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		<title>Trübtone &#038; Cyberlife &#8211; Psychotria [Paerer Records]</title>
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		<pubDate>Fri, 15 Apr 2022 10:37:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Georges White]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[Sur les trente rêves qu&#8217;a du faire le jeune producteur techno lillois Jiman à l&#8217;orée de sa discographie, l&#8217;un sans doute était de monter un label de l&#8217;ambition et de l&#8217;envergure de Paerer. Une ambition qui, sur le papier, n&#8217;avait pourtant rien d&#8217;insurmontable : faire se joindre sous une même bannière les fractions d&#8217;une techno désormais affranchie de ses carcans passés, qu&#8217;ils soient dub, indus ou électronica. Autrement dit l&#8217;alchimie recherchée par tout label électronique, et à fortiori techno, qui se respecte peu avant les années 2020. Lancé en 2018, grâce à la passion partagée pour la production de Jiman et [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div style="margin: 5px 5% 10px 5%;"><img src="http://www.inputselector.fr/wp-content/uploads/2022/04/PA006_COVER.jpg" width="5315" height="6000" title="" alt="" /></div><div><p style="text-align: justify;">Sur les trente rêves qu&rsquo;a du faire le jeune producteur techno lillois Jiman à l&rsquo;orée de sa discographie, l&rsquo;un sans doute était de monter un label de l&rsquo;ambition et de l&rsquo;envergure de Paerer. Une ambition qui, sur le papier, n&rsquo;avait pourtant rien d&rsquo;insurmontable : faire se joindre sous une même bannière les fractions d&rsquo;une techno désormais affranchie de ses carcans passés, qu&rsquo;ils soient dub, indus ou électronica. Autrement dit l&rsquo;alchimie recherchée par tout label électronique, et à fortiori techno, qui se respecte peu avant les années 2020. Lancé en 2018, grâce à la passion partagée pour la production de Jiman et quelques un de ses amis, le jeune Paerer est l&rsquo;enfant terrible de la scène techno française qui explosa au début de la dernière décennie. Un pied du coté de l&rsquo;école de Birmingham (Regis, Surgeon) ou de l&rsquo;EBM de Meat Beat Manifesto, l&rsquo;autre dans les profondeurs dub de Basic Channel ou d&rsquo;Echospace, le tout avec la folle envie d&rsquo;expérimenter, le label présente un profil aux antipodes de ses contemporains et un esprit revêche qui le rend particulièrement sympathique. Sur la foie de quelques various bien sentis, aidés par des mentors et frères de sons comme Birth Of Frequency ou Pulse Code Modulation, la toute jeune structure, dont le logo rappelle méchamment celui d&rsquo;une autre figure tutélaire de la scène électronique, commence à faire sérieusement parler d&rsquo;elle. Mais cela était sans compter sur un contexte et une pandémie qui allaient rebattre radicalement les cartes, notamment pour les indépendants, balayer des labels aussi importants que le Stroboscopic Artefacts de Lucy et faire vriller toute la scène vers les sonorités pourtant décriées par le passé de la trance et du breakbeat 90&rsquo;s. Aspiré malgré lui dans ce vortex dystopique, Paerer passe en peu de temps de rejeton prometteur à bastion des valeurs cardinales technoïdes.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur son troisième various, sorti en 2020, très justement intitulé <i>Modern Civilisation Collapse</i>, le label s&rsquo;éloigne progressivement des territoires techno balisés, avec notamment l&rsquo;arrivée dans l&rsquo;écurie d&rsquo;un nouveau larron, le producteur Cyberlife, qui va dynamiter de l&rsquo;intérieur les derniers fondamentaux et ouvrir les horizons musicaux du label, devenant moins claustrophobes, prenant une tournure plus introspective et panthéiste que confirmera peu après la sortie du très beau premier LP de Jiman <i>Pando</i>. Un virage à 180° à la fois nécessaire mais périlleux pour une structure indépendante prise dans un délitement accéléré comme à l&rsquo;intérieur d&rsquo;une centrifugeuse, un peu comme si l&rsquo;urgence lui faisait révéler son coté viscéralement <i>natural born techno</i>. L&#8217;emballement du progrès pour une musique qui en a fait son fond de commerce depuis près d&rsquo;un demi siècle ne lui laisse que deux options : soit l&rsquo;accompagner aveuglément jusque dans ses logiques les plus extrêmes ou s&rsquo;en détacher totalement et suivre le mouvement de l&rsquo;entropie. Chercher un peu de lumière au sein du chaos, c&rsquo;est ce qui a constitué l&rsquo;étape suivante pour le label sur le très crépusculaire cinquième various <i>Light Search Report</i>. Paerer atteint une nouvelle limite dans sa discographie comme autant de décrochages successifs avec les attaches dansantes de ses débuts, comme pour rejoindre dans un ultime élan son paradis perdu, l&rsquo;IDM de Warp ou de Skam, sachant pour cela que la distance à franchir peut tout autant le faire renaître à lui même que l&rsquo;anéantir. Eros et Thanatos ne sont jamais très loin l&rsquo;un de l&rsquo;autre et c&rsquo;est de ce doute et de cet esprit explorateur chevillé au corps qu&rsquo;est née la sixième référence du label <i>Psychotria</i>.</p>
<p style="text-align: justify;">C&rsquo;est une voie médiane que prend Paerer avec cette nouvelle sortie, comme suspendu sur un fil au dessus des abîmes : concilier profondeur, <i>deepness,</i>et expérimentation, le désir d&rsquo;avancer formellement avec en toile de fond une dystopie devenue brutalement réalité. Ce désir, à teneur hautement érotique, est d&rsquo;ailleurs revendiqué dès l&rsquo;artwork, rappelant la définition de la fleur convoitée : &lsquo;La Psychotria Elata est une plante tropicale de la famille des Rubiacée. Rare et étonnante, sa fleur au surnom de &lsquo;Lèvres chaudes&rsquo;, ou encore &lsquo;Plante à bisous&rsquo; se distingue par sa couleur rouge vif et sa forme faisant penser à des lèvres sensuelles et maquillées&rsquo;. Un parti pris qui ne se dessinait jusque là qu&rsquo;en filigrane (d&rsquo;aucuns certainement se souviennent du titre <i>Vulv </i>de Voice Of Sylenth qui ouvrait la première référence du label) et qui est aujourd&rsquo;hui assumé, indissociable d&rsquo;une nature redevenue muse au moment où elle est menacée de toute part d&rsquo;extinction par l&rsquo;activité humaine. C&rsquo;est donc une fois de plus sur le fil du rasoir que se situe ce split EP, comme au bord d&rsquo;une faille tectonique qui inexorablement s&rsquo;élargit mais aussi reconfigure le paysage, entre les salves synthétiques de TrübTone, autre producteur lillois gravitant dans la galaxie Paerer, et les rythmes versatiles de l&rsquo;électron libre Cyberlife. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs le long de cette lame que l&rsquo;on se déplace avec une prudence emprunte de fascination et d&rsquo;effroi sur le bien nommé <i>Blade</i> de TrübTone en ouverture, comme en s&rsquo;enivrant d&rsquo;une fleur aux effluves vénéneuses, ou sentant l&rsquo;appel du vide, conscients à chaque instant de frôler le danger comme de franchir par mégarde une zone de rupture.</p>
<p><iframe width="300" height="150" style="border: 0; width: 100%; height: 120px;" src="https://bandcamp.com/EmbeddedPlayer/album=1116451008/size=large/bgcol=ffffff/linkcol=0687f5/tracklist=false/artwork=small/track=605862384/transparent=true/" seamless=""><a href="https://paerer.bandcamp.com/album/tr-btone-cyberlife-psychotria">TrübTone &amp; Cyberlife : Psychotria by Pærer</a></iframe></p>
<p style="text-align: justify;">Le producteur joue ici à plein régime sur l&rsquo;aspect visuel et la théâtralité de sa musique, n&rsquo;oubliant pas au passage sa dette à un groupe comme Plaid ou à des labels comme les français Gooom ou Active Suspension, dévoilant une géologie froide et accidentée, traversée de cassures abruptes et radicales, où la technologie est devenue en miroir inversé la nature elle même (sur<i> Blip</i> on se prend même à suivre le voyage solitaire d&rsquo;une sonde spatiale abandonnée en pilotage automatique, rêve kubrickien d&rsquo;un paysage dépourvu de toute trace humaine : l&rsquo;espace intersidéral). De son coté, Cyberlife veut lui croire encore à une humanité marginale capable de se réapproprier son devenir, tout comme sa manière de faire la fête, par la technologie, hors de toute convention et frontière de genre, sans pour autant oublier d&rsquo;asséner en préambule l&rsquo;avertissement qu&rsquo;est <i>Last Straight Line</i>. Et si cela est notre dernière chance, notre ultime point de non retour, pourquoi ne pas la saisir dès maintenant et s&rsquo;autoriser à imaginer une réalité composite qui serait comme un vaste terrain de jeu où les breaks d&rsquo;une jungle passée, qui a peut être considéré un peu trop vite que le progrès se développerait après elle selon une progression logique, qui a de fait oublié ses origines, ne pourraient pas s’enchevêtrer à nouveau dans notre présent pris en pleine collapsologie, où pourraient cohabiter les temporalités et les danseurs de tous horizons (imaginer ce que pouvoir danser en pleine nature ou dans l&rsquo;eau peut avoir de salvateur si cela ne reconduit pas les mêmes penchants colonialistes), où l&rsquo;homme assumerait enfin sa condition naturelle et l&rsquo;exprimerait grâce aux machines et non pas contre elle ? Une utopie qui semble presque à portée de main sur <i>Bass Playground Tribe </i>tellement le télescopage des époques et des espaces, qu&rsquo;ils soient naturels ou technologiques, ne s&rsquo;y fait pas dans un vacarme assourdissant mais au contraire dans une totale plénitude et on aimerait que ces quatre minutes trente puissent s&rsquo;étirer à l&rsquo;infini.</p>
<p><iframe width="300" height="150" style="border: 0; width: 100%; height: 120px;" src="https://bandcamp.com/EmbeddedPlayer/album=1116451008/size=large/bgcol=ffffff/linkcol=0687f5/tracklist=false/artwork=small/track=93563403/transparent=true/" seamless=""><a href="https://paerer.bandcamp.com/album/tr-btone-cyberlife-psychotria">TrübTone &amp; Cyberlife : Psychotria by Pærer</a></iframe></p>
<p style="text-align: justify;">Trêve de misanthropie mal placée, <i>Psychotria,</i> dernière livraison en date de Paerer, est aussi sa plus engagée, sa plus risquée également, même si elle se clôt sur une note d&rsquo;espoir, d&rsquo;émancipation et de spiritualité, avec un <i>Ecstatic Trance</i><i> </i>de Cyberlife qui fleure bon le Transglobal Underground. Certains y verront peut être un<i> </i>consensus un peu trop marqué par l&rsquo;air du temps. Cela prouve néanmoins que la structure, confrontant l&rsquo;imaginaire et le récit de deux artistes émergents sur notre époque dystopique, et qui trouvent là un support d&rsquo;expression de choix (finement masterisé par Scan-X, s&rsquo;il vous plaît), ne se veut aucunement sombrer dans la résignation, ni accepter l&rsquo;aporie, et aspire au contraire à repousser toujours un peu plus ses limites et aller au delà de sa zone de confort, si précaire et réduite soit elle. Sous ses airs à la Stroboscopic Artefacts, cette sortie, toute en tensions, et qui arrive aussi dans un contexte extrêmement sensible, reprend à son compte un esprit défricheur qui mérite à lui seul d’être salué, qui plus est par les temps qui courent. Comme si abattre chacun des remparts qui nous acculent toujours un peu plus n&rsquo;avait jamais pris un sens si crucial et créatif, ni autant constitué la nature de la structure lilloise, qui délivre par là aussi un message d&rsquo;urgence dans notre psyche collective. Faisons grâce donc à Paerer d&rsquo;avoir eu le courage d&rsquo;ouvrir la voie, sans complaisance. Reste à espérer que d&rsquo;autres après lui la suivront.</p>
