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		<title>Caroline Cuttoli, l’instinct du regard avec Little Spot Agency</title>
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		<pubDate>Fri, 26 Jun 2026 14:42:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[À la tête de Little Spot Agency, Caroline Cuttoli accompagne les marques et les productions dans l’organisation de shootings photo et de campagnes dédiées à&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div style="margin-bottom:20px"><img decoding="async" width="1178" height="936" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-06-02-a-16.42.58.png" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" loading="lazy" /></div>
<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-06-02-a-16.41.40.png"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="540" height="710" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-06-02-a-16.41.40.png" alt="" class="wp-image-13084" /></a></figure>
<p class="wp-block-paragraph">À la tête de Little Spot Agency, Caroline Cuttoli accompagne les marques et les productions dans l’organisation de shootings photo et de campagnes dédiées à l’univers de l’enfance. Repérage de lieux, casting d’enfants, coordination des équipes… son agence met en valeur une Corse authentique et lumineuse, devenue un décor privilégié pour les univers familiaux et lifestyle.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Il y a des projets qui naissent après de longues études de marché, des stratégies bien établies ou des plans de carrière très précis. Et puis il y a ceux qui arrivent plus discrètement, presque naturellement, parce qu’à un moment de la vie, quelque chose fait sens. Quand Caroline Cuttoli évoque Little Spot Agency, on comprend rapidement qu’il ne s’agit pas simplement de shootings photo ou de jolies images destinées aux réseaux sociaux. Derrière cette jeune agence installée en Corse-du-Sud, il y a surtout une histoire de regard, d’intuition et de reconstruction personnelle. Créée officiellement en janvier 2026, Little Spot Agency est une agence de scouting et de coordination spécialisée dans le repérage de lieux et d’enfants pour des shootings photo, des productions et des projets éditoriaux. Le terme « scouting » reste encore peu connu du grand public. Pourtant, il désigne un travail essentiel dans les univers de la mode, de la publicité ou de l’image : celui qui consiste à repérer des décors, des atmosphères, des profils, des visages capables de raconter une histoire. Et c’est précisément ce qui anime Caroline.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Faire venir les marques en Corse</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">L’idée de Little Spot Agency est née grâce au parcours de sa fille Francesca dans le mannequinat enfant. Pendant plusieurs années, Caroline l’accompagne sur différents shootings, observe le fonctionnement des agences, découvre l’envers du décor des campagnes photo et des productions mode. Mais très vite, une évidence s’impose à elle : la Corse est quasiment absente de cet univers, alors même qu’elle possède tout ce que recherchent les marques aujourd’hui. Une lumière naturelle exceptionnelle, des paysages variés, des lieux authentiques, mais aussi des enfants au physique et aux profils très différents. « Pourquoi les marques ne viennent-elles pas ici ? » La question devient peu à peu le point de départ du projet. Caroline commence alors à imaginer une structure capable de faciliter l’arrivée des productions sur l’île. Une agence qui pourrait trouver des lieux, coordonner les besoins logistiques, mettre les marques en relation avec des prestataires locaux et proposer également des profils enfants pour certains projets. L’objectif est clair : faire en sorte que les marques viennent à la Corse, et non plus l’inverse.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un métier encore inédit sur l’île</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Créer Little Spot Agency n’a pourtant rien eu d’évident. Parce que ce métier n’existe pratiquement pas en Corse sous cette forme. Caroline a donc dû construire son activité presque seule, en se formant, en échangeant avec des agences de mannequins, en participant à des salons professionnels et en apprenant toutes les spécificités du secteur. Elle découvre notamment tout le cadre très réglementé du mannequinat enfant. En France, un enfant qui participe à un shooting est considéré comme un enfant qui travaille. Les démarches administratives, les autorisations et les contrats sont donc particulièrement encadrés. Caroline tient d’ailleurs à préciser qu’elle n’est pas une agence de mannequins. Son rôle est celui d’une repéreuse et coordinatrice. Lorsque les projets nécessitent un cadre légal spécifique, elle travaille avec plusieurs agences de mannequins agréées situées à Paris ou à Nice. Aujourd’hui, elle suit une cinquantaine d’enfants en Corse. Mais loin des clichés du mannequinat, Caroline insiste sur un point : elle ne recherche pas uniquement des enfants «&nbsp;parfaits&nbsp;». Ce qu’elle aime, ce sont les personnalités, les expressions naturelles, les enfants à l’aise, spontanés, capables de dégager quelque chose devant l’objectif. Et les marques aussi évoluent dans ce sens. Certaines recherchent désormais des profils plus vrais, plus proches du quotidien, loin des standards figés d’autrefois.</p>
<figure class="wp-block-image size-large"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-06-02-a-16.42.58.png"><img decoding="async" width="1024" height="814" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-06-02-a-16.42.58-1024x814.png" alt="" class="wp-image-13085" /></a></figure>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le goût des lieux et des histoires</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Au fil de la conversation, on réalise rapidement que ce qui passionne peut-être encore davantage Caroline, ce sont les lieux. Une plage cachée. Une bergerie dans le maquis. Une maison familiale tournée vers la mer. Une lumière de fin de journée sur une terrasse. Elle parle de ces endroits avec précision, presque avec émotion. Parce qu’un lieu, pour elle, ne doit pas être simplement esthétique. Il doit raconter quelque chose. Little Spot Agency accompagne ainsi les marques, magazines, hôtels ou productions dans la recherche de décors uniques en Corse : maisons pieds dans l’eau, hôtels, ruelles, paysages naturels ou ambiances plus urbaines. Mais Caroline ne se contente pas de proposer des adresses. Elle aime aussi imaginer une ambiance globale, construire une direction artistique, penser les détails qui donneront une âme aux images. Elle raconte notamment un shooting organisé récemment dans une structure hôtelière corse. Elle y a coordonné le lieu, les enfants, les accessoires, la décoration et même la mise en scène des moments de vie. L’objectif n’était pas de créer des photos figées, mais de raconter une journée simple : jouer, rire, manger ensemble, se baigner. Cette approche plus naturelle correspond parfaitement à l’évolution actuelle des campagnes lifestyle et mode enfant.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un projet né après une épreuve</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Si Little Spot Agency semble aujourd’hui intégré dans le parcours de Caroline, ce projet est aussi né après une période beaucoup plus difficile. Avant cette aventure, elle a travaillé pendant près de dix-sept ans dans la fonction publique. Puis sa vie bascule lorsqu’on lui diagnostique une maladie auto-immune. Une épreuve qui l’oblige à ralentir, à revoir complètement son quotidien et à repenser son avenir professionnel. Pendant plusieurs années, elle apprend à vivre avec cette maladie, à composer avec des douleurs parfois imprévisibles, mais aussi avec la nécessité de retrouver un équilibre personnel. Petit à petit, l’idée de créer sa propre activité devient une évidence. Un métier qu’elle pourrait organiser à son rythme, tout en restant dans un univers qui la passionne réellement. Ce qu’elle décrit aujourd’hui, ce n’est pas seulement une reconversion professionnelle. C’est aussi une manière de reprendre confiance, de retrouver une énergie et une liberté qu’elle pensait parfois perdues.</p>
<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-06-02-a-16.43.37.png"><img decoding="async" loading="lazy" width="514" height="544" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-06-02-a-16.43.37.png" alt="" class="wp-image-13086" style="width:368px;height:auto" /></a></figure>
</div>
<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-06-02-a-16.43.28.png"><img decoding="async" loading="lazy" width="510" height="530" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-06-02-a-16.43.28.png" alt="" class="wp-image-13087" style="width:371px;height:auto" /></a></figure>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Valoriser les talents locaux</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des shootings et des productions, Caroline défend également une idée très simple : faire travailler les talents insulaires. Photographes, vidéastes, maquilleurs, propriétaires de lieux, artisans… elle essaie autant que possible de créer un réseau local autour de ses projets. Car si certaines grandes marques viennent encore avec leurs propres équipes, elle souhaite montrer qu’il existe en Corse des professionnels capables de répondre aux exigences du secteur.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Cette volonté de valorisation locale se retrouve aussi dans sa manière de parler des familles et des enfants qu’elle accompagne. Derrière chaque projet, il y a beaucoup d’humain, de confiance et parfois même d’émotion. Elle évoque avec fierté une petite fille, Déa, repérée puis présélectionnée pour une campagne Zara, ou encore Antoine, un jeune garçon corse retenu dans une shortlist pour une campagne de la marque SVR. Pour elle, ces moments comptent énormément. Parce qu’ils donnent de la visibilité aux enfants corses, mais aussi parce qu’ils montrent que l’île peut devenir un véritable terrain de création pour les marques.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une aventure qui ne fait que commencer</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, Little Spot Agency est encore dans une phase de développement. Caroline avance progressivement, construit son réseau, développe son portefeuille de lieux et continue de rencontrer des marques en France et à l’étranger. Elle participe notamment à des salons professionnels internationaux spécialisés dans l’univers de l’enfant et de la mode, afin de faire connaître la Corse autrement. Et même si le secteur reste très concurrentiel – notamment face à des destinations comme l’Espagne – Caroline croit profondément au potentiel de l’île. Pas seulement pour ses paysages. Mais pour ce qu’elle dégage. Elle peut également accompagner des structures locales – hôtels, restaurants, maisons d’hôtes ou marques corses – souhaitant valoriser leur image à travers des shootings photo naturels et adaptés à leur univers. Avec Little Spot Agency, Caroline Cuttoli développe finalement bien plus qu’une agence de scouting. Elle construit un projet profondément personnel, sensible et humain, où l’image devient une manière de raconter la Corse autrement. Sans excès. Sans folklore. Simplement avec justesse, naturel et beaucoup de passion.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Little Spot Agency</p>
<p class="wp-block-paragraph">Spot et Kids Scouting</p>
<p class="wp-block-paragraph">Caroline Cuttoli&nbsp;: 06 13 62 76 70</p>
<p class="wp-block-paragraph">Instagram&nbsp;: @littlespotagency</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Doriane Bouisset – Une création entre territoires et identités</title>
		<link>https://corsicaradio.fr/doriane-bouisset-une-creation-entre-territoires-et-identites/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[lepressing]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 25 Jun 2026 09:25:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la une]]></category>
