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		<title>L&#039;ODEUR DU SEXE TIÈDE APRÈS L&#039;AMOUR SUR LES SIÈGES DE MA VOITURE</title>
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		<description>UN ROMAN DE JEAN-LOUIS MILESI</description>
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		<copyright>© JEAN-LOUIS MILESI 2016</copyright>
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			<title>5 &#8211; LA BELLE-MÈRE</title>
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			<pubDate>Sat, 21 May 2016 06:17:51 +0000</pubDate>
			<dc:creator>Jean-Louis Milesi</dc:creator>
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			<description><![CDATA[Illustration du chapitre : Étienne Bonnet  http://etiennebonnet Ma belle-mère m’a demandé où j’étais quand c’est arrivé. Au travail, j’ai dit. C’est pas vraiment un mensonge, d’après la fourchette de la police, j’étais peut-être déjà revenue au travail quand il est mort. — Qu’est-ce qu’il faisait dans la baignoire de cette femme ? elle voulait savoir. Je la [&#8230;]]]></description>
			<itunes:subtitle><![CDATA[Illustration du chapitre : Étienne Bonnet  http://etiennebonnet Ma belle-mère m’a demandé où j’étais quand c’est arrivé. Au travail, j’ai dit. C’est pas vraiment un mensonge, d’après la fourchette de la police, j’étais peut-être déjà revenue au travail q]]></itunes:subtitle>
			<content:encoded><![CDATA[<ul>
<li><span style="color: #000000;">Illustration du chapitre : <strong>Étienne Bonnet </strong></span> <a href="http://etiennebonnet.canalblog.com/"><span style="color: #3366ff;"><span style="color: #3366ff;">http://etiennebonnet</span></span></a></li>
</ul>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Ma belle-mère m’a demandé où j’étais quand c’est arrivé. Au travail, j’ai dit. C’est pas vraiment un mensonge, d’après la fourchette de la police, j’étais peut-être déjà revenue au travail quand il est mort.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">— Qu’est-ce qu’il faisait dans la baignoire de cette femme ? elle voulait savoir.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Je la connais pas, celle chez qui il est mort. Ça fait bizarre de se dire que son mari est mort chez une inconnue.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">J’ai répondu qu’il prenait un bain.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">— Il ne pouvait pas prendre un bain chez lui ?</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Elle voulait dire chez nous.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">— Didi, elle m’a demandé droit dans les yeux, Didi, qu’est-ce qui n’allait pas ? On ne va pas prendre un bain ailleurs que chez soi. Quand on est marié, quand on a une maison&#8230;</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Et quand on a une baignoire, je me suis dit dans ma tête.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">— Pourquoi on irait prendre un bain ailleurs ?</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Oh, j’avais bien quelques bonnes raisons, j’avais qu’à me souvenir des fois où j’avais pris un bain ailleurs que dans ma baignoire. Presque j’en aurais rougi de ces pensées, mais j’allais pas lui dire. J’ai dit que j&rsquo;en savais rien, comment vous voulez que je sache !</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">— Une douche, à la limite, on est sale, on a fait un travail dégoûtant, il était chez elle pour du travail ?</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">— Je ne sais pas.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Mais quel travail ? Il fait des chaussures, il serait allé à Livermore pour livrer une paire de chaussures ? Il fait jamais ça. Et aussi loin en plus ! Et même si pour une fois il avait fait ça, livrer une paire de chaussures, il y a quoi de salissant dans la livraison d&rsquo;une paire de chaussures ? </span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">— Si c&rsquo;était pour un travail salissant, alors oui, on peut prendre une douche vite fait…</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Qu&rsquo;elle se taise, qu&rsquo;elle parte, qu&rsquo;elle meure elle aussi. Je lui rappelle que son fils fabrique des chaussures, elle hoche la tête comme si elle m&rsquo;avait entendue, elle ne dit rien pendant un moment.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">— Une douche, oui, à la rigueur, mais pas un bain, elle lâche.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Je me la ferme. Elle me regarde encore droit dans les yeux pour me demander :</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">— Il y avait quelque chose entre eux ? Lui aussi il avait des&#8230;</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">J’ai continué à me la fermer. Elle a fait pareil.