<p><iframe width="560" height="400" scrolling="no" frameborder="no" src="https://w.soundcloud.com/player/?visual=true&#038;url=https%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Ftracks%2F1191376060&#038;show_artwork=true&#038;maxheight=840&#038;maxwidth=560"></iframe></p>
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		<title>Various Artists 005 [Accent Records]</title>
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		<pubDate>Thu, 10 Mar 2022 18:30:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Georges White]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[C&#8217;est désormais de manière régulière que le label français Accents records nous donne de ses nouvelles et revient avec une nouvelle livraison, se plaçant de plus en plus sûrement en bonne position sur l&#8217;échiquier électronique français mais aussi international. Une confidentialité et une démarche qui avec les années en a fait une des structures les plus fréquentables de l’hexagone ainsi qu&#8217;une marque de fabrique, caractérisée par son approche artisanale et instinctive, privilégiant le temps long de la création, le biorythme humain, à la frénésie compulsive des sorties, qui s&#8217;éclipsent les unes les autres, comme celles des bpms qui n&#8217;ont cessé [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div style="margin: 5px 5% 10px 5%;"><img src="http://www.inputselector.fr/wp-content/uploads/2022/03/VARIOUS-ARTISTS-005-ACCENT-RECORDS.jpg" width="1200" height="1159" title="" alt="" /></div><div><p style="text-align: justify;">C&rsquo;est désormais de manière régulière que le label français Accents records nous donne de ses nouvelles et revient avec une nouvelle livraison, se plaçant de plus en plus sûrement en bonne position sur l&rsquo;échiquier électronique français mais aussi international. Une confidentialité et une démarche qui avec les années en a fait une des structures les plus fréquentables de l’hexagone ainsi qu&rsquo;une marque de fabrique, caractérisée par son approche artisanale et instinctive, privilégiant le temps long de la création, le biorythme humain, à la frénésie compulsive des sorties, qui s&rsquo;éclipsent les unes les autres, comme celles des bpms qui n&rsquo;ont cessé de ce coté-ci du globe de jouer la surenchère. Malgré un contexte difficile pour les labels indépendants, Accents a gagné le pari de la longévité, revenant en l&rsquo;espace de six ans et vingt sorties avec toujours plus de consistance et d&rsquo;amplitude. Grâce à un réseau ténu mais solide de connections et de relations souterraines qui s&rsquo;étendent au-delà des frontières normatives de l&rsquo;establishment techno, qu&rsquo;elles soient musicales ou géographiques, Accent a réussi à se hisser au rang des labels qui comptent désormais dans un paysage électronique moribond, devenu difficilement lisible, miné par les revivals successifs et l&rsquo;absence d&rsquo;expérimentation. Le label s&rsquo;en est d&rsquo;ailleurs fait un principe depuis ses débuts : accueillir en son sein un panel le plus ouvert possible de musiques électroniques, avec pour seule exigence une certaine idée de la deepness d’obédience paysagiste et introspective, faisant converger et se répondre entre elles des énergies venues de toutes parts autour d&rsquo;une vision artistique commune. En d&rsquo;autres termes : servir de prisme. Car après être passé au format vinyle avec un excellent various (<a href="http://www.inputselector.fr/2020/06/19/va004-accentvinyl001-accent-records/" target="_blank">chroniqué ici</a>) et une excursion extrêmement réussie sur les terres ambient gorgées de lumière et de nature luxuriante du tout premier album de l&rsquo;argentin Forest On Stasys &lsquo;Ataraxia&rsquo;, Accents propose avec son déjà cinquième various et pas moins de dix neuf titres au compteur, certainement une de ses sorties les plus ambitieuse à ce jour, étoffant, si cela était encore nécessaire, son univers panthéiste à travers ce qui s&rsquo;apparente à une compilation-monde.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce registre, le label le connaît relativement bien si on se souvient du coup d&rsquo;éclat en 2019 d&rsquo;Evitceles et son album Lioncage qui nous plongeait déjà au cœur d&rsquo;un monde crépusculaire où les fractures se faisaient déjà béantes entre une humanité contemporaine aveuglée par sa quête sans fin de contrôle par la technologie, et une nature de plus en plus menacée, cadenassée et dépouillée de toute dimension sauvage. Deux ans et une crise sanitaire mondiale plus tard, le constat reste à peu de choses près le même. A un moment où la scène électronique et techno en particulier se cherchent désespérément un nouveau souffle, l&rsquo;initiative est salutaire. On serait presque tenté de dire unique, tant le label utilise ici son format fétiche &#8211; le various &#8211; trusté par les labels indépendants pour y décliner l&rsquo;étendue de leur spectre musical comme celle de leur roster d&rsquo;artistes, mais cette fois avec une envergure et une portée que la structure n&rsquo;avait jamais atteintes par le passé, lui faisant prendre un tournant plus poétique voire démiurgique. Car ici Accents ne dresse plus seulement la cartographie sensible d&rsquo;une scène deep techno internationale, nébuleuse qui a visiblement bien plus vocation à se déployer qu&rsquo;il n&rsquo;y paraît, il dépeint cette fois, tout au long de ce various, la genèse d&rsquo;un monde depuis son avènement (Kanthor &#8211; Broken Tune Purgatory) jusqu&rsquo;aux lois et aux forces qui le régissent, son atmosphère tempérée propice à la vie et surtout l&rsquo;ensemble des êtres vivants, plus ou moins définissables, qui le composent. Il ne s&rsquo;agit donc plus d&rsquo;une scène à proprement parlé mais d&rsquo;un véritable écosystème que le label met en lumière et dont il permet, à son humble échelle, l&rsquo;existence. Cet autre monde a, à bien des égards, tout d&rsquo;une utopie (alors que l&rsquo;imaginaire techno est obsédé depuis plus de dix ans par la dystopie) et possède aussi, il faut bien le dire, beaucoup de points communs avec les visions hallucinées et surréelles d&rsquo;un René Laloux et sa Planète Sauvage. On y croise des oiseaux aux formes effilées et au vol furtif (M. Puech &#8211; Luminiferous Aether qui flirte de près avec la poésie sonore) voir quasiment indétectable à l’œil nu (Adhémar &#8211; Invisible Birds), des forêts entières de bambous qui ondulent majestueusement au gré de l&rsquo;air luminescent (Simone Bauer &#8211; Aurea). Par endroits, on trouve même quelques spécimens de Rortie Bleue. Toutes ces espèces et formes de vie, à la singularité radicale, s&rsquo;y développent librement et apparaissent, pour nos yeux de terriens blasés, de manière complètement extraordinaire. On a l&rsquo;impression littéralement de déambuler dans la jungle numérique des mythiques compilations Artifical Intelligence initiées par Warp sauf qu&rsquo;ici tout est absolument organique et vivant. Nouvel étendard d&rsquo;une musique et d&rsquo;une époque qui a intégré les limites du tout technologique. Preuve en est le magnifique Sagittarius A du maître de cérémonie Sub Accent, hybride parfait tissant une passerelle fragile entre les saillies break et funky du Yoseph de Luke Vibert et les aspirations multiculturalistes du Zoolookologie de Jean-Michel Jarre. Un track de haute volée, alliant avec intelligence (non artificielle vous l&rsquo;aurez compris) expérimentation et musique de danse. Certainement une des meilleures réussites de ce various. Le très chamanique et nocturne Fated de l&rsquo;anglais Caldera, étrangement placé dans le tracklisting, jette lui une ombre à ce tableau idyllique en le reliant à ses rites les plus ancestraux où la mort peut toujours s&rsquo;inviter jusqu&rsquo;au levé du jour.</p>
<p><iframe width="560" height="400" scrolling="no" frameborder="no" src="https://w.soundcloud.com/player/?visual=true&#038;url=https%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Ftracks%2F997680508&#038;show_artwork=true&#038;maxheight=840&#038;maxwidth=560"></iframe></p>
<p style="text-align: justify;">Voilà pour la partie aérienne de ce monde encore épargné par les excès de la civilisation car, comme l&rsquo;indique l&rsquo;arbre qui figure sur l&rsquo;artwork et qui prend ici toute sa force symbolique, le monde aérien et souterrain, l&rsquo;electronica abreuvée d&rsquo;air et de lumière et la techno tunnelière, fonctionnelle, inévitablement plus sombre et claustrophobe, sont les deux faces paradoxales d&rsquo;une même réalité. Les racines et les branches se renversent perpétuellement, comme le yin et le yang, lorsqu&rsquo;elles creusent l&rsquo;espace en recherche de nourriture. Cette velléité exploratrice se retrouve également dans la seconde partie du various. Le tonnerre gronde au loin, le ciel se charge, et le label peut enfin assouvir ses penchants les plus techno en faisant une large place à la scène française avec notamment le track de Time Scale Dilatation Lab NeuroDistortionIntraAxonik et ses lignes de claviers trancey à la Noom records, un rien tendues, laissant présager un horizon qui va bientôt s&rsquo;obscurcir. Traversée par la même veine paysagiste, cette partie est bien moins emprunte d&rsquo;innocence et plus nihiliste que son alter ego. Ici la deep techno s&rsquo;enfouit au plus profond de la terre pour y trouver refuge, fureter les entrailles du sol et s&rsquo;enfoncer jusqu&rsquo;aux cavités les plus reculées, celles des nappes phréatiques, à la manière des productions de l&rsquo;hollandais Area Forty One (Polygonia &#8211; Gummuservi) comme pour échapper à l&rsquo;apocalypse qui se prépare en surface. Dans ce paysage plus homogène et caverneux, rocailleux, les formes de vie n&rsquo;y sont pas moins nombreuses. Le morceau de Forest On Stasys Nekome Jutsu sous ses faux airs de bulldozer concassant la moindre roche sur son passage traduit bien cette expérience particulière de descendre au plus profond de la terre, comme pour rompre définitivement avec le monde diurne et revenir à l&rsquo;obscurité totale qui nous a vu émerger, comme une ultime mission expiatoire, et ce même s&rsquo;il s&rsquo;y révèle parfois des trésors insoupçonnés (le très beau White Tides de Gëinst faisant escale à la lisière d&rsquo;une mer souterraine). La descente est lente, laborieuse, presque lénifiante, l&rsquo;air de plus en plus rare et la géologie, plus imprévisible encore, demande de nouvelles acuités (Daniel[i] &amp; Launaea &#8211; Alloy). Les passages se font escarpés et le poids de la matière, strate après strate, tunnel après tunnel, pèse sur tous les membres jusqu&rsquo;aux moindres interstices vitaux qui se resserrent inexorablement. Aller jusqu&rsquo;au coeur d&rsquo;un monde est une expérience extrême et peu ont la chance et la force d&rsquo;en revenir, surtout à ce niveau de profondeur où plus aucune lumière ne peut filtrer (Farceb &#8211; Raytek). L&rsquo;énergie déployée à creuser se dispute à l&rsquo;inertie et il faut une patience de fer pour espérer un instant observer le noyau en fusion sans connaître le même sort qu&rsquo;Icare (Elle &#8211; Momenti).</p>