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					<description><![CDATA[Doriane Bouisset est une photographe, monteuse et réalisatrice qui a grandi à Lisula. Elle fait de ses origines situées au carrefour de la Méditerranée –&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div style="margin-bottom:20px"><img decoding="async" width="680" height="490" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-06-02-a-11.38.19.png" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" loading="lazy" /></div>
<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-06-02-a-11.33.22.png"><img decoding="async" width="478" height="818" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-06-02-a-11.33.22.png" alt="" class="wp-image-13041" /></a></figure>
</div>
<p class="wp-block-paragraph">
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Doriane Bouisset est une photographe, monteuse et réalisatrice qui a grandi à Lisula. Elle fait de ses origines situées au carrefour de la Méditerranée – Espagne, Maroc, Corse, France – une grande force d’inspiration. À travers sa création visuelle, elle questionne les liens entre territoires et identités, les récits, les héritages, les paysages, les ponts qui re-lient ces différentes Méditerranées. Doriane Bouisset a participé dernièrement à l’exposition « À leur image » dédiée à la jeune scène photographique insulaire présentée au FRAC à Corte, de novembre 2025 à avril 2026.</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Laura Benedetti</p>
<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-06-02-a-11.35.58.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="508" height="626" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-06-02-a-11.35.58.png" alt="" class="wp-image-13042" /></a></figure>
</div>
<p class="wp-block-paragraph">Intermittente du spectacle et artiste-auteure depuis plusieurs années en Corse, son parcours professionnel est marqué par sa contribution à la création de la plateforme de cinéma méditerranéen Allindì&nbsp;: «&nbsp;J’y ai découvert notre histoire culturelle et artistique, et vu des films et documentaires méditerranéens qui ont énormément contribué à ma culture personnelle et politique.&nbsp;» Par la suite, elle s’est formée au montage à l’école des Gobelins à Paris. Doriane a travaillé et collabore toujours avec la fabrique agri-culturelle Providenza et filme/photographie diverses associations et compagnies issues du spectacle vivant. Depuis un an, elle exerce son activité de monteuse auprès de France 3 Corse ViaStella. Tout cela contribue à forger son regard et son écriture, qu’elle soit filmique ou photographique.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>La photographie, outil artistique et social</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Au sujet de son médium de prédilection, Doriane nous livre ceci&nbsp;: «&nbsp;Adolescente, j’ai récupéré un vieil Olympus à ma mère et j’ai commencé à photographier les gens autour de moi. Pendant longtemps, ça a été une pratique très intime. J’aimais le fait que l’appareil me donne une raison d’observer. Ça me rendait plus attentive aux gestes, aux visages, aux détails. Contrairement au cinéma, qui implique souvent quelque chose de plus collectif, la photographie reste pour moi un espace plus silencieux. Aujourd’hui, j’ai envie de pousser cette pratique plus loin, quelque part entre documentaire et mise en scène.&nbsp;» Alors que le FRAC lui a tout juste offert la possibilité de présenter sa toute première exposition et de confronter son travail à des regards plus aguerris, Doriane a aussi apprécié découvrir les autres artistes de Corse qui ont participé à cette exposition où chacun, avec ses singularités, a contribué à révéler une diversité de regards à partir d’un même territoire&nbsp;; et ce, à travers des réalités poétiques, spirituelles, sociales… Lors de l’interview, elle a relaté ceci où se condense toute sa sensibilité&nbsp;: «&nbsp;Il n’y a pas longtemps, j’ai photographié le pêcheur de mon village. Nous nous connaissons depuis que je suis enfant, et pourtant nous ne nous étions jamais vraiment parlé. Le fait d’embarquer avec lui, très tôt le matin, sur son petit bateau, m’a ouvert une porte sur son quotidien et sur une manière de nous rencontrer autrement. C’est ce qui me plaît dans la photographie, mais aussi dans le cinéma documentaire : cette possibilité d’aller vers l’autre, de créer un espace de confiance, et de raconter des histoires qui, parfois, resteraient invisibles autrement.&nbsp;»</p>
<p class="wp-block-paragraph">Pour l’artiste, la Corse est un territoire qu’elle caractérise de «&nbsp;vibrant&nbsp;», qui déploie une certaine magie. Ce qui l’intéresse de saisir en photographie, c’est l’interstice, ce moment entre ce qu’on perçoit de manière brute face à une scène et l’espace qui conduit à ce qui est finalement capté&nbsp;: «&nbsp;J’aime penser que les paysages absorbent les gens pendant quelques instants, qui les emmènent ailleurs, dans un interstice. J’essaie peut-être de capter ces moments-là. »</p>
<figure class="wp-block-pullquote">
<blockquote>
<p><strong>« Je pense que la photographie me permet avant tout d’aller vers les gens {…} Je crois que l’image peut devenir un lien. Une manière de préserver des présences, des gestes, des façons de vivre qui peuvent disparaître parfois sous le poids de récits plus dominants. »</strong></p>
</blockquote>
</figure>
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« <strong>Personnellement, je m’ancre davantage dans des œuvres qui laissent une place aux nuances, aux contradictions, aux vulnérabilités, à notre lien aux autres et au vivant. »</strong></p>
</blockquote>
<p class="wp-block-paragraph">Doriane dit avoir beaucoup appris grâce aux films, aux livres et à la musique, notamment les œuvres qui amènent à questionner en soi les réalités sociales, historiques ou intimes&nbsp;: «&nbsp;Les récits et les images ne sont jamais neutres. Ils fabriquent nos imaginaires collectifs, notre rapport à l’autre, au pouvoir ou aux frontières. Ils participent à écrire l’Histoire, façonnent notre manière d’imaginer l’avenir, et influencent ce que l’on considère comme normal ou moral.&nbsp;Je suis profondément attachée aux questions de territoires et de souveraineté culturelle. Je crois à l’importance pour les peuples de préserver leurs langues, leurs récits, leurs singularités. Mais pour moi, une culture vivante n’est pas une culture fermée. C’est une culture qui dialogue, qui évolue aussi au contact des autres.&nbsp;»</p>
<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-06-02-a-11.36.08.png"><img decoding="async" loading="lazy" width="512" height="644" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-06-02-a-11.36.08.png" alt="" class="wp-image-13043" /></a></figure>
</div>
<p class="wp-block-paragraph">Elle se dit pleinement émue quand une œuvre bouscule et qu’elle laisse aussi lucides que rêveurs&nbsp;: «&nbsp;Je crois que ce qui me bouleverse aujourd’hui, c’est le retour de récits fondés sur la peur, le rejet des différences, le repli identitaire ou des visions très normées de la société et des corps. En tant que personne issue d’un mélange méditerranéen, cela me traverse beaucoup. Je pense qu’il existe une véritable lutte des imaginaires et à mon échelle, j’ai envie de participer à ça.&nbsp;»</p>
<p class="wp-block-paragraph">C’est une chance pour Doriane d’être artiste en Corse, même si les opportunités sont moins nombreuses pour côtoyer certains milieux ou se construire ce «&nbsp;fameux réseau&nbsp;» qui ouvrent plus facilement à des espaces de visibilité et d’exposition. Parce qu’il existe, en fin compte, de plus en plus de vecteurs sur place qui font circuler jusqu’à l’international et mettent en liens artistes et œuvres tout en résidant en Corse – entre autres, Providenza, Casell’Arte, De Renava, la Casa Conti, le FRAC, l’IUT de Corte. «&nbsp;Et surtout, je crois qu’il est important que des artistes puissent continuer à créer depuis ici, parce qu’un territoire a aussi besoin de ses propres récits, de ses regards et de ses imaginaires pour rester vivant.&nbsp;» Doriane n’a pas fini d’émouvoir ceux qui perçoivent avec justesse son travail.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Lou Chrétien : De la Corse à l’Amérique latine, un engagement sans frontières</title>
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		<dc:creator><![CDATA[lepressing]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Jun 2026 09:32:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la une]]></category>
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					<description><![CDATA[Originaire de Venaco, Lou Chrétien, 22 ans, fait partie de cette jeunesse corse qui a beaucoup voyagé mais reste profondément attachée à son île. De&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div style="margin-bottom:20px"><img loading="lazy" decoding="async" width="812" height="574" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-20-a-11.33.06.png" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" /></div>
<p class="wp-block-paragraph">
<p class="wp-block-paragraph"><em>Originaire de Venaco, Lou Chrétien, 22 ans, fait partie de cette jeunesse corse qui a beaucoup voyagé mais reste profondément attachée à son île. De sa scolarité sur le continent aux ambassades d’Amérique du Sud, son parcours est fait d&rsquo;allers-retours permanents entre plusieurs pays du monde et son village. Aujourd’hui engagée en Service Civique à Pietraserena et déléguée régionale des Jeunes de l’IHEDN, elle pose un regard lucide sur le potentiel de son territoire et sur les perspectives d’engagement des jeunes. Rencontre.</em><br />Par <strong>Brandon Andreani</strong></p>
<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-20-a-11.33.06.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="812" height="574" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-20-a-11.33.06.png" alt="" class="wp-image-13030" /></a></figure>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un parcours de vie entre ici et l&rsquo;ailleurs</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Lou Chrétien a une trajectoire qui impressionne pour son jeune âge. Originaire de Venaco, elle a déjà passé une grande partie de sa vie à voyager entre différents horizons.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><em>« J’ai énormément bougé, que ce soit pendant mon enfance ou pour mes études, entre la Corse et le continent », </em>explique-t-elle. Cette habitude de changer régulièrement de lieu lui a permis, très tôt, de multiplier les points de vue et les expériences.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Sa scolarité au lycée se déroule en Bourgogne Franche-Comté. Après le bac, elle entame un parcours étudiant très mobile : une classe prépa HEC à Dijon — choisie pour sa formation pluridisciplinaire —, puis des études à Lyon, en Pologne, en Italie et à Rennes. Elle termine finalement ce cursus en Amérique latine, d’abord en Argentine pour finaliser son Master en relations internationales orienté vers la recherche historique, puis en Colombie, où elle connaît sa première expérience professionnelle au sein de l’ambassade de France.</p>
<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est lors de ses recherches sur les politiques publiques de sécurité en Amérique du Sud que la jeune femme réalise à quel point son île ne la quitte jamais :</p>
<p class="wp-block-paragraph"><em>« Même au fond de la Colombie, j’ai retrouvé ce lien avec la Corse. Je suis tombée sur un village où vivait une famille issue de l&rsquo;immigration corse. Tu as toujours ce rappel en toi, peu importe la distance. De plus, les problématiques liées à l&rsquo;insularité se retrouvent d&rsquo;un continent à l&rsquo;autre ; les enjeux sont souvent similaires. »</p>
<p></em><strong>Revenir pour agir concrètement</p>
