin et de ses intervenants. Moins qu’un colloque, cette conférence incite à changer de regard. À l’image du colibri, ADN de cette journée d’échanges. Ce petit oiseau conté dans la légende amérindienne essaie, avec son bec rempli d’eau, d’éteindre un incendie gigantesque. À ceux qui doutent de son action, l’oiseau répond&nbsp;: «&nbsp;Je fais ma part.&nbsp;»</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Constructions solidaires</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Voilà le leitmotiv partagé par ceux qui témoignent que des solutions existent. En milieu urbain mais aussi rural, des constructions solidaires voient le jour. Ils sont la preuve qu’une autre voie est possible. À l’instar de Pierre Bellini, maire de Carbuccia. Dans ce village aux portes d’Ajaccio, le logement est pensé autrement. Avec ce projet d’écoquartier. Objectif&nbsp;: accueillir des nouveaux habitants sans sacrifier les terres ni diluer le village dans l’étalement urbain. 15 ou 20 logements par hectare sont prévus. Dans leur sillage, plusieurs formes d’habitat. Logements mitoyens, petits collectifs et maisons individuelles groupées. Fait notable, le PLU prévoit des possibilités de primo-accession. Sobriété foncière et maintien de la vie villageoise s’insèrent dans une même ambition&nbsp;: permettre aux jeunes, aux familles, aux personnes âgées de rester. Comme de s’installer dans la commune.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pousser les murs</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">À l’échelle nationale, Bernard Devert, chantre de la finance solidaire, a su faire preuve d’innovation. Président d’Habitat et Humanisme, il a développé un modèle faisant du logement un outil d’insertion. En achetant puis en réhabilitant des logements dans les villes. La mixité sociale pour seule doctrine. Comme lui, Alain Costes fait du foncier un atout plutôt qu’un handicap. À Ivry-sur-Seine, il a notamment accompagné le projet «&nbsp;Coop coteau&nbsp;» où dix familles ont mutualisé leurs ressources pour réaliser ensemble un lotissement. Tous sont là pour dire qu’il est possible aux demandeurs sociaux de trouver une place. À condition de pousser les murs. Au sens propre comme au sens figuré.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<item>
		<title>Démocratie – Femmes corses et politique : La conquête inachevée</title>
		<link>https://corsicaradio.fr/democratie-femmes-corses-et-politique-la-conquete-inachevee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[lepressing]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Oct 2026 08:25:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la une]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans une Corse en avance sur son temps sur le rôle des femmes dans la société, la parité est aujourd’hui chahutée. Entre mémoire vive et&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div style="margin-bottom:20px"><img decoding="async" width="592" height="496" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-28-a-10.31.09.png" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" loading="lazy" /></div>
<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-28-a-10.31.09.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="592" height="496" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-28-a-10.31.09.png" alt="" class="wp-image-13341" /></a></figure>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans une Corse en avance sur son temps sur le rôle des femmes dans la société, la parité est aujourd’hui chahutée. Entre mémoire vive et réalité institutionnelle, l’égalité est à bâtir.</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Jean Poletti</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Il est des symboles qui dépassent un scrutin. Le 1<sup>er</sup> juillet 2021, au lendemain des élections territoriales, la compétition politique se prolonge dans l’hémicycle de l’Assemblée de Corse. Trois femmes s’affrontent pour «&nbsp;le perchoir&nbsp;». Marie-Antoinette Maupertuis, Valérie Bozzi et Véronique Pietri se lancent dans la course à la présidence. Trois candidatures. Trois parcours. Trois sensibilités. L’image est forte. Elle raconte à elle seule des décennies d’évolution. Celle d’une histoire moins visible, faite de pionnières, de résistances, de combats, de doutes. Quand tenir les rênes du pouvoir était souvent une affaire d’hommes.</p>