<p><iframe width="300" height="150" style="border: 0; width: 100%; height: 120px;" src="https://bandcamp.com/EmbeddedPlayer/album=106732057/size=large/bgcol=ffffff/linkcol=0687f5/tracklist=false/artwork=small/track=1660504023/transparent=true/" seamless=""><a href="https://accentsrecords.bandcamp.com/album/accentva005-various-artists-005">ACCENTVA005 &#8211; Various Artists 005 by Various Artists 005</a></iframe></p>
<p style="text-align: justify;">Tout pourrait se clore ici comme cela avait commencé, avec la figure de l&rsquo;arbre présente sur l&rsquo;artwork (qui est comme à chaque fois une œuvre picturale unique, réalisée par Johan Bonnefoy aka Sub Accent) établissant un lien organique vital réunissant toutes les compositions, vibrations et couleurs musicales qui composent ce riche various, incarnation d&rsquo;un monde traversé de mythes et de rites ancestraux et d&rsquo;une relation au vivant que nous sommes en train de perdre. Il est aussi le garant d&rsquo;un équilibre naturel qui peut à tout moment basculer et faire courir à sa perte un monde qui n&rsquo;est pas si dissemblable au notre. Dans son sillage s&rsquo;y entend comme un lointain écho l&rsquo;explosion récente de la scène sud africaine, que cet artwork au caractère universel rappel immanquablement. Ce n&rsquo;est pas un hasard si chaque collaboration musicale vient, en l’occurrence, resserrer un peu plus par sa coloration, sa propre conception de la deepness techno, le maillage d&rsquo;un espace commun, qu&rsquo;il soit monde ou tableau, qui peux tout autant proliférer tel un rhizome que se refermer cruellement sur lui même. Car s&rsquo;il ne s&rsquo;agit évidemment pas ici d&rsquo;un simple passage en revue d&rsquo;une scène émergente deep techno aux racines IDM dont certains représentants ont déjà passé le cap de la notoriété (toute relative) mais d&rsquo;un véritable récit musical cosmogonique c&rsquo;est grâce à un travail de fond qu&rsquo;Accents met en œuvre courageusement et avec une constance incroyable depuis des années. On sera donc gré à Johan Bonnefoy d&rsquo;avoir cette fois encore réalisé un travail remarquable de curateur et de mener avec une telle cohérence l&rsquo;un des labels électroniques français les plus prometteurs à l&rsquo;heure actuelle.</p>
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		<title>Sonmi451 &#038; Dylan Thomas Hayes &#8211; Gems Under The Horizon 1 [Basic Moves]</title>
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		<pubDate>Thu, 20 May 2021 19:20:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Georges White]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Dylan Thomas Hayes]]></category>
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		<description><![CDATA[Token, Ante Rasa, Norite, Tangram, Zwaarte Kracht, Vlek, Entrepôt, Meakusma.. même si l&#8217;âge d&#8217;or de labels comme R&#38;S semble désormais révolu, bien que ce dernier soit toujours actif, on ne dénombre plus en Belgique les structures indépendantes et recommandables qui présentent désormais une relève sérieuse en marge de l&#8217;histoire initiée et que tente de perpétuer la mythique écurie de Renaat Vandepapeliere. A cette nouvelle scène peut désormais s&#8217;ajouter le tout jeune label bruxellois Basic Moves. Principalement orientée vers une techno purement analogique, imprégnée jusqu&#8217;à la moelle par le son de Détroit, notamment celui de Carl Craig circa 69 ou BFC, [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div style="margin: 5px 5% 10px 5%;"><img src="http://www.inputselector.fr/wp-content/uploads/2021/05/Sonmi451-Dylan-Thomas-Hayes-Gems-Under-The-Horizon-1-Basic-Moves.jpg" width="1200" height="1193" title="" alt="" /></div><div><p style="text-align: justify;">Token, Ante Rasa, Norite, Tangram, Zwaarte Kracht, Vlek, Entrepôt, Meakusma.. même si l&rsquo;âge d&rsquo;or de labels comme R&amp;S semble désormais révolu, bien que ce dernier soit toujours actif, on ne dénombre plus en Belgique les structures indépendantes et recommandables qui présentent désormais une relève sérieuse en marge de l&rsquo;histoire initiée et que tente de perpétuer la mythique écurie de Renaat Vandepapeliere. A cette nouvelle scène peut désormais s&rsquo;ajouter le tout jeune label bruxellois Basic Moves. Principalement orientée vers une techno purement analogique, imprégnée jusqu&rsquo;à la moelle par le son de Détroit, notamment celui de Carl Craig circa 69 ou BFC, faisant la part belle à la scène locale (Walrus, Circadian Rhythms, Caustic 14), la structure a décidé, après quatre années d&rsquo;existence, de créer sa subdivision chill-out nommée Gems under the horizon. Avec un tel nom il était fort à parier que pour sa première référence celle-ci poursuivrait avec encore plus d’acuité la politique de la maison mère : défricher dans ses moindres recoins la scène électronique locale avec un split e.p regroupant deux producteurs belges extrêmement confidentiels, Bernard Zwidjzen aka Sonmi451, producteur ambient et paysagiste sonore, tel qu&rsquo;on aurait pu en trouver à l&rsquo;époque bénie de feu Type records, ayant signé notamment sur Time Released Sound, Eilean ou plus récemment encore Astral Industries, et Thomas Hayes aka Dylan Thomas Hayes, jeune producteur techno repéré sur le premier various du label Form and Function, qui a tout de l&rsquo;Antigone ou du Zadig belge et qui n&rsquo;a de fait pas moins d&rsquo;attrait pour la chose ambient que nombre de ses contemporains (notre homme est semble-t-il un grand admirateur de Tetsu Inoue). Pour autant, ce qui relie ces deux artistes se situe moins sur le terrain musical que celui de la littérature, qui a motivé la composition de ces deux pièces oniriques et intrigantes.</p>
<p style="text-align: justify;">Sonmi451 est le nom du personnage de la fable dystopique de David Mitchell &lsquo;Cloud Atlas&rsquo;. Cette dernière prend place dans une Corée devenue complètement totalitaire et verrouillée de toute part, où la moindre velléité humaine est supplantée par des clones cyborg. La pièce &lsquo;Up Goes The Green Flare&rsquo;, initialement publiée en 2006 sur l&rsquo;album &lsquo;A phosphorous spot&rsquo;, fait quant à elle référence aux flashs de lumières envoyés dans le ciel pendant la seconde guerre mondiale pour aider les bombardiers à se repérer dans la nuit. Face à ce tableau noir et anxiogène, le morceau est lui au contraire d&rsquo;une douceur cotonneuse, flottant un peu au-delà de la couche nuageuse. Entre les volutes jazz qui percent par instants à travers la brume, les bribes de voix qui viennent nous susurrer à l&rsquo;oreille quelques mots fugaces avant de disparaître emportées par les tourbillons d&rsquo;un ressac incessant, tout dans ce morceau est en suspension et nous met dans un état de rêve éveillé. Un rêve qui n&rsquo;est pas sans rappeler les productions ambient du duo anglais Isan et cette manière de plonger l&rsquo;auditeur dans un bain vaporeux, un rien hypnotique, où même les blips ont des vertus apaisantes.</p>
<p><iframe width="560" height="400" scrolling="no" frameborder="no" src="https://w.soundcloud.com/player/?visual=true&#038;url=https%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Ftracks%2F989304658&#038;show_artwork=true&#038;maxwidth=560&#038;maxheight=840"></iframe></p>
<p style="text-align: justify;">Le morceau de Dylan Thomas Hayes poursuit dans la même lignée le voyage au bout de la nuit initié précédemment par son compatriote, comme si les deux tracks, symétriquement, ne formaient qu&rsquo;une seule et même image. &lsquo;Where the light begins&rsquo; est une longue errance sous une pluie battante et une nuit anthracite, rythmée par un flot de plus en plus insondable de clochettes et de carillons asiatiques, marquant chaque pas comme un mantra implorant l&rsquo;aube de se lever. La confrontation du field recording et de la composition acoustique, à peine teintée d&rsquo;électronique, rend la scène extrêmement visuelle et envoûtante. Peut être faut-il ici d&rsquo;avantage laisser la poésie plutôt que la musique opérer. Ce n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas un hasard si le jeune producteur tient son nom de scène d&rsquo;un des poètes anglais les plus influents de la première moitié du vingtième siècle, Dylan Marlais Thomas dont l’œuvre fut des plus prolifiques durant la seconde guerre mondiale. Les résonances avec la création de Sonmi451 ne s’arrêtent évidemment pas à ces références littéraires communes, tant la quête d&rsquo;un échappatoire au réel y est omniprésente, elle est aussi un passage de relais, un dialogue en filigrane entre deux générations de producteurs.</p>
<p><iframe width="560" height="400" scrolling="no" frameborder="no" src="https://w.soundcloud.com/player/?visual=true&#038;url=https%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Ftracks%2F989304646&#038;show_artwork=true&#038;maxwidth=560&#038;maxheight=840"></iframe></p>
<p style="text-align: justify;">Avec cette première référence en forme d&rsquo;invitation à la rêverie, la subdivision chill out du label Basic Moves a entièrement gagné son pari qui sur le papier était très loin d’être assuré d&rsquo;avance. Non seulement Gems under the horizon y met en lumière deux talents sous-estimés de la scène électronique belge, en terme de composition comme de storytelling, mais parvient surtout à les articuler avec brio et simplicité, comme si la connexion entre les deux artistes était une évidence à laquelle pourtant personne auparavant n&rsquo;avait jamais pensé. Une relation souterraine qui rappelle celle que nouaient sous l&rsquo;occupation nazie les passeurs de livres clandestins. On connaît l&rsquo;attrait belge pour tout ce qui touche à l&rsquo;inconscient et au surréalisme, au domaine du rêve justement, et ces deux compositions juxtaposées sont un jeu d&rsquo;équilibrisme extrêmement subtile, un théâtre d&rsquo;ombres délicat qui vous effleure pour mieux laisser transparaître en creux une réalité qui peut à tout moment virer au cauchemar. Alors en attendant le moment où la lumière du jour poindra de nouveau, on se laisse bercer par ces comptines mystérieuses, ces récits de mondes flottants, de présences diaphanes d&rsquo;outre-rêves, pour mieux scruter ce qui se passe sous l&rsquo;horizon.</p>
</div>]]></content:encoded>
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		<title>VA004 &#8211; ACCENTVINYL001 [Accent Records]</title>