<p></strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Alors qu&rsquo;elle s&rsquo;imaginait s&rsquo;installer durablement en Amérique latine, Lou fait le choix de rentrer en Corse plus tôt que prévu. Un retour qu&rsquo;elle transforme immédiatement en projet d&rsquo;avenir. Pour elle, l&rsquo;expérience acquise à l&rsquo;étranger doit maintenant servir son île.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><em>« Je savais qu’un jour je reviendrais pour m&rsquo;investir localement », </em>confie-t-elle.<em> « Aujourd&rsquo;hui, mon but est d&rsquo;agir ici. La Corse représente 50 % du pourtour méditerranéen insulaire. Les perspectives de développement sont gigantesques, mais on les minimise trop souvent à l&rsquo;échelle nationale. Il y a énormément à faire. »</em></p>
<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, elle concrétise cet objectif à travers un Service Civique à Pietraserena en lien avec l’association InSite. Le but de sa mission est de participer à l’animation de cette belle commune de l’ancienne Pieve di Rogna avec l’organisation de plusieurs événements marquants tels que le retour de la fête de San Quilicu (saint historique du village) ou encore la mise en valeur du peintre Nicolao Filippi di a Petraserena.</p>
<p class="wp-block-paragraph">En parallèle, elle occupe un poste de déléguée régionale au sein de l’association pour les Jeunes de l’IHEDN (Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale). Son rôle ? Représenter la Corse et ouvrir des horizons aux jeunes insulaires.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><em>« En tant que jeune corse, c&rsquo;est parfois difficile de se projeter sur le continent, et encore plus à l&rsquo;étranger. Avec les Jeunes IHEDN, nous voulons sensibiliser et éduquer les moins de 30 ans aux enjeux géopolitiques contemporains.”</em></p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Engagement continu et perspectives d’avenir</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Pour Lou, s&rsquo;engager n’est pas une contrainte subie, mais un élan naturel dicté par la passion. Elle estime que ce que l&rsquo;on fait avec le cœur se traduit toujours par une plus grande efficacité, car c&rsquo;est l&rsquo;enthousiasme qui dicte l&rsquo;action.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Loin des grands discours théoriques, cette démarche doit avant tout servir de passerelle vers le réel. Elle conçoit l&rsquo;implication citoyenne comme un moyen de matérialiser ses idées afin de transformer les projets en actions concrètes.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Quand on lui demande ce qu&rsquo;elle souhaite faire à l&rsquo;avenir, Lou évoque sa première ambition : intégrer la diplomatie et travailler pour le service public. Cependant, son retour en Corse a fait mûrir ses projets.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Elle souhaite désormais reprendre un projet de doctorat qui lui avait été proposé en Argentine, en y intégrant une étude comparative avec la Corse.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Pour conclure, la jeune femme s&rsquo;adresse aux jeunes de sa génération qui hésitent encore à sauter le pas, que ce soit pour voyager ou pour s&rsquo;investir dans un projet :</p>
<p class="wp-block-paragraph"><em>« Écoutez-vous. Quand on est enfant, on a tous des envies professionnelles ou de vie, et c&rsquo;est souvent la société qui nous impose des barrières en grandissant. Il faut arrêter de vivre avec ces blocages. Si vous avez envie de faire quelque chose, foncez et ne vous posez pas de questions. Si on se met des limites tout seul, on n&rsquo;avance pas. »</em></p>
<p class="wp-block-paragraph"><em><br /></em>Un message fort qui sonne comme un appel à toute une génération prête, elle aussi, à faire bouger les lignes.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<title>Laetitia Cucchi passe le relais d’Inseme</title>
		<link>https://corsicaradio.fr/laetitia-cucchi-passe-le-relais-dinseme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[lepressing]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Jun 2026 09:28:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la une]]></category>
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					<description><![CDATA[Aider les malades. Leur offrir réconfort, matériel et moral. Les soulager lors des déplacements au sein d’hôpitaux continentaux. Noble initiative s’il en fut, qui la&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div style="margin-bottom:20px"><img loading="lazy" decoding="async" width="762" height="518" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-20-a-11.30.28.png" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" /></div>
<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-20-a-11.30.28.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="762" height="518" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-20-a-11.30.28.png" alt="" class="wp-image-13027" /></a></figure>
<p class="wp-block-paragraph">Aider les malades. Leur offrir réconfort, matériel et moral. Les soulager lors des déplacements au sein d’hôpitaux continentaux. Noble initiative s’il en fut, qui la place au fronton de la solidarité. Davantage qu’un défi il s’agissait d’un enjeu aux atours d’altruisme que releva Laetitia Cucchi. En créant Inseme, elle se dressait contre un fatalisme ambiant, qui fondait dans un même creuset l’être frappé dans son corps par le destin et la contrainte des déplacements pour bénéficier des thérapies nécessaires. Une sorte de double peine, qui mêlaient fréquemment douleur physique et détresse psychologique liée à la solitude de l’éloignement. Ne pas subir. Se révolter non de manière stérile, mais en forgeant les armes de l’entraide. Celles qui mettent du baume au cœur des patients et leurs proches. Avec humilité, qui n’effaçait pas une volonté d’airain, Laetitia Cucchi tissa au fil des ans une toile d’entraide, qui capta l’adhésion individuelle et suscita la conscience collective insulaire. Il serait superfétatoire de verser dans l’énumération à la Prévert de la longue liste des réalisations factuelles ou structurelles.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’imagination au pouvoir</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, afin de fixer les esprits, et en mesurer l’amplitude, rien de plus instructif que de s’en remémorer certaines. La participation à l’achat de billets d’avion. L’acquisition à Marseille et Nice de logements dévolus aux familles afin qu’elles soient proches de ceux qui sont cloués sur des lits de douleur. L’aménagement dans ces aéroports de salles aménagées, sortes de cocons protecteurs pour les patients à l’arrivée ou en attente de départ. Complétant cette vaste panoplie de mesures, se greffe et se superpose l’idée dite de l’arrondi. Dans maints commerces le ticket est augmenté au centime supérieur afin de faire un chiffre rond. Cela paraît anodin, mais selon le précepte des petits ruisseaux faisant une grande rivière cet argent abonde singulièrement le budget de l’association. Permettant ainsi d’accroître encore ses louables missions.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Que de chemin parcouru en dix-sept ans&nbsp;! Il démontre mieux que toute digression qu’une gageure initiale peut devenir salutaire réalité lorsque la persévérance et l’opiniâtreté sont les compagnons de route d’une idée généreuse. N’en jetez plus la cour est pleine, pourrait dire Laetitia Cucchi qui mêle à souhait efficience et modestie. Nul goût effréné pour le halo de la médiatisation. Sauf lorsque il s’agissait de mettre en lumière Inseme, non pour ce qu’elle est mais surtout pour ce qu’elle peut sans cesse et toujours apporter à tous ceux qui aspirent à retrouver une santé perdue.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Revanche sur le sort</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">En cela, elle mérite d’unanimes louanges, car au-delà de son implication au chevet des jeunes et adultes frappés par le sort, elle leur apporte un supplément d’âme. Démontrant par les faits que l’humanisme peut transcender le simple concept pour atteindre les rivages de la réalité où baigne le réconfort.</p>
<p class="wp-block-paragraph">L’engagement de Laetitia Cucchi naquit dans les hôpitaux. Son histoire personnelle fut vraisemblablement le socle d’un refus. Victime enfant d’un accident domestique, elle fut contrainte à de longs séjours en milieu spécialisé. Et de dire en un saisissant mais éloquent raccourci cette pénible période «&nbsp;Quand je prenais l’avion, ce n’était pas pour aller en vacances.&nbsp;» La spirale du malheur se poursuit quand l’un de ses frères est atteint d’un cancer. Ses parents s’installent dans la cité phocéenne pour être à ses côtés, tandis qu’elle demeure à Ajaccio avec son deuxième frère. Dans un enchaînement maléfique son père décède, puis sa fille naît avec une malformation impliquant des soins impossibles à prodiguer sur l’île. Ces successions de drames façonnent un sentiment mêlant courroux et révulsion. Une réaction qui n’impliquait que partiellement les maladies, mais cette injustice supplémentaire infligée par la nécessité d’être soigné exclusivement dans des hôpitaux continentaux, le plateau technique étant insuffisant. Un tribut ayant comme triste compagne l’exil, la séparation. Et cette sensation d’enfermement, loin de ses repères. En corollaire, pour les accompagnants ce sont des frais de transports, d’hôtels et de restaurants non remboursés, qui grèvent les budgets. Et sont une contrainte que des familles modestes ne peuvent assumer. Voilà à grands traits campé le constat sans fards d’une situation que réfuta celle qui en salutaire riposte porta sur les fonts baptismaux.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Une structure qui évoque l’élan général sous l’étendard de l’équité. En un peu plus d’une décennie, par étapes et paliers, l’association prit de l’ampleur. Elle emploie aujourd’hui cinq salariés, des centaines de bénévoles. Elle a accompagné des milliers de familles insulaires. Par un effet boule de neige, nombreux sont ceux qui ayant trouvé une bienveillante assistance, aspirent en retour à apporter leur contribution. Un cercle vertueux s’est formé. Ici une tombola, là une soirée culturelle. Partout le besoin d’amplifier sans cesse cette chaîne de solidarité.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>La flamme de l’espoir</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Inseme est maintenant immergée dans la société tout entière.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Laetitia Cucchi peut s’éclipser sans crainte. Son travail a porté ses fruits. Inseme est une flamme qui ravive la générosité. Elle ne s’éteindra pas. Tutti inseme, e cusi sià.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Jean Poletti</strong></p>
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		<title>Les missions régionales de Frédéric Mortini</title>
		<link>https://corsicaradio.fr/les-missions-regionales-de-frederic-mortini/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[lepressing]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Jun 2026 09:52:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la une]]></category>
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					<description><![CDATA[Au cœur des relations du monde du travail Il est le directeur pour&#160;la Corse d’une institution étatique dévolue à harmoniser la vie dans les entreprises.&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div style="margin-bottom:20px"><img decoding="async" width="914" height="456" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-06-02-a-11.51.32.png" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" loading="lazy" /></div>
<h1 class="wp-block-heading"><strong>Au cœur des relations du monde du travail</strong></h1>