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Donna so è donna sto&nbsp;», déclara une fois élue, Marie-Antoinette Maupertuis. Parallèlement, au Conseil économique et social de la Corse (CESEC), le président était aussi une présidente. Et Marie-Jeanne Nicoli de cheffer cet organe consultatif. Une première également . Changement de paradigme&nbsp;? Sans doute, tant la politique insulaire s’est longtemps écrite au masculin. Des grandes figures tutélaires aux réseaux notabiliaires et chefs de partis, les visages et les voix qui ont présidé au destin de l’île ont, à travers les époques, résonné avec l’univers patriarcal. En dépit des réelles avancées, y a-t-il encore chez nous un plafond de verre&nbsp;? En Corse, les femmes ont-elles vraiment conquis le pouvoir ou du moins une partie de la place qui leur revient&nbsp;?</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>« La chose publique dans les veines »</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;Certaines ont fait tomber les barrières. De façon presque instinctive. Sans attendre une loi et l’instauration de quotas. Joselyne Fazi est de celles-là. Et témoigne&nbsp;: «&nbsp;J’avais 15 ans. Je militais. J’avais la chose publique dans les veines.&nbsp;» Si la politique est bien souvent, chez nous, une affaire de famille, elle prend soin de préciser&nbsp;: «&nbsp;Je n’ai jamais succédé à mon père.&nbsp;» La rudesse du combat électoral, elle connaît ça par cœur. D’autant que l’affrontement autour des urnes, dans les villages, se teintait bien souvent d’inimitiés. Le pouvoir local possède cette particularité&nbsp;: il transcende régulièrement les seules étiquettes de droite et de gauche. Au point de se transformer en rivalité quasi personnelle. En 1983, elle arrache la mairie de Renno en Corse-du-Sud. À l’unanimité. La question du genre ne se pose pas. Elle sera réélue sans discontinuer jusqu’en 2021. «&nbsp;J’ai arrêté et commencé volontairement. » Multipliant les mandats et les responsabilités pour s’imposer également dans l’arène régionale. Conseillère territoriale, présidente de l’Association des maires de Corse-du-Sud, «&nbsp;Je n’ai jamais trouvé le temps long&nbsp;», estime-t-elle. Avec le recul , elle convient volontiers qu’«&nbsp;être maire, c’est gérer un problème par jour.&nbsp;» Il faut dire que la charge est lourde. De quoi décourager&nbsp;?</p>
<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-28-a-10.31.57.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="900" height="330" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-28-a-10.31.57.png" alt="" class="wp-image-13342" /></a></figure>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lanterne rouge</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Combien sont-elles&nbsp;à avoir franchi le pas&nbsp;? La féminisation est en marche. Parité oblige. Mais ses mécaniques se heurtent au système politique insulaire. Et à ses codes très puissants. L’échelon de proximité serait-il une citadelle imprenable&nbsp;? Le paradoxe avait déjà été pointé par la sociologue Mariette Sineau&nbsp;: «&nbsp;Être élue ne signifie pas exercer le pouvoir.&nbsp;» Un précepte particulièrement vivace en Corse. L’Insee a, récemment, jeté un pavé dans la mare. En publiant deux études très parlantes sur ce sujet. Avant et après les élections municipales des 16 et 22 mars 2026. Pas de rupture à l’horizon. Pourtant, nombreux pouvaient croire à la grande bascule. En ligne de mire, un nouveau mode de scrutin. D’ordinaire, «&nbsp;le système électoral influence le système partisan.&nbsp;» C’est l’acquis des lois dites «&nbsp;Duverger&nbsp;», son théoricien. Chez nous, l’exception a confirmé la règle. En dépit de la réforme imposant l’égalité homme/femme pour les communes de moins de 1&nbsp;000 habitants, la Corse demeure lanterne rouge. Ainsi , antérieurement aux scrutins de 2026, les femmes corses représentent 38% des élus municipaux mais seulement 12% des maires. C’est le taux le plus bas de toutes les régions françaises. En clair, seules 42 communes sur 360 sont alors dirigées par des femmes. Un chiffre bien inférieur à la moyenne nationale. Le statisticien constate que&nbsp;: « la proportion de femmes diminue à mesure que leur niveau de responsabilité augmente&nbsp;». Notre île accuse un retard de 9 points par rapport à l’Hexagone.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>2026&nbsp;: la désillusion</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Là-bas, quelle que soit la taille de la commune, un maire sur cinq est une femme. En Corse, c’est un maire sur dix. Une donnée identique depuis 2014. À l’échelle du continent, en l’espace de dix ans, pourtant, la place des femmes a augmenté dans les mairies, passant de 17 à 21%. Sur l’île, déjà à la traîne, aucune progression n’a été enregistrée sur cette même période. Conséquence, le décalage est encore plus flagrant concernant la population administrée. Seuls 5% des Corses vivent dans une municipalité dirigée par une femme, contre 19% au niveau national. Après les municipales de 2026, l’écart s’est creusé.