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		<title>Laurent Silvani, l’artiste qui réinvente les icônes corses</title>
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		<pubDate>Mon, 20 Jul 2026 09:32:26 +0000</pubDate>
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<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-06-a-11.33.05.png"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="600" height="884" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-06-a-11.33.05.png" alt="" class="wp-image-13138" /></a></figure>
</div>
<p class="wp-block-paragraph">Dans l’univers de l’art contemporain corse, certains créateurs parviennent à imposer une signature immédiatement identifiable. Laurent Silvani fait partie de ceux-là. Plasticien, peintre, sculpteur et designer de formes, il a construit au fil des années un langage artistique singulier où se rencontrent culture populaire, histoire corse, design contemporain et esthétique pop. Son œuvre la plus connue, « Napo », réinterprétation moderne et ludique de Napoléon Bonaparte, est devenue une véritable référence artistique en Corse et bien au-delà. Mais réduire Laurent Silvani à ce personnage emblématique serait oublier la richesse d’un parcours marqué par une recherche constante, une curiosité insatiable et une volonté de renouveler les codes de la représentation contemporaine.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Par <strong>Anne-Catherine Mendez</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une vocation née très tôt</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Originaire d’Ajaccio, Laurent Silvani grandit dans un environnement où la culture et la création occupent une place importante. Dès son plus jeune âge, il dessine, observe et construit son regard sur le monde. Après des études au lycée Fesch d’Ajaccio, il poursuit sa formation à Aix-en-Provence en arts plastiques avant d’intégrer la prestigieuse École Boulle à Paris, référence française dans les domaines du design, des métiers d&rsquo;art et de la création. Cette formation marquera durablement son approche artistique. À Paris, il découvre l’effervescence artistique des années 1990, fréquente les galeries, participe à ses premières expositions et affine progressivement son identité visuelle. Très tôt, il s’intéresse autant à la peinture qu’au design industriel, au graphisme qu’à la sculpture. Cette diversité d’influences explique aujourd’hui la difficulté à enfermer son travail dans une seule catégorie artistique. Lui-même préfère souvent se définir comme un « créateur » plutôt que comme un simple peintre ou sculpteur.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le retour à Ajaccio et la construction d’un univers personnel</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Après ses années parisiennes, Laurent Silvani revient en Corse et installe son atelier à Ajaccio. Il y développe progressivement un travail nourri par les échanges avec d’autres artistes, les nouvelles technologies de découpe, les arts graphiques et la culture visuelle contemporaine. Son atelier devient un laboratoire permanent où cohabitent dessins, maquettes, sculptures, expérimentations numériques et recherches de matières. Cette période est essentielle dans sa carrière. L’artiste abandonne progressivement les références académiques pour développer un univers personnel. Il travaille les découpes, les superpositions de matériaux, les jeux de reliefs et les compositions murales. Peu à peu, son œuvre s’oriente vers des formes plus accessibles, inspirées à la fois du pop art américain, du street art, du design graphique et de l’univers du jouet contemporain. Cette influence du « toy art » est aujourd’hui l’une des caractéristiques majeures de son travail.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Napo : la naissance d’une icône</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">S’il est un personnage qui a changé la trajectoire de Laurent Silvani, c’est incontestablement Napoléon Bonaparte. À Ajaccio, la figure de l’Empereur est omniprésente. Pourtant, l’artiste constate que les représentations traditionnelles de Napoléon restent largement figées dans les codes du xixe siècle. Portraits officiels, statues monumentales, gravures historiques : l’image du personnage semble prisonnière de son époque. Laurent Silvani décide alors de lui offrir une seconde vie. Son ambition n’est pas de caricaturer Napoléon mais de le réinventer. Il simplifie les formes, arrondit les volumes, conserve les attributs immédiatement reconnaissables – le bicorne, la redingote, la célèbre posture – et crée un personnage compact, presque enfantin, mais étonnamment expressif. Ainsi naît « Napo ». Le succès est immédiat. Les sculptures séduisent autant les amateurs d’art que le grand public. À travers elles, Laurent Silvani parvient à faire dialoguer patrimoine et modernité. Son Napoléon devient une icône pop, une figure universelle qui dépasse largement le cadre insulaire. Comme l’explique l’artiste&nbsp;: «&nbsp;Partout dans le monde, même lorsque la Corse reste méconnue, le nom de Napoléon évoque immédiatement quelque chose. Cette dimension internationale contribue largement à la réussite du projet.&nbsp;»</p>
<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-06-a-11.35.30.png"><img decoding="async" width="536" height="530" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-06-a-11.35.30.png" alt="" class="wp-image-13139" /></a></figure>
</div>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un personnage en perpétuelle évolution</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Le génie de Laurent Silvani réside dans sa capacité à ne jamais figer son personnage. Napo existe aujourd’hui dans une multitude de versions : sculptures monochromes, éditions colorées, pièces métalliques, créations monumentales, œuvres en résine ou compositions murales. Certaines déclinaisons empruntent les codes du street art, d’autres ceux du design contemporain ou de l’art décoratif. L’artiste ne cesse d’explorer les possibilités offertes par cette figure devenue emblématique. Autour d’elle gravitent désormais Joséphine, les grognards, les soldats de la Garde impériale et tout un univers narratif inspiré de l’épopée napoléonienne. Ce qui n’était au départ qu’une sculpture devient progressivement une véritable mythologie artistique contemporaine.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Entre pop art, street culture et mémoire collective</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">L’œuvre de Laurent Silvani ne se limite pas à Napo. Son travail comprend également des séries consacrées aux lutteurs, aux personnages graphiques, aux insectes stylisés, aux compositions typographiques et aux reliefs muraux complexes. Toutes ces créations ont en commun une même volonté : transformer des images familières en objets artistiques capables de provoquer une émotion immédiate. Dans son book artistique, Laurent Silvani explique rechercher des œuvres «&nbsp;immédiatement lisibles&nbsp;» mais comportant plusieurs niveaux de lecture. Les personnages, les mots et les symboles deviennent des éléments graphiques autonomes qui dialoguent avec l’imaginaire du spectateur. Cette démarche rappelle certains principes du pop art tout en conservant une forte dimension personnelle. L’artiste revendique d’ailleurs des influences multiples : le design industriel, la bande dessinée, les jouets, le graffiti, les cultures urbaines et l’art contemporain. Cette diversité explique la grande liberté formelle de ses créations. Chez lui, la frontière entre œuvre d’art, objet design et sculpture populaire, devient volontairement floue.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une marque artistique à part entière</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Face au succès rencontré par Napo, Laurent Silvani a progressivement développé une véritable identité de marque autour de son personnage. Le projet Napô Art vise à rendre son univers accessible à un public plus large grâce à des éditions spécifiques et des objets dérivés inspirés de ses créations originales. Cette démarche ne constitue pas une rupture avec son travail artistique mais son prolongement naturel. L’artiste revendique d’ailleurs cette volonté de faire circuler ses images. Dans un monde saturé de références visuelles, il cherche à produire ses propres symboles plutôt qu’à réutiliser ceux des autres. Cette approche explique la cohérence de son œuvre et sa reconnaissance croissante auprès du public.</p>
<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-06-a-11.35.52.png"><img decoding="async" loading="lazy" width="528" height="756" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-06-a-11.35.52.png" alt="" class="wp-image-13140" /></a></figure>
</div>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un artiste corse tourné vers l’international</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, Laurent Silvani est reconnu comme l’une des figures majeures de la création contemporaine en Corse. Ses œuvres sont régulièrement exposées dans des galeries, des salons et des événements culturels. Son univers visuel, immédiatement identifiable, lui permet de toucher un public bien au-delà des frontières insulaires. Ce rayonnement repose sur un équilibre rare : rester profondément ancré dans son territoire tout en développant un langage universel. À travers Napoléon, les lutteurs, les guerriers ou ses compositions graphiques, Laurent Silvani parle autant de la Corse que du rapport contemporain aux images, aux mythes et aux symboles. À une époque où l’art contemporain peut parfois sembler difficile d’accès, son travail réussit le pari de conjuguer exigence artistique et popularité. Ses œuvres séduisent par leur immédiateté visuelle avant de révéler une réflexion plus profonde sur la mémoire collective, l’identité et la représentation. C’est sans doute là que réside la singularité de Laurent Silvani : dans cette capacité à transformer une icône historique, un personnage populaire ou un simple mot en une œuvre qui interpelle, amuse et questionne tout à la fois. Un artiste qui, depuis Ajaccio, construit patiemment un univers devenu l’un des plus reconnaissables de la scène artistique corse contemporaine.</p>
<div class="wp-block-group">
<div class="wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Exposition – Galerie Archipel</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">3, rue Zevaco Maire – Ajaccio</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Du 6 au 19 juillet 2026</strong></p>
</div>
</div>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Corse L’île aux mangas</title>
		<link>https://corsicaradio.fr/corse-lile-aux-mangas/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[lepressing]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Jul 2026 09:19:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la une]]></category>
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					<description><![CDATA[Longtemps considéré comme un divertissement venu d’ailleurs, le manga parle désormais corse. Avec l’apparition de nouveaux auteurs insulaires, ce format né au Japon devient un&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div style="margin-bottom:20px"><img decoding="async" width="762" height="744" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-06-a-11.19.58.png" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" loading="lazy" /></div>