<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-06-02-a-11.51.32.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="914" height="456" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-06-02-a-11.51.32.png" alt="" class="wp-image-13052" /></a></figure>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Il est le directeur pour&nbsp;la Corse d’une institution étatique dévolue à harmoniser la vie dans les entreprises. Frédéric Mortini est un interlocuteur attentif qui apporte son expertise au gré des situations factuelles ou structurelles. Imprégné du principe de neutralité, ses actions s’inscrivent dans une collégialité avec le patronat, les salariés et syndicats. Un paritarisme qui valide et consolide la notion de gagnant-gagnant des parties concernées.</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Propos recueillis par Jean Poletti</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Rappelez-nous les grands traits de votre organisme</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">L’Agence régionale pour l’amélioration des conditions de travail (Aract) est un établissement public sous tutelle du ministère du Travail. C’est avant tout une agence d’intervention dans les entreprises. Nous traitons la question centrale du travail, de son organisation en lien avec l’expression des salariés, leur santé et la performance de l’entreprise. Ces questions ne relèvent pas que de la «&nbsp;bonne volonté&nbsp;», c’est toujours une question de méthode, de parole donnée à ceux et celles qui font le travail. Nous ne conseillons pas, nous prenons appui sur l’expertise des chefs d’entreprise, de l’encadrement et des salariés. Nous intervenons sur des demandes très variées qui vont de l’amélioration des conditions de travail, l’intégration des usages numériques, le renforcement du dialogue social, la modernisation des pratiques managériales, face par exemple, à l’arrivée de l’IA générative ou encore, en médiation préventive. Nous formons également aux démarches des qualités de vie et de conditions de travail (QVCT) ou au pilotage de la charge de travail. Un chef d’entreprise voit bien que son activité mal organisée le conduit à perdre de l’argent (absentéisme, turnover, perte de compétences, qualité… et santé de ses salariés). Notre métier, c’est d’aider à rendre visible ces sujets. Par exemple, depuis la crise Covid, nombre d’organisations continuent en format dégradé, accentué aujourd’hui par les difficultés d’embauche et de fait l’accroissement de la charge pour ceux et celles présents.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans le cadre de l’opération de sensibilisation nationale de juin, votre structure régionale va-t-elle décliner des problématiques spécifiques à la Corse&nbsp;?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Il s’agit effectivement d’un évènement national, la SQVCT (Semaine de la qualité de vie et des conditions de travail). Le thème de cette année porte sur l’intérêt de regarder attentivement le rôle des managers et d’en prendre soin car ils sont un rouage important de l’entreprise et un lien essentiel au travail de leurs collaborateurs. Nous aurons deux temps dédiés, l’un à Bastia, l’autre à Ajaccio. Toute la programmation se retrouve sur le site anact.fr Nous déclinons la SQVCT en travaillant avec les fédérations patronales, l’APEC, l’ANDRH Corse, et les représentants patronaux et syndicaux en étant attentifs au format du tissu économique. Ces journées sont dédiées aux secteurs privé et public.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quels rapports entretenez-vous avec les instances patronales et les organisations syndicales&nbsp;?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">D’une part l’Aract est tripartite, la gouvernance est donc assurée par l’État, les représentants syndicaux et patronaux. Au niveau régional, je dispose d’un comité paritaire adossé à ma direction et composé de sept syndicats et de cinq organisations patronales ce qui conduit à être en très grande proximité. De nombreux cadres du niveau régional sont membres de notre instance, qui représente l’espace le plus important de dialogue et de ce l’on nomme habituellement&nbsp;: le paritarisme de projet. Ce sont par ailleurs, les organisations patronales et syndicales qui votent notre programme d’activité, qui nous commandent des travaux comme par exemple, la consultation sur la monoparentalité et d’ici septembre, la consultation sur la démographie au travail dans les entreprises insulaires. C&rsquo;est donc une relation de proximité, de confiance, d’exigence sur la qualité de notre travail et de rigueur quant à notre posture de neutralité et d’équidistance. Ce qui nous crédibilise tient de notre expertise et de celle de l’Agence, de notre intervention permanente en entreprise et en proximité des salariés, des chefs d’entreprises et de l’encadrement. On apporte et on partage du diagnostic, des méthodes et une posture de tiers-intervenant qui est centrée sur les questions de l’analyse du travail. On permet aussi l’autonomie du collectif quand nous avons terminé l’accompagnement afin qu’il continue les sujets auxquels nous avons participé. Par ailleurs, et ce n’est pas anodin dans nos interventions, nous sommes avec le collectif, et obligatoirement avec les deux parties, employeurs et salariés (ou leurs représentants). Si l’une des parties est absente, nous nous désengageons dans l’attente d’un retour à l’équilibre des parties prenantes. C’est aussi une garantie pour soutenir les échanges et la recherche de solutions propres à l’entreprise.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>La prégnance de l’artisanat et des petites entreprises est-elle propice à l&rsquo;application stricte de la réglementation ?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Nous n’avons pas de rôle de contrôle et de vérification des pièces obligatoires. Nous prenons en compte l’organisation, le collectif, les relations sociales et le travail tels que pratiqués dans l’entreprise qui nous a sollicités.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Nous entrons dans l’entreprise à la demande de son responsable et à cette seule condition. Nous l’aidons dans l’analyse de son besoin car effectivement, dans les entreprises insulaires, majoritairement, le besoin est conséquent en termes d’appui. Enfin, un mot sur le lien entre taille et respect des normes. Cela n’est pas incompatible, ni vraiment asymétrique et relève d’un parti pris. Par ailleurs, les entreprises disposent également d’autres conseils, à la fois consulaires, de leur expert-comptable, des consultants qu’elle mobilise, d’autres services de l’État et de la Collectivité tels les offices et agences mais aussi les services de médecine du travail, de la CARSAT et de l’OPPBTP, de leur OPCO en matière de formation. Elles compensent ainsi l’absence de ressources internes (pas de service Ressources humaines ou de préventeur), pas de temps, et souvent une compréhension partielle des règles, par des experts extérieurs. Ainsi notre accompagnement, au-delà de l’analyse du travail et de l’organisation, aide indirectement l’entreprise à intégrer progressivement la réglementation comme un sujet qui fait sens et qui s’applique simplement à son fonctionnement.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Existe-t-il un particularisme insulaire dans le dialogue social entre employeurs et salariés ?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Oui. Et il est aussi partagé avec la Martinique, la Guadeloupe et La Réunion dans une moindre mesure. Il révèle notamment que les relations patron-salariés sont fondamentalement plus informelles qu’ailleurs et que les relations sociales dans les îles demeurent spécifiques. Il y a de la proximité personnelle, des liens de famille parfois, des jeux de réputation. C’est une force et une faiblesse. Une force lorsque ça fonctionne, la majeure partie du temps, c’est très humain, très fluide et chacun y trouve son compte. Une faiblesse quand ça freine ou ça se crispe, il n’y a pas de distance professionnelle pour amortir. Les conflits peuvent s&rsquo;envenimer ou engager le collectif sur une dégradation des relations de travail. Ce ne sont pas uniquement des questions hiérarchiques mais aussi des sujets entre collègues. Notre rôle est très simple et légitime car nous considérons le dialogue comme un des moteurs des transformations. Il s’agit d’aider les entreprises, l’encadrement et les représentants du personnel à organiser et rendre ce dialogue apaisé et productif, en soutenant ce qui fait la richesse des relations humaines en Corse. C’est un équilibre délicat qui évolue car la Corse a changé de population et que les pratiques précédentes trouvent aujourd’hui certaines limites. Cela passe par des outils : clarifier les règles du jeu, poser des accords de méthode, mettre en place des espaces de dialogue structurés, former les acteurs du dialogue social et les managers à parler de performance et de qualité de vie et conditions de travail sans que ce soit contradictoire, parler et pratiquer consultation et négociation…. Et mettre en place le débat au sein des CSE et les faire vivre dans les 1&nbsp;200 entreprises qui en disposent ou devraient en disposer. Je reste toujours préoccupé par ces questions car nous devons contribuer à apaiser le bruit de fond d’instabilité sociale que nous avions relevé en 2018 – à l’époque un mouvement social tous les deux jours et demi ouvrés. Or, en 2025 et ce début 2026, nous avons de nouveau relevé près de 28% de taux de conflictualité (nombre de mouvements médiatisés, nombre de jours de grève…), alors que pour comparer, le continent est à 9%&#8230; et les îles sensiblement proches de nous. Peut-être devons-nous travailler plus spécifiquement sur nos modalités de pratique du dialogue social, la mobilisation des différents acteurs, leur formation et des évolutions des représentations.</p>
<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-06-02-a-11.53.32.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="732" height="786" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-06-02-a-11.53.32.png" alt="" class="wp-image-13053" /></a></figure>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les socioprofessionnels insulaires sont-ils imprégnés du défi lié à la transition écologique et des mutations qui se profilent ?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">La conscience progresse, mais elle reste très inégale tant du côté des employeurs que des représentants salariés. Ce n’est pas un sujet embarqué dans les négociations ou même la concertation dans l’entreprise, hormis celles mobilisant des démarches de type RSE ou de fait, le sujet est central. Il n’y a pas de distinguo de taille d’entreprise vis-à-vis du sujet. Certaines organisations professionnelles ont acquis une maturité sur ces questions. Par exemple, le MEDEF Corsica dispose d’une commission dédiée et d’une ingénieure qui accompagne les entreprises. En fait, la question se pose déjà et les entreprises y font face, mais c’est souvent de l’ordre de l’adaptation, de l’évolution de certaines pratiques parfois vécues comme du bricolage temporaire, mais assez rarement c’est un sujet considéré comme stratégique et structurel. Pour notre part, nous disposons de démarches et de méthodes d’appui à la transition écologique, car c’est aussi un enjeu d’organisation du travail, de résilience de l’organisation, de compétences, de management, de débat pour mettre en discussion les transformations à venir. La mise en débat du travail avec ses salariés est la dimension la moins coûteuse et la plus économique dont dispose le chef d’entreprise. Elle favorise l’engagement, soutient la diminution des conflits, des accidents du travail… et permet une vision commune sur les enjeux à venir.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Avec l’État, l’Europe est aussi un partenaire financier important. Craignez-vous que Bruxelles et Paris réduisent leurs aides ?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Oui, c’est une préoccupation constante. Nous sommes opérateurs publics et pour maintenir notre capacité d’intervention et de présence auprès des différents acteurs sans reste à charge pour les entreprises, nous avons aussi besoin de moyens.