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Je me suis demandé ce que son fils lui avait dit sur moi. De mes amants. De ce qu&rsquo;il connaissait de mes amants. Je lui en avais avoué un. Un ou deux. J&rsquo;étais restée vague. Pas plus de cinq, c&rsquo;est sûr. Ou alors… C&rsquo;est lui qui m&rsquo;avait dit qu&rsquo;il ne voulait pas savoir. Tu me diras simplement le jour où ce sera sérieux. Alors je lui avais répondu que les vitres teintées de ma voiture c&rsquo;était à cause du soleil. Il m&rsquo;avait crue. Enfin. Je crois qu&rsquo;il m&rsquo;a crue. C’est étrange comme sa mort d’un coup fait vaciller un tas de certitudes. </span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">On ne parlait jamais de ça. Je veux dire, des mecs.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Elle m’a serrée dans ses bras, oh Didi, Didi, et elle a pleuré.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Je suis verte. </span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Pendant qu’elle pleurait sur mon épaule, je pensais que moi, au même moment, je faisais ça vite fait dans le parking de l’immeuble de mon boulot. Et j’aurais bien aimé avoir le temps de prendre un bain. Parce que forcément, s’il prenait un bain, c’est pas parce qu’il avait récuré la fosse septique de la dame et qu’il puait la merde. C’est parce qu’il avait fait exactement ce à quoi ma belle-mère pensait. </span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Je suis verte. </span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Moi, j’ai une boîte de lingettes à bébé, c’est avec ça que je m’essuie. J’ai changé plusieurs fois de marque, les premières me donnaient des boutons à la racine des poils de la foufoune. Encore pire avec les trucs bio. Ça démangeait tout l’après-midi au point que j&rsquo;en arrivais à me dire que j’allais pas remettre ça de si tôt. Ça, je veux dire, un mec. Pour que je me dise ça, fallait que ça gratte ! Mais bon, le soir, les boutons il n’y en avait plus alors je remettais ça assez rapidement, en fait. </span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">C’est tout un art de se gratter entre les cuisses, sous le bureau et sous la culotte, sans remuer ni le bras ni l’épaule. Juste le bout des doigts. Il faut une certaine concentration pour parvenir à faire ça tout en souriant à un ou plusieurs chercheurs d&rsquo;or. Sans cesser de taper de l&rsquo;autre main sur le clavier. Demander le formulaire SS tiret 5, oui celui-là&#8230; </span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Oui, vous pouvez cocher la case, si vous êtes hispanique vous pouvez cocher cette case, origine ethnique vous cochez hispanique, non vous n&rsquo;êtes pas obligé, non ça ne changera rien, même si vous ne le faites pas on prendra tout de même en compte votre dossier, c&rsquo;est comme ça. Vous voyez, il y a écrit que la réponse est volontaire, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;obligation. </span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Sourire au vigile assis derrière son bureau, près de l’entrée, hispanique lui aussi. Il me sourit en retour, combien de sourires nous avons échangés ainsi. Bien plus de sourires que de paroles. </span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Sourire codé. Tout va bien. </span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Lui, je l’ai jamais invité dans ma voiture ou ailleurs, le boulot c’est le boulot, rien à voir avec le fait qu’il est hispanique. Lui aussi ignore à quel point ça me démange parfois. À quel point je dois me gratter tout en lui souriant sans bouger ni épaule ni bras.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Oui, pour la race c&rsquo;est pareil, vous n&rsquo;êtes pas obligé de répondre, c&rsquo;est une réponse volontaire. C’est vous qui décidez de répondre ou non, voilà. Vous êtes Mexicain ?… Péruvien, pardon, oui vous pouvez cocher Indien d&rsquo;Amérique&#8230;</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Et pourquoi il serait allé récurer la fosse septique de cette femme ? Il était pas capable de faire ça, mon mari. Il récurait pas les fosses septiques des femmes. Il faisait des chaussures. </span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Je savais pas quoi écrire sur Facebook, c&rsquo;est pas un endroit pour dire que son mari est mort dans la baignoire d&rsquo;une femme qu&rsquo;on connaît pas. Je me suis contentée de changer mon statut, j&rsquo;ai mis que j&rsquo;étais de nouveau célibataire. Les copines ont répondu qu&rsquo;elles aimaient ça en cliquant sur la main avec le pouce dressé vers le haut, comme s’il attendait qu’une chatte volante vienne se poser sur lui.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: center;">***</p>