<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-06-a-11.19.58.png"><img decoding="async" width="762" height="744" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-06-a-11.19.58.png" alt="" class="wp-image-13131" /></a></figure>
<p class="wp-block-paragraph">
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Longtemps considér</strong><strong>é comme un divertissement venu d</strong><strong>’</strong><strong>ailleurs, le manga parle désormais corse. Avec l</strong><strong>’</strong><strong>apparition de nouveaux auteurs insulaires, ce format né au Japon devient un terrain d</strong><strong>’</strong><strong>expression original pour raconter des univers de science-fiction, revisiter les mythes de l’î</strong><strong>le ou interroger la sociét</strong><strong>é contemporaine. Rencontre croisée avec deux figures émergentes : Jean-Laurent Marcia et Ghjuvà Lucchinacci.</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Par <strong>Caroline Ettori</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">La scène est encore discrète, mais elle témoigne d’une véritable évolution culturelle. En Corse, de jeunes auteurs s’emparent des codes du manga pour raconter leurs propres histoires. Loin d’une pâle imitation des modèles japonais, ils façonnent des univers singuliers, nourris de leurs références, de leur imaginaire et parfois même de leur insularité.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Parmi eux, Jean-Laurent Marcia, auteur de Last Bloom, la dernière floraison, et Ghjuvà Lucchinacci, créateur de Sognus Mortalis. Tous deux ont grandi avec les programmes du «&nbsp;Club Dorothée&nbsp;», les aventures des «&nbsp;Chevaliers du Zodiaque&nbsp;» ou de «&nbsp;Dragon Ball&nbsp;». Ils sont les représentants d’une génération qui a vu le manga passer du statut de passion marginale à celui de phénomène culturel majeur. « Dans une classe de trente élèves, il y en avait trois qui lisaient des mangas, se souvient Ghjuvà Lucchinacci. Aujourd’hui, c’est presque l’inverse. »</p>
<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-06-a-11.20.42.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="598" height="446" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-06-a-11.20.42.png" alt="" class="wp-image-13133" /></a></figure>
<p class="wp-block-paragraph">Les chiffres confirment cette révolution culturelle. La France est devenue le deuxième marché mondial du manga derrière le Japon. En 2024, 35,9 millions d&rsquo;exemplaires se sont vendus sur le territoire pour un chiffre d’affaires estimé à 309 millions d’euros. Et sans surprise, la Corse n’a pas échappé à cette vague culturelle.</p>
<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-06-a-11.20.15.png"><img decoding="async" loading="lazy" width="526" height="734" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-06-a-11.20.15.png" alt="" class="wp-image-13132" /></a></figure>
</div>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Deux auteurs, deux chemins</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Si les deux artistes partagent la même passion pour le manga, leurs parcours diffèrent radicalement. Dessinateur professionnel reconnu à l’international, Jean-Laurent Marcia travaille notamment pour l’industrie américaine des comics en réalisant des couvertures pour différents éditeurs. Son entrée dans le manga est celle d’un passionné de grands univers de fiction.</p>
<p class="wp-block-paragraph">« J’aime les histoires vastes, les monstres, les personnages complexes, les mondes à explorer », explique-t-il. Le manga offre une liberté incroyable pour développer ce type de récits. »</p>
<p class="wp-block-paragraph">Son œuvre, Last Bloom, plonge le lecteur dans un univers de science-fiction où s’opposent deux mondes. L’histoire se situe sur une Terre ravagée où seuls quelques privilégiés ont rejoint une Couronne orbitale d’où ils dirigent et asservissent les classes les plus précaires, réfugiées sous la croûte terrestre. Les tensions sont nombreuses et la révolte gronde dans ces zones Intraterres où les populations vivent entassées et n’ont d’autres fonctions que préserver les ressources de la Couronne. Last Bloom en tant que manga indépendant est né de l’envie de raconter une histoire où la technologie, le progrès et les dérives humaines rencontrent la force spirituelle de la nature. Un récit nourri par son goût du space opera, des grandes sagas futuristes et des questionnements sociaux.</p>
<p class="wp-block-paragraph">À l’inverse, Ghjuvà Lucchinacci est venu au manga par l’histoire qu’il souhaitait raconter. Graphiste, créateur dans le domaine du jeu vidéo et musicien, il n’avait pas initialement l’ambition de produire un manga. « Je ne suis pas parti du manga. Je suis parti d’un récit. Ensuite je me suis demandé quel était le meilleur format pour le raconter. »</p>
<p class="wp-block-paragraph">La réponse sera Sognus Mortalis où une jeune femme enquête sur la mort de sa sœur jumelle et découvre l’existence d’individus capables de tuer dans les rêves. Héritière malgré elle d’un ancien pouvoir, Maria se retrouve au cœur d’une guerre invisible entre clans rivaux, où chaque nuit peut être la dernière. Masques rituels, symboles oubliés, forces obscures… tout converge vers un objectif mystérieux que tous les Mazzeri convoitent : la «&nbsp;Sortie&nbsp;».</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une Corse réinvent</strong><strong>ée</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Le plus fascinant dans leurs démarches réside sans doute dans la manière dont chacun intègre la Corse à son univers.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Chez Jean-Laurent Marcia, l’île apparaît à travers les paysages, les caractères et les sensibilités. Les décors corses deviennent une source d’inspiration graphique. « Nous avons une richesse incroyable. On peut passer de la mer à la montagne en quelques minutes. Cela apporte énormément visuellement. »</p>
<p class="wp-block-paragraph">L’auteur voit même dans cette identité méditerranéenne un atout potentiel pour l’exportation. «&nbsp;Les lecteurs japonais, rappelle-t-il, nourrissent une certaine fascination pour la Corse, notamment à travers la figure de Napoléon. »</p>
<p class="wp-block-paragraph">Chez Ghjuvà Lucchinacci, l’approche est plus frontale. Son récit se déroule dans une Corse alternative, issue d’une uchronie. Il imagine un monde où Pascal Paoli aurait remporté la bataille de Ponte Novu. « Je voulais éviter de me confronter directement à une vision figée de la Corse. Il fallait s’affranchir des règles alors j’ai créé une Corse fantasmée où toutes les vérités sont possibles.&nbsp;» L’auteur construit alors une société qui lui permet d’explorer librement les thèmes du pouvoir, de l’identité et de la transmission.</p>
<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-06-a-11.21.12.png"><img decoding="async" loading="lazy" width="710" height="428" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-06-a-11.21.12.png" alt="" class="wp-image-13134" /></a></figure>
</div>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>La langue comme terrain d</strong><strong>’exp</strong><strong>érimentation</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">L’une des originalités de Sognus Mortalis réside dans son dispositif narratif bilingue. L’ouvrage peut se lire dans les deux sens. D’un côté en français, de l’autre en langue corse. Mais il ne s’agit pas d’une simple traduction. Chaque version apporte des nuances différentes. Les personnages changent de point de vue, certains détails évoluent, les dialogues prennent une coloration particulière selon la langue utilisée. Pour Ghjuvà Lucchinacci, le bilinguisme ne constitue pas un simple habillage culturel mais un véritable outil narratif. « Je ne voulais pas subir la traduction. Je voulais qu’elle participe à l’histoire. »</p>
<p class="wp-block-paragraph">Jean-Laurent Marcia partage cette envie de voir un jour son œuvre traduite en corse. Un projet qui se heurte encore aux contraintes économiques de l’édition, mais qui reste un objectif important. Car derrière la question linguistique se joue aussi celle de la transmission culturelle et de la place de la création contemporaine dans la langue corse.</p>
<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-06-a-11.21.24.png"><img decoding="async" loading="lazy" width="706" height="428" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-06-a-11.21.24.png" alt="" class="wp-image-13135" /></a></figure>
</div>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Plus qu</strong><strong>’</strong><strong>un divertissement</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Les deux auteurs revendiquent également une dimension réflexive dans leurs œuvres. Sous ses airs de récit futuriste, Last Bloom interroge les fractures sociales, les inégalités et les tensions qui traversent nos sociétés contemporaines. « À travers le ludique, on peut apporter des solutions, montrer différentes facettes de la vie », estime Jean-Laurent Marcia. Une ambition qui rejoint celle du manga japonais classique, souvent porteur de valeurs fortes : courage, solidarité, persévérance ou dépassement de soi.</p>
<p class="wp-block-paragraph">De son côté, Ghjuvà Lucchinacci cherche à déstabiliser les certitudes du lecteur. « Je présente l’histoire comme un polar mystique, mais le but est qu’à la fin le lecteur remette en question les notions de bien et de mal. »</p>
<p class="wp-block-paragraph">Les deux créateurs refusent ainsi toute vision manichéenne du monde. Leurs personnages sont complexes, traversés par des contradictions, des émotions et des dilemmes.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Trois ans de travail pour un rêve</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Créer un manga reste une aventure exigeante. Pour réaliser Sognus Mortalis, Ghjuvà a consacré plus de trois années à son projet. Trois ans de dessin, de découpage, de réécriture et d’expérimentations techniques. Cet artiste visuel a mobilisé différents outils numériques, de la modélisation 3D à l’intelligence artificielle, tout en conservant une forte intervention manuelle dans le processus créatif. « Plus on se rapproche de la fin, plus on a l’impression qu’elle s’éloigne, avoue-t-il en souriant. Mais chaque matin, je recommençais. Je n’ai pas mis que ma patience à l’épreuve, je devais aussi répondre à mon éditeur. Il a été courageux parce qu’il m’a fait confiance, il n’a rien vu avant la fin.&nbsp;»</p>
<p class="wp-block-paragraph">Jean-Laurent Marcia insiste également sur cette relation auteur-éditeur, reconnaissant l’importance de son équipe éditoriale qui lui laisse une grande liberté sans jamais renoncer à la qualité. «&nbsp;Ça me permet de faire de plus en plus de belles choses, d’aller plus loin à chaque fois, de me remettre en question aussi. C’est essentiel pour ma créativité.&nbsp;»</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>La naissance d</strong><strong>’</strong><strong>une scène</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de leurs œuvres respectives, les deux auteurs semblent conscients de participer à quelque chose de plus grand : l’émergence d’un mouvement.</p>
<p class="wp-block-paragraph">La Corse possède déjà une riche tradition littéraire, musicale et graphique. Le manga pourrait devenir une nouvelle voie d’expression pour les jeunes créateurs de l’île. Ghjuvà Lucchinacci rêve déjà d’une génération d’auteurs capables de se fédérer, d’échanger et de construire une véritable scène locale. « Nous sommes peut-être les premiers, mais j’espère qu’il y en aura un troisième, puis un quatrième. »</p>