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Réduire le financement de la prévention et des outils spécifiques participe des économies, mais ce sont de mauvaises économies. Nous savons ce que nous apportons aux différents acteurs. Une dégradation des conditions de travail dans les entreprises, jusqu’au risque de subir un accident du travail pour les salariés, de développer une démotivation du fait d’une incapacité de faire un travail de qualité, sont autant de facteurs d’une productivité perdue. Le vrai enjeu, c’est de continuer à sensibiliser, intervenir en entreprise, équiper&nbsp;les collectifs, outiller, démontrer aussi la valeur de notre accompagnement et participer fondamentalement à notre mission de service public en cohérence avec les opérateurs publics et les organismes de prévention.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pensez-vous avoir une équipe qui malgré son efficience soit assez étayée pour remplir toutes ses missions ?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Je dispose d’une équipe engagée, compétente, réactive. Nous traitons en priorité le secteur privé, parfois le secteur associatif, que l’on pourrait qualifier d’intermédiaire et particulièrement le secteur du médico-social avec un appui conséquent de l’ARS de Corse. Notre champ d’intervention n’est limité à aucun secteur d’activité, ni taille d’entreprise. Nous traitons les trois versants du secteur public comme l’ensemble du secteur privé, c’est-à-dire de l’artisan qui réfléchit à l’aménagement de son atelier, à la grande entreprise qui souhaite régler l’origine de l’absentéisme d’un secteur de production.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Dans nos missions, nous faisons aussi appel aux collègues d’Aract et du siège quand les interventions revêtent des compétences spécifiques. Mais majoritairement, soit nous traitons les demandes, soit nous les réorientons vers les consultants locaux ou les organismes de prévention. Nous intervenons également en appui de nos collègues sur le continent, ou par exemple, comme l’an passé en mission à Saint-Pierre-et-Miquelon sur les filières tourisme et BTP. Au niveau local comme national, l’Aract demeure un outil du ministère du Travail et se maintiendra comme une structure légère et très ciblée vers l’intervention et la recherche-action. Nous sommes complémentaires avec tous les opérateurs et reconnus pour notre agilité et notre expertise.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Avez-vous des contacts suivis avec la collectivité territoriale ?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Il existe de nombreux échanges. Nous avons par exemple participé à la démarche Corsica Pruspettiva lancée par la présidente de l’Assemblée, ou encore au projet Smart Isula sur les questions de numérique responsable et de l’arrivée de l’IA portée par la direction de l’aménagement du numérique. Nous avons saisi la présidence de l’Adec sur les enjeux de démographie au travail et nous sommes dans l’attente d’une collaboration sur ces sujets car l’agence nous a régulièrement soutenus depuis la création de l’Aract. Nous travaillons également et régulièrement avec les agences et offices ainsi que les services dédiés tel l’Autonomie sur les services à domicile.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Devez-vous calquer votre stratégie sur les normes édictées par l’organisme national ou bénéficiez-vous de latitude pour mieux être en symbiose avec les réalités locales ?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Comme entité régionale d’un établissement public administratif, ce serait assez dissonant de prendre des positions hors du champ des attendus de notre tutelle, ou plus généralement hors de nos missions. Au contraire, être adossé à la direction générale, au conseil d’administration de l’Agence dont la présidente est Mme Sylvie Peretti originaire de Livia, et aux cadres structurants que sont le contrat qui nous lie au ministère du Travail ou le Plan Santé au Travail national, sont des points d’appui qui portent des enjeux de responsabilité et de cohérence de l’action publique. Comme toutes les Aract, nous avons la pratique de l’adaptation des outils aux singularités de nos territoires, de nos métiers, de nos entreprises et de leurs contraintes. Par ailleurs, c’est inscrit dans notre cadre d’action, nous devons nous nourrir de ce nous nommons la «&nbsp;commande sociale&nbsp;», que représente l’expression des partenaires sociaux qui participent au comité paritaire régional de l’Aract. Ce sont eux qui guident et valident nos orientations et nos travaux qui sont nécessairement différents d’une autre région.</p>
<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-06-02-a-11.53.44.png"><img decoding="async" loading="lazy" width="414" height="602" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-06-02-a-11.53.44.png" alt="" class="wp-image-13054" /></a></figure>
</div>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pensez-vous qu’une éventuelle autonomie de la Corse modifierait le relationnel entre employeurs et salariés ?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">C’est une question qui préoccupe les partenaires sociaux depuis le début du processus mais sauf surprise, je ne vois pas le législateur déconstruire les principes fondamentaux que précise le code du Travail&nbsp;: protection des salariés, égalité des droits et plus généralement, droits et devoirs des salariés et des employeurs. Ce qui pourrait changer avec le statut d’autonomie tient aux questions de reconnaissance du STC, afin de lui donner une stabilité dans les différentes représentations qu’il assure. Néanmoins, sans entrer dans des sujets qui dépendent du champ politique, ce que j’attends tient principalement de l’ambition sociale que l’on se donnera face aux enjeux majeurs que représente la question de l’adaptation de notre économie face aux transitions lourdes qu’elle devra anticiper. Je pense notamment à la reprise des entreprises, au palier démographique et désormais, gérer tout à la fois des questions de paupérisation des travailleurs, de maintien de compétences expertes, voire d’adaptation face aux mutations parfois brutales et aux tensions à venir.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Face à cela, nous devons soutenir une forme de résilience collective qui passe par du dialogue social, de l’apaisement, de l’objectivation des enjeux et de l’alignement des outils publics pour gagner en efficience.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Votre organisme est un lien, sinon un espace de dialogue dans le monde du travail. Permet-il de prévenir des mouvements sociaux ou faciliter le compromis ?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Oui, mais je ne le formulerai pas comme ça. Nous ne sommes pas là pour «&nbsp;empêcher&nbsp;» des conflits, ce serait naïf, hors de portée et pas vraiment aligné avec nos principes d’action.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Nous sommes outillés pour créer les conditions du dialogue, voire anticiper, par de la médiation préventive, toute dégradation des relations sociales qui peuvent être de différente nature. Quand on intervient dans une entreprise où la tension devient tangible, nous aidons à clarifier ce qui pose vraiment problème et à favoriser le dialogue. C’est une posture de tiers-intervenant insuffisamment connue et mobilisable en Corse. D’ailleurs, nous avons soutenu la formation de consultants pour nous donner une capacité d’action sur ces sujets importants. Néanmoins, nous n’avons pas vocation à prendre parti, ni à prendre la place des partenaires sociaux dont c’est le rôle de bâtir des terrains de concertation et de négociation qui transitent régulièrement par des rapports de force. Les choix d’une direction, un manque de communication, une décision mal expliquée, une incompréhension sur les enjeux de performance, des transitions brutales ou parfois aussi, un mal être profond, des violences cachées, un management toxique… sont autant de situations qui peuvent conduire à des drames, des auto-exclusions de salariés, des rapports conflictuels dans le collectif. Notre rôle, c’est d&rsquo;aider à ne pas s’écarter du terrain du dialogue, même si ce n’est pas toujours simple.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans une économie peu tonique, comment envisagez-vous l’avenir des deux piliers que sont le bâtiment et le tourisme ?</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">C’est une question qui nous préoccupe tous, et malheureusement pas uniquement pour ces secteurs. En fait, toute l’économie insulaire se questionne au regard de sa dépendance aux ressources fossiles et de la situation en Iran, mais aussi de sa capacité à assurer une mutation assez rapide. Il faudra tenir compte dans le même temps des mutations tirées par les enjeux climatiques, écologiques, démographiques et numériques, sans compter les questions qui nous animent sur l’identité. Ce palier conséquent nécessite une ingénierie d’appui, un débat permanent pour assurer l’alignement des moyens et surtout, car le sujet dépasse le cadre économique, une sorte de démocratie de transition qui nécessitera de mobiliser les partenaires sociaux, dans et hors de l’entreprise.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>En péroraison, dites-nous les raisons pour lesquelles votre organisme est important</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Je n’ai qu’une ambition, maintenir notre mission. Nous n’avons pas vocation à être indispensables, mais à être utiles, à notre place, pour la mission qui nous est confiée.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Notre mission n’est pas d’occuper le devant de la scène mais d’avoir un rôle d’appui, par un accompagnement discret mais efficace, avec le soutien des acteurs, employeurs et salariés.</p>
<p class="wp-block-paragraph">À cet égard, qu’il me soit permis de remercier tous les chefs d’entreprise, cadres, salariés et leurs représentants au sein des CSE, mandataires des organisations patronales et syndicales pour leur confiance renouvelée chaque jour.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>5e Championnat régional d’apnée en eau libre</title>
		<link>https://corsicaradio.fr/5e-championnat-regional-dapnee-en-eau-libre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[lepressing]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 20 Jun 2026 08:31:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la une]]></category>
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					<description><![CDATA[En un souffle Rester concentré, le silence, des mouvements lents, réguliers, comme dans un état second. L’apnée fascine autant qu’elle intrigue. En Corse, la discipline&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div style="margin-bottom:20px"><img decoding="async" width="386" height="542" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-20-a-10.37.33.png" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" loading="lazy" /></div>
<h2 class="wp-block-heading"><strong>En un souffle</strong></h2>
<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-20-a-10.37.43.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="292" height="354" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-20-a-10.37.43.png" alt="" class="wp-image-13000" style="width:658px;height:auto" /></a></figure>
</div>
<p class="wp-block-paragraph">Rester concentré, le silence, des mouvements lents, réguliers, comme dans un état second. L’apnée fascine autant qu’elle intrigue. En Corse, la discipline connaît un véritable essor. Et cet été, Ajaccio accueillera du 16 au 19 juillet, la cinquième édition de l’un des rendez-vous majeurs de la saison française : le Championnat régional d’apnée en eau libre.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Par <strong>Caroline Ettori</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Derrière l’événement, une poignée de passionnés tente de faire grandir un sport exigeant, spectaculaire et profondément humain. Parmi eux, Stéphanie Penven, secrétaire générale du comité régional corse de la FFESSM, la Fédération française d’études et de sports sous-marins, coordonne au quotidien l’administratif, la communication et, depuis cette année, la recherche de mécénat privé.</p>