<p style='text-align:left'>&copy; 2016, <a href='http://lodeurdusexetiede.com'>Jean-Louis Milesi</a>. tous droit réservés  dépôt légal SACD &#8211; ISBN 978-2-9539370-7-7</p>
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			<itunes:summary><![CDATA[<ul>
<li><span style="color: #000000;">Illustration du chapitre : <strong>Étienne Bonnet </strong></span> <a href="http://etiennebonnet.canalblog.com/"><span style="color: #3366ff;"><span style="color: #3366ff;">http://etiennebonnet</span></span></a></li>
</ul>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Ma belle-mère m’a demandé où j’étais quand c’est arrivé. Au travail, j’ai dit. C’est pas vraiment un mensonge, d’après la fourchette de la police, j’étais peut-être déjà revenue au travail quand il est mort.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">— Qu’est-ce qu’il faisait dans la baignoire de cette femme ? elle voulait savoir.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Je la connais pas, celle chez qui il est mort. Ça fait bizarre de se dire que son mari est mort chez une inconnue.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">J’ai répondu qu’il prenait un bain.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">— Il ne pouvait pas prendre un bain chez lui ?</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Elle voulait dire chez nous.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">— Didi, elle m’a demandé droit dans les yeux, Didi, qu’est-ce qui n’allait pas ? On ne va pas prendre un bain ailleurs que chez soi. Quand on est marié, quand on a une maison&#8230;</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Et quand on a une baignoire, je me suis dit dans ma tête.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">— Pourquoi on irait prendre un bain ailleurs ?</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Oh, j’avais bien quelques bonnes raisons, j’avais qu’à me souvenir des fois où j’avais pris un bain ailleurs que dans ma baignoire. Presque j’en aurais rougi de ces pensées, mais j’allais pas lui dire. J’ai dit que j&rsquo;en savais rien, comment vous voulez que je sache !</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">— Une douche, à la limite, on est sale, on a fait un travail dégoûtant, il était chez elle pour du travail ?</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">— Je ne sais pas.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Mais quel travail ? Il fait des chaussures, il serait allé à Livermore pour livrer une paire de chaussures ? Il fait jamais ça. Et aussi loin en plus ! Et même si pour une fois il avait fait ça, livrer une paire de chaussures, il y a quoi de salissant dans la livraison d&rsquo;une paire de chaussures ? </span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">— Si c&rsquo;était pour un travail salissant, alors oui, on peut prendre une douche vite fait…</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Qu&rsquo;elle se taise, qu&rsquo;elle parte, qu&rsquo;elle meure elle aussi. Je lui rappelle que son fils fabrique des chaussures, elle hoche la tête comme si elle m&rsquo;avait entendue, elle ne dit rien pendant un moment.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">— Une douche, oui, à la rigueur, mais pas un bain, elle lâche.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Je me la ferme. Elle me regarde encore droit dans les yeux pour me demander :</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">— Il y avait quelque chose entre eux ? Lui aussi il avait des&#8230;</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">J’ai continué à me la fermer. Elle a fait pareil.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Je me suis demandé ce que son fils lui avait dit sur moi. De mes amants. De ce qu&rsquo;il connaissait de mes amants. Je lui en avais avoué un. Un ou deux. J&rsquo;étais restée vague. Pas plus de cinq, c&rsquo;est sûr. Ou alors… C&rsquo;es]]></itunes:summary>
			<googleplay:description><![CDATA[<ul>
<li><span style="color: #000000;">Illustration du chapitre : <strong>Étienne Bonnet </strong></span> <a href="http://etiennebonnet.canalblog.com/"><span style="color: #3366ff;"><span style="color: #3366ff;">http://etiennebonnet</span></span></a></li>