<p class="wp-block-paragraph">Une ambition partagée par Jean-Laurent Marcia, qui souhaite voir réapparaître à travers ces récits certaines valeurs qu’il juge fondamentales : l’entraide, la solidarité, le respect ou le sens du collectif.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Car derrière les combats, les rêves, les univers fantastiques ou les voyages interstellaires, leurs mangas racontent finalement la même chose : une île qui continue d’inventer de nouvelles façons de se raconter.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Sognus Mortalis de Ghjuvà Lucchinacci chez Parti des Oiseaux.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Last Bloom &#8211; La dernière floraison de Jean-Laurent Marcia chez Kuma Éditions</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>De la Corse aux champs de bataille de Warhammer : l’aventure de FORG3D</title>
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		<pubDate>Fri, 17 Jul 2026 09:11:35 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Derrière les mangas, les jeux vidéo, les séries fantastiques et les univers héroïques qui fascinent aujourd’hui des millions de passionnés, existe tout un écosystème créatif&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div style="margin-bottom:20px"><img decoding="async" width="800" height="536" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-06-a-11.15.24.png" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" loading="lazy" /></div>
<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-06-a-11.15.24.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="536" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-06-a-11.15.24.png" alt="" class="wp-image-13126" /></a></figure>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Derrière les mangas, les jeux vidéo, les séries fantastiques et les univers héroïques qui fascinent aujourd’hui des millions de passionnés, existe tout un écosystème créatif souvent méconnu. Illustrateurs, auteurs, concepteurs de jeux, sculpteurs numériques… autant de métiers qui nourrissent des mondes imaginaires devenus de véritables marchés. En Corse, Guillaume Figlie a trouvé sa place dans cet univers. Depuis son atelier équipé d’une vingtaine d’imprimantes 3D, ce sapeur-pompier de profession fabrique des milliers de figurines destinées aux joueurs de Warhammer, le plus célèbre jeu de stratégie fantastique au monde. Une activité née d’une passion d’adolescent et devenue une entreprise qui se développe bien au-delà de l’île.</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Par <strong>Anne-catherine Mendez</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Le ronronnement des imprimantes remplit l’atelier. Sur les plateaux de fabrication apparaissent lentement des chevaliers caparaçonnés, des cavaliers lancés au galop, des archers elfes ou encore des créatures fantastiques surgies d’un autre âge, celui du médiéval fantastique. À première vue, on pourrait croire à un décor de cinéma ou à l’atelier d’un maquettiste. Pourtant, derrière ces silhouettes miniatures se cache une véritable entreprise, installée en Corse et tournée vers un marché national. À la tête de FORG3D, Guillaume Figlie observe avec attention le travail de ses machines. Sapeur-pompier dans la vie quotidienne, il mène depuis plusieurs années une seconde carrière, celle d’entrepreneur spécialisé dans l’impression 3D de figurines destinées à l’univers de Warhammer. « Je joue à ce jeu depuis l’âge de douze ans », explique-t-il avec le sourire. Une passion ancienne qui, contre toute attente, est devenue un projet économique à part entière.</p>
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<figure class="alignright size-full"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-06-a-11.15.59.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="524" height="322" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-06-a-11.15.59.png" alt="" class="wp-image-13128" /></a></figure>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Warhammer, un phénomène mondial</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Pour beaucoup, le nom de Warhammer reste mystérieux. Pourtant, cet univers créé au Royaume-Uni dans les années 1980 est aujourd’hui l’une des références mondiales du jeu de figurines. Le principe est simple. Chaque joueur constitue une armée composée de dizaines, parfois de centaines de personnages miniatures représentant des peuples imaginaires : chevaliers, elfes, nains, orques, monstres ou magiciens. Une fois peintes et assemblées, ces armées s’affrontent lors de parties qui mêlent stratégie, tactique et hasard. À mi-chemin entre le jeu de rôle, les échecs et les grandes batailles historiques miniatures, Warhammer s’est progressivement imposé comme un véritable phénomène culturel. L’univers a largement dépassé le cadre du jeu. Romans, bandes dessinées, jeux vidéo, animations et produits dérivés ont contribué à bâtir une communauté mondiale de passionnés. « Beaucoup de gens découvrent aujourd’hui cet univers à travers les jeux vidéo ou les réseaux sociaux, mais cela fait plus de quarante ans qu’il existe », rappelle Guillaume. Comme les mangas ou les grandes sagas fantastiques, Warhammer s’appuie sur un imaginaire riche et foisonnant qui continue de séduire de nouvelles générations.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quand les geeks deviennent entrepreneurs</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Lorsque Guillaume découvre Warhammer à la fin des années 1990, il est encore collégien. Comme beaucoup de jeunes de sa génération, il se passionne pour les univers fantastiques, les jeux vidéo et les récits héroïques. Les années passent mais la passion demeure.</p>
<p class="wp-block-paragraph">« Je joue encore aujourd’hui avec certains amis que je fréquentais déjà à l’époque », raconte-t-il. En 2017, un autre centre d’intérêt va bouleverser son parcours : l’impression 3D. Fasciné par les nouvelles technologies, il découvre les possibilités offertes par les premières machines capables de produire des objets avec un niveau de détail impressionnant. Le rapprochement avec Warhammer est immédiat. «&nbsp;Quand j’ai vu ce que ces imprimantes étaient capables de faire, j’ai tout de suite pensé aux figurines. » À l’époque, l’impression 3D reste encore marginale. Pourtant, Guillaume comprend rapidement qu’elle peut permettre de proposer une alternative aux modèles commercialisés par Games Workshop, l’entreprise britannique à l’origine de Warhammer. L’idée n’est pas de concurrencer frontalement le géant anglais mais d’offrir davantage de diversité à une communauté toujours à la recherche de nouvelles créations.</p>
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<figure class="alignleft size-full"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-06-a-11.15.45.png"><img decoding="async" loading="lazy" width="586" height="472" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-06-a-11.15.45.png" alt="" class="wp-image-13127" /></a></figure>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Derrière chaque figurine, des artistes du numérique</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, Guillaume ne dessine pas lui-même les figurines qu’il produit. Derrière chaque chevalier, chaque mage ou chaque créature fantastique se cache le travail d’artistes spécialisés dans la sculpture numérique 3D. Ces créateurs vivent aux quatre coins du monde. Leur métier consiste à imaginer et concevoir de nouveaux personnages grâce à des logiciels de modélisation extrêmement sophistiqués. Armures, boucliers, montures, armes, visages ou détails des costumes : tout est sculpté virtuellement avant d’être transformé en fichier numérique. « Moi, je suis fabricant. Les artistes créent les modèles et je travaille avec eux grâce à des partenariats commerciaux », explique Guillaume. Chaque mois, ces sculpteurs alimentent son catalogue avec de nouvelles références. FORG3D compte aujourd’hui plus de deux mille modèles différents. Un fonctionnement qui rappelle celui de la bande dessinée ou du manga : d’un côté des créateurs qui imaginent les univers, de l’autre des professionnels chargés de leur diffusion auprès du public. Sauf qu’ici, les œuvres ne sont pas imprimées sur papier mais prennent la forme d’objets physiques.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une activité qui tourne jour et nuit</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Dans l’atelier, vingt machines fonctionnent régulièrement. Quinze imprimantes à résine produisent les figurines les plus détaillées. Cinq autres, utilisant la technologie du filament, servent à fabriquer des accessoires complémentaires : socles, éléments de décor ou boîtes de transport. La production ne s’arrête quasiment jamais. Les machines tournent souvent toute la nuit. Le matin est consacré au nettoyage, au contrôle qualité et aux opérations de finition. Les figurines sont ensuite préparées pour l’expédition. Certaines mesurent seulement quelques centimètres, mais leur niveau de détail impressionne. Casques, épées, plis des vêtements ou expressions des visages apparaissent avec une précision remarquable. Une fois reçues, les figurines sont peintes par les joueurs eux-mêmes. Car dans cet univers, le plaisir ne se limite pas à la partie. Monter, peindre et personnaliser son armée fait pleinement partie de l’expérience. Certains amateurs passent des dizaines d’heures sur une seule pièce.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une communauté bien réelle</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">À l’heure où les écrans occupent une place centrale dans les loisirs, Warhammer apparaît presque comme une exception. Les parties se jouent physiquement. Autour d’une table. Entre amis. Souvent pendant plusieurs heures.</p>