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Entre temps, une réforme a fait irruption. Mettant fin au scrutin majoritaire avec candidatures individuelles. Et surtout, tournant le dos au fameux «&nbsp;panachage&nbsp;» dans les petits villages. Voter pour une liste respectant la stricte alternance homme/femme devient la règle. C’est l’entrée dans une nouvelle ère. Et cela ne fait pas l’unanimité. «&nbsp;Un casse-tête&nbsp;» concèdent en chœur plusieurs caciques. Sur l’île, 304 communes de moins de 1&nbsp;000 habitants sont concernées. Autant dire la majorité de l’échelon local, qui en compte 360 au total. La rupture est prometteuse. Lien social renouvelé en leitmotiv, la marche vers l’égalité semble à portée de suffrages. Espoirs douchés.</p>
<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-28-a-10.32.10.png"><img decoding="async" loading="lazy" width="902" height="332" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-28-a-10.32.10.png" alt="" class="wp-image-13343" /></a></figure>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Arithmétique et politique</strong> Quels sont les grands enseignements ? Mathématiquement, après les échéances de 2006, les femmes ont gagné des sièges et sont rentrées en nombre dans les conseils municipaux insulaires. On décompte 500 élues en plus. Sur le plan arithmétique, cela peut se lire comme une avancée. Derrière les chiffres, cette réalité : sur le plan politique, les femmes perdent encore du terrain.(&#8230;)</p>
<p class="wp-block-paragraph">&gt;&gt;&gt; la suite de cet article est à retrouver dans PDC d&rsquo;oct26 <a href="https://www.parolesdecorse.fr/boutique/" data-type="page" data-id="5591">en vente ici</a></p>
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		<title>Loi Littoral</title>
		<link>https://corsicaradio.fr/loi-littoral/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[lepressing]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 12 Oct 2026 08:21:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la une]]></category>
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					<description><![CDATA[La vague du changement Quarante ans après son adoption, la loi Littoral reste le pilier de la protection des côtes françaises. Mais pour les élus&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div style="margin-bottom:20px"><img loading="lazy" decoding="async" width="426" height="322" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-28-a-10.24.47.png" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" /></div>
<h1 class="wp-block-heading"><strong>La vague du changement</strong></h1>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quarante ans après son adoption, la loi Littoral reste le pilier de la protection des côtes françaises. Mais pour les élus des littoraux, le contexte a profondément changé. Jean-Charles Orsucci qui préside l’association évoque les plausibles mutations d’une règlementation qui n’est plus en adéquation avec la réalité</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Propos recueillis par <strong>Jean Poletti</strong></p>
<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-28-a-10.23.37.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="444" height="664" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-28-a-10.23.37.png" alt="" class="wp-image-13337" /></a></figure>
</div>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment s’est fédérée cette notion de changement dans la continuité&nbsp;?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">À l’occasion d’un échange avec des parlementaires à l’Institut de France, avec l’Association nationale des élus du littoral que je préside depuis un an. Nous avons présenté, ce 16 septembre à Paris, une série de propositions visant à faire évoluer son cadre sans remettre en cause ses principes protecteurs. L’invité d’honneur de nos travaux, Guy Lengagne, l’ancien ministre de la Mer de François Mitterrand et père de la loi Littoral l’a lui-même admis et encouragé.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Faut-il pour autant jeter le bébé avec l’eau du bain&nbsp;?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Absolument pas. Adoptée à l’unanimité le 3 janvier 1986, la loi Littoral a profondément marqué les politiques d’aménagement et de protection des côtes. C’est grâce à elle que nos territoires littoraux ne sont pas défigurés comme on peut le voir parfois ailleurs Europe.