</ul>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Ma belle-mère m’a demandé où j’étais quand c’est arrivé. Au travail, j’ai dit. C’est pas vraiment un mensonge, d’après la fourchette de la police, j’étais peut-être déjà revenue au travail quand il est mort.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">— Qu’est-ce qu’il faisait dans la baignoire de cette femme ? elle voulait savoir.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Je la connais pas, celle chez qui il est mort. Ça fait bizarre de se dire que son mari est mort chez une inconnue.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">J’ai répondu qu’il prenait un bain.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">— Il ne pouvait pas prendre un bain chez lui ?</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Elle voulait dire chez nous.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">— Didi, elle m’a demandé droit dans les yeux, Didi, qu’est-ce qui n’allait pas ? On ne va pas prendre un bain ailleurs que chez soi. Quand on est marié, quand on a une maison&#8230;</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Et quand on a une baignoire, je me suis dit dans ma tête.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">— Pourquoi on irait prendre un bain ailleurs ?</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Oh, j’avais bien quelques bonnes raisons, j’avais qu’à me souvenir des fois où j’avais pris un bain ailleurs que dans ma baignoire. Presque j’en aurais rougi de ces pensées, mais j’allais pas lui dire. J’ai dit que j&rsquo;en savais rien, comment vous voulez que je sache !</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">— Une douche, à la limite, on est sale, on a fait un travail dégoûtant, il était chez elle pour du travail ?</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">— Je ne sais pas.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Mais quel travail ? Il fait des chaussures, il serait allé à Livermore pour livrer une paire de chaussures ? Il fait jamais ça. Et aussi loin en plus ! Et même si pour une fois il avait fait ça, livrer une paire de chaussures, il y a quoi de salissant dans la livraison d&rsquo;une paire de chaussures ? </span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">— Si c&rsquo;était pour un travail salissant, alors oui, on peut prendre une douche vite fait…</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Qu&rsquo;elle se taise, qu&rsquo;elle parte, qu&rsquo;elle meure elle aussi. Je lui rappelle que son fils fabrique des chaussures, elle hoche la tête comme si elle m&rsquo;avait entendue, elle ne dit rien pendant un moment.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">— Une douche, oui, à la rigueur, mais pas un bain, elle lâche.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Je me la ferme. Elle me regarde encore droit dans les yeux pour me demander :</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">— Il y avait quelque chose entre eux ? Lui aussi il avait des&#8230;</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">J’ai continué à me la fermer. Elle a fait pareil.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Je me suis demandé ce que son fils lui avait dit sur moi. De mes amants. De ce qu&rsquo;il connaissait de mes amants. Je lui en avais avoué un. Un ou deux. J&rsquo;étais restée vague. Pas plus de cinq, c&rsquo;est sûr. Ou alors… C&rsquo;es]]></googleplay:description>
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			<title>4 &#8211; LA FOURCHETTE</title>
			<link>http://lodeurdusexetiede.com/podcast/4-la-fourchette/</link>
			<pubDate>Sat, 14 May 2016 21:47:13 +0000</pubDate>
			<dc:creator>Jean-Louis Milesi</dc:creator>
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			<description><![CDATA[dessin du chapitre : Aurel  http://www.lesitedaurel.com/ Quand mon mari est mort, j&#8217;étais au parking. Le mec travaille dans la même rue, de temps en temps on s&#8217;appelle. Il y a des mecs, c’est comme le café, on en boit plus par habitude que par goût. Mais c’est jamais vraiment ça. Ils sont de moins en moins [&#8230;]]]></description>
			<itunes:subtitle><![CDATA[dessin du chapitre : Aurel  http://www.lesitedaurel.com/ Quand mon mari est mort, j&#8217;étais au parking. Le mec travaille dans la même rue, de temps en temps on s&#8217;appelle. Il y a des mecs, c’est comme le café, on en boit plus par habitude que pa]]></itunes:subtitle>
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<ul>
<li><span style="color: #000000;">dessin du chapitre : <strong>Aurel</strong>  <span style="color: #0000ff;"><a style="color: #0000ff;" href="http://www.lesitedaurel.com/" target="_blank">http://www.lesitedaurel.com/</a></span></span></li>
</ul>
<hr />