<p class="wp-block-paragraph">« On se retrouve, on mange ensemble, on joue, on discute. C’est extrêmement convivial », explique Guillaume. Une partie peut durer entre cinq et six heures. Les joueurs organisent régulièrement des rencontres et certains participent à des tournois. Cette dimension sociale contribue largement à expliquer la longévité du phénomène. Et contrairement aux idées reçues, la clientèle n’est pas composée principalement d’adolescents. La majorité des joueurs ont plus de quarante ans. «&nbsp;Ce sont souvent des gens qui pratiquaient déjà ce hobby lorsqu’ils étaient jeunes. Aujourd’hui, ils ont davantage de moyens et peuvent consacrer du temps à leur passion.&nbsp;» Une évolution qui accompagne l’essor général de la culture geek, devenue au fil des années un véritable phénomène de société.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une entreprise corse tournée vers toute la France</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Si la communauté reste relativement discrète en Corse, FORG3D a su conquérir un marché bien plus vaste. L’essentiel de la clientèle se situe partout en France et en Europe. Plusieurs centaines de colis quittent ainsi chaque mois l’île pour rejoindre des passionnés répartis sur tout le pays. «&nbsp;Mais les principales commandes proviennent des territoires qui abritent les plus fortes communautés de joueurs, en particulier l’Île-de-France, le Grand Est et la région Provence-Alpes-Côte d’Azur », précise Guillaume. La croissance est telle que les délais de fabrication atteignent parfois plusieurs semaines. L’entreprise emploie aujourd’hui une salariée à temps plein et s’appuie sur plusieurs collaborateurs extérieurs. Pour développer sa notoriété, Guillaume collabore également avec des créateurs de contenu spécialisés et plusieurs youtubeurs influents qui présentent régulièrement ses productions à leurs communautés. Une visibilité essentielle dans un secteur où la recommandation et la confiance jouent un rôle majeur.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’imaginaire comme moteur économique</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">L’histoire de FORG3D raconte finalement bien plus qu’une réussite entrepreneuriale. Elle illustre la manière dont les nouvelles technologies transforment les industries culturelles et créatives. Comme les auteurs de mangas, les illustrateurs, les développeurs de jeux vidéo ou les créateurs de contenus, Guillaume Figlie évolue dans une économie fondée sur l’imaginaire. Une économie souvent invisible mais qui génère aujourd’hui des milliards d’euros à travers le monde. Dans son atelier corse, pendant que les imprimantes poursuivent leur travail couche après couche, les mondes fantastiques continuent ainsi de prendre forme. Et chaque nuit, des centaines de chevaliers, d’elfes ou de guerriers miniatures quittent virtuellement les royaumes de la fantasy pour rejoindre les tables de jeu de passionnés partout en France. Dans un monde saturé d’informations, d’injonctions et d’incertitudes, ces univers imaginaires offrent aussi une parenthèse. Le temps d’une partie, les préoccupations du quotidien s’effacent derrière les stratégies militaires, les royaumes fantastiques et les aventures épiques. Une forme d’évasion qui explique sans doute en partie la fidélité de communautés présentes depuis plusieurs décennies. La preuve qu’une passion née dans une chambre d’adolescent peut devenir, une entreprise innovante solidement ancrée en Corse et connectée au reste du monde.</p>
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		<title>Benjamin Valenza – L’art en partage</title>
		<link>https://corsicaradio.fr/benjamin-valenza-lart-en-partage/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[lepressing]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Jul 2026 08:51:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la une]]></category>
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					<description><![CDATA[Entre Marseille, Lausanne et le Valinco, Benjamin Valenza a construit un parcours singulier, loin des trajectoires toutes tracées. Artiste plasticien reconnu sur la scène contemporaine&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div style="margin-bottom:20px"><img decoding="async" width="478" height="604" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-06-a-10.58.05.png" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" loading="lazy" /></div>
<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-06-a-10.53.08.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="750" height="826" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-06-a-10.53.08.png" alt="" class="wp-image-13119" /></a></figure>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Entre Marseille, Lausanne et le Valinco, Benjamin Valenza a construit un parcours singulier, loin des trajectoires toutes tracées. Artiste plasticien reconnu sur la scène contemporaine internationale, il est aujourd’hui installé à Fozzano avec son épouse, l’artiste Emmanuelle Lainé. Un retour aux sources qui n’a rien d’un repli. Bien au contraire. Chez lui, la Corse devient un laboratoire de création ouvert sur la Méditerranée.</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Par Karine Casalta</p>
<p class="wp-block-paragraph">Rien ne destinait pourtant Benjamin Valenza à faire une carrière dans l’art contemporain. Né à Marseille en 1980 dans une famille corso-marseillaise, il a grandi dans un univers où la curiosité était certes encouragée, mais sans modèle artistique à suivre. «&nbsp;Je n’ai pas grandi dans une famille d’artistes. Il n’y avait personne dans mon cercle familial proche pour me donner la main de côté-là, mais mes parents m’ont toujours encouragé à développer ma curiosité. Ils m’ont depuis tout jeune emmené voir des expositions et découvrir des formes d’expression artistique assez classiques. Mon père artisan était surtout intéressé par ce qu’on pouvait voir dans les musées, les églises&#8230; et ma mère, qui écrit elle-même de la poésie, était plus sensible aux arts vivants, la musique, le théâtre, la poésie.&nbsp;»</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le choc de l’art contemporain</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est qu’à l’adolescence, dans les années 1990, que sa rencontre avec l’art contemporain aura lieu. Les musées de Marseille sont alors dirigés par Bernard Blistène, futur grand directeur du Centre Pompidou, et la ville connaît à ce moment-là une réelle effervescence culturelle. Grâce aux institutions publiques Benjamin Valenza découvre ainsi des œuvres, des performances et des formes artistiques radicalement différentes de ce qu&rsquo;il connaissait jusqu’alors. « J’ai eu ce qu’on pourrait appeler des chocs esthétiques. Je me suis retrouvé face à des objets qui ne faisaient pas partie de mon univers familial et que je ne comprenais pas. Je ne savais pas ce qu’ils racontaient. Et, je me suis interrogé sur ces objets-là&#8230; » Il l’ignore encore, mais cette interrogation deviendra plus tard un fil rouge dans son parcours artistique.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Inscrit par la suite en histoire de l’art à Aix-en-Provence, il nourrit son intérêt pour la culture en fréquentant les grands rendez-vous artistiques de la région, tels que les Rencontres de la photographie d’Arles ou le Festival d’Avignon&nbsp;; il tisse également des liens d’amitié dans le milieu de la danse contemporaine, notamment autour du Ballet Preljocaj, installé dans la ville. Et si cet univers artistique l’interpelle et l’attire, il n’envisage pourtant pas encore de l’intégrer. «&nbsp;J’avais une vision très romantique et très faussée de ce que pouvait être réellement la vie d’un artiste,&nbsp;puisqu’il n’y en avait pas dans ma famille. Je pensais qu&rsquo;il fallait absolument avoir un “vrai” métier&nbsp;! Donc ensuite je suis parti à Paris pour faire une école de photographie et apprendre un métier.&nbsp;C’est ainsi qu’à Paris, j’ai rencontré de nouveaux amis et découvert d’autres horizons. »</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le goût du travail collectif</strong><strong></strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Une rencontre notamment, avec un groupe d’enseignants de l’École Cantonale d’Art de Lausanne, à l’occasion d’un vernissage au centre culturel suisse, va bientôt le conduire à intégrer cette haute école d’art et de design. «&nbsp;Je me suis retrouvé là-bas, dans des conditions assez incroyables en termes d’enseignement, avec des moyens matériels et un nombre d’enseignants assez impressionnant, c’était vraiment le rêve ! »<em> </em>Ainsi,durant quelques années il parfait à Lausanne son diplôme de photographie avant de partir travailler à Londres, où il collabore durant quelques mois à la publication culturelle Tank magazine. Mais bientôt l’envie de créer va se rappeler à lui, le poussant à revenir à Lausanne pour valider un diplôme en art visuels et s’investir pleinement dans la création. « Là, j&rsquo;ai vraiment sauté le pas.&nbsp;» La Suisse devient alors un terrain d’expérimentation décisif. En 2006, il fonde avec plusieurs amis l’espace indépendant «&nbsp;1m<sup>3</sup>&nbsp;» à Lausanne. Pendant près de huit ans, ce lieu, visant à offrir à des artistes jeunes et moins jeunes de confronter leurs idées et leurs pratiques et partager avec le public, accueillera artistes, expositions et projets collectifs. «&nbsp;On avait cette volonté de faire quelque chose pour les jeunes artistes, comme nous l’avions nous-mêmes vécu. C’est une belle aventure qui a été formatrice et fondatrice, et qui m’a donné le goût de la gestion de projets culturels et du travail en collectif. Je crois vraiment beaucoup à ces formes collectives de transmission. » Une dimension collective qui irrigue encore sa pratique aujourd’hui. «&nbsp;L’art contemporain peut parfois sembler difficile d’accès ; quand on n’a pas les codes, on ne comprend pas. Il faut créer des occasions pour favoriser les rencontres et les échanges. »<em> </em>Car Benjamin Valenza n’envisage jamais l’art comme un domaine réservé à quelques initiés. Bien au contraire. « La création artistique est traversée par beaucoup d’influences extérieures. Elle est beaucoup plus proche de nous qu’on ne le croit. »</p>
<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-06-a-10.53.32.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="884" height="476" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-06-a-10.53.32.png" alt="" class="wp-image-13122" /></a></figure>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une expression artistique protéiforme</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Sa pratique en témoigne&nbsp;: sculpture, photographie, écriture, performance, vidéo, installation… Chez lui les différentes formes d’expressions se croisent et dialoguent. « J’ai commencé par étudier la sculpture parce que j’avais besoin de toucher les choses. Puis je me suis interrogé sur la vie des objets : où vont-ils ? Comment circulent-ils ? Pourquoi les produit-on ? » Et peu à peu, ces objets deviennent des outils de réflexion sur notre rapport au monde. L’archéologie, qu’il a étudiée un temps, continue notamment d’habiter son imaginaire. Son œuvre, qui s’applique à explorer les liens entre objets, récits et usages sociaux, naît de ces questionnements. « J’ai donc commencé à m’interroger sur la réalité matérielle dans le monde. » À cette recherche s’ajoute souvent l’écriture&nbsp;:«&nbsp;J’avais besoin de mettre du sens, de l’écrit autour de ça. Et en même temps, je ne me sentais pas légitime pour écrire de la théorie d’art. J’ai plutôt préféré des formes poétiques, la poésie me semblait être un peu un refuge. Et donc, j’ai commencé à faire ça de manière très sérieuse, c’est-à-dire faire des sculptures et puis des poèmes à côté, et puis essayer de lier les deux, en essayant d’expliquer un petit peu aux gens&nbsp;(…) Puis j’ai commencé à imaginer des performances, peut-être qui étaient inspirées de ces choses-là. Avec mes amis, je me suis mis à imaginer, en 2010 des formes de diffusion indépendantes sur le web, de performances en direct pour d’autres ou pour moi, présentées parfois dans des institutions un peu partout dans le monde. Et donc, j’ai commencé à faire de la production de projets pour d’autres artistes, et j’ai continué à faire ça. Et puis, à un moment donné, je me suis dit que j&rsquo;allais un peu me concentrer sur ce qui se passait chez moi…&nbsp;»</p>
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<figure class="alignleft size-full"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-06-a-10.54.02.png"><img decoding="async" loading="lazy" width="432" height="370" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-06-a-10.54.02.png" alt="" class="wp-image-13120" /></a></figure>
</div>