<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-05-20-a-10.43.00.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="280" height="348" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-05-20-a-10.43.00.png" alt="" class="wp-image-13005" style="width:417px;height:auto" /></a></figure>
</div>
<p class="wp-block-paragraph">« Depuis l’an dernier, l’État se désengage progressivement du financement du sport. En 2025, les “petites” fédérations ont été privées d’environ 25% de leurs dotations. Les disciplines les plus visibles continuent d’être soutenues, mais les autres doivent trouver des solutions », explique-t-elle. Une réalité qui pousse aujourd’hui le comité régional à se tourner vers les entreprises locales afin de maintenir des compétitions ambitieuses.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un sport de maîtrise plus que de performance</strong><strong></strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Descendre à plus de 100 mètres de profondeur avec une seule inspiration paraît presque irréel. Et contrairement aux idées reçues, l’apnée ne se résume pas à retenir son souffle le plus longtemps possible. « C’est un sport très mental, basé sur le relâchement du corps et de l’esprit&nbsp;», résume Stéphanie Penven. « Beaucoup de personnes imaginent quelque chose d’extrême, alors qu’on travaille surtout le calme, la respiration, le contrôle de soi. »</p>
<p class="wp-block-paragraph">Monitrice et formatrice en plongée bouteille, elle pratique également l’apnée et en connaît les effets bénéfiques. « On apprend à se recentrer, à lâcher les tensions du quotidien. C’est une discipline qui apporte du bien-être, presque une forme de méditation en mouvement.&nbsp;»</p>
<p class="wp-block-paragraph">L’apnée est aussi présentée comme un sport-santé. La fédération développe notamment des activités adaptées aux personnes en situation de handicap ou souffrant de stress important. « Il y a un vrai besoin de déconnexion aujourd’hui. L’apnée répond à cela.&nbsp;»</p>
<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan sportif, plusieurs disciplines existent. En juillet, les compétiteurs évolueront notamment en immersion libre où l’athlète se tracte le long d’un câble, ainsi qu’en poids constant, avec ou sans palmes et sans câble. Dans cette catégorie reine, les apnéistes descendent puis remontent uniquement grâce à leur propre force. Et les performances atteignent parfois des profondeurs vertigineuses.</p>
<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full is-resized"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-20-a-10.37.33.png"><img decoding="async" loading="lazy" width="386" height="542" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-20-a-10.37.33.png" alt="" class="wp-image-13001" style="width:533px;height:auto" /></a></figure>
</div>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une sécurité millimétrée</strong><strong></strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Vue de l’extérieur, l’apnée peut inquiéter. Pourtant, les compétitions sont extrêmement encadrées. Chaque athlète annonce à l’avance la profondeur qu’il souhaite atteindre avant de plonger le long d’un câble de performance.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Relié à ce câble par une longe de sécurité, l’apnéiste évolue sous surveillance permanente. Des plongeurs de sécurité sont positionnés en profondeur, à 40 mètres, équipés de scooters sous-marins pour intervenir rapidement si nécessaire. D’autres assurent la surveillance près de la surface tandis que deux bateaux de sécurité seront mobilisés tout au long de la compétition.</p>
<p class="wp-block-paragraph">« Les systèmes de contrepoids permettent aussi de remonter immédiatement l’ensemble du dispositif en cas de problème », précise Stéphanie Penven. « Tout est pensé pour éviter la mise en danger. »</p>
<p class="wp-block-paragraph">Les équipes disposent également d’une organisation médicale complète, avec des secouristes spécialement formés et la proximité du caisson hyperbare d’Ajaccio, accessible en une quinzaine de minutes. Le médecin urgentiste Romain Guenneugues, médecin officiel de la FFESSM, sera notamment mobilisé pendant l’événement tout comme le docteur Bruno Grandjean, président de la commission médicale du comité régional.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>La Corse, paradis mondial de l’apnée profonde</strong><strong></strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Si la Corse attire aujourd’hui les meilleurs apnéistes français et internationaux, ce n’est pas un hasard. Le golfe d’Ajaccio est considéré comme l’un des meilleurs sites au monde pour l’apnée en profondeur.</p>
<p class="wp-block-paragraph">« Nous faisons partie des cinq grands spots mondiaux », affirme Stéphanie Penven, citant Kalamata en Grèce, Dahab en Égypte ou encore Roatán au Honduras. « Ici, nous avons un golfe abrité, très peu de courant, une eau stable et surtout 180 mètres de profondeur accessibles à seulement quelques minutes de bateau. »</p>
<p class="wp-block-paragraph">Des conditions idéales pour l’entraînement comme pour la compétition.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Mais la culture de l’apnée en Corse dépasse largement le haut niveau. Avec ses milliers de kilomètres de côtes et sa tradition de chasse sous-marine, l’île entretient depuis longtemps un rapport privilégié avec le monde sous-marin.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Le comité régional compte aujourd’hui 80 clubs et associations pour environ 2&nbsp;500 licenciés. Plus d’un tiers des pratiquants sont des femmes, une proportion supérieure aux objectifs nationaux fixés par le ministère des Sports. Les jeunes représentent également une part importante des effectifs.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Car l’apnée commence souvent très tôt. En piscine, les enfants avant l’âge de 8 ans peuvent découvrir progressivement l’immersion à travers des jeux, des chasses au trésor sous-marines ou des parcours ludiques. « L’objectif, c’est surtout de lever les peurs et de leur donner confiance », explique Stéphanie Penven. Des diplômes adaptés à chaque âge, de la première étoile de mer au dauphin, accompagnent leur progression.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une terre de champions</strong><strong></strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">La Corse est aussi devenue une véritable pépinière de talents. Plusieurs champions du monde s’y entraînent régulièrement.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Parmi les figures les plus connues, Abdelatif Alouach s’est installé sur l’île après le Covid. Son parcours force le respect : arrivé tardivement dans la discipline, il considère aujourd’hui que l’apnée « lui a sauvé la vie ». Triple champion du monde, dix fois champion de France et détenteur de records impressionnants, il atteint notamment 119&nbsp;mètres en bipalmes.</p>
<p class="wp-block-paragraph">D’autres noms font rayonner la Corse dans les bassins et en eau libre : Chantal Marzin, ancienne championne de France devenue instructrice régionale et formatrice 2e degré, est spécialiste de l’apnée en profondeur et préside désormais la Commission Apnée Régionale Corse. Pour son rayonnement, l’île peut également compter sur les étoiles montantes Anne-Sophie Passalboni et Nicolas Jaouen, tous deux membres de l’équipe de France ou encore sur Christophe Dromard, champion du monde master à 70&nbsp;ans après avoir débuté l’apnée seulement une décennie plus tôt.</p>
<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-05-20-a-10.42.52.png"><img decoding="async" loading="lazy" width="440" height="496" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-05-20-a-10.42.52.png" alt="" class="wp-image-13004" /></a></figure>
</div>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un rendez-vous décisif en juillet</strong><strong></strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Du 16 au 19 juillet, Ajaccio accueillera donc une compétition particulièrement importante. Sélective pour l’équipe de France d’apnée en eau libre, elle servira également de préparation à plusieurs athlètes internationaux avant les championnats du monde d’août.</p>
<p class="wp-block-paragraph">L’événement restera néanmoins ouvert aux sportifs en progression, loin d’être réservé à une élite inaccessible. «&nbsp;C’est important pour nous que les jeunes compétiteurs puissent aussi venir se confronter au haut niveau&nbsp;», souligne Stéphanie Penven.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Le public pourra assister aux départs depuis le quai des Torpilleurs. Mais pour offrir un événement à la hauteur des ambitions corses, le comité régional cherche encore des soutiens financiers. « Il nous manque environ 5&nbsp;000 euros pour finaliser le budget&nbsp;», reconnaît Stéphanie Penven. Caméras de retransmission, accueil et prise en charge des athlètes, logistique, sécurité : les besoins restent nombreux.</p>
<p class="wp-block-paragraph">L’objectif dépasse largement le cadre sportif. Les organisateurs rêvent à terme d’accueillir une compétition internationale majeure en Corse, avec les retombées touristiques qui l’accompagnent. « Une grande compétition mondiale, ce sont des centaines de personnes qui restent sur le territoire après l’événement », rappelle-t-elle.</p>
<p class="wp-block-paragraph">En attendant, une cagnotte a été ouverte sur HelloAsso pour aider la compétition à voir plus grand. Dans le silence des profondeurs, l’apnée corse tente aujourd’hui de faire entendre sa voix.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Pour soutenir le projet du Comité régional corse FFESSM, vous pouvez vous rendre sur le site www.helloasso.com, « Soutenez le mouvement sportif et l’apnée en Corse&nbsp;».</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Marie-Hélène Andrei, l’audace du large</title>
		<link>https://corsicaradio.fr/marie-helene-andrei-laudace-du-large/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[lepressing]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Jun 2026 08:17:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la une]]></category>
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					<description><![CDATA[Vétérinaire, navigatrice et entrepreneure accomplie, Marie-Hélène Andrei incarne une trajectoire rare, guidée par la passion, l’exigence et la générosité. De sa clinique ajaccienne aux ponts&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div style="margin-bottom:20px"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1920" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/05/FullSizeRender_VSCO-219-scaled.jpg" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" /></div>
<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-20-a-10.08.37.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="537" height="1024" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-20-a-10.08.37-537x1024.png" alt="" class="wp-image-12992" style="aspect-ratio:0.5244167271185116;width:675px;height:auto" /></a></figure>