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Quand mon mari est mort, j&rsquo;étais au parking. </span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Le mec travaille dans la même rue, de temps en temps on s&rsquo;appelle. Il y a des mecs, c’est comme le café, on en boit plus par habitude que par goût. Mais c’est jamais vraiment ça. Ils sont de moins en moins bons, les cafés. Mais c’est plutôt l’idée d’en boire un, le geste, l’habitude, le moment dans sa tête où on se dit : je me boirais bien un petit café. Je suis plutôt expresso. On en salive d’avance. Pareil avec les mecs. C’est plus souvent l’idée qu’on s’en fait qui est agréable, que le résultat. Le résultat, c’est un peu toujours le même, pas souvent de surprise. Et comme un café, ça laisse un goût amer dans la bouche, dans la bouche et ailleurs.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Ce jour-là, honnêtement, je me souviens plus trop comment ça s&rsquo;est passé avec ce mec qui travaille dans la même rue. Comme d&rsquo;habitude, j&rsquo;imagine. Si on devait se souvenir de tous les cafés qu&rsquo;on s&rsquo;est bus ! Mais là, j&rsquo;ai une excuse : la mort de mon mari. Sa mort au moment exact où je jouissais. Je dis au moment exact mais c&rsquo;est pas tout à fait vrai. La mort de mon mari, c’est pas aussi précis que ça, il y a une fourchette. </span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">C&rsquo;est drôle de se dire que son mari est mort noyé dans une fourchette. </span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">À force, je suis pas devenue mauvaise dans l’art de trouver mon plaisir. Et lui, mon amant de la rue, je le pratiquais depuis suffisamment longtemps pour savoir m’en servir. Je l’avais trouvé à peine cinq minutes avant la reprise de mon boulot. Mon plaisir. C’est assez précis. Mais de là à certifier que c’était au moment exact où mon mari mourrait, ce serait mentir. Parce que lui, on sait pas exactement quand il est mort, à cause de la fourchette. Et puis j’étais pas là, j’étais dans ma voiture, dans le parking, et lui à des dizaines de kilomètres, dans une baignoire.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">La fourchette de mon mari, on m&rsquo;a dit qu&rsquo;elle faisait dix-minutes-un-quart-d’heure. C&rsquo;est la police qui dit ça. Dix-minutes-un-quart-d’heure, pour un orgasme, c’est long. </span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Peut-être effectivement qu’il est mort au moment précis où je trouvais mon plaisir. Mais peut-être aussi au moment où le type me quittait. Oh oh je lui dis, oublie pas ton truc là ! Y’en a toujours qu’ont tendance à oublier leur sachet de latex là où il faut pas. En l&rsquo;occurrence entre mes cuisses. Le premier qui l’a oublié je lui ai demandé : t’attends que ça infuse ? Il comprenait pas.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Oui, peut-être qu’il est mort à cet instant, quand l’autre est sorti de ma voiture. </span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">J’ai repéré une place super pratique, dans le parking de l’immeuble où je travaille, à l’écart, un recoin que même la lumière électrique boude. J’y ai collé un panneau emplacement réservé. C’est pas faux, je me le réserve exprès pour ça. Mon mari m’avait demandé pourquoi je voulais à tout prix des vitres teintées, j’allais pas lui dire.</span></p>
<p class="p1">***</p>
</div>
<p style='text-align:left'>&copy; 2016, <a href='http://lodeurdusexetiede.com'>Jean-Louis Milesi</a>. tous droit réservés  dépôt légal SACD &#8211; ISBN 978-2-9539370-7-7</p>
]]></content:encoded>
			<itunes:summary><![CDATA[<div id="attachment_280" class="wp-caption aligncenter">
<ul>
<li><span style="color: #000000;">dessin du chapitre : <strong>Aurel</strong>  <span style="color: #0000ff;"><a style="color: #0000ff;" href="http://www.lesitedaurel.com/" target="_blank">http://www.lesitedaurel.com/</a></span></span></li>
</ul>
<hr />
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Quand mon mari est mort, j&rsquo;étais au parking. </span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Le mec travaille dans la même rue, de temps en temps on s&rsquo;appelle. Il y a des mecs, c’est comme le café, on en boit plus par habitude que par goût. Mais c’est jamais vraiment ça. Ils sont de moins en moins bons, les cafés. Mais c’est plutôt l’idée d’en boire un, le geste, l’habitude, le moment dans sa tête où on se dit : je me boirais bien un petit café. Je suis plutôt expresso. On en salive d’avance. Pareil avec les mecs. C’est plus souvent l’idée qu’on s’en fait qui est agréable, que le résultat. Le résultat, c’est un peu toujours le même, pas souvent de surprise. Et comme un café, ça laisse un goût amer dans la bouche, dans la bouche et ailleurs.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Ce jour-là, honnêtement, je me souviens plus trop comment ça s&rsquo;est passé avec ce mec qui travaille dans la même rue. Comme d&rsquo;habitude, j&rsquo;imagine. Si on devait se souvenir de tous les cafés qu&rsquo;on s&rsquo;est bus ! Mais là, j&rsquo;ai une excuse : la mort de mon mari. Sa mort au moment exact où je jouissais. Je dis au moment exact mais c&rsquo;est pas tout à fait vrai. La mort de mon mari, c’est pas aussi précis que ça, il y a une fourchette. </span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">C&rsquo;est drôle de se dire que son mari est mort noyé dans une fourchette. </span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">À force, je suis pas devenue mauvaise dans l’art de trouver mon plaisir. Et lui, mon amant de la rue, je le pratiquais depuis suffisamment longtemps pour savoir m’en servir. Je l’avais trouvé à peine cinq minutes avant la reprise de mon boulot. Mon plaisir. C’est assez précis. Mais de là à certifier que c’était au moment exact où mon mari mourrait, ce serait mentir. Parce que lui, on sait pas exactement quand il est mort, à cause de la fourchette. Et puis j’étais pas là, j’étais dans ma voiture, dans le parking, et lui à des dizaines de kilomètres, dans une baignoire.