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<figure class="alignright size-full"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-06-a-10.53.43.png"><img decoding="async" loading="lazy" width="432" height="370" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-06-a-10.53.43.png" alt="" class="wp-image-13121" /></a></figure>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’art comme espace de circulation</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Tout au long d’un parcours international qui l’a mené du Palais de Tokyo aux scènes artistiques de Londres, Bruxelles, Rome et Genève, Benjamin Valenza est ainsi resté fidèle à cette intuition fondatrice : une œuvre n’existe jamais seule. Elle est un point de convergence, un espace de circulation où dialoguent les personnes, les histoires et les contextes qui la traversent.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Cette approche trouve un écho naturel dans son rapport à la Méditerranée, exacerbé aussi par sa propre histoire familiale qui prend racine dans l&rsquo;île sicilienne de Pantelleria côté paternel, et s’ancre en Corse du côté maternel. « J’ai des souvenirs formidables d’avoir écouté mes grands-parents corses comme mes grands-parents siciliens raconter des histoires qui me semblaient invraisemblables. Cela a forgé mon goût pour la littérature et m’a construit.&nbsp;»Au fil des années, cette curiosité est devenue une véritable méthode de travail. «&nbsp;Quand il me manque un élément dans mon patrimoine culturel corse et que je le retrouve dans une île des Cyclades ou ailleurs en Méditerranée, cela me donne un axe de recherche. Je vais interroger les anciens, essayer de comprendre si cela existait ici, comment cela circulait. »Et de citer volontiers Edgar Morin, dont la pensée l’a profondément marqué. «&nbsp;La Méditerranée, pour lui, est un système. Et moi, je crois profondément à cela. Je crois aux échanges. Il se méfie en effet des identités figées. » Et de poursuivre&nbsp;: «&nbsp;Ce n’est pas que je ne crois pas dans le vernaculaire. Mais je pense que le patrimoine est quelque chose qui se construit par ce que l’on amène, ce que l’on rapporte, les circulations, les métissages, les transmissions. Et donc parfois, des choses qu’on pense profondément ancrées dans une culture&#8230; on les retrouve ailleurs. Je pense que les choses sont complexes et que c’est une grande aventure de se poser des questions sur notre histoire.&nbsp;»</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un territoire qui nourrit sa création autant que ses engagements</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Cette réflexion prend une résonance particulière depuis son installation en Corse, à Fozzano avec son épouse, l&rsquo;artiste Emmanuelle Lainé. Un choix de vie autant qu’un projet artistique. « Je ne pensais pas un jour revenir vivre en Corse », confie-t-il. « Mais la vie a fait que plein de grands sujets, qu’ils soient politiques, écologiques ou économiques, nous ont convaincus de venir nous installer ici. » Dans ce village de cinquante habitants au cœur du Valinco, il partage son temps entre création, recherche et projets artistiques. «&nbsp;En ce qui nous concerne, Emmanuelle et moi, nous sommes très créatifs à Fozanno, pas seulement sur des questions rurales, mais aussi sur des questions très contemporaines, sur la manière dont notre société avec les spécificités de la société corse évolue.&nbsp;» Nourrissant une réflexion profonde sur la mémoire, les territoires et les échanges culturels, tous deux développent ainsi actuellement une importante série photographique consacrée à la Corse contemporaine. Ils composent ainsi dans des ruines, des jardins ou des paysages du maquis, de vastes tableaux photographiques où dialoguent objets contemporains, sculptures, mémoire des lieux et récits du présent. « Nous n’avons pas envie de faire des choses folkloriques. Ce qui nous intéresse, c’est de parler de ce que signifie vivre en Corse aujourd’hui. » Leur méthode repose sur la rencontre. « Nous allons chez les gens. Nous discutons. Nous essayons de comprendre les lieux. Et peu à peu quelque chose se construit.&nbsp;» Impliqué dans la vie locale comme conseiller municipal, l’artiste réfléchit aussi à des projets culturels fondés sur ce patrimoine matériel et immatériel. <strong></strong></p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Susciter l’émotion</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Au fond, ce qui intéresse Benjamin Valenza va au-delà de l’objet artistique, c’est ce qu’il produit chez ceux qui le rencontrent. Et de raconter l’émotion d’une visiteuse bouleversée devant une œuvre présentée récemment. « Quand on arrive à produire un objet qui déclenche cela chez quelqu’un, c’est formidable. Vous ressortez de l’atelier avec l’envie de faire dix œuvres de plus. »</p>
<p class="wp-block-paragraph">Pour l’heure, il travaille aussi à plusieurs commandes publiques d’envergure, notamment pour une future gare du Grand Paris et pour un projet à Genève. L’artiste poursuit cette même quête : relier les histoires, faire dialoguer les territoires, révéler ce qui circule entre les êtres et les lieux.</p>
<p class="wp-block-paragraph">À l’image de la Méditerranée qu’il porte en lui depuis toujours, Benjamin Valenza construit une œuvre de passages. Entre les disciplines, entre les mémoires, entre les rives. Une œuvre qui rappelle que l’identité n’est jamais une frontière, mais un mouvement.</p>
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		<title>Il N’Y A PLUS DE JUSTICE</title>
		<link>https://corsicaradio.fr/il-ny-a-plus-de-justice/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[lepressing]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Jul 2026 08:44:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la une]]></category>
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					<description><![CDATA[«&#160;Il n’y a plus de justice&#160;», ce sentiment a été partagé à toutes les époques, a constamment nourri tous les populismes. Il redouble aujourd’hui face&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div style="margin-bottom:20px"><img loading="lazy" decoding="async" width="578" height="834" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-06-a-10.50.11.png" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" /></div>
<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-06-a-10.50.11.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="578" height="834" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-06-a-10.50.11.png" alt="" class="wp-image-13116" /></a></figure>
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Il n’y a plus de justice&nbsp;»<em>,</em> ce sentiment a été partagé à toutes les époques, a constamment nourri tous les populismes. Il redouble aujourd’hui face à la répétition de viols et de meurtres d’enfants et à une impuissance judiciaire plus que surprenante.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Michel Barat, ancien recteur de l’Académie de Corse</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Mais on confond trop facilement la justice comme vertu et la justice comme institution. En un mot l’idée de justice semble être trahie par son institution. Il est vrai que quand on parle de justice on a tendance à penser à la morale. L’institution judiciaire prend ses décisions en droit, en les amendant en équité et en opportunité du moins en matière pénale. Il faut préciser que les juridictions administratives ne décident qu’en droit pur. Le champ du droit est celui de la loi. Quand classiquement on dit que la justice est rendue au nom du peuple français, on ne fait que constater qu’elle est dite selon la loi émise par le législateur c’est-à-dire les représentants élus du peuple souverain. Contrairement à ce qu’on dit par habitude, il n’y a pas trois pouvoirs mais deux plus une autorité&nbsp;: le pouvoir législatif, le pouvoir exécutif et l’autorité judiciaire qui, en démocratie, demeurent rigoureusement séparés. La loi du législateur n’est pas une loi morale&nbsp;: le droit à l’avortement ne décide en rien de savoir s’il est moral ou immoral, la laïcité interdit tout signe ostentatoire religieux dans les lieux où s’exerce l’autorité publique, elle ne dit rien sur les religions pas plus que sur l’athéisme. C’est bien ainsi car on ne partage pas tous le même système de valeurs morales. Chacun sans doute pense se conformer à la loi naturelle que chacun entend différemment, mais tous se doivent d’obéir aux lois positives de son pays. Les lois positives sont neutres moralement mais l’action de la justice quant à elle peut être morale ou immorale.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vindicte médiatique</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Blaise Pascal fait un constat lucide&nbsp;: «&nbsp;Ne pouvant faire que ce qui est juste fût fort, on a fait que ce qui est fort fût juste&nbsp;» (Pensées 103<em>, </em>édition Lafuma<em>)</em>. Pourtant le droit est censé remplacer la force, mais dans sa pratique il consacre souvent la force, celle des puissants ou celle de l’opinion. Il est plus difficile pour la justice de ne pas prêter oreille à l’opinion, aux médias, aux réseaux sociaux qu’au pouvoir politique. Bien souvent quand un homme politique est soumis à une vindicte médiatique, cela se transforme en condamnation judiciaire. Freund voulait démontrer qu’il n’y a pas d’essence du droit mais que de la politique. Aujourd’hui, il serait contraint de constater toujours qu’il n’y a pas d’essence du droit mais de l’opinion publique. La dictature de l’opinion par la dictature médiatique dicte son verdict avant le tribunal. La multiplication des réseaux sociaux institue un nouveau lynchage. Elle fait grossir la rumeur et en revanche fait taire d’authentiques victimes. Dans ce brouhaha rendre justice et surtout protéger les plus vulnérables devient une mission très difficile. Tant que le scandale public n’éclate pas il n’y a pas d’affaire. Quand il éclate, il est trop tard des enfants sont morts.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>«&nbsp;Livré aux chiens&nbsp;»</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">La magistrature a raison de défendre son indépendance. Heureusement elle a cessé d’être docile au pouvoir politique, au point qu’il devient sa cible préférée à cause du retentissement médiatique. Lors des obsèques de Pierre Bérégovoy, François Mitterrand le 4&nbsp;mai 1993 prononça un discours où il déclarait&nbsp;: «&nbsp;Toutes les explications du monde ne justifieront pas qu’on ait pu livrer aux chiens l’honneur d’un homme et finalement sa vie&nbsp;» puis il ajoute&nbsp;: «&nbsp;un homme a été livré à la vindicte, à <strong>la force injuste de la loi</strong>, à ceux qui cherchent l’honneur de détruire plutôt que de comprendre&nbsp;».</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Serment à Pétain</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Si la magistrature n’a pas à prêter un serment de fidélité au pouvoir politique comme elle le fit à Pétain en 1941 à l’exception d’un seul, Paul Didier, elle n’a pas non plus, pour peut-être refouler son passé, à contracter ou pactiser avec le pouvoir médiatique. La scène médiatique n’est pas le prétoire mais le prétoire n’est pas une scène médiatique.</p>
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		<title>Des vacances sous le signe des arbitrages –  Sondage Exclusif Paroles de Corse – Opinion of Corsica – C2C Corse</title>