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		<pubDate>Fri, 19 Jun 2020 16:36:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Georges White]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[On avait laissé le jeune label français Accents Records il y&#8217;a tout juste un an avec un des albums les plus fascinant et noir d&#8217;une année musicalement compliquée : Lioncage d&#8217;Evitceles. Depuis la structure s&#8217;est mise en pause, histoire de laisser passer la zone de turbulence qu&#8217;a été 2019 (sans imaginer évidemment qu&#8217;une autre lui succéderait cette année) et de prendre du recul après cinq ans d&#8217;activité fondés sur une ligne artistique et graphique irréprochable, tenant en grande partie du DIY, en faisant un des labels techno français les plus prometteurs actuellement. Un silence qui a surtout permis à son [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div style="margin: 5px 5% 10px 5%;"><img src="http://www.inputselector.fr/wp-content/uploads/2020/06/VA-Accents.jpg" width="1200" height="1200" title="" alt="" /></div><div><p style="text-align: justify;">On avait laissé le jeune label français Accents Records il y&rsquo;a tout juste un an avec un des albums les plus fascinant et noir d&rsquo;une année musicalement compliquée : Lioncage d&rsquo;Evitceles. Depuis la structure s&rsquo;est mise en pause, histoire de laisser passer la zone de turbulence qu&rsquo;a été 2019 (sans imaginer évidemment qu&rsquo;une autre lui succéderait cette année) et de prendre du recul après cinq ans d&rsquo;activité fondés sur une ligne artistique et graphique irréprochable, tenant en grande partie du DIY, en faisant un des labels techno français les plus prometteurs actuellement. Un silence qui a surtout permis à son fondateur Sub Accent d&rsquo;envisager l&rsquo;avenir sous des aunes plus sereines et de rassembler toutes les énergies nécessaires en vue de la prochaine étape pour le label, attaché depuis ses débuts au support physique et après avoir longtemps favorisé le format K7, à savoir la sortie d&rsquo;un premier e.p vinyle. Il faut dire qu&rsquo;avec le niveau affiché des productions maison, qui commençaient doucement mais de plus en plus sûrement à pouvoir un jour fouler les dancefloors des festivals les plus recommandables, cette nouvelle, pour l&rsquo;amateur de dance music exigeante, a tout d&rsquo;une aubaine. Avec cette première référence sur cire noire et après un an d&rsquo;absence, Accents a opté pour le changement dans la continuité en retrouvant un format qui lui convient bien (le various) et des artistes du cru ou presque, qui nouent tous une relation étroite avec le label et qui ont égrainé récemment quelques uns de ses récents jalons (on retrouve le roster habituel composé de Geïnst, de l&rsquo;énigmatique Hydrangea et du maître de maison Sub Accent ainsi qu&rsquo;un nouveau venu, l&rsquo;italien PRG-M, exfiltré de chez Midgar). Cette dernière recrue marque vraiment le tournant pris par cette nouvelle sortie, perceptible dès l&rsquo;artwork : le label y présente un visage désormais franchement solaire, hédoniste et tourné vers le sud. Ce n&rsquo;est pas pour rien que le morceau qui ouvre le various est le très beau &lsquo;Mistral&rsquo; de Geïnst, ode aux petits matins d&rsquo;after et à la naissance recommencée du monde, déployant aussi bien l&rsquo;allégresse d&rsquo;une brise flirtant avec l&rsquo;azur des ciels d&rsquo;été que lorgner toujours plus profondément vers les richesses subaquatiques de la méditerranée.</p>
<p><iframe width="300" height="150" style="border: 0; width: 100%; height: 120px;" src="https://bandcamp.com/EmbeddedPlayer/album=3514852973/size=large/bgcol=ffffff/linkcol=0687f5/tracklist=false/artwork=small/track=4140865241/transparent=true/" seamless=""><a href="http://accentsrecords.bandcamp.com/album/accentvinyl001-various-artists-004">ACCENTVINYL001 &#8211; Various Artists 004 by Various Artists &#8211; Gëinst / Sub Accent / Hydrangea / PRG/M</a></iframe></p>
<p style="text-align: justify;">Le label nous avait pourtant déjà habitué à explorer des territoires mélodiques et à travailler une palette de couleur plus chaude et lumineuse mais cela ne l&rsquo;avait jamais été aussi explicitement. Les précédentes sorties n&rsquo;avaient jamais non plus sonné aussi dansantes et efficaces. Car ici la décision du pressage vinyle se justifie pleinement tant Accents nous propose une deep techno soignée et rutilante, loin des poncifs lénifiants du genre, mais où surtout la musique coule naturellement et semble se moquer éperdument des questions de styles. La seule chose qui importe ici étant le plaisir des retrouvailles et donc par là même celui du danseur. La deepness possède d&rsquo;infinies facettes et ce pas franchi vers les dancefloors les plus aguerris signifie aussi pour la structure un gain d&rsquo;assurance et de maturité. C&rsquo;est ce que l&rsquo;on perçoit notamment à l&rsquo;écoute du bien nommé Ritual Gift de Sub Accent. Là encore un morceau à la basse profonde et irrésistible qui sait estomper intelligemment les frontières d&rsquo;une deep techno que l&rsquo;on sent tendre vers la trance, sans putasseries aucunes, et surtout vers l&rsquo;hypnose de la danse comme savent si bien le faire les producteurs et dj techno italiens. Le genre de morceau qui siérait parfaitement en plein peaktime du Paralel Festival.</p>
<p><iframe width="300" height="150" style="border: 0; width: 100%; height: 120px;" src="https://bandcamp.com/EmbeddedPlayer/album=3514852973/size=large/bgcol=ffffff/linkcol=0687f5/tracklist=false/artwork=small/track=739012698/transparent=true/" seamless=""><a href="http://accentsrecords.bandcamp.com/album/accentvinyl001-various-artists-004">ACCENTVINYL001 &#8211; Various Artists 004 by Various Artists &#8211; Gëinst / Sub Accent / Hydrangea / PRG/M</a></iframe></p>
<p style="text-align: justify;">Conservant ses principales influences d&rsquo;une techno largement panthéiste comme on peut l&rsquo;entendre au nord de l&rsquo;Europe chez Hypnus et consorts, Accents s&rsquo;ouvre avec cette sortie à un monde d&rsquo;avantage tourné vers l&rsquo;Orient, en accueillant le morceau Guangzhou de la trop peu exposée Hydrangea. Composé en Chine, bien avant ce que nous connaissons aujourd&rsquo;hui, ce morceau fait écho malheureusement ou pas à la place qu&rsquo;a eu et qu&rsquo;aura désormais cette partie du monde dans nos vies. Un track plus lent et contemplatif, parcouru de volutes acid qui viennent effleurer délicatement les nuages stratosphériques, comme un lointain écho des premières productions de Solar Quest, le temps d&rsquo;un moment suspendu où tout est en train de se jouer. Le calme avant la tempête. Car sur ce fil précaire où on sent à chaque instant que tout pourrait basculer, et malgré la couleur estivale de cette sortie, Accents n&rsquo;en oublie pas les événements qui secouent actuellement la planète dont l&rsquo;avenir est précipité par l&rsquo;activité humaine. &lsquo;Plumbeo&rsquo; de PRG-M, qui conclut admirablement ce various, nous ramène à cette réalité, dévalant comme autant de coulées de lave en fusion prêtes à tout engloutir sur leur passage, mêlant aux couleurs pastelles présentes le contraste de tonalités beaucoup plus acres. On pense évidemment aux productions d&rsquo;un Donnato Dozzy énervé ou d&rsquo;un Peter Van Der Hoesen pour les lacérations qui arrivent en rase motte pour meurtrir le sol carbonisé mais la puissance tellurique de ce morceau doit surtout à sa production massive et implacable, une véritable invitation à danser sous les bombes, faisant monter très rapidement le taux d&rsquo;adrénaline et la température des pistes de danse. Du très très sérieux.</p>
<p><iframe width="300" height="150" style="border: 0; width: 100%; height: 120px;" src="https://bandcamp.com/EmbeddedPlayer/album=3514852973/size=large/bgcol=ffffff/linkcol=0687f5/tracklist=false/artwork=small/track=4078917661/transparent=true/" seamless=""><a href="http://accentsrecords.bandcamp.com/album/accentvinyl001-various-artists-004">ACCENTVINYL001 &#8211; Various Artists 004 by Various Artists &#8211; Gëinst / Sub Accent / Hydrangea / PRG/M</a></iframe></p>
<p style="text-align: justify;">Après une année d&rsquo;absence, cette première et courageuse sortie vinyle sonne pour Accents records comme une saine confirmation, celle d&rsquo;un label indépendant qui semble prendre un nouvel envol et avec lequel il faudra plus que jamais compter dans le paysage techno français et international. Il y dessine même une nouvelle cartographie musicale et sensible, intime autant que cosmique, où tous les éléments de notre monde contemporain sont convoqués, élargissant les frontières de la deep techno à la tech-house et à la trance. Ravivant les souvenirs des fêtes libres et de communion avec la nature, cette dernière livraison très inspirée redonnerait presque espoir en une musique et un mouvement qui ont perdu de leur âme et de leur esprit fédérateur ces dix dernières années. Et dans le sérail deep techno, Accents se présente même comme un antidote indiqué aux productions stériles de chez Edit Select. Vous l&rsquo;aurez donc compris l&rsquo;essai du passage au vinyle a été transformé avec brio et ce various ne demande plus que vos platines et un bon sound system pour trouver définitivement une place de choix dans votre collection.</p>
</div>]]></content:encoded>
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		<title>VA &#8211; Deep Tech Sessions Vol.2 [Frequency Shift]</title>
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		<pubDate>Tue, 17 Mar 2020 15:28:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Georges White]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Adam Carling]]></category>
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		<description><![CDATA[Basé à Nancy, le label Frequency Shift est né de l&#8217;idée d&#8217;une subdivision deep techno à la maison mère house BLC recordings. À un moment où le style a le vent en poupe, pour le meilleur parfois mais souvent aussi pour le pire, le boss de BLC, un dénommé Lee Trax et passionné de la première heure, garde les pieds sur terre et ne mélange pas les genres, conservant ses productions et remixes techno pour l&#8217;avatar Adam Carling sur Frequency Shift. Menés pratiquement en parallèle, et nourris au même grain, la tournure de plus en plus Detroit house de BLC [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div style="margin: 5px 5% 10px 5%;"><img src="http://www.inputselector.fr/wp-content/uploads/2020/03/VA-Deep-Tech-Sessions-Vol.2-Frequency-Shift.jpg" width="3000" height="3000" title="" alt="" /></div><div><p style="text-align: justify;">Basé à Nancy, le label Frequency Shift est né de l&rsquo;idée d&rsquo;une subdivision deep techno à la maison mère house BLC recordings. À un moment où le style a le vent en poupe, pour le meilleur parfois mais souvent aussi pour le pire, le boss de BLC, un dénommé Lee Trax et passionné de la première heure, garde les pieds sur terre et ne mélange pas les genres, conservant ses productions et remixes techno pour l&rsquo;avatar Adam Carling sur Frequency Shift. Menés pratiquement en parallèle, et nourris au même grain, la tournure de plus en plus Detroit house de BLC ne pouvait pas ne pas déteindre sur son aile deep techno. Après une série de maxis définissant son champ d&rsquo;action et ses différentes velléités, fédérant une poignée d&rsquo;artistes portés par le même esprit de défrichage et d&rsquo;exploration (Protyv, Squal G, Subground_3000 dont certains ont été exfiltrés de chez BLC), un premier et très bon various &lsquo;Deep Tech Session&rsquo; voit le jour. Il faut dire que le son deep techno actuel a clairement besoin d&rsquo;outsiders et de renouvellement. Sans avoir d&rsquo;autre prétention que produire une techno racée et de qualité, avec ce second volume &lsquo;Deep Tech Session Vol. 2&rsquo;, fraîchement sorti, Frequency Shift pourrait bien compter parmi ceux là.</p>