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">La fourchette de mon mari, on m&rsquo;a dit qu&rsquo;elle faisait dix-minutes-un-quart-d’heure. C&rsquo;est la police qui dit ça. Dix-minutes-un-quart-d’heure, pour un orgasme, c’est long. </span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Peut-être effectivement qu’il est mort au moment précis où je trouvais mon plaisir. Mais peut-être aussi au moment où le type me quittait. Oh oh je lui dis, oublie pas ton truc là ! Y’en a toujours qu’ont tendance à oublier leur sachet de latex là où il faut pas. En l&rsquo;occurrence entre mes cuisses. Le premier qui l’a oublié je lui ai demandé : t’attends que ça infuse ? Il comprenait pas.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Oui, peut-être qu’il est mort à cet instant, quand l’autre est sorti de ma voiture. </span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">J’ai repéré une place super pratique, dans le parking de l’immeuble où je travaille, à l’écart, un recoin que même la lumière électrique boude. J’y ai collé un panneau emplacement réservé. C’est pas faux, je me le réserve exprès pour ça. Mon mari m’avait demandé pourquoi je voulais à tout prix des vitres teintées, j’allais pas lui dire.</span></p>
<p class="p1">***</p>
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<p style='text-align:left'>&copy; 2016, <a href='http://lodeurdusexetiede.com'>Jean-Louis Milesi</a>. tous droit réservés  dépôt légal SACD &#8211; ISBN 978-2-9539370-]]></itunes:summary>
			<googleplay:description><![CDATA[<div id="attachment_280" class="wp-caption aligncenter">
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<li><span style="color: #000000;">dessin du chapitre : <strong>Aurel</strong>  <span style="color: #0000ff;"><a style="color: #0000ff;" href="http://www.lesitedaurel.com/" target="_blank">http://www.lesitedaurel.com/</a></span></span></li>
</ul>
<hr />
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Quand mon mari est mort, j&rsquo;étais au parking. </span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Le mec travaille dans la même rue, de temps en temps on s&rsquo;appelle. Il y a des mecs, c’est comme le café, on en boit plus par habitude que par goût. Mais c’est jamais vraiment ça. Ils sont de moins en moins bons, les cafés. Mais c’est plutôt l’idée d’en boire un, le geste, l’habitude, le moment dans sa tête où on se dit : je me boirais bien un petit café. Je suis plutôt expresso. On en salive d’avance. Pareil avec les mecs. C’est plus souvent l’idée qu’on s’en fait qui est agréable, que le résultat. Le résultat, c’est un peu toujours le même, pas souvent de surprise. Et comme un café, ça laisse un goût amer dans la bouche, dans la bouche et ailleurs.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Ce jour-là, honnêtement, je me souviens plus trop comment ça s&rsquo;est passé avec ce mec qui travaille dans la même rue. Comme d&rsquo;habitude, j&rsquo;imagine. Si on devait se souvenir de tous les cafés qu&rsquo;on s&rsquo;est bus ! Mais là, j&rsquo;ai une excuse : la mort de mon mari. Sa mort au moment exact où je jouissais. Je dis au moment exact mais c&rsquo;est pas tout à fait vrai. La mort de mon mari, c’est pas aussi précis que ça, il y a une fourchette. </span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">C&rsquo;est drôle de se dire que son mari est mort noyé dans une fourchette. </span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">À force, je suis pas devenue mauvaise dans l’art de trouver mon plaisir. Et lui, mon amant de la rue, je le pratiquais depuis suffisamment longtemps pour savoir m’en servir. Je l’avais trouvé à peine cinq minutes avant la reprise de mon boulot. Mon plaisir. C’est assez précis. Mais de là à certifier que c’était au moment exact où mon mari mourrait, ce serait mentir. Parce que lui, on sait pas exactement quand il est mort, à cause de la fourchette. Et puis j’étais pas là, j’étais dans ma voiture, dans le parking, et lui à des dizaines de kilomètres, dans une baignoire.