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pourquoi dès lors réactualiser&nbsp;?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">La raison est simple. Nos communes ne sont plus celles de 1986. Elles concentrent désormais une population plus importante, une activité économique considérable et des enjeux environnementaux de plus en plus complexes&nbsp;: plus de 8 millions de personnes vivent aujourd’hui dans les communes riveraines de la mer, soit environ 12% de la population française. À titre d’exemple, la densité littorale atteint 281 habitants au kilomètre carré, contre 119 en moyenne dans l’Hexagone.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sans doute, mais ces facteurs humains ne se doublent-ils pas d’aléas climatiques&nbsp;?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Bien sûr. À cette pression démographique s’ajoute une forte attractivité économique. Tourisme, activités maritimes, énergie, services et accès aux ressources font des territoires côtiers des espaces stratégiques. Mais cette attractivité s’accompagne également d’une vulnérabilité accrue face au changement climatique : recul du trait de côte, submersion marine, érosion, pression foncière, difficultés d’accès au logement, à l’eau ou à l’énergie, maintien des services publics.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les édiles peuvent-ils agir avec efficience pour juguler ces nuisances&nbsp;?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">En toute sincérité, je vous réponds par la négative. Les élus que nous sommes sont démunis parfois pour répondre à ces phénomènes. La loi n’a pas été suffisamment précise, certains décrets d’application ont tardé et c’est le juge administratif qui a dû pallier ces carences à coup de jurisprudences abondantes, donnant parfois lieu à des interprétations différentes d’un territoire à l’autre.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Est-ce à dire qu’à maints égards le remède est pire que le mal&nbsp;?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Ce que les maires affirment collectivement réside dans le fait que ces évolutions rendent nécessaire une nouvelle étape dans l’application de la loi Littoral<strong>.</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Cette assertion est-elle étayée&nbsp;?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Tout à fait. L’association a constitué, à la fin de l’année écoulée, un groupe de travail chargé de dresser un bilan de quarante années d’application du texte. Cette réflexion a associé analyse juridique et retours d’expérience des élus locaux.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Conclusions probantes&nbsp;?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Assurément. Un chiffre ressort particulièrement 53% des élus interrogés déclarent avoir déjà renoncé à un projet qu’ils considéraient comme nécessaire pour leur territoire en raison des effets de la loi Littoral. Parmi ces projets abandonnés ou empêchés, 33% concernaient des équipements et 22% pour le logement.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ces données forgent-elles au-delà des convictions une méthode que vous appelez de vos vœux&nbsp;?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">L’objectif affiché, faut-il le répéter, n’est donc pas de remettre en cause le principe de protection du littoral, nous y sommes tous collectivement attachés. Mais nous devons rechercher un nouvel équilibre entre protection environnementale et besoins des populations.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Cela passe-t-il par des prérogatives accrues pour les élus&nbsp;?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Pour l’ANEL, un droit plus clair, plus stable et davantage territorialisé doit permettre aux collectivités de protéger leurs espaces naturels tout en répondant aux besoins de logement, d’équipements et de services publics, plaide pour « une véritable loi des littoraux » capable de prendre en compte leur diversité. Les propositions présentées aux parlementaires s’organisent autour de six grandes priorités.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pouvez-vous les décliner à grands traits&nbsp;?