<p style="text-align: justify;">Sous titré &lsquo;The Detroit Works&rsquo;, ce second volet ne nous trompe pas sur la marchandise, placé d&#8217;emblée sous la figure tutélaire de la motorcity via le producteur Niko Marks. Si ce dernier ne brille pas spécialement sur le très odlschool &lsquo;How Long&rsquo; (qui aurait pu sortir sur KMS circa 1992), il donne au moins le ton et laisse le champ libre à ses continuateurs européens. Le passage de relais se fait d&rsquo;ailleurs le plus naturellement du monde avec &lsquo;D1&rsquo; d&rsquo;Adam Carling, plongée en apnée dans les méandres d&rsquo;un dub feutré et sensuel qui imprègne la techno de Détroit depuis ses origines, rappelant certaines productions de Delano Smith. Mettant la barre du groove lancinant et immersif assez haut, le track hisse avec classe et simplicité le various à la hauteur de ses illustres modèles américains et porte bien son titre : cette fois-ci on joue dans une autre catégorie.</p>
<p><iframe width="300" height="150" style="border: 0; width: 100%; height: 120px;" src="https://bandcamp.com/EmbeddedPlayer/album=2789611604/size=large/bgcol=ffffff/linkcol=0687f5/tracklist=false/artwork=small/track=1507519923/transparent=true/" seamless=""><a href="http://frequencyshiftrecordings.bandcamp.com/album/deep-tech-sessions-vol-2">Deep Tech Sessions Vol.2 by Adam Carling</a></iframe></p>
<p style="text-align: justify;">Le duo bordelais G-Prod l&rsquo;a bien compris avec un &lsquo;Globoule&rsquo; qui, si il avait déjà été dévoilé bien avant cette sortie, continue de diffuser les mêmes effluves enivrantes et nostalgiques, nous transportant vers les hauteurs d&rsquo;un ciel complètement dégagé et tutoyant un instant les étoiles, grâce à la puissance de son rythme maurizio-esque. Comme si la dureté et la pesanteur de la réalité urbaine n&rsquo;existait plus : la ville vue d&rsquo;aussi haut, et qui plus est de nuit, paraîtrait presque belle. Pour autant il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;oublier non plus ce qui se passe en bas et le track &lsquo;Grey Area&rsquo; de Subground_3000 est là pour nous le rappeler, et poursuivre le vol de nuit mais cette fois ci sur le dos d&rsquo;un drone en rase motte qui sillonne incessamment les grands axes abandonnés comme les ruelles des banlieues désaffectées, traquant les zones grises où le moindre trafic pourrait discrètement prospérer. Le vent glacial se lève et face à la moindre résistance fait l&rsquo;effet d&rsquo;une gifle. Chaque pas résonne aux alentours comme s&rsquo;il n&rsquo;y avait plus que nous, seul témoin d&rsquo;un moment suspendu où ni la ville ni le temps ne semblent n&rsquo;avoir de début ni de fin, où seuls les éclairages urbains servent encore de maigres repères. Le track d&rsquo;Hughes Giboulay nous invite à cette longue errance méditative dans le décors apparemment figé d&rsquo;un Détroit nocturne où le flux des pensées, en plein milieu de la nuit, peut prendre un caractère abyssal. Dernière virée de ce road trip mental en quatre actes incroyables à travers un Détroit certainement fantasmé mais qui n&rsquo;a jamais été aussi propice à l&rsquo;imaginaire et à la deepness urbaine et classieuse comme seul le producteur allemand El Pierro (signant aussi sur BLC) sait en produire avec &lsquo;Blossom&rsquo;, track qui ne dépareillerait pas sur un label comme le Sistrum de Patrice Scott.</p>
<p><iframe width="300" height="150" style="border: 0; width: 100%; height: 120px;" src="https://bandcamp.com/EmbeddedPlayer/album=2789611604/size=large/bgcol=ffffff/linkcol=0687f5/tracklist=false/artwork=small/track=610672951/transparent=true/" seamless=""><a href="http://frequencyshiftrecordings.bandcamp.com/album/deep-tech-sessions-vol-2">Deep Tech Sessions Vol.2 by Elpierro</a></iframe></p>
<p style="text-align: justify;">Pour sa sixième référence, le label français Frequency Shift a mis les petits plats dans les grands. Le fait d&rsquo;avoir choisi Niko Marks comme maître de cérémonie a servi de catalyseur dans le choix d&rsquo;une tracklist aux petits oignons comme il en a rarement été fait sur cette structure. Preuve qu&rsquo;il s&rsquo;agit là aussi d&rsquo;un cap important franchit pour ce tout jeune et prometteur label. Ce second volet des Deep Tech Sessions est une nouvelle fois une réussite dans la cartographie fascinante qu&rsquo;il dresse d&rsquo;une motorcity by night, comme celle de nouveaux producteurs prêts à porter dignement le flambeau de cette musique. Les connexions de plus en plus nombreuses avec la maison mère BLC le laissaient supposer : Frequency Shift passe désormais à un stade supérieur et ceux qui pensaient ne plus rien avoir à découvrir dans le serail deep techno peuvent se jeter corps et âme sur ce various qui a tout du coup d&rsquo;éclat dans la récente discographie de Frequency Shift. L&rsquo;avenir désormais leur appartient.</p>
<p><iframe width="300" height="150" style="border: 0; width: 100%; height: 340px;" src="https://bandcamp.com/EmbeddedPlayer/album=2789611604/size=large/bgcol=ffffff/linkcol=0687f5/artwork=none/transparent=true/" seamless=""><a href="http://frequencyshiftrecordings.bandcamp.com/album/deep-tech-sessions-vol-2">Deep Tech Sessions Vol.2 by Frequency Shift Recordings</a></iframe></p>
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		<title>Sixtyone ‎- The Locks EP [Verdant Recordings]</title>
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		<pubDate>Fri, 28 Feb 2020 21:13:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Georges White]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Sixtyone]]></category>

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		<description><![CDATA[Cela fait quatre ans déjà que le label anglais Verdant recordings pose une empreinte discrète mais de plus en plus prégnante dans le paysage deep techno européen. Mené avec passion par le vétéran Andy Green, Verdant tisse de manière subjective des liens ténus mais solides entre des artistes encore confidentiels et d&#8217;autres plus confirmés (Plant43, John Shima, XDB ou encore récemment Octal Industries y ont signé quelques belles productions), cherchant d&#8217;avantage une coloration musicale où le vert, on l&#8217;aura compris, a une place proéminente, plutôt qu&#8217;à bâtir un business plan autour d&#8217;une recette éprouvée ou d&#8217;un roster inamovible. Au gré [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div style="margin: 5px 5% 10px 5%;"><img src="http://www.inputselector.fr/wp-content/uploads/2020/02/Sixtyone-‎–-The-Locks-EP-Verdant-Recordings.jpg" width="970" height="970" title="" alt="" /></div><div><p style="text-align: justify;">Cela fait quatre ans déjà que le label anglais Verdant recordings pose une empreinte discrète mais de plus en plus prégnante dans le paysage deep techno européen. Mené avec passion par le vétéran Andy Green, Verdant tisse de manière subjective des liens ténus mais solides entre des artistes encore confidentiels et d&rsquo;autres plus confirmés (Plant43, John Shima, XDB ou encore récemment Octal Industries y ont signé quelques belles productions), cherchant d&rsquo;avantage une coloration musicale où le vert, on l&rsquo;aura compris, a une place proéminente, plutôt qu&rsquo;à bâtir un business plan autour d&rsquo;une recette éprouvée ou d&rsquo;un roster inamovible. Au gré de various ou de maxis tous aussi recommandables les uns que les autres, privilégiant le format vinyle, la jeune écurie anglaise a tout du label électronique indépendant tel qu&rsquo;on le concevait dans les 90&rsquo;s. Rien pourtant de revivaliste ici, bien au contraire : poche de résistance au formatage de toute sorte, le label se veut avant tout artisanal et creuse un sillon qui dépasse les clivages habituels de la techno, de la house et de l&rsquo;électronica pour proposer, à sa modeste échelle, une sorte de laboratoire du son tech-house anglais.</p>
<p style="text-align: justify;">Après avoir franchi avec succès l&rsquo;étape du premier long format (le très beau &lsquo;Our Seasons&rsquo; d&rsquo;Octal Industries sorti en fin d&rsquo;année dernière) et cherchant toujours de nouveaux points de jonction musicaux, c&rsquo;est vers l&rsquo;anglais Joe Lucas que le label se tourne. Connu surtout depuis 10 ans sous l&rsquo;identité Causa pour ses signatures sur Tusk Wax notamment mais aussi Boogie Box, Birdie et 61 Players à ses débuts qui est devenu aujourd&rsquo;hui Sixtyone, Lucas possède bien d&rsquo;autres cordes à son arc et d&rsquo;affinités que sa seule nationalité le laisse d&rsquo;abord supposer avec l&rsquo;univers Verdant. A vrai dire The Locks, troisième maxi sous l&rsquo;identité Sixtyone, est aussi un virage finement négocié par le label. Pour sa huitième référence, l&rsquo;écurie anglaise se fait plus sombre et lance une passerelle entre l&rsquo;Angleterre et la France, et plus précisément la Bretagne, où Joe Lucas vit depuis trois ans. S&rsquo;appuyant sur une deep techno solide dans sa partie remixes (le macédonien Stojche et le duo italien Hiver très efficaces mais égaux à eux même) c&rsquo;est plutôt vers les trois originaux que se porte l’intérêt de la release. En effet, la musique de Sixtyone explore une veine beaucoup plus narrative et paysagère, partageant le maxi en trois vignettes relatives aux trois lieux qui les ont inspirées en Bretagne. Décrivant la confrontation des climats qui traversent sa vie et sa musique, l&rsquo;anglais traduit avec une certaine simplicité et sensibilité son parcours récent qui est aussi celui de la maturité. Sur le titre Caurel souffle un vent qui porte avec lui les embruns de l&rsquo;Atlantique qu&rsquo;ils proviennent de la Motorcity ou du nord de l&rsquo;Angleterre. Zelo nous confronte à l’hostilité d&rsquo;un climat qui sculpte à flanc le paysage comme les falaises balayées par la mer et l&rsquo;érosion, faisant ressortir de manière encore plus saisissante la beauté du temps qui passe. Tregnaton emprunte un chemin plus méditatif et laisse le travail de mémoire se faire, les limites s&rsquo;effacer et les lieux se superposer à travers une plage ambient comme si le simple fait d&rsquo;observer la mer se retirer au couchant était signe de résilience.</p>