</div>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vétérinaire, navigatrice et entrepreneure accomplie, Marie-Hélène Andrei incarne une trajectoire rare, guidée par la passion, l’exigence et la générosité. De sa clinique ajaccienne aux ponts de ses catamarans, elle n’a jamais cessé d’avancer fidèle à sa philosophie&nbsp;: faire les choses avec cœur sans craindre de changer de cap.</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une vocation menée à pleine intensité</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Chez Marie-Hélène Andrei, tout commence par une évidence&nbsp;: l’énergie débordante et la passion qui semblent guider chacun de ses choix. <em>« On n’a qu’une vie. Il faut en profiter à fond. »</em>, dit-elle avec le sourire. Née à Ajaccio, elle a grandi aux côtés de son frère, entre un père médecin et une mère infirmière qui les ont toujours poussés avec bienveillance à se surpasser. Très tôt, sa passion pour les animaux l’a conduite à devenir vétérinaire. Après huit années d’études exigeantes entre Toulouse et Maisons-Alfort, elle choisit de revenir en Corse où elle exerce durant quelques années en tant que salariée, avant de créer en 2015 sa propre clinique<em>. «&nbsp;Un défi de taille&nbsp;!&nbsp;»,</em> raconte-t-elle. <em>« Je l’ai créée toute seule, il n’y avait que des parpaings… »</em>, se souvient-elle, évoquant les débuts, et les meubles fabriqués avec son père. <em>«</em><em> J’avais 29 ans.</em><em>&nbsp;J</em><em>’ai commencé seule avec une assistante vétérinaire à temps partiel, et ma mère qui m’aidait&nbsp;; d’ailleurs tout le monde croyait que c’était elle la vétérinaire&nbsp;!&nbsp;»</em><em>, </em>raconte-t-elle avec un sourire. Et le succès est rapide, presque fulgurant. L’équipe grandit et la clinique va très vite se développer pour atteindre en quelques mois jusqu’à neuf collaboratrices.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quand la passion devient trop lourde</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Cette réussite résulte d’une implication totale<em>. </em><em>«&nbsp;Ce métier me plaisait, c’était vraiment une passion. J’ai énormément travaillé</em><em> : entre les consultations, la chirurgie, il fallait aussi réconforter, gérer les urgences… J’y passais beaucoup de temps</em><em>, ce qui me valait d’être appréciée.</em><em>&nbsp;Mais la charge mentale était énorme. </em><em>Il me fallait </em><em>p</em><em>arfois jusqu’à deux jours pour parvenir à relâcher la pression&nbsp;! </em><em>»</em> Une intensité qui peu à peu va devenir un poids<em>. « J’avais la sensation que je n’avais plus de vie. Je</em><em> me suis rendu compte que</em><em> je n’étais plus Marie-Hélène Andrei… j’étais devenue docteur Andrei. »</em><em> </em>Et bientôt, un sentiment qui émerge : l’envie de tout arrêter. De tourner la page. Et le désir d’un nouveau projet&nbsp;: <em>« </em><em>J’avais envie de redévelopper une entreprise.&nbsp;»</em><em></em></p>
<p class="wp-block-paragraph">C’est une proposition de rachat pour la clinique qui va alors lui offrir de franchir le pas et d’amorcer un véritable virage professionnel.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><em>« Ma plus grande fierté, c’est d’avoir eu le courage de partir. Après</em><em> quatorze ans d’exercice,</em><em> c’était une décision difficile&nbsp;!&nbsp;»</em><em> </em>Partir en effet n’était pas anodin. C’était renoncer à un statut, à des années d’études, à une reconnaissance sociale forte. <em>« Quand on dit que je suis vétérinaire… on me bombe le torse. Dire que je suis monitrice de voile, c’est différent. »</em> dit-elle sans détour, consciente du regard que la société porte sur les trajectoires.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’appel du large</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Car pendant ces années, une autre passion, pour la mer, s’est installée en parallèle de sa vie de vétérinaire. Et alors que sa seule expérience se limitait au petit bateau à moteur de son père, déjà elle rêvait d’un tour du monde à la voile. <em>« Je ne sais pas pourquoi, j’étais attirée par la voile… pour son côté nature, cette harmonie avec les éléments. »</em><strong> </strong>C’est nourri par ce rêve que lorsque le moteur du bateau familial rend l’âme, elle achète un voilier de dix mètres entièrement à retaper, alors même qu’elle ne sait pas vraiment naviguer. Elle apprend seule et expérimente les premières sorties en mer <em>« J’ai pris des cartons… des cartons… »</em> Elle persévère mais comprend qu’elle doit se former pour progresser<em>. «&nbsp;</em><em>Au début, je n&rsquo;allais pas très loin, je faisais des ronds dans le golfe d’Ajaccio. Pendant deux ans à chaque sortie, j’avais une boule au ventre, c’était terrible, mais ça me plaisait tellement par ailleurs&nbsp;! Puis au bout de deux ans, j’ai dit stop&nbsp;! Là c’est trop dangereux, il faut que je me forme. J’ai réalisé que la sécurité de mes amis était en jeu, j’ai donc décidé de prendre des cours, et là j’ai trouvé ça génial&nbsp;! Et au fil du temps, je me suis dit que serait probablement ma reconversion professionnelle, que je pouvais tenter la location de catamarans…&nbsp;»</em><em></em></p>
<p class="wp-block-paragraph">Comme pour la clinique, elle avance alors sans vraiment tout maîtriser. Fidèle à elle-même, elle applique sa méthode : avancer prise par prise, comme pour l’escalade, sans se laisser impressionner par le sommet. <em>« Si j’avais eu conscience de tout ce que ça impliquait, je n’aurais peut-être pas osé. »</em></p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Entreprendre, autrement</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">La transition se fait donc progressivement. En 2022, tout en pensant arrêter la clinique, elle investit dans deux catamarans, un Lagoon 40 et un Lagoon 42, qu’elle met dans un premier temps en gestion locative pour tester le modèle économique, et prépare un monitorat pour pouvoir enseigner la voile sur des bateaux de croisière<em>. «&nbsp;</em><em>Dans le même temps, j’ai commencé à développer mon site Internet. Et j’avais toujours mon petit voilier sur lequel je m’amusais, à titre personnel…&nbsp;»</em><em> </em>En 2024, son <strong>monitorat voile croisière</strong> validé, elle lance pleinement son activité. Deux structures, <strong>ISULA AVENTURE</strong> dédiée à la location et <strong>ISULA VOILE FORMATION</strong> dédiée à la formation sur catamaran et voilier habitable, voient le jour. Une nouvelle vie aussi. Avec là encore son lot de défis techniques, logistiques et humains. <em>«</em><em>&nbsp;On ne peut pas imaginer une seule seconde ce que ça implique de louer des catamarans.</em></p>
<p class="wp-block-paragraph"><em>Chaque détail est incroyable… c’est énorme&nbsp;! »</em> Mais elle retrouve ce qui l’anime profondément : entreprendre. <em>« Je pense que je voulais retrouver le frisson que j’avais eu quand j’ai ouvert la clinique. »</em> Et surtout, elle retrouve le sens du lien. <em>« J’avais peur de faire un métier moins humain… mais on peut faire de l’humain partout. Dans l’accueil, dans la formation, dans l’accompagnement.&nbsp;»</em> Et de poursuivre <em>«&nbsp;J’avoue que je préfère la formation à la location. </em><em>Je trouve que ça peut permettre de donner confiance à des gens. Surtout en étant sur des unités comme ça.</em><em> </em><em>Encore plus quand j’ai des femmes à bord. Parce que souvent les femmes ont un peu moins confiance en elles.</em><em> J’ai envie de leur dire que c’est possible. »</em> Et toujours de faire preuve d’une grande exigence dans l’attention portée aux détails<em>. «&nbsp;</em><em>C’est peut-être la raison pour laquelle ça marche. Il n’y a que deux bateaux que je bichonne. J’ai toujours des retours de gens qui me disent qu&rsquo;ils sont dans un état impeccable. Mais</em><em> je préfère ne pas gagner d’argent que de savoir qu’une personne risque un problème pendant son séjour. »</em></p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>La bienveillance comme cap</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Cette attention portée aux autres est chez elle une constante&nbsp;; qu’il s’agisse de soigner des animaux ou d’accompagner des navigateurs, la ligne de Marie-Hélène Andrei reste la même : prendre soin. Elle transmet, encourage, valorise… Montre que la technique, la mer, la prise de décision ne sont pas réservées à quelques-uns. Cette bienveillance, elle l’exprime aussi dans des gestes forts autant que discrets. Comme les croisières qu’elle a offertes à des femmes atteintes d’un cancer. <em>«&nbsp;J’ai envie d’allier travail, passion et un côté humain. Je rends service. Si on était tous à faire un travail qui plaît, tout le monde irait beaucoup mieux.</em><em>&nbsp;»</em> dit-elle simplement.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vivre pleinement, jusqu’au bout</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Et puis il y a la mer, toujours. Les traversées, les rencontres, les moments suspendus. Et d’évoquer une traversée réalisée en 2024&nbsp;: <em>«&nbsp;</em><em>J’ai traversé l&rsquo;Atlantique à la voile. Gibraltar, Canaries, Cap Vert. J’étais invitée. On était 8 sur le bateau. </em><em>Il fallait faire les quarts de nuit. C’était un des plus beaux souvenirs de ma vie alors qu’au départ je m’étais dit que je n’allais jamais pouvoir rester enfermée sur un bateau pendant un mois. </em><em>Et en fait, j’ai trouvé ça génial. On est obligé de se calmer et de regarder la mer. Je n’avais jamais remarqué qu’il y avait autant de couleurs. À l’approche de la Martinique, les premiers grains dans le ciel… Et </em><em>les nuits sans lumière, les étoiles dans le ciel… et dans l’eau avec la </em><em>bioluminescence du phytoplancton. C’était tellement beau&nbsp;!</em><em> </em><em>J’en ai des frissons&nbsp;!&nbsp;»</em><em> </em>Et d’ajouter :<em> « C’était le mois où j’ai le plus vécu dans ma vie. »</em></p>
<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, elle parle de ralentir. Un peu. <em>« Je vais essayer de me calmer »</em>, sourit-elle. Mais les projets sont là : un tour du monde bien sûr, et peut-être un pont entre ses deux univers de prédilection, vétérinaire et maritime, en les conjuguant pourquoi pas dans des expéditions scientifiques&nbsp;?</p>
<p class="wp-block-paragraph">Au fond, la parcours de Marie-Hélène Andrei raconte une chose simple, mais essentielle : le courage de prendre le risque d’un changement. <em>« Le changement fait peur… mais ne pas changer, c’est le risque d’être malheureux toute sa vie&nbsp;! »</em> dit-elle. Elle n’a pas seulement changé de métier. Elle a choisi de rester fidèle à ce qui la fait avancer : la passion, les autres, et cette irrépressible envie d’aller voir plus loin.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>SAGA d’été – Nos petits cafés, leur grande guerre </title>
		<link>https://corsicaradio.fr/saga-dete-nos-petits-cafes-leur-grande-guerre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[lepressing]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Jun 2026 07:50:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la une]]></category>
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					<description><![CDATA[Cette série estivale est une construction narrative en quatre fragments.Comme dans la chanson de Gainsbourg chantée par Anna Karina&#160;«&#160;Sous le soleil exactementPas à côté, pas&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div style="margin-bottom:20px"><img loading="lazy" decoding="async" width="488" height="770" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-20-a-09.51.36.png" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" /></div>
<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-20-a-09.51.36.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="488" height="770" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/05/Capture-decran-2026-05-20-a-09.51.36.png" alt="" class="wp-image-12986" style="width:575px;height:auto" /></a></figure>
</div>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Cette série estivale est une construction narrative en quatre fragments.</strong><strong><br />Comme dans la chanson de Gainsbourg chantée par Anna Karina&nbsp;<br />«&nbsp;Sous le soleil exactement<br />Pas à côté, pas n’importe où<br />Sous le soleil, sous le soleil<br />Exactement<br />Juste en dessous&nbsp;»</strong></p>
<p>Elle s’inscrit dans une approche d’écriture personnelle non linéaire, centrée sur les zones de silence, les tensions ordinaires et les bascules invisibles du quotidien.<br />Elle ne cherche ni chronologie stricte, ni démonstration.<br />Elle observe. Elle traverse. Elle laisse apparaître.<br />Les épisodes qui la composent fonctionnent comme des états successifs, parfois disjoints, parfois reliés par des continuités imperceptibles.<br />On y retrouve des éléments récurrents : le quotidien, le non-dit, les mécanismes de retenue et les points de rupture.<br />Rien n’y est spectaculaire en apparence.<br />Tout y est structurant en profondeur.<br />Cette série ne raconte pas ce qui est dit.<br />Elle s’attache à ce qui tient.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Par <strong>Nathalie Coulon</strong></p>