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">La première vise à simplifier et sécuriser le droit du littoral. Nous proposons notamment de revoir certaines dispositions du code de l’urbanisme, de repenser le caractère intégrateur des documents d’urbanisme et de codifier la jurisprudence en l’adaptant et en l’assouplissant dans le cadre d’un «&nbsp;méga-décret&nbsp;» de simplification. Deuxième axe&nbsp;: adapter les règles d’aménagement aux réalités locales. Nous proposons notamment d’assouplir certaines règles concernant la densification des secteurs déjà urbanisés, les activités économiques nécessitant la proximité immédiate de l’eau ou encore les extensions de l’urbanisation dans les espaces proches du rivage lorsqu’il s’agit de services publics. L’ANEL souhaite également faciliter l’installation d’activités liées à la transformation des produits agricoles.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Il s’agit de lois cadre, l’insularité est-elle aux abonnés absents&nbsp;?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Pas du tout. C’est surtout la proposition d’une « loi îles » qui pourrait retenir l’attention des territoires insulaires. L’association propose des dispositions spécifiques pour les îles dépourvues de lien permanent avec le continent, afin de prendre en compte leurs contraintes particulières. Mais d’une préconisation, l’autre, nous inscrivons en troisième priorité la notion de faire davantage confiance aux collectivités. Aussi demandons-nous notamment la suppression du seuil démographique conditionnant l’appui de l’État aux communes littorales. Mais également un renforcement du rôle du Conseil national de la mer et des littoraux ainsi qu’une sécurisation de la gouvernance des ports permettant différents modes de gestion selon les circonstances locales.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Votre doctrine s’apparenterait-elle à être l’alter ego de la puissance publique&nbsp;?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Nous, LEN, défendons l’idée. Elle relèverait d’une gouvernance davantage fondée sur le partenariat entre l’État et les collectivités, avec une capacité accrue d’adaptation aux réalités de terrain.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quelle place faites-vous au changement climatique&nbsp;?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Il n’est pas omis dans nos préoccupations. Tant s’en faut. Le quatrième chantier concerne directement ce phénomène ainsi que l’érosion côtière. Notre association propose notamment d’adapter l’objectif de «&nbsp;zéro artificialisation nette » au recul du trait de côte et de créer un fonds spécifiquement consacré à l’érosion côtière. Elle demande également une évolution du dispositif actuel relatif au trait de côte, avec la généralisation des outils aujourd’hui réservés aux communes volontaires, ainsi que la mise en place par l’État de plans de prévention des risques littoraux sur l’ensemble des secteurs concernés.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quels sont les éléments qui complèteraient le profond toilettage de l’existant&nbsp;?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Les deux dernières priorités, et non des moindres, portent sur les équipements et l’habitabilité des territoires. On souhaite clarifier les conditions dans lesquelles peuvent être autorisés certains ouvrages et certaines voies sur le littoral, étendre certaines exceptions à la production d’électricité issue de la biomasse et simplifier la procédure d’autorisation des stations d’épuration. La logique est de permettre aux communes de maintenir leurs infrastructures et leurs services publics tout en respectant les objectifs de protection du littoral.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Inutile ici d’évoquer les conséquences des locations estivales, mais il semble opportun de connaître votre position&nbsp;?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">En un mot comme en cent, l’ANEL entend préserver l’habitabilité des communes littorales et sécuriser les usages. Elle propose notamment de sécuriser les dispositions de la loi du 19 novembre 2024, dite loi « Le Meur », relatives à la régulation des meublés de tourisme à l’échelle locale, que j’ai inscrit dans le PLU de la commune de Bonifacio. Un enjeu particulièrement sensible pour les territoires insulaires</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>La Corse, île entourée d’eau comme disait Emmanuel Arène ne connaît pas les mêmes enjeux que la Côte d’Azur et autres bords de mer. Chi fà</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Vous prêchez un convaincu. En corollaire de la réflexion nationale se dessine une question essentielle pour les territoires insulaires. Comment appliquer un même cadre juridique à des territoires dont les contraintes géographiques, économiques, démographiques et foncières peuvent être radicalement différentes ? Une « loi îles », telle indiquée par ailleurs, constituerait, à ce titre, l’une des évolutions les plus directement identifiables dans ce que nous souhaitons. Elle traduit la volonté de prendre en compte les spécificités des territoires insulaires dépourvus de liaison permanente avec le continent, sans que le communiqué ne détaille à ce stade le contenu législatif précis d’un tel dispositif. La Corse est naturellement partie prenante et est directement concernée par cette réflexion, elle est à bien des égards un laboratoire pour nos réflexions. Cependant ce que j’ai présenté aux parlementaires ne constitue pas encore une réforme de la loi Littoral. Cela vise à alimenter le débat et à ouvrir une nouvelle étape dans son application.