<p style="text-align: justify;">Oldschool dans sa facture mais laissant grandes ouvertes ses portes aux courants qui l&rsquo;ont façonné, comme le font à leur manière les écluses, ce beau maxi aux airs sombres et feutrés est au contraire une des réussites de ce début d&rsquo;année et un tournant pour l&rsquo;écurie Verdant. Si le choix de Sixtyone était sur le papier loin d’être évident, il se révèle ici clairement judicieux du point de vue de l&rsquo;esthétique que défend le label, en apportant cette teinte tech-house à la deep techno. En mettant à jour le travail d&rsquo;un artiste entre deux pays et entre deux styles (la house et la techno), brouillant juste ce qu&rsquo;il faut les cartes et les limites établies, il fait aussi affleurer tout un réseau de références et de relations soujacentes qui dessinent une nouvelle géographie musicale. Sur ce maxi flotte un parfum teinté de mélancolie et de futurisme, même s&rsquo;il reste très organique dans sa production, rappelant la techno française du regretté F- Communications ou l&rsquo;âge d&rsquo;or de l’Écosse de Soma. En effet avec cette nouvelle livraison de qualité, Verdant se place clairement dans cette Angleterre que l&rsquo;on aime, cosmopolite et tolérante, et The locks révèle à ce titre l&rsquo;évolution constante d&rsquo;un label qui n&rsquo;a plus à rougir de la comparaison avec des écuries comme Sistrum ou Appian Sounds, et qui semble vouloir nous dire que c&rsquo;est avec les reliques du passé qu&rsquo;il faut bâtir l&rsquo;avenir.</p>
<p><iframe width="100%" height="120" frameborder="no" src="https://www.juno.co.uk/player-embed/SF747787-01-01-01.mp3/?pl=false&amp;pn=false&amp;ed=20-02-29" scrolling="no"></iframe></p>
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		<title>Rural 2019 : une parenthèse musicale dans les montagnes japonaises</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Oct 2019 15:36:22 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Créé en 2009, ce qui a commencé par une teuf entre potes s’est imposée en quelques années comme un festival de référence sur la scène techno internationale. Les échos qui nous sont parvenus esquissent un évènement intimiste faisant la part belle aux musiques électroniques et aux montagnes japonaises. Alors que nous terminons 2 mois de voyage dans le pays du soleil levant, nous sautons sur l’occasion de nous offrir une dernière danse avec les Japonais. Vendredi – Prise de contact avec le monde rural L&#8217;aventure débute par une journée d&#8217;auto-stop. Les transports coûtent cher et les Japonais sont tellement serviables [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div style="margin: 5px 5% 10px 5%;"><img src="http://www.inputselector.fr/wp-content/uploads/2019/10/Rural-2019.jpeg" width="4112" height="3088" title="" alt="" /></div><div><p>Créé en 2009, ce qui a commencé par une teuf entre potes s’est imposée en quelques années comme un festival de référence sur la scène techno internationale. Les échos qui nous sont parvenus esquissent un évènement intimiste faisant la part belle aux musiques électroniques et aux montagnes japonaises. Alors que nous terminons 2 mois de voyage dans le pays du soleil levant, nous sautons sur l’occasion de nous offrir une dernière danse avec les Japonais.</p>
<p><strong>Vendredi – Prise de contact avec le monde rural</strong></p>
<p><img src="http://www.inputselector.fr/wp-content/uploads/2019/10/P1120287.jpeg" alt="P1120287" width="4112" height="3088" class="alignnone size-full wp-image-28804" /></p>
<p>L&rsquo;aventure débute par une journée d&rsquo;auto-stop. Les transports coûtent cher et les Japonais sont tellement serviables et attentionnés que lever le pouce est le meilleur moyen de se déplacer. Un salary man nous dépose le vendredi soir dans le petit village thermal de Nozawa Onsen, dans la préfecture de Nagano, l&rsquo;équivalent des Alpes au Japon. Nous y sommes presque. Un foodtruck &laquo;&nbsp;Boiler Tequila&nbsp;&raquo; prend le relais. On grimpe une route en lacets longeant les départs de pistes et les remontées mécaniques à l&rsquo;arrêt. Arrivés à 1300 mètres, nous découvrons notre terrain de jeu pour les prochains jours : un grand lac paisible perdu au milieu de la forêt.</p>
<p>Le temps de planter notre tente dans le camping encore désert et nous voici saké en main partis à la découverte du site. Une première scène sonorisée Pioneer est installée au bord du lac, la programmation s&rsquo;y annonce 100% japonaise et orientée ambient / drone / expérimentations sonores. La main stage est située quelques centaines de mètres plus loin au milieu de la forêt. Bien qu’elle semble un peu petite au vu de la taille du site, le sound system Void Acoustic en impose. Les Japonais sont connus pour être des audiophiles avertis et accorder une attention particulière à la qualité du son. Nous ne serons pas déçus, le réglage optimal tiendra ses promesses tout le weekend.</p>
<p><iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/jvkQJH_1h8U?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe></p>
<p>A 21h c&rsquo;est parti pour 69 heures de musique non-stop jusqu&rsquo;au lundi 18h. A notre grande surprise on ne compte pas plus de 20 personnes devant la scène. On comprend assez vite que les festivaliers ont fait l&rsquo;impasse sur le vendredi. De ce premier soir, on retiendra le set de Black Merlin, Aka Georges Thompson. L’expert en field recording déploie une techno low beat froide et métallique quasi industrielle. A sa suite, Le japonais DJ Yazi prend un virage breaké, deep et coloré incluant de belles variations dans les motifs rythmiques. Notre nuit se termine sur la Lake stage où l’on assiste au lever de soleil accompagné par la musique ambient minimaliste et méditative de Doofy : DJ, moine bouddhiste et conducteur bénévole pour le festival. Ça ne s&rsquo;invente pas.</p>
<p><img src="http://www.inputselector.fr/wp-content/uploads/2019/10/CIMG9558.jpg" alt="CIMG9558" width="3828" height="2871" class="alignnone size-full wp-image-28807" /></p>
<p><strong>Samedi – Le vaisseau rural décolle</strong></p>
<p><img src="http://www.inputselector.fr/wp-content/uploads/2019/10/CIMG9606.jpg" alt="CIMG9606" width="4000" height="3000" class="alignnone size-full wp-image-28808" /></p>
<p>Le matin suivant on émerge au bord du lac en écoutant la puissante drone du duo Dit Sese. Les deux japonais recouvrent le DJ Booth de cassettes audios et de synthétiseurs, le résultat est une expérience multisensorielle. A écouter fort, collé aux enceintes, bouchons vissés aux oreilles, pour sentir tout son corps vibrer, ça réveille !</p>
<p><img src="http://www.inputselector.fr/wp-content/uploads/2019/10/Dit-See.jpeg" alt="Dit See" width="4112" height="2336" class="alignnone size-full wp-image-28803" /></p>
<p>A 13h la talentueuse et habituée du festival Sapphire Slows prend son service pour 2 heures d’un voyage à forte sonorité dub et mélodies atmosphériques, entre ambient et minimal trippy. On l&rsquo;avait découverte grâce à son excellent EP &laquo;&nbsp;Sounds of Purity&nbsp;&raquo; sorti sur le label berlinois Nous disques en 2017. Le public un peu plus nombreux que la veille apprécie cette mise en jambe dans le soleil de l’après-midi.</p>
<p>Autre performance très attendue, celle de Slickback, membre du collectif Nyege Nyege fer de lance de la musique électronique en Afrique de l&rsquo;est. Le jeune Kenyan réveille le public japonais avec un set énergique mixant bass music, footwork, trap, hip hop et même quelques tracks IDM, à la frontière entre expérimentation et pop music.</p>
<p>La claque musicale nous surprend quelques heures plus tard, lorsque Patrick Russel prend les commandes du vaisseau [rural]. Profitant de toute la qualité du sound system, il diminue le volume sonore, laissant le public venir à lui. Le DJ du Midwest n&rsquo;impose pas sa musique, il la met à disposition, construisant une atmosphère subtile et hypnotique assemblée avec une précision extrême, du grand art ! Les applaudissements du public nous ramènent sur terre mais nous reprenons vite notre envol avec Solar. Le vétéran californien apporte une énergie nouvelle et remplie l’espace de sons trippy et acides d’où surgissent des vocales étranges. Parfait pour accompagner le soleil qui pointe son nez au-dessus des montagnes japonaises.</p>
<p><iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/OxboL5vhxHI?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe></p>
<p><strong>Dimanche – Repos dominical</strong></p>
<p>Le lendemain on se ressource en plongeant dans les eaux brûlantes des onsens (thermes japonais) du village voisin. Pas très efficace mais au moins on est propre. Au détour d’une ruelle, on croise Jane Fitz qui visite le village avec des amis. Rural est de ces festivals intimistes où artistes, organisateurs et festivaliers appartiennent à la même famille, à l’image de Djrum, Tasker ou encore Solar que l’on apercevra danser et profiter en toute simplicité de cette parenthèse japonaise.</p>
<p><iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/V12DbIXoahg?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe></p>
<p>On revient de notre bain juste à temps pour écouter CCL dont on a adoré le <a href="https://soundcloud.com/unsound/unsound-podcast-56-ccl">podcast</a> sorti récemment pour Unsound Festival. L’artiste repousse les frontières de la break music avec un style de Djing unique loin des clichés habituels. Son warm-up breakbeat à tendance dubstep surprend l’audience par ses crochets dans l’IDM ou l’acid jazz. Function nous présente ensuite son nouveau projet fruit d’un travail de 3 ans, à mi-chemin entre présentation d’album et performance artistique mêlant projection visuelle, danse et musique. Certaines tracks sont vraiment excellentes mais on a du mal à rentrer dedans. Les chansons se suivent sans réelle cohérence entrecoupées par la voix du berlinois qui prend le micro pour commenter sa musique et demander des applaudissements. L’ensemble laisse le public japonais perplexe. Wata Igarashi, pilier de la scène japonaise, rattrape le coup et entraîne le public dans 3 heures d’une techno intense et mentale, toute en tension, parfaitement exécutée du début à la fin. Alessandro Cortini, ancien claviériste de Nine Inch Nails, prend le relais avec ses synthétiseurs et plonge la forêt dans une ambiance mélancolique faite de nappes denses, de basses fréquences et de mélodies nostalgiques.</p>
<p>Il est encore relativement tôt mais les trois soirées d&rsquo;affilées ont eu raison de nous. On décide de s’arrêter là pour conserver un maximum d&rsquo;énergie en vue du grand final de demain. De toute façon les organisateurs ont prévu le coup, sur la Lake Stage les DJs ont pour instruction de jouer sans beat. Au Japon on ménage ses festivaliers, quand on vous disait qu’ils étaient attentionnés !</p>

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<a rel="gallery-28798" href='http://www.inputselector.fr/2019/10/24/rural-2019-une-parenthese-musicale-dans-les-montagnes-japonaises/cimg9714/'><img width="150" height="150" src="http://www.inputselector.fr/wp-content/uploads/2019/10/CIMG9714-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="CIMG9714" /></a>