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		<dc:creator><![CDATA[lepressing]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 11 Jul 2026 12:47:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la une]]></category>
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					<description><![CDATA[Si l&#8217;été reste synonyme de détente, il est aussi, pour de nombreux Corses, une période où le budget est scruté à l&#8217;euro près. C&#8217;est ce&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div style="margin-bottom:20px"><img decoding="async" width="498" height="254" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-06-a-14.45.58.png" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" loading="lazy" /></div>
<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-06-a-14.45.58.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="498" height="254" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-06-a-14.45.58.png" alt="" class="wp-image-13186" /></a></figure>
<p class="wp-block-paragraph">Si l&rsquo;été reste synonyme de détente, il est aussi, pour de nombreux Corses, une période où le budget est scruté à l&rsquo;euro près. C&rsquo;est ce que révèle notre sondage consacré aux vacances et au pouvoir d’achat des insulaires. Entre renoncements, nouvelles habitudes de consommation et sentiment d&rsquo;une hausse généralisée des prix, les habitants de l’île composent avec un contexte économique qui pèse sur leurs choix.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Par <strong>Caroline Ettori</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Premier enseignement : partir en vacances n&rsquo;est plus une évidence pour tous. Quatre Corses sur dix (40%) déclarent qu’ils ne partiront pas cet été. Une proportion importante qui témoigne des difficultés rencontrées par une partie des ménages pour financer un séjour, dans un contexte où l’inflation, même ralentie, continue de peser sur les budgets.</p>
<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-06-a-14.46.14.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="492" height="368" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-06-a-14.46.14.png" alt="" class="wp-image-13187" /></a></figure>
<p class="wp-block-paragraph">Parmi ceux qui partiront, les dépenses restent mesurées. Le budget le plus fréquent se situe entre 1&nbsp;000 et 1&nbsp;999 euros (22%), devant les enveloppes comprises entre 500 et 999 euros (15%). Les budgets supérieurs à 3&nbsp;000 euros ne concernent que 5% des répondants, tandis que 9% prévoient de dépenser moins de 500 euros. Ces chiffres traduisent une volonté de conserver un temps de vacances tout en maîtrisant les dépenses.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des stratégies pour limiter la facture</strong><strong></strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Face à ces contraintes, les Corses adaptent leurs habitudes. Plus d’un tiers des personnes interrogées (34%) envisagent de réduire la durée de leur séjour afin de contenir le coût des vacances. Une stratégie désormais classique qui permet de préserver un départ sans faire exploser le budget.</p>
<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-06-a-14.46.45.png"><img decoding="async" loading="lazy" width="482" height="372" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-06-a-14.46.45.png" alt="" class="wp-image-13188" /></a></figure>
<p class="wp-block-paragraph">Autre enseignement révélateur des spécificités insulaires : près de trois répondants sur dix (29%) préfèrent rester en Corse plutôt que de partir ailleurs. Les vacances de proximité apparaissent ainsi comme une solution de compromis permettant de profiter de l’été tout en limitant les dépenses.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Les arbitrages concernent également la consommation sur place. Un quart des sondés (25%) prévoient de réduire leurs dépenses de restauration et de loisirs. D’autres privilégient des solutions moins coûteuses, comme être hébergés chez des proches (17%) ou remplacer un séjour par des excursions à la journée (14%). À l’inverse, seuls 12% déclarent ne prévoir aucun ajustement de leur budget vacances, preuve que la prudence reste largement de mise.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Fait notable, très peu de personnes envisagent de renoncer totalement à leurs vacances : seuls 4% déclarent vouloir les reporter ou les annuler. Les Corses semblent donc privilégier l’adaptation plutôt que le renoncement.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>La flambée des prix, un ressenti largement partagé</strong><strong></strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Au-delà des vacances elles-mêmes, c’est le coût de la vie pendant la saison estivale qui marque les esprits. Une très large majorité des personnes interrogées (91%) estime que les prix augmentent durant l’été dans leur vie quotidienne. Près d’une personne sur deux (48%) juge même cette hausse «&nbsp;très forte&nbsp;», tandis que 43% la qualifient de plus limitée. Seuls 8% ne partagent pas ce constat.</p>
<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-06-a-14.46.59.png"><img decoding="async" loading="lazy" width="528" height="352" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-06-a-14.46.59.png" alt="" class="wp-image-13189" /></a></figure>
<p class="wp-block-paragraph">Ce résultat illustre un ressenti désormais largement installé. Pour de nombreux habitants, la haute saison touristique ne se traduit pas uniquement par une activité économique plus soutenue, mais aussi par une augmentation des dépenses du foyer. Courses alimentaires, sorties, restauration ou services : l’été est perçu comme une période où le budget des ménages est davantage sollicité.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Au final, ce sondage dessine le portrait d’une population qui ne renonce pas à l’idée des vacances, mais qui ajuste ses choix en fonction de ses moyens. Réduire la durée des séjours, privilégier la proximité ou limiter certaines dépenses sont devenus des réflexes pour préserver un équilibre financier. Dans une île où le tourisme constitue un moteur essentiel de l’économie, cette prudence des consommateurs rappelle aussi que la saison estivale n’est pas vécue de la même manière par les visiteurs et par ceux qui y résident toute l’année.</p>
<p class="wp-block-paragraph">
<p class="wp-block-paragraph">
<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Sondage Exclusif Paroles de Corse – Opinion of Corsica – C2C Corse </strong>Toute reprise totale ou partielle doit impérativement utiliser la mention complète. </em>Étude réalisée auprès d’un échantillon représentatif de 505 habitants de Corse âgés de 18 ans et plus. L’échantillon a été constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle, de catégorie d’agglomération et de département de résidence. Pour cette taille d’échantillon, la marge d’incertitude est de 3 à 5 points.</p>
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		<title>D’un Gilles à l’autre         </title>
		<link>https://corsicaradio.fr/dun-gilles-a-lautre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[lepressing]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Jul 2026 08:39:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la une]]></category>
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					<description><![CDATA[                                                   Seuls les patronymes sont différents les prénoms étant similaires. D’aucuns verront dans cette parenté nominale un clin d’œil à l’harmonieuse succession entre Simeoni et&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div style="margin-bottom:20px"><img loading="lazy" decoding="async" width="596" height="480" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-06-a-10.41.59.png" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" /></div>
<p class="wp-block-paragraph">                                                  </p>
<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-06-a-10.41.59.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="596" height="480" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/07/Capture-decran-2026-07-06-a-10.41.59.png" alt="" class="wp-image-13113" /></a></figure>
<p class="wp-block-paragraph">Seuls les patronymes sont différents les prénoms étant similaires. D’aucuns verront dans cette parenté nominale un clin d’œil à l’harmonieuse succession entre Simeoni et Giovannangeli à la présidence du Conseil exécutif. Mais le nouveau promu bannissant toute révolution de palais entend légitimement apposer une marque personnelle à sa nouvelle fonction</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Jean Poletti</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Après une décennie à la tête du pouvoir territorial, Gilles Simeoni passe la main. Il retrouve la mairie de Bastia qu’il remporta naguère de haute lutte, prémices à son accession à la plus haute marche du pouvoir régional. Retour aux sources, choix de cœur et de raison, dit-il en leitmotiv. Pour autant, il ne déserte pas complètement la place du Diamant au profit de celle de Saint-Nicolas. Il conserve en effet quelques dossiers dont celui de l’autonomie qu’il ne cesse de défendre et d’argumenter auprès du gouvernement et des parlementaires. Est-ce à dire que s’instaure à bas bruit un partage du pouvoir au sommet de l’exécutif régional&nbsp;? Le penser serait sans doute se limiter à l’écume des choses. Et accessoirement faire un faux procès en hégémonie à celui qui rendit son tablier, ravalant celui qui le remplace au rang de faire-valoir. Cette construction faussement intellectuelle qui bruisse dans le landerneau politique fait sans doute abstraction des personnalités et traits de caractère animant les deux édiles concernés. L’un ayant opté pour un mandat différent ne veut vraisemblablement pas jouer l’ombre portée qui n’est pas dans sa nature et qui s’avérerait contre-productif. L’autre, dont on sait les convictions et la probité n’aurait nullement accepté une fonction dont les prérogatives eurent été factuellement rognées.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Fauteuil sudiste</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, sans verser dans l’extrapolation dont certains font leur miel, tout indique que ce passage de flambeau se déroula sans anicroche, permettant à chacun de conserver le libre arbitre cimenté dans une vision politique similaire et des liens amicaux. Il ne paraît pas suranné de remarquer en incidence qu’une sorte de tabou est tombé. Pour la première fois en effet avec Gilles Giovannangeli un sudiste s’assoit dans le fauteuil présidentiel. Jusqu’alors il était occupé par des nordistes, de Baggioni à Simeoni, en passant par Santini et Giacobbi. Simple hasard&nbsp;? Sans doute. Mais ne serait-il pas opportun qu’à l’avenir ce précédent devienne une règle, certes tacite, offrant toutefois l’image d’une institution qui privilégie l’alternance géographique. Celle qui conforterait dans l’inconscient collectif une île indivisible, dont le col de Vizzavona symbolise la fracture qui tarde à se fermer. Digression utopique&nbsp;? Oui, rétorqueront certains. Qui pourtant n’a pas entendu des voix maugréer que si la Haute-Corse était mieux lotie en subventions que sa sœur, cela était fréquemment concomitant au lieu de résidence du «&nbsp;patron&nbsp;» de la collectivité, ordonnateur des dépenses. L’assertion est contredite par les faits. Mais elle persiste en lancinant bruit de fond. Et le grand Moro a beau clamé, la rumeur est parmi nous, chassons-là cette intruse, elle diffuse au point de supplanter parfois la vérité. Et nourrissant plus souvent qu’à son tour de vaines philippiques.