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Est-ce si ardu a finalisé&nbsp;?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Derrière la simplification du droit se pose une question de fond : comment concilier durablement la protection des espaces littoraux avec le droit au logement, le maintien des services publics, le développement économique et l’adaptation au changement climatique&nbsp;? L’ANEL a poursuivi cette réflexion lors de son récent Congrès national au Mont-Saint-Michel, où une table ronde fut consacrée à ces conclusions. Les élus des littoraux eurent l’occasion de prolonger le débat sur l’évolution d’une loi qui, quarante ans après son adoption, demeure au cœur des politiques d’aménagement des côtes françaises</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un débat pourrait-il prendre une résonance particulière en Corse&nbsp;?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Tout à fait, nul n’infirme que la question de l’adaptation des règles nationales aux réalités d’un territoire insulaire constitue depuis longtemps un enjeu politique majeur d’aménagement et de développement. C’est le cœur même du débat sur l’autonomie.</p>
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		<title>Roland Frias : voyage poétique au revers de la lumière</title>
		<link>https://corsicaradio.fr/roland-frias-voyage-poetique-au-revers-de-la-lumiere/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[lepressing]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 10 Oct 2026 08:53:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la une]]></category>
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					<description><![CDATA[Voix bien connue du paysage médiatique et musical corse, Roland Frias se livre aujourd’hui sur un terrain plus intime. Journaliste sur les ondes de RCFM,&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div style="margin-bottom:20px"><img loading="lazy" decoding="async" width="900" height="718" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-28-a-10.53.49.png" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" /></div>
<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-28-a-10.53.49.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="900" height="718" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/09/Capture-decran-2026-09-28-a-10.53.49.png" alt="" class="wp-image-13359" /></a></figure>
<p class="wp-block-paragraph"><a></a><em><br /></em><strong>Voix bien connue du paysage médiatique et musical corse, Roland Frias se livre aujourd’hui sur un terrain plus intime. Journaliste sur les ondes de RCFM, chanteur et slameur, il signe avec Au revers de la lumière son tout premier recueil de poèmes paru en mai dernier chez Hello Editions.</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph"><a></a><strong>À travers des textes mûris au fil des ans, l’auteur explore nos ombres et les failles de l’existence, sans jamais se détacher d’un fil d’espérance. Entre sens du rythme, observation du monde et quête d&rsquo;universalité, rencontre avec un amoureux des mots au cœur de son univers poétique.</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Par <strong>Brandon Andreani</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>D’où vous vient cette passion pour l’écriture et, plus particulièrement, pour la poésie ?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Elle vient de loin, bien avant que l’écriture ne devienne une composante de ma vie professionnelle. J’écris depuis l’enfance. Ma mère a conservé certains de mes premiers poèmes, écrits à l’école primaire. Et il m’arrivait même, lorsque j’étais puni, de lui répondre en vers ! Cela peut prêter à sourire aujourd’hui, mais je crois que c’était déjà révélateur : les mots étaient ma façon la plus naturelle de traduire ce que je ressentais, de mettre un peu d’ordre dans ce qui m’agitait, parfois aussi de répondre au monde.