<h2 class="wp-block-heading">Nos petits cafés, leur grande guerre</h2>
<p class="wp-block-paragraph"> <br />L’été revient toujours chargé de promesses disproportionnées. On lui demande de réparer l’année, de détendre les corps, de réconcilier les couples, d’effacer les relevés bancaires, de rendre les enfants heureux et les adultes plus simples. Trois semaines de soleil doivent désormais résoudre ce que dix mois n’ont pas su régler.<br />À peine juin entamé, le pays change de ton. Les voix deviennent plus lentes, les chemises plus ouvertes, les agendas mystérieusement introuvables après 16 heures. On parle de lumière comme d’un programme politique. Chacun se découvre une vocation GR20 à donf, je double, je triple les étapes, le GR20 sans prendre la météo encore moins crampons piolet (Quoi ? il y a des névés en Corse.), même à cent kilomètres de la mer, ils savent tout.<br />Et puis les autres, pendant ce temps, certains comptent déjà s’ils pourront partir plus de quatre jours. D’autres feront semblant d’avoir choisi de rester.<br />La Corse est hors de prix certainement comme Rome, les îles grecques ou peut-être le Mississippi. Tout ça a un prix ! Soupir, long soupir.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, sous cette mise en scène saisonnière, rien ne disparaît vraiment. Les fractures sociales prennent juste des couleurs plus claires. Les solitudes bronzent. Les fins de mois se déplacent en tongs. Les angoisses se cachent derrière des lunettes noires. Quant au monde, il continue sans égard pour nos congés payés. Les guerres ne ferment pas en août. Les licenciements non plus.</p>
<p class="wp-block-paragraph">C’est ce moment précis que cette saga voudrait raconter : quand la douceur ambiante rencontre le réel sans parvenir tout à fait à l’étouffer. Quand les terrasses se remplissent pendant que les alertes tombent. Quand chacun cherche un peu de légèreté avec dans la poche des soucis plus lourds que la glacière.<br />Il ne s’agira ni de gâcher l’été, ni de le célébrer bêtement. Encore moins de distribuer des leçons en maillot de bain. Seulement d’observer ce théâtre familier où se croisent privilèges modestes, contradictions sincères, fatigue collective et petits arrangements avec la lucidité.<br />Car l’été ici est un formidable révélateur. On y voit mieux les écarts, les désirs, les renoncements, la façon qu’a chacun de tenir debout. Il suffit d’un café en terrasse pour comprendre une époque ; d’une serviette posée sur une plage pour lire un rapport de classes ; d’un silence à table pour mesurer ce que l’on ne sait plus dire. Et parfois d’une addition pour se souvenir brutalement à quel camp l’on appartient.<br />Il y aura donc des cafés, des ferries complets, des couples qui se testent, des enfants ensablés, des journaux pliés sur des tables collantes, des conversations politiques avortées, des additions trop salées et des couchers de soleil qui ne règlent rien.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Bref, la vie telle qu’elle s’expose quand il fait beau.<br />En juin, nous remuerons la tasse.<br />En juillet/août, nous écouterons les silences.<br />En septembre, nous compterons ce qui reste.<br />Bienvenue dans la saga de l’été.</p>
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		<title>Corsica au Féminin by Jenny#7</title>
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		<dc:creator><![CDATA[karine]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Jun 2026 10:03:23 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Actus]]></category>
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					<description><![CDATA[Tea Time by Corsica au Féminin rencontre Claudia Coppi Dans cet épisode de Tea Time, j&#8217;ai le plaisir de recevoir Claudia Coppi, autrice corse et&#8230; ]]></description>
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<h2 class="wp-block-heading has-pale-pink-color has-text-color has-link-color wp-elements-82b75dc66c0c58d6535d8e39f05de17e"><strong>Tea Time by Corsica au Féminin rencontre Claudia Coppi</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cet épisode de Tea Time, j&rsquo;ai le plaisir de recevoir Claudia Coppi, autrice corse et architecte de profession. Après avoir conquis plusieurs milliers de lecteurs sur la plateforme Wattpad avec ses romans&nbsp;<em>Ça ira mieux à Rome</em>&nbsp;et&nbsp;<em>Tu as pris ton temps</em>, Claudia voit aujourd&rsquo;hui l&rsquo;un de ses plus grands rêves se réaliser avec la sortie de son premier roman publié en librairie :&nbsp;<em>Le parfum salé d&rsquo;un été qui se meurt</em>. Au cours de cet échange, elle nous raconte son parcours, son retour à l&rsquo;écriture à l&rsquo;âge de 28 ans, son hypersensibilité devenue une véritable force créative, mais aussi les coulisses du métier d&rsquo;autrice. Nous parlons d&rsquo;inspiration, de maisons d&rsquo;édition, de persévérance, des joies, des doutes et du long chemin qui mène parfois à la publication d&rsquo;un livre. Une conversation sincère, inspirante et pleine d&rsquo;émotions autour des rêves que l&rsquo;on ose enfin poursuivre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f449.png" alt="👉" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> Retrouvez Claudia Coppi sur son site :<br><a href="http://www.claudiacoppi.fr/">www.claudiacoppi.fr</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><img src="https://s.w.org/images/core/emoji/17.0.2/72x72/1f4da.png" alt="📚" class="wp-smiley" style="height: 1em; max-height: 1em;" /> Dédicaces du roman&nbsp;<em>Le parfum salé d&rsquo;un été qui se meur</em>t</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Le 19/06&nbsp;au Bartelby&rsquo;s à partir de 18:00 à Ajaccio</li>



<li>Le 11/07&nbsp;au Cultura à partir de 15:00 à Ajaccio&nbsp;</li>



<li>Le 17/07 à La Marge à partir de 16:00 à Ajaccio</li>



<li>Le 18/07 à la librairie Papi à partir de 16:00 à Bastia</li>



<li>Le 26/07 au Tabac presse Dragacci à Cargese (heure à définir)</li>
</ul>



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		<title>LE VRAI BLASPHÈME N’EST PAS CE QUE L’ON CROIT</title>
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		<dc:creator><![CDATA[lepressing]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Jun 2026 09:19:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la une]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans une société laïque telle qu’elle l’est encore heureusement en France, le blasphème n’existe pas. Les caricatures de Mahomet ne sont pas moins acceptées que&#8230; ]]></description>
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<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-06-02-a-11.21.33.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="520" height="812" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-06-02-a-11.21.33.png" alt="" class="wp-image-13038" /></a></figure>
</div>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans une société laïque telle qu’elle l’est encore heureusement en France, le blasphème n’existe pas. Les caricatures de Mahomet ne sont pas moins acceptées que celles parfois violentes de prêtres ou de rabbins.</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Michel Barat, ancien recteur de l</strong><strong>’</strong><strong>Académie de Corse</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Même si on pense que le respect d’autrui est nécessaire pour une cité harmonieuse, l’irrévérence à l’égard du religieux constitue un droit inaliénable de la liberté non seulement de pensée mais aussi d’expression. L’autodafé qui brûle des livres au prétexte qu’ils seraient blasphématoires est un crime contre la civilisation. Souvent la pensée qui pense fermement prend le risque de blesser, mais si elle renonçait à ce risque elle se renierait et cesserait de penser. Samuel Paty et Dominique Bernard l’ont enseigné au prix de leur vie. Que l’on soit croyant ou incroyant, l’oublier est les trahir et se trahir. Cette trahison est un abandon de l’idéal républicain. Et pourtant Samuel Paty et Dominique Bernard ont bien été assassinés pour avoir fait leur métier.</p>
<p class="wp-block-paragraph">La liberté religieuse n’a vraiment toute sa valeur que quand elle reconnaît celle de ne pas croire. Croyants et mécréants doivent accepter la critique fût-elle caricaturale. Malheureusement ces principes ne semblent plus avoir cours et rares sont ceux qui défileraient aujourd’hui pour «&nbsp;Charlie&nbsp;». Pire, on en revient aux guerres religieuses. Des croyants poursuivent et persécutent d’autres croyants comme des mécréants et des athées institutionnels emprisonnent et tuent des croyants. Le régime chinois à l’égard des Ouïgours n’a rien à apprendre des exactions du régime iranien à l’égard des infidèles. De tels agissements constituent en fait de vrais blasphèmes.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Albi des turpitudes &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Pire encore, dans les démocraties libérales très développées des guerres extérieures et des combats intérieurs sont menés au nom de Dieu. Le président des États-Unis d’Amérique organise dans son bureau ovale des séances de prière de son administration, dénonce ses opposants comme mauvais chrétiens et conduit des guerres au nom de son dieu. En réalité, bien plus que les dessinateurs de «&nbsp;Charlie&nbsp;», bien plus que les libres-penseurs, il blasphème en prenant Dieu comme alibi à ses turpitudes. Le blasphème devient idolâtrie quand, par exemple, il fait générer par l’intelligence artificielle une image de lui-même devenu Jésus-Christ guérissant les malades et peut-être ressuscitant les morts. Il est vrai qu’il a échappé par deux fois à un attentat et qu’il croit ou veut faire croire qu’il est béni de Dieu, que sa mission est divine et qu’il est l’Emmanuel, l’envoyé de Dieu. On ne sait si c’est tragique ou risible.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Jésus et Donald</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Rares sont les actes idolâtres de ce niveau, mélangeant la mégalomanie à la vulgarité. Il faut rappeler que cet homme réclamait le prix Nobel de la paix&nbsp;: pourquoi aujourd’hui ne revendiquerait-il pas la canonisation. Le pape Léon XIV lui a justement rappelé avec fermeté et sérénité qu’un homme de Dieu se devait être un homme de paix, ce qui a dû irriter un certain nombre de catholiques américains ultraconservateurs.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Contrairement à Jésus le royaume de Donald Trump est bien de ce monde, que de ce monde. Il est tellement mondain que ses actes de dévotion rappellent ceux de Tartuffe. En fait, l’antihumanisme combiné à un mercantilisme cupide accroît le blasphème. Donald Trump est un piètre chrétien. Ses comportements révèlent qu’il méprise les principes authentiques du christianisme et sa politique pourrait être qualifiée d’anti ou d’ante chrétienne.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Jésus déclare dans «&nbsp;Jean, 14 6&nbsp;»&nbsp;: «&nbsp;<em>Je suis le chemin, la vérité, la vie.&nbsp;</em>» Il appelle donc à suivre ses pas pour aller vers Dieu. Comme le proclame le Concile de Chalcédoine en 451, sa nature est double&nbsp;: il est «<em>&nbsp;tout à fait homme et tout à fait Dieu</em>&nbsp;».</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mépris de l</strong><strong>’</strong><strong>autre</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Pour un chrétien, emprunter le chemin de Jésus c’est d’abord suivre l’homme, aimer tout homme quel qu’il soit comme un frère. C’est ainsi que pour le philosophe marxiste Alain Badiou, c’est saint Paul qui est le père de l’universalisme humaniste. Ainsi le véritable blasphème est le mépris de l’autre et le refus de sa totale liberté. La politique de Donald Trump est donc de fait un vrai blasphème.</p>
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