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Héritage et nouveauté</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Balayant d’un revers de manche ces considérations dictées par les postures, Gilles Giovannangeli se dit comptable d’un héritage tout en initiant sa propre manière de sérier les dossiers, pendant ou à venir. Son propos aux accents de politique générale alliait en toile de fond le discours et la méthode renvoyant à maints égards au changement dans la continuité. «&nbsp;J’ai ma propre histoire.&nbsp;» Tel fut le rappel ouvrant le chapitre d’un long parcours jalonné d’engagements reflétant une certaine idée de la Corse. Elle guida son implication professionnelle et associative. Mais aussi selon ses termes «&nbsp;au sein de la lutte de libération nationale&nbsp;», qui lui valurent naguère quelques années de prison au titre de détenu politique. L’heure n’est pas à dresser quelque bilan que ce soit. Il viendra dans deux ans, lors des élections territoriales. Dans l’intervalle, le promu s’attellera pleinement à sa tâche, conscient qu’elle ne sera pas une sinécure. D’autant qu’il devra, dans une durée limitée et une réalité budgétaire contrainte, faire œuvre de gestionnaire. Avec l’espoir affiché que l’avènement du pouvoir législatif offre à ses yeux un saut qualitatif embrasant l’ensemble de la société insulaire. Dans l’immédiat, trois grands chantiers sont classés prioritaires. Ils conjuguent un plan de rénovation des lycées et collèges, le logement et les infrastructures routières. Cela n’obère nullement de scruter un horizon plus lointain, impliquant notamment la révision du Padduc, la consolidation de la politique sociale, la transition énergétique, voire le service public des transports.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Jalons d’avenir</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, tout paraît indiquer que sitôt installé Gilles Giovannangeli ne songe nullement de laisser le temps au temps. Peaufiner les dossiers déjà ouverts et poser les jalons d’avenir, telle est la dualité qu’il affiche avec l’humilité qui le caractérise sans qu’elle nuise à sa volonté qu’il porte chevillée tel un credo.</p>
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		<title>Au soleil des mirages</title>
		<link>https://corsicaradio.fr/au-soleil-des-mirages/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[lepressing]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Jul 2026 08:34:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la une]]></category>
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					<description><![CDATA[Par Jean Poletti Enfin là. Inconsciemment attendu, l’été est pour certains synonyme de vacances, tandis que d’autres espèrent qu’il cicatrisera momentanément les plaies des frimas&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<figure class="wp-block-image size-thumbnail"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2019/08/jean-Poletti-NB-scaled.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" width="150" height="150" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2019/08/jean-Poletti-NB-150x150.jpg" alt="" class="wp-image-4908" /></a></figure>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Par Jean Poletti</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Enfin là. Inconsciemment attendu, l’été est pour certains synonyme de vacances, tandis que d’autres espèrent qu’il cicatrisera momentanément les plaies des frimas de la vie. D’un solstice à l’autre, voilà venue la période qui ploie sous la chaleur. Elle ravive les fragrances d’un parfum d’insouciance. Une parenthèse ludique aux difficultés économiques et sociales d’une communauté. Illusion passagère ? Nul ne le nie. Éphémère moment ? Assurément. Faut-il pour autant l’éclipser, tel un intrus ? D’aucuns le pensent, évoquant le spectre de la canicule, et ses néfastes effets sur les personnes, la végétation et autres sècheresses qui confinent au manque d’eau. Ce revers de la médaille semble emporté par la vague de satisfaction, diffuse ou exprimée, ne retenant que la promesse des beaux jours, chère à Samuel Beckett. Ainsi dans un pèlerinage laïc sans cesse recommencé, la diaspora revient se ressourcer, tirant de leur léthargie maints villages terrassés par la désertification. Ce rituel du retour renvoie à la formule du célèbre avocat Moro-Giafferi : « Un Corse ne s’exile pas, il s’absente ». Dans cette intense mutation que dicte le calendrier, figure à l’évidence le tourisme. Ce secteur est le principal pilier de l’activité insulaire, représentant quelque quarante pour cent de son économie. Pourtant, il a la fragilité du cristal, soumis aux aléas conjoncturels et à la concurrence d’autres destinations. Depuis des lustres, les palabres s’enchaînent à l’envi sur la sempiternelle interrogation « Quel tourisme pour la Corse ? » Mais cette sémantique, donnant lieu à des débats d’exégètes, ou supposés tels, illustre un débat amputant l’essentiel. La véritable question, au demeurant passée sous silence, tient en quelques mots : Veut-on du tourisme pour la Corse ? Si la réponse est positive, alors le champ de son organisation peut être ouvert afin d’en tracer les objectifs, les moyens, la structuration. Dans le cas inverse, plutôt que d’avancer masqué pour brider un secteur, il conviendrait aux censeurs de dire clairement par quoi remplacer ce qui fait vivre une profession et au-delà profite au commerce et à l’artisanat. Mais vouloir imposer des ukases aux vacanciers, équivaut fréquemment à ce qu’ils optent pour d’autres lieux. Leur dire qu’ils doivent venir en avant ou après saison, sans aucun loisir à leur offrir, sauf des balades champêtres, relève de la gageure. Cela renvoie factuellement à cet ancien contrat de plan </strong><strong>É</strong><strong>tat-Région où un chapitre était intitulé « Tourisme, ce mal nécessaire. » Le temps depuis est passé, la doxa demeure. Chassons des esprits l’éventuel quiproquo. Loin de nous l’idée d’être le thuriféraire d’un tourisme débridé. Mais au risque d’insister, dessiner des plans sur la comète sans avoir au préalable et sans ambages dit que l’île a besoin de la manne touristique s’apparente à la vacuité. Ou l’opportunité pour certains de surfer avec ceux qui rêvent d’un superbe isolement, rempart à ces visiteurs indésirables à tous égards. Lâcher la proie pour l’ombre ? Le Groupement des hôteliers et restaurateurs de l’île que préside César Filippi ne l’entend pas de cette oreille. </strong><strong>À</strong><strong> l’orée de ce qui devrait être un Austerlitz saisonnier, ils déplorent un Waterloo, point d’orgue de contraintes qui se conjuguent au fil du temps pour atteindre désormais les rivages de l’irréversible. En présence de Catherine Quérard, leur présidente nationale, la corporation dénonça pêle-mêle l’explosion des charges, la pénurie de logements pour les saisonniers, la concurrence des meublés touristiques. Mais aussi les frais d’approche aériens et maritimes. Comme un symbole néfaste de cet étiolement fut une nouvelle fois dénoncé un panel de contraintes réglementaires. Elles laissent émerger, telles des lames de fond, les sacro-saintes autorisations d’occupation temporaire des plages. Illustration prégnante d’un trompe-l’œil qui pénalise une activité sans pour autant juguler, fut-ce partiellement, la fréquentation globale des sites, n’épargnant même par ceux qui sont protégés. Nous voilà en leitmotiv revenus au cœur de la problématique, celle qui transcende les vaines palabres et autres stériles arguties. En raisonnant par l’absurde, évoquons une simple hypothèse : que restera-t-il aux modestes revenus insulaires si d’aventure le tourisme était rayé de la carte ? Avant qu’il ne soit trop tard, le groupement des hôteliers et restaurateurs en appelle à une authentique stratégie économique. Une sorte de politique des loisirs, structurée, et pleinement intégrée dans le développement global. Cela permettrait de définir un cadre général, à l’intérieur duquel une profession ne serait plus sacrifiée sur l’autel de l’indifférence, quand ce n’est pas de l’hostilité. La réalité est éloquente. Les radiations d’entreprise ont augmenté de trente-six pour cent et celles qui sont en difficulté de quelque douze pour cent. </strong><strong>À</strong><strong> ce rythme, on dira dans un proche avenir sous forme de mauvais conte corse, il était une fois le tourisme. </strong><strong>À</strong><strong> cela César Filippi et le groupement rétorquent « La Corse n’a pas besoin de compassion économique mais de décisions ».</strong></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Spérienzha, le podcast : Audrey SIGNORET, fondatrice de la Vinaigrerie Corbia</title>
		<link>https://corsicaradio.fr/sperienzha-le-podcast-audrey-signoret-fondatrice-de-la-vinaigrerie-corbia/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[karine]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Jul 2026 15:23:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[À la une]]></category>
		<category><![CDATA[Actus]]></category>
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					<description><![CDATA[Aujourd’hui, je vous emmène en Balagne, à la rencontre d’Audrey, à Moncale, dans ce territoire que l’écrivain Pietro Morati appelait déjà en 1715&#160;“le jardin de&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, je vous emmène en Balagne, à la rencontre d’Audrey, à Moncale, dans ce territoire que l’écrivain Pietro Morati appelait déjà en 1715&nbsp;<strong>“le jardin de la Corse”</strong>.<br>En Balagne, la nature offre ses fruits, ses plantes comme un trésor brut, un diamant qu’il faut simplement apprendre à tailler.À l’heure où la Corse, ses villages s’apprêtent à écrire une nouvelle page de leur histoire, la ruralité apparaît plus que jamais comme une voie d’avenir. Une voie d’économie durable, de et de vie choisie. Et parfois, commencer là où l’on est suffit à ouvrir les plus belles routes. C’est exactement ce qu’a fait Audrey. En choisissant de revenir au village, de s’ancrer dans son histoire, de remettre en lumière un verger, et de transformer ce qui l’entoure en projet de vie, elle incarne une manière très corse d’entreprendre : avec passion, patience et créativité. Son aventure nous parle d’un métier ancien, presque alchimique : celui de vinaigrier.<br>Un savoir-faire attesté dès le Moyen Âge, où le vinaigre, d’abord utilisé pour conserver, est devenu au fil du temps un condiment précieux, capable de relever, d’équilibrer les saveurs.Autodidacte, guidée par l’observation, la lecture et les conseils d’un maître vinaigrier, Audrey a construit une gamme inspirée par son village. Dans cet épisode, on parle de ruralité positive, de retour au pays, de création, de transmission, de gestes appris et répétés, et de la force qu’il y a à bâtir avec ce que l’on a déjà sous les yeux. Pour accompagner cet épisode, et saluer le travail des femmes dans leur manière de créer, j’ai choisi un extrait de&nbsp;<strong><em>Femmes qui courent avec les loups</em></strong>&nbsp;de&nbsp;<strong>Clarissa Pinkola Estés</strong>&nbsp;:<br><strong>« Poser des questions, raconter des histoires : tout cela participe à la création de quelque chose, et ce quelque chose, c’est l’âme. »</strong></p>