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Il y a également une transmission familiale très forte. J’ai grandi dans un environnement où la parole avait une vraie valeur. Mon grand-père pratiquait l’improvisation poétique, le chjam’è rispondi, et pouvait toucher toute une assemblée en quelques vers. Mon oncle a lui aussi entretenu cette tradition. Entre le corse et le français, j’ai donc appris très tôt que les mots avaient un rythme, une musique, mais aussi que les silences pouvaient avoir autant de poids que ce qui était dit.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Le journalisme a prolongé ce rapport aux mots d’une autre manière. Il m’a appris à observer, à écouter et surtout à restituer les faits avec rigueur et fidélité. Dans mon métier, l’écriture est d’abord au service du réel, des faits et de ceux à qui l’on donne la parole. La poésie ouvre un autre espace : elle permet d’explorer ce qui relève davantage de l’intime, de l’émotion, de la mémoire, parfois de l’indicible. C’est d’ailleurs ce que j’écris dans l’avant-propos du livre : lorsque le monde m’échappe, l’écriture me rattrape.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le public vous connaît principalement comme journaliste, chanteur et auteur-compositeur, notamment à travers le slam. Qu’est-ce qui vous a poussé aujourd’hui à franchir le pas de la publication avec ce premier recueil ?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Peut-être précisément le fait que je n’avais jamais écrit avec l’objectif de publier un recueil. Certains textes ont plus de vingt ans. Pendant longtemps, ils ont accompagné différentes périodes de ma vie sans que je cherche nécessairement à les montrer.</p>
<p class="wp-block-paragraph">En revanche, l’écriture avait déjà trouvé d’autres voies. J’ai écrit des textes mis en musique, notamment avec Vogulera sur l’album In stu novu campà, mais également avec Florence Luccisano, dont je salue la mémoire, Emma Paggini, L’Alivetti, In Esiliu ou Cortex Sumus. Puis j’ai développé un univers plus personnel autour du slam avec le projet Sibyllin et trois singles. Toutes ces expériences ont façonné mon écriture : la musique m’a appris le souffle, le rythme, la nécessité qu’un mot sonne juste autant qu’il signifie quelque chose.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Le déclic pour Au revers de la lumière est venu lorsque j’ai repris l’ensemble de mes textes. Certains sont restés très proches de leur forme d&rsquo;origine, d’autres ont été profondément retravaillés ou réécrits, et de nouveaux sont venus compléter l’ensemble. Peu à peu, j’ai découvert qu’ils se répondaient&#8230; Malgré les années qui les séparaient, ils racontaient quelque chose de commun : nos chutes, nos doutes, ce qui nous abîme, mais aussi ce qui nous relève.</p>
<p class="wp-block-paragraph">A partir de là, je n’avais plus devant moi une collection de poèmes, mais un parcours. C’est cette cohérence qui m’a donné envie d’en faire un livre&#8230;.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vos textes ne masquent rien des épreuves ni des zones d’ombre de l’existence, tout en laissant toujours filtrer une lueur d’espoir. Est-ce là une véritable philosophie de vie que vous cherchez à transmettre ?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Oui, à condition de ne pas confondre l’espérance avec un optimisme de façade.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Je ne crois pas qu’il faille enjoliver ce qui fait mal. Le livre parle de chute, de doute, de harcèlement, d’absence, de solitude, de colère, de mémoire familiale. «&nbsp;L’écho des non-dits&nbsp;», par exemple, est intimement lié à la disparition de mes grands-parents paternels dans la catastrophe aérienne du Monte Renosu en 1962. Mon père et son frère jumeau n’avaient que trois ans, leur sœur aînée quinze. Cette absence s’est transmise dans la famille, beaucoup par les silences. La poésie ne répare évidemment pas cela. Mais elle peut donner une forme et des mots à ce qui en a longtemps manqué&#8230;</p>