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">La fourchette de mon mari, on m&rsquo;a dit qu&rsquo;elle faisait dix-minutes-un-quart-d’heure. C&rsquo;est la police qui dit ça. Dix-minutes-un-quart-d’heure, pour un orgasme, c’est long. </span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Peut-être effectivement qu’il est mort au moment précis où je trouvais mon plaisir. Mais peut-être aussi au moment où le type me quittait. Oh oh je lui dis, oublie pas ton truc là ! Y’en a toujours qu’ont tendance à oublier leur sachet de latex là où il faut pas. En l&rsquo;occurrence entre mes cuisses. Le premier qui l’a oublié je lui ai demandé : t’attends que ça infuse ? Il comprenait pas.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Oui, peut-être qu’il est mort à cet instant, quand l’autre est sorti de ma voiture. </span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">J’ai repéré une place super pratique, dans le parking de l’immeuble où je travaille, à l’écart, un recoin que même la lumière électrique boude. J’y ai collé un panneau emplacement réservé. C’est pas faux, je me le réserve exprès pour ça. Mon mari m’avait demandé pourquoi je voulais à tout prix des vitres teintées, j’allais pas lui dire.</span></p>
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<p style='text-align:left'>&copy; 2016, <a href='http://lodeurdusexetiede.com'>Jean-Louis Milesi</a>. tous droit réservés  dépôt légal SACD &#8211; ISBN 978-2-9539370-]]></googleplay:description>
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			<title>3 &#8211; LA CULOTTE</title>
			<link>http://lodeurdusexetiede.com/podcast/3-la-culotte/</link>
			<pubDate>Sat, 14 May 2016 05:25:37 +0000</pubDate>
			<dc:creator>Jean-Louis Milesi</dc:creator>
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			<description><![CDATA[Illustration du chapitre : Marie Halleux http://mariehalleux Il est mort dans l’eau. Est-ce qu’on devient raide, dans l’eau ? Quand on meurt dedans. Ou est-ce qu’on reste toujours tout mou ? J’ai fait ça à la mer, à la piscine, dans un lac, la rivière, la baignoire, un peu tout ce qui est mouillé, la douche, [&#8230;]]]></description>
			<itunes:subtitle><![CDATA[Illustration du chapitre : Marie Halleux http://mariehalleux Il est mort dans l’eau. Est-ce qu’on devient raide, dans l’eau ? Quand on meurt dedans. Ou est-ce qu’on reste toujours tout mou ? J’ai fait ça à la mer, à la piscine, dans un lac, la rivière, l]]></itunes:subtitle>
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<li><span style="color: #000000;">Illustration du chapitre : <strong>Marie Halleux</strong></span> <span style="color: #0000ff;"><a style="color: #0000ff;" href="http://lodeurdusexetiede.com/podcast/1-le-mari/" target="_blank">http://mariehalleux</a></span></li>
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<hr />
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Il est mort dans l’eau. Est-ce qu’on devient raide, dans l’eau ? Quand on meurt dedans. Ou est-ce qu’on reste toujours tout mou ?</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">J’ai fait ça à la mer, à la piscine, dans un lac, la rivière, la baignoire, un peu tout ce qui est mouillé, la douche, la pluie, j’ai fait les cascades, j’ai même fait la neige mais je sais pas si ça peut rentrer dans la même catégorie. Et les embruns à l’avant d’un bateau. C’est pas ce que je préfère. Trop froid. Dans la neige, j’avais la combinaison et nous n’avions ouvert que le strict nécessaire. Là, à l’avant du bateau, j’avais rien sur moi. Et le froid, ça aide pas à trouver ce qu’on cherche. Bien sûr j’ai fait les classiques, hammam, jacuzzi. Toujours il devient raide, même dans l’eau bien chaude d&rsquo;un hot tub. On pourrait croire que l’eau chaude ça ramollit, non, ça ramollit pas. Alors, peut-être que le corps tout entier, il peut devenir raide aussi. Dans l&rsquo;eau.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">C&rsquo;est arrivé dans ma voiture. La noyade de mon mari. Dans ma voiture. Je conduisais pas.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">J&rsquo;ai déjà fait ça en conduisant. Un jeune ramassé en stop. J&rsquo;allais pas bien loin, mais j’étais en retard, j’avais pas de temps à perdre, j&rsquo;allais pas m&rsquo;arrêter sur le bord de l&rsquo;autoroute. Mais c&rsquo;est là qu&rsquo;on s&rsquo;aperçoit que tout ce qu&rsquo;on fait machinalement, les limitations de vitesse, les poids lourds, eh bien ça demande en fait une sacrée concentration dès qu’un jeune mec te fous la main entre les cuisses. Et chercher son plaisir en plus de ça. Je l&rsquo;ai largué sur une bretelle. Sans avoir pris le temps de lui rendre la monnaie de sa pièce. Il m’a traitée de je sais pas quoi mais j’ai une idée assez précise tout de même. Désolée, je suis attendue à un mariage. </span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">C’est en arrivant en vue de l&rsquo;église, en