<a rel="gallery-28798" href='http://www.inputselector.fr/2019/10/24/rural-2019-une-parenthese-musicale-dans-les-montagnes-japonaises/cimg9717/'><img width="150" height="150" src="http://www.inputselector.fr/wp-content/uploads/2019/10/CIMG9717-150x150.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="CIMG9717" /></a>

<p><strong>Lundi – Un grand bol d’amour</strong></p>
<p><iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/qNI-frfduq4?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe></p>
<p>Le ciel est dégagé pour ce dernier jour, offrant un magnifique lever de soleil aux courageux qui somnolent devant la Lake stage. DJ Nobu, véritable légende adulée par le public japonais, officie à 9 heures. Un horaire inhabituel pour lui qui a l&rsquo;habitude de dérouler sa techno répétitive en plein cœur de la nuit. Il s&rsquo;adapte parfaitement à la situation jouant drone et sans kick pour la première heure. Les nappes expérimentales accompagnent doucement le réveil des festivaliers qui commencent à se rassembler devant la scène. Les chaises de camping sont de sorties et on se laisse planer jusqu&rsquo;à que les premiers beats nous rappellent à la danse. Nobu monte tranquillement en puissance et accélère le BPM subtilement nous transportant à travers tout le spectre de la deep techno à moins de 120 BPM.</p>
<p><img src="http://www.inputselector.fr/wp-content/uploads/2019/10/Wake-me-up-before-you-go-Jane-Fitz.jpeg" alt="Wake me up before you go Jane Fitz" width="2032" height="3612" class="alignnone size-full wp-image-28800" /></p>
<p>Le moment tant attendu arrive enfin. Tasker, boss du label Whities, nous laisse tout en douceur avec Radiohead « Everything is in the right place » tandis que Jane Fitz pose ses bags derrière le booth. Dès sa première track le public se fait entendre, le fanclub est bien présent. L’anglaise qui joue ici chaque année depuis 2015 est très appréciée des festivaliers. Comme elle sait si bien le faire, elle enchaîne les tracks trippy et cosmiques, nous sortant d&rsquo;un wormhole acide pour mieux nous aspirer dans le suivant. Un climat d&rsquo;afterhours s&rsquo;installe. Face à la scène, il reste seulement 200 festivaliers mais la vibe y est incroyable. Partout des sourires et des regards complices, tous ont appris à se connaître pendant le weekend ; certains se prennent dans les bras, on pose sur des photos, un grand anglais tatoué fait tourner un jerrican d&rsquo;expresso martini savamment dosé, le barman hilare a quitté son poste et distribue désormais des shots de bonne humeur, un groupe de japonais portent le même t-shirt &laquo;&nbsp;Wake me up before you go Jane Fitz&nbsp;&raquo;, le devant de la scène s&rsquo;est transformée en autel techno où trône un vinyl avec la tête déformée d’Aphex Twin au milieu des bouteilles de Saké. Sur scène, la selector anglaise se surprend elle-même tant la track qu&rsquo;elle introduit se mixe si bien avec la précédente. Le staff, les artistes et les festivaliers sont tous réunis pour une ultime danse qui se voudrait infinie. On ferme les yeux et on savoure les derniers instants du [rural] festival.</p>
<p><img src="http://www.inputselector.fr/wp-content/uploads/2019/10/P1120394.jpeg" alt="P1120394" width="4112" height="3088" class="alignnone size-full wp-image-28801" /></p>
<p>Rédigé par Hadrien<br />
Crédit photos :「MIBRAT」&amp;  <span>Elena Burgos</span></p>
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		<title>Edward &#8211; Hooked On Magic [Giegling]</title>
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		<pubDate>Thu, 05 Sep 2019 12:19:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Georges White]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Reviews]]></category>
		<category><![CDATA[Edward]]></category>
		<category><![CDATA[Giegling]]></category>

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		<description><![CDATA[Le fait que la dernière livraison en date d&#8217;Edward sur le toujours aussi confidentiel mais indispensable label de Weimar Giegling sorte dans la quasi indifférence générale n&#8217;a rien pour surprendre. L&#8217;allemand sait désormais autant que l&#8217;écurie qui l&#8217;héberge (après avoir été un temps sous le giron du label White d&#8217;Oskar Offermann) se faire d&#8217;une extrême discrétion, entourant chacune de ses sorties d&#8217;un parfum d&#8217;inédit qui n&#8217;a jamais aucun mal à affoler tout amateur de house qui se respecte. Notre homme est donc un habitué du fait, se moquant des tendances depuis plus d&#8217;une décennie en imperturbable dilettante. Edward possède en [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div style="margin: 5px 5% 10px 5%;"><img src="http://www.inputselector.fr/wp-content/uploads/2019/09/Edward-Hooked-On-Magic-Giegling.jpg" width="800" height="800" title="" alt="" /></div><div><p style="text-align: justify;">Le fait que la dernière livraison en date d&rsquo;Edward sur le toujours aussi confidentiel mais indispensable label de Weimar Giegling sorte dans la quasi indifférence générale n&rsquo;a rien pour surprendre. L&rsquo;allemand sait désormais autant que l&rsquo;écurie qui l&rsquo;héberge (après avoir été un temps sous le giron du label White d&rsquo;Oskar Offermann) se faire d&rsquo;une extrême discrétion, entourant chacune de ses sorties d&rsquo;un parfum d&rsquo;inédit qui n&rsquo;a jamais aucun mal à affoler tout amateur de house qui se respecte. Notre homme est donc un habitué du fait, se moquant des tendances depuis plus d&rsquo;une décennie en imperturbable dilettante. Edward possède en chacune de ses compositions ce don d&rsquo;équilibriste, que l&rsquo;on pourrait effectivement qualifier de magique tant il sait retomber à chaque fois remarquablement sur ses pieds quelque soit la situation ou la difficulté de l&rsquo;exercice. Le producteur a toujours montré un sens aiguisé du détail, de l&rsquo;angle d&rsquo;attaque qui fait mouche à tous les coups, et cette modernité de la production qu&rsquo;il marie à un groove imparable. On ne voit guère d&rsquo;autres compatriotes qu&rsquo;Isolée ou Roman Flügel pour allier avec autant d&rsquo;aisance rigueur et hédonisme. Après un troisième opus l&rsquo;année dernière (Fortune Teller toujours chez Giegling) beaucoup plus conceptuel dans son approche et donc moins housy que son brillant prédécesseur Into A Better Future en 2014, Edward lâche en 2019, année où le revival 90&rsquo;s et trance n&rsquo;avaient jamais à ce point infesté le genre, un nouvel e.p Hoocked On Magic, résolument plus techno.</p>
<p style="text-align: justify;">Ayant bien senti que le vent était en train de tourner (court) pour une scène techno en manque cruel de renouvellement, et que le retour aux sonorités des origines, principalement de Détroit, pouvait être un tramplin habile plus qu&rsquo;une mine sans fond de révérences, Edward ouvre donc ce nouveau maxi avec Jap collage, plongée sous LSD dans une jungle urbaine futuriste et abyssale, telle qu&rsquo;aurait pu la fomenter en son temps la motorcity, sauf qu&rsquo;ici c&rsquo;est Détroit qui fait office de collage. Le flux épileptique d&rsquo;images laisse émerger par instant les reliques d&rsquo;une motorcity que l&rsquo;on pensait à tout jamais disparue : ces nappes estampillées Transmat circa 1993, ces fantasmes de civilisations primitives aztèques ou d&rsquo;high-tech asiatique. C&rsquo;est un Détroit recomposé qui se présente dans ce morceau à la construction bigarrée où il est difficile de ne pas perdre pied et se laisser happer par son break.</p>
<p><iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/99IZ31QcbeU?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe></p>
<p style="text-align: justify;">Le dépaysement est donc total tant on ne s&rsquo;attendait pas à cette tournure techno de la part de l&rsquo;allemand, tant aussi sa pâte y est ici immédiatement reconnaissable. Comme sur la scénette Time Shift en forme d&rsquo;interlude hallucinée, qui à tout d&rsquo;une chute égarée de Fortune Teller, où Edward s&rsquo;amuse à se faire peur en superposant les pistes jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;apparaissent quelques fantômes. Car il s&rsquo;agit bien de cela à travers ce maxi à la mélancolie tenace, d&rsquo;un jeu de piste dont les tenants sont somme toute bien sérieux, d&rsquo;un constat simple mais sans appel qui devrait retentir au delà des seuls dancefloors, qui malheureusement n&rsquo;ont pas ou plus à s&rsquo;en soucier : faire revenir les esprits là où ils ont été totalement banis, errer à l&rsquo;intérieur d&rsquo;un genre obnubilé par l&rsquo;efficacité et qui s&rsquo;est vidé de son âme à force d&rsquo;autocaricature (Whistle mais surtout Hidden Mirror et son ambiance crépusculaire qui doit au meilleur d&rsquo;Isolée et de Swayzak). C&rsquo;est au milieu de ce champ de ruines d&rsquo;une culture qui s&rsquo;est trop éparpillée et oubliée qu&rsquo;Edward tisse avec une classe et une élégance inouïes, comme un caméléon sait se fondre dans son environnement tout en n&rsquo;en disparaissant jamais tout à fait, un ultime et délicat fil reliant la house, la techno et la minimale. Un geste esthétique et musical salutaire et assurément un maxi qui marquera, sans crier gare, une année 2019 bien maigre en musique excitante. Edward peut dormir tranquille et continuer de se promener à sa guise au gré des vents et des chemins, personne (encore) ne viendra le déranger à de telles altitudes.</p>
<p><iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/reTqo_pMXuk?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe></p>
</div>]]></content:encoded>
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		<title>Evitceles &#8211; Lioncage LP [Accent Records]</title>
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		<pubDate>Mon, 15 Apr 2019 14:01:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Georges White]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Reviews]]></category>
		<category><![CDATA[Evitceles]]></category>

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		<description><![CDATA[Au moment où le sérail techno cherche désespérément à se renouveler, acculé aux logiques abrasives et claustrophobes de plus en plus stériles de la techno industrielle comme à celles immersives parfois tout aussi vaines de la deep techno, n&#8217;ayant plus d&#8217;autre ressort que le sacro saint paradigme downtempo/breakbeat, peu peuvent prétendre, en ce début 2019 bien terne et décevant musicalement, proposer de véritables alternatives au postulat de plus en plus étriqué d&#8217;une musique qui se voulait il y a de cela trente ans porteuse d&#8217;émancipation et de futur ou en tout cas déployer un univers cohérent capable de marquer immédiatement [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div style="margin: 5px 5% 10px 5%;"><img src="http://www.inputselector.fr/wp-content/uploads/2019/04/Evitceles-Lioncage-LP-Accent-Records.jpg" width="2309" height="3109" title="" alt="" /></div><div><p>Au moment où le sérail techno cherche désespérément à se renouveler, acculé aux logiques abrasives et claustrophobes de plus en plus stériles de la techno industrielle comme à celles immersives parfois tout aussi vaines de la deep techno, n&rsquo;ayant plus d&rsquo;autre ressort que le sacro saint paradigme downtempo/breakbeat, peu peuvent prétendre, en ce début 2019 bien terne et décevant musicalement, proposer de véritables alternatives au postulat de plus en plus étriqué d&rsquo;une musique qui se voulait il y a de cela trente ans porteuse d&rsquo;émancipation et de futur ou en tout cas déployer un univers cohérent capable de marquer immédiatement et durablement l&rsquo;imaginaire.</p>