<p class="wp-block-paragraph">C’est peut-être là que se trouve ma conception de l’espérance : non pas nier l’ombre mais chercher ce qu’elle peut révéler.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Le titre Au revers de la lumière vient de là. La lumière qui m’intéresse n&rsquo;est pas celle qui éblouit. Elle peut tenir dans un geste, une présence, un regard, quelque chose de presque imperceptible. Dans «&nbsp;Le retour du presque rien&nbsp;», par exemple, le renouveau n’arrive pas comme un grand bouleversement&nbsp;: il se manifeste dans des signes minuscules du quotidien. Dans «&nbsp;L’école de la chute&nbsp;», l’échec devient aussi apprentissage.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Donc oui, c’est probablement une philosophie de vie : accepter les failles sans s’y enfermer. Ne pas nier ce qui nous atteint, mais refuser que cela ait nécessairement le dernier mot.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Bien que la démarche soit intime, vous privilégiez le « tu » ou un « on » collectif&nbsp;: est-ce une manière d’inviter le lecteur à partager ce cheminement vers la lumière&nbsp;?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph"><a></a><em><br /></em>Absolument&nbsp;! Je ne voulais surtout pas écrire un livre qui resterait enfermé dans mon propre «&nbsp;je&nbsp;».</p>
<p class="wp-block-paragraph"><a></a>Le point de départ peut être très personnel mais la poésie devient véritablement intéressante, à mes yeux, lorsqu’elle permet à quelqu’un d’autre d’entrer dans le texte avec sa propre histoire. Le «&nbsp;tu&nbsp;» crée cette proximité. Il peut désigner une personne précise, le lecteur, mais aussi cette part de nous-mêmes à laquelle on s’adresse parfois lorsqu’on essaie de se relever ou de comprendre ce que l’on traverse.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><a></a>Le «&nbsp;on&nbsp;» produit un autre mouvement&nbsp;: il transforme une expérience individuelle en expérience partagée. «&nbsp;On tombe&nbsp;», «&nbsp;on cherche&nbsp;», «&nbsp;on doute&nbsp;»&#8230; À cet instant, je ne raconte plus seulement quelque chose qui m’appartient. Je parle de fragilités que nous pouvons tous connaître.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><a></a>«&nbsp;À toi qui subis&nbsp;» en est sans doute l’exemple le plus évident. Le texte parle du harcèlement scolaire, mais j’ai choisi de m’adresser directement à celui ou celle qui le subit. Je ne voulais pas parler sur cette personne, mais à elle. Cette différence de point de vue change tout.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><a></a>C’est aussi le sens du chemin proposé par le recueil : il part de zones très intérieures, puis s’ouvre progressivement aux autres, au lien, au monde, jusqu’à l’espérance. Le voyage commence peut-être seul mais il n’a pas vocation à le rester&#8230;</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment sont nés ces poèmes et d’où puisez-vous votre inspiration&nbsp;? Le processus de création poétique diffère-t-il fondamentalement de l’écriture d’une chanson&nbsp;?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">L’inspiration vient rarement de quelque chose d’extraordinaire. Elle vient surtout de l’attention.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Une scène aperçue dans la rue, une conversation, un visage, un comportement, un souvenir, une phrase entendue presque par hasard peuvent devenir le point de départ d’un texte. Mon métier de journaliste joue certainement un rôle : il m’a appris à regarder et à écouter, mais aussi à être attentif à ce que les gens ne disent pas.</p>
<p class="wp-block-paragraph">C’est très visible dans le recueil. «&nbsp;Les gens pressés&nbsp;» regarde cette course permanente dans laquelle nous sommes pris. «&nbsp;Mode avion&nbsp;» interroge notre dépendance aux écrans et ce paradoxe d’être constamment connectés tout en pouvant devenir absents à ceux qui nous entourent. À côté de cela, certains textes puisent dans une matière beaucoup plus intime : la paternité avec «&nbsp;Ici&nbsp;», les liens, l’amour, la mémoire familiale avec «&nbsp;L’écho des non-dits&nbsp;». Cette coexistence entre l’observation du monde et l’intime est probablement ce qui rapproche le plus ma poésie de mon regard de journaliste.</p>
<p class="wp-block-paragraph">La chanson et la poésie ne se construisent cependant pas tout à fait de la même manière. Une chanson doit très vite composer avec une musique, une métrique, une durée, un refrain éventuellement. Le texte doit trouver sa place dans un cadre sonore. Dans un poème, je peux laisser davantage la forme naître de ce que j’ai envie de dire&nbsp;: choisir la rime ou le vers libre, prendre le temps d’une image, d’un silence.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Mais il reste entre les deux une parenté essentielle&nbsp;: j’écris avec l’oreille autant qu’avec la plume. Je lis beaucoup mes textes à voix haute. Je cherche leur respiration, leur cadence, l’endroit où une phrase doit s’arrêter ou repartir. La chanson, le slam et la poésie empruntent des chemins différents, mais ils viennent chez moi de la même source : cette envie de trouver, pour une émotion ou une idée, les mots qui sonnent juste&#8230;</p>
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