<figure class="wp-block-audio"><audio controls src="http://corsicaradio.fr/wp-content/uploads/2025/06/Podcast-Audrey-complet-.m4a"></audio></figure>
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			</item>
		<item>
		<title>AU PAYS DES PAONS, DES CHÈVRES NUSTRALE ET DES PORCHI RANGER: BALADE EXOTIQUE ET RUSTIQUE DANS L’EXTRÊME SUD</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Jun 2026 14:30:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Installée à Piscia depuis une trentaine d’années, la famille Finidori a donné vie à un domaine né d’une véritable aventure familiale. À l’origine de ce&#8230; ]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div style="margin-bottom:20px"><img decoding="async" width="962" height="536" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-06-02-a-16.32.41.png" class="attachment-post-thumbnail size-post-thumbnail wp-post-image" alt="" loading="lazy" /></div>
<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-06-02-a-16.32.41.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="962" height="536" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-06-02-a-16.32.41.png" alt="" class="wp-image-13076" /></a></figure>
<p class="wp-block-paragraph">
<p class="wp-block-paragraph">Installée à Piscia depuis une trentaine d’années, la famille Finidori a donné vie à un domaine né d’une véritable aventure familiale. À l’origine de ce projet, Marc Finidori, originaire de Figari, choisit de revenir s’installer dans l’extrême Sud de la Corse après avoir vécu à Marseille et une première expérience agro-pastorale à Bastelica. Il y rencontre celle qui deviendra son épouse. Au début des années 1990, les terres qui composent aujourd’hui le domaine appartiennent encore à plusieurs familles du village. Marc hérite alors de parcelles situées en contrebas et imagine un projet particulièrement novateur pour l’époque: développer une activité d’agrotourisme avec la création de chambres d’hôtes intégrées à une exploitation agricole vivante. Au fil des acquisitions et des travaux, le domaine prend forme puis ne cesse de grandir.Trente ans plus tard, l’esprit imaginé par Marc Finidori demeure intact: un lieu enraciné dans son territoire, mêlant accueil, transmission et valorisation du patrimoine rural corse.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Par <strong>Vannina Angelini-Buresi</strong></p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une histoire de famille qui commence par F<br /></strong><strong>Spartenu u listessu ADN: A tarra<br /></strong>F comme famille, mais aussi comme Finidori pour qui l’aventure se poursuit avec la lettre M. Après le père, Marc ce capraghju expérimenté, descendu de Bastelica, se réapproprie son territoire, la relève est assurée. Mattéo, qui a fait ses classes au lycée agricole de Sartène, a choisi de suivre les pas de son père, et de cultiver son héritage. Extraire jusqu’à faire couler le jus, fruit de sa terre, de son travail et du soleil qui murit et colore chaque année les grappes de ses vignes, est devenu son objectif. Le dernier du clan Finidori, pour qui la viticulture n’a plus de secrets, propose également une découverte autour des cépages qu’il a choisis de planter, tels que le Carcaghjolu, le Sciaccarellu, Niellucciu, ou encore le fameux blanc Vermentinu. À l’intérieur de ses vignes, les saveurs du vin sont déjà palpables et pour être fixé, une petite dégustation de ses différentes cuvées s’impose dans les caves du clos Finidori. Plus de trois hectares de vignes surplombent aujourd’hui le golfe de Vintilegna, et le fruit de ce sapè fà bénéficie aujourd’hui du label bio. Il se décline dans les trois couleurs proposées sur de nombreuses tables et épiceries spécialisées mais avant tout sur la table du domaine.</p>
<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-06-02-a-16.32.54.png"><img loading="lazy" decoding="async" width="958" height="346" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-06-02-a-16.32.54.png" alt="" class="wp-image-13077" /></a></figure>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une agriculture diversifiée, un pari fou </strong><strong>Mischià l’allevi, sfruttà a tarra<br /></strong>À 350 mètres d’altitude s’étend l’exploitation de la famille et depuis plusieurs années, c’est Maxence le fils aîné, éleveur bovin qui après s’être formé au lycée agricole de Borgu, s’installe à son tour pour enrichir et étoffer la production domaniale. Il y élève plus de 200 porchi di razza nustrale et rejoint ainsi la table de la ferme auberge familiale de Piscia.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une installation pour le moins originale Mudernizà ma primurà si<br /></strong>Le premier fils Finidori est attiré depuis l’âge de 12 ans par l’élevage. Après s’être installé en ovin, il occupe 60 hectares pour y élever ses cochons de race nustrale et ainsi proposer sa charcuterie AOP. Dans un caseddu fidèle à une ancienne construction, une boutique est installée à l’entrée du domaine. Elle est gardée par deux porcelets apprivoisés, qui ne font pas seulement la joie des enfants qui pénètrent dans les lieux. Purcastri neri neri, marque de reconnaissance de la race, animent le parvis de la boutique spécialisée et apporte une touche folklorique.</p>
<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-06-02-a-16.32.25.png"><img decoding="async" loading="lazy" width="876" height="562" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-06-02-a-16.32.25.png" alt="" class="wp-image-13078" /></a></figure>
<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-06-02-a-16.32.33.png"><img decoding="async" loading="lazy" width="520" height="300" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-06-02-a-16.32.33.png" alt="" class="wp-image-13079" /></a></figure>
</div>
<p class="wp-block-paragraph">Une dégustation dans sa cave souterraine, A cantina à prisuttu, cave d’affinage où se superposent décor antique et ambiance manoir. Cette pièce voûtée et abritée par des pierres de taille propose un lieu intimiste qui peut également être privatisé pour des évènements. Ce Purcaghju passionné ne fait pas uniquement découvrir son produit dans ces lieux. Voulant sans cesse rappeler que les qualités exceptionnelles qu’il dégage sont issues de son élevage, il propose une activité ludique et pour le moins attractive en totale immersion. Les saveurs de sa charcuterie, son label, sont autant d’explications données au cours d’une visite guidée d’environ 2h30 en buggy. « U Porcu Ranger », c’est la marque de son produit touristique. C’est une balade atypique avec une découverte du domaine et de ses exploitations agricoles variées. Promenade dans les vignes, présentation de ses cochons et salutations aux chèvres sont au programme sur le parcours qui finit sur les hauteurs du domaine, pour un Spuntinu ; une pause attendue, tant appréciée.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Touche féminine en plein cœur du </strong><strong>maquis: M comme Marie<br />E capre corse, u principiu<br /></strong>Marc le berger, le chevrier qui a effectué</p>
<p class="wp-block-paragraph">son retour aux sources et fondé sa famille, a commencé avec des chèvres sur le plateau. Il a fabriqué son fromage qu’il proposait à la vente lors d’une tournée avec sa propre voiture. Il a depuis construit et transmis notamment à sa fille, la jeune maman Marie, cet amour pour la terre et les savoir-faire ancestraux. Elle aussi comme ses frères est passée par le lycée agricole de Sartène, avant de s’installer avec ses chèvres corses et des chevaux qui la passionnent depuis petite. Elle propose un service de gardiennage ainsi qu’un petit centre équestre. À l’extrémité de sa fromagerie sont isolées, i so paigliaghji abritant les plus belles, ses stars, les chèvres. Le patriarche a donc pu enfin passer la main après avoir pris soin de décorer lui-même ses six chambres d’hôte, atypiques elles aussi, à l’architecture harmonieuse en pierre de taille. Une décoration intérieure aux couleurs indonésiennes, élaborée à partir de matériaux rapportés au cours de ses voyages à Bali. Une fois les chambres décorées, les enfants installés, la fabrication du brocciu et du fromage enseignée à Marie, l’hôte de A Piscia ne pouvait pas si tôt s’abandonner à l’oisiveté. Il développe donc aujourd’hui une ferme abritant plusieurs espèces de poules, d’oiseaux et de paons.</p>
<p class="wp-block-paragraph">Jamais à court d’idées, Marc ne cesse d’enrichir et de développer les nombreuses activités proposées.</p>
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un cadre à couper le souffle<br />Difende è prutteghje ma valurizà<br /></strong>La piscine, ses extérieurs aménagés, placés sous le regard bienveillant de l’Omu di Cagna, offrent une vue époustouflante sur la baie de Figari et viennent sublimer ce cadre pittoresque. Pour compléter ce lieu de vie, la ferme-auberge demeure une adresse incontournable, réputée bien au-delà de la région. Aux côtés de Marc, Christine veille avec attention à faire vivre cette maison familiale et à accompagner toute l’effervescence qui anime aujourd’hui le domaine; elle officie toujours en toute discrétion en cuisine. Discrète certes mais elle affiche fièrement à l’entrée de sa table, une distinction de « maître restaurateur », reconnaissance importante d’un travail qu’elle maîtrise. Il n’y a rien d’étonnant à la retrouver arborant sa toque de chef, au fond de la cuisine, elle supervise, réalise et vérifie. </p>
<figure class="wp-block-image size-full"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-06-02-a-16.33.04.png"><img decoding="async" loading="lazy" width="966" height="530" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-06-02-a-16.33.04.png" alt="" class="wp-image-13080" /></a></figure>
<p class="wp-block-paragraph">U fucone est la pièce centrale de la salle de restaurant, celle où mijote comme à l’antica, a suppa, celle où cuisent lentement cabris de Marie et pièces de porcs ou veaux de Maxence. L’âtre central qui fait la différence ravit les palais et aiguise les appétits. Du fait maison, des matières premières passées directement de la ferme à l’assiette rythment les menus saisonniers proposés par Christine. Vinu, Robba Purcina è brocciu in AOP, casgiu di latte caprunu di capre Corse, stanze lussuose, caseddi in petra antichi, un duminiu riccu assai. Locu piattatu, alluntanatu è richjusu ma à tempu apartu sopra à Figari è à Vintilegna, chì parmette tamanta vista. U Duminiu A Piscia, prupone prudotti casani, risponde à u cartularu di a marca «Bienvenue à la Ferme », un’aiutu in più, una ricunniscenza sicura, dà valurizà è fassi cunnosce di i stranieri è i corsi. «Bienvenue à la Ferme» hè dinò una pruttezzione è una guarantia, una reta d’aiutu. Un mudellu d’agriturisimu è «oeenotourisme», chì ferma à sviluppà ind’è noi, chì parmette à tempu di travaglià è mette in vallu tradizione, cultura è patrimoniu, da difende, salvà è tramandà sapè fà.</p>
<div class="wp-block-image">
<figure class="alignright size-full"><a href="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-06-02-a-16.35.38.png"><img decoding="async" loading="lazy" width="520" height="228" src="https://www.parolesdecorse.fr/wp-content/uploads/2026/06/Capture-decran-2026-06-02-a-16.35.38.png" alt="" class="wp-image-13081" /></a></figure>
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