<p>C&rsquo;est en France, et plus exactement du côté de Clermont Ferrand, que le jeune label Accents records emprunte depuis maintenant quatre ans le chemin exigeant du défrichage et de l&rsquo;expérimentation. Avec une régularité et une charte graphique remarquables, qui doit beaucoup à l&rsquo;artisanat et au DIY, ainsi qu&rsquo;une préférence pour le format cassette et les territoires analogiques glissants du côté de l&rsquo;ambient ou l&rsquo;IDM de la grande période Rephlex ou Skam, Accents n&rsquo;en demeure pas moins tourné vers ses modèles techno contemporains et européens (en majorité nordiques), comme les norvégiens d&rsquo;Annuled Music ou les suédois Hypnus et Northern Electronics. Une équation qui n&rsquo;est pas toujours des plus simple à tenir sur la durée d&rsquo;une discographie et par les temps qui courent mais qui en l&rsquo;occurence prend de plus en plus son sens, tissant un réseau ténu et organique autant que géographique entre des artistes souvent obscurs issus de toute l&rsquo;Europe mais liés entre eux par la volonté de sortir des ornières trop normatives du genre comme de leur propre zone de confort et proposer cette musique sous différentes facettes, différents accents, chose qui commençait à lui manquer singulièrement.</p>
<p>Après s&rsquo;être attelé à dresser un large panorama de cette nébuleuse électronique émergente, paysagiste autant qu&rsquo;avide d&rsquo;introspection, via des splits et des various construits en gammes chromatiques sensibles et/ou en touches impressionnistes, l&rsquo;étape du second long format, après celui plutôt convaincant du maitre de maison Sub Accent (Postmodern Tales en 2015) et un dernier maxi signé Gëinst au titre annonciateur (Shape your accent en 2018), devenait réellement nécessaire afin de marquer une nouvelle étape pour la jeune structure qui avec les années tend à se tailler la part du lion au sein d&rsquo;une production française techno de plus en plus random et paresseuse. Repéré l&rsquo;année dernière au sein du troisième various du label, mais égrenant depuis déjà cinq ans des sorties au compte goutte pour des labels des plus recommandables (les allemands de Noorden ou la scène anglaise décadente de Seagrave ou Opal Tapes), le bulgare Evitceles avait tout d&rsquo;un sérieux prétendant à l&rsquo;exercice.</p>
<p>Malgré une discographie clairsemée, Etien Slavchev, de son vrai nom, s&rsquo;est en très peu de temps fait le nouveau chantre de la deepness lo-fi, qu&rsquo;elle soit techno, house, ambient ou bass music. Une profondeur qui tutoie de très près les abîmes (terrestres et subaquatiques), parcourues de stridences indus et de résonances cold, souvent à la limite du cryptique, rappelant clairement la witchhouse d&rsquo;Andy Stott et son label Modern Love, ou qui se pare au contraire de climats oniriques troubles, un rien shoegaze, afin de rappeler aussi que sous les champs de ruine et les torrents de fioul il y&rsquo;a un cœur qui bat (encore). Ne s&#8217;embarrassant d&rsquo;aucune catégorie, préférant laisser le drama transpirer des machines, la musique du bulgare est parcourue de mélancolie et de rites immémoriaux, dessinant la carte intime et accidentée d&rsquo;un pays hanté par son histoire.</p>
<p><iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/q5oZYWOTgVA?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe></p>
<p>Pour son troisième long format sorti en Février dernier sur Accents, intitulé Lioncage, Evitceles se devait donc d&rsquo;explorer de nouvelles dimensions dans un univers déjà relativement chargé. La noirceur crépusculaire et la mélancolie sont toujours au rendez vous comme l&rsquo;esthétique lo-fi/analogique ou les territoires witchhouse inhospitaliers, pour autant ce dernier opus se veut beaucoup plus homogène et, osons le dire, ouvert que ces précédents efforts. A travers cet album il ne s&rsquo;agit plus uniquement du passé de son pays, il s&rsquo;y reflète aussi les enjeux plus larges et contemporains de la survie des espèces sur Terre et par extension celle de l&rsquo;espèce humaine. Et qu&rsquo;on peut proprement parler ici d&rsquo;un album techno dans sa facture. Une techno qui se veut comme un long et dernier rituel sur les vestiges d&rsquo;une civilisation à l&rsquo;agonie, prise à son propre piège. Entre les différents effets de production (striage, saturation, étouffement des basses) se distingue au fil de l&rsquo;écoute ce paradoxe propre à notre culture technologique qui ne laisse de place à la nature que pour la dompter, l&rsquo;enclore ou la piller mais qui permet dans le même temps d&rsquo;y avoir recours au moment de l&rsquo;exprimer artistiquement ou humainement. Lioncage nous place face à cette contradiction, avec laquelle chacun doit individuellement composer en ce bas monde, malgré la dystopie qui rampe (I am all eyes) et les mirages déformés d&rsquo;un futur en guerre (Repressed conscious mind vents). Une vision qui n&rsquo;est pas loin d&rsquo;être désespérée malgré une rare éclaircie en forme d&rsquo;ultime prise de conscience (In my hands).</p>
<p>Sans doute n&rsquo;avait-on jamais, depuis ces cinq dernières années, poussé la deepness techno à un tel niveau d&rsquo;intensité et de noirceur et dressé une telle ode à la nuit et à la vie sauvage qui s&rsquo;y tapit. Sans doute cette musique n&rsquo;avait-elle jamais sondé de manière aussi vive les entrailles d&rsquo;un monde qui se dirige à une allure vertigineuse au bord du gouffre. Durant les 90&rsquo;s, dans un moment d&rsquo;insouciance collective, la techno se voulait sans autre message que la danse, l&rsquo;hédonisme et l&rsquo;oubli de soi. On sait désormais depuis Churches, Schools and Guns de Lucy en 2014 que la donne a changé. Et Lioncage ne fait que confirmer cette tendance d&rsquo;une techno plus consciente du monde qui l&rsquo;entoure qu&rsquo;elle ne l&rsquo;a été par le passé. Cette vision panthéiste, que l&rsquo;on ne connaissait qu&rsquo;à travers l&rsquo;ambient, est devenu depuis ces dix dernières années le nouvel imaginaire d&rsquo;une musique qui pourtant ne jurait à ses origines que par le progrès technologique et la robotique. Ce nouvel et fascinant album d&rsquo;Evitceles est certainement ce que le bulgare a produit de plus beau et de plus mature dans sa jeune discographie, une œuvre quasi picturale et monochrome pour laquelle l&rsquo;immersion, mot qui a servi de fond de commerce à nombre de productions dispensables, n&rsquo;est que la première étape d&rsquo;une longue descente au cœur même de notre présent et de notre avenir. Un diamant noir à ajouter au catalogue déjà très prometteur et salutaire d&rsquo;Accents records.</p>
<p><iframe width="560" height="400" scrolling="no" frameborder="no" src="https://w.soundcloud.com/player/?visual=true&#038;url=http%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Ftracks%2F570060093&#038;show_artwork=true&#038;maxwidth=560&#038;maxheight=840&#038;in=accentsrecords%2Fsets%2Fr-e-l-e-a-s-e-s"></iframe></p>
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		<title>IS 340 &#8211; Grimes Adhesif [Mind Your Head, Freerotation, Workshop]</title>
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		<pubDate>Wed, 13 Feb 2019 19:21:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Moussa]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[featured_app]]></category>
		<category><![CDATA[Features]]></category>
		<category><![CDATA[Podcasts]]></category>

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		<description><![CDATA[Grimes Adhesif joue et produit de la musique électronique depuis les années 90 et est un collectionneur de disques engagé depuis son adolescence. Pour lui, tout a commencé quand il s&#8217;est imprégné des nouvelles sonorités futuristes de BleepʼnʼBass, et de disques hip-hop sortant du Royaume-Uni à la fin des années 80 et au début des années 90. Il a ensuite joué pour une multitude de crews et de promoteurs du Royaume-Uni, d&#8217;Europe et d&#8217;Amérique du Nord au cours des années 90 et 2000. Ses racines profondes dans l&#8217;expérience rave éphémère du début des années 90 marquent encore son esprit farouchement [&#8230;]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div style="margin: 5px 5% 10px 5%;"><img src="http://www.inputselector.fr/wp-content/uploads/2019/02/Scubesif.jpg" width="1464" height="2043" title="" alt="" /></div><div><p>Grimes Adhesif joue et produit de la musique électronique depuis les années 90 et est un collectionneur de disques engagé depuis son adolescence.</p>
<p>Pour lui, tout a commencé quand il s&rsquo;est imprégné des nouvelles sonorités futuristes de BleepʼnʼBass, et de disques hip-hop sortant du Royaume-Uni à la fin des années 80 et au début des années 90. Il a ensuite joué pour une multitude de crews et de promoteurs du Royaume-Uni, d&rsquo;Europe et d&rsquo;Amérique du Nord au cours des années 90 et 2000.</p>
<p>Ses racines profondes dans l&rsquo;expérience rave éphémère du début des années 90 marquent encore son esprit farouchement underground, indépendant et bricoleur. Également résident de la légendaire institution Freerotation, Grimes fait partie de l’équipe du festival depuis sa création en 2007.</p>
<p>En 1994, Grimes a construit son studio et s&rsquo;est mis à expérimenter pour créer son propre son, mais ce n’est pas avant 2000 qu’il a lancé son label Mind Your Head afin de sortir ses productions et celles de ses amis. Après avoir travaillé avec d&rsquo;autres labels réputés, Greta Cottage Workshop, Naïf ou encore Serialism, Grimes sortira très prochainement de nouveaux morceaux et se concentre actuellement sur son travail en studio pour créer de la musique spécialement pour ses shows.</p>
<p><iframe width="560" height="420" src="https://www.youtube.com/embed/TUY7X77Kl0U?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen></iframe></p>
<p>Cet enregistrement provient du récent événement Machine organisé le 21 décembre aux Corsica Studios à Londres, où Jane Fitz et Jade Seatle, des reines de la house music, l&rsquo;ont invité à venir jouer.</p>
<p><iframe width="560" height="450" scrolling="no" frameborder="no" src="https://w.soundcloud.com/player/?visual=true&#038;url=http%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Fusers%2F23460&#038;show_artwork=true&#038;maxwidth=560&#038;maxheight=840"></iframe></p>
</div>]]></content:encoded>
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	<media:description type="html"><![CDATA[]]></media:description>
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