vue sur le GPS, mais c’était pas mon mariage, que je me suis souvenue de ma culotte. </span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Je savais plus comment elle s’était éclipsée de mes pieds. En écartant les genoux, je pouvais l’apercevoir qui dépassait de sous le siège J’avais toujours pas le temps de m&rsquo;arrêter, j&rsquo;ai fait ça d&rsquo;une main. Je me voyais pas entrer dans l’église sans culotte. Le plus difficile, c&rsquo;est au moment d&rsquo;enfiler la jambe droite. La gauche ça pose aucun problème, avec une boîte à vitesse automatique, elle n’a que ça à faire. Mais la droite, elle doit s’occuper de deux pédales… Et quand tu veux pas arriver trop en retard à un mariage, tu peux pas freiner. Alors tu te vrilles sur ton siège pour que ton pied gauche se glisse sur la pédale d’accélération, qui évidemment se trouve à l’opposé, tout à droite. Au même moment, tu soulèves le pied droit et tu te penches vers lui, et tu tires de ta main droite sur la culotte qui est déjà accrochée à l’autre jambe et tu pestes parce que tu n’aurais pas dû procéder dans cet ordre, mais c’est trop tard. Il va sans dire que tu rates la sortie 112 et que le mec dans le GPS te signale que ce n’est pas possible, qu’il te faut faire demi-tour. Et ça, bien sûr, ça, remettre ta culotte tout en conduisant, ça personne ne te l’apprend au moment de passer ton permis.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: center;">***</p>
<p style='text-align:left'>&copy; 2016, <a href='http://lodeurdusexetiede.com'>Jean-Louis Milesi</a>. tous droit réservés  dépôt légal SACD &#8211; ISBN 978-2-9539370-7-7</p>
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<ul>
<li><span style="color: #000000;">Illustration du chapitre : <strong>Marie Halleux</strong></span> <span style="color: #0000ff;"><a style="color: #0000ff;" href="http://lodeurdusexetiede.com/podcast/1-le-mari/" target="_blank">http://mariehalleux</a></span></li>
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<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Il est mort dans l’eau. Est-ce qu’on devient raide, dans l’eau ? Quand on meurt dedans. Ou est-ce qu’on reste toujours tout mou ?</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">J’ai fait ça à la mer, à la piscine, dans un lac, la rivière, la baignoire, un peu tout ce qui est mouillé, la douche, la pluie, j’ai fait les cascades, j’ai même fait la neige mais je sais pas si ça peut rentrer dans la même catégorie. Et les embruns à l’avant d’un bateau. C’est pas ce que je préfère. Trop froid. Dans la neige, j’avais la combinaison et nous n’avions ouvert que le strict nécessaire. Là, à l’avant du bateau, j’avais rien sur moi. Et le froid, ça aide pas à trouver ce qu’on cherche. Bien sûr j’ai fait les classiques, hammam, jacuzzi. Toujours il devient raide, même dans l’eau bien chaude d&rsquo;un hot tub. On pourrait croire que l’eau chaude ça ramollit, non, ça ramollit pas. Alors, peut-être que le corps tout entier, il peut devenir raide aussi. Dans l&rsquo;eau.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">C&rsquo;est arrivé dans ma voiture. La noyade de mon mari. Dans ma voiture. Je conduisais pas.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">J&rsquo;ai déjà fait ça en conduisant. Un jeune ramassé en stop. J&rsquo;allais pas bien loin, mais j’étais en retard, j’avais pas de temps à perdre, j&rsquo;allais pas m&rsquo;arrêter sur le bord de l&rsquo;autoroute. Mais c&rsquo;est là qu&rsquo;on s&rsquo;aperçoit que tout ce qu&rsquo;on fait machinalement, les limitations de vitesse, les poids lourds, eh bien ça demande en fait une sacrée concentration dès qu’un jeune mec te fous la main entre les cuisses. Et chercher son plaisir en plus de ça. Je l&rsquo;ai largué sur une bretelle. Sans avoir pris le temps de lui rendre la monnaie de sa pièce. Il m’a traitée de je sais pas quoi mais j’ai une idée assez précise tout de même. Désolée, je suis attendue à un mariage. </span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">C’est en arrivant en vue de l&rsquo;église, en vue sur le GPS, mais c’était pas mon mariage, que je me suis souvenue de ma culotte. </span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Je savais plus comment elle s’était éclipsée de mes pieds. En écartant les genoux, je pouvais l’apercevoir qui dépassait de sous le siège J’avais toujours pas le temps de m&rsquo;arrêter, j&rsquo;ai fait ça d&rsquo;une main. Je me voyais pas entrer dans l’église sans culotte. Le plus difficile, c&rsquo;est au moment d&rsquo;enfiler la jambe droite. La gauche ça pose aucun problème, avec une boîte à vitesse automatique, elle n’a que ça à faire. Mais la droite, elle doit s’occuper de deux pédales… Et quand tu veux pas arriver trop en retard à un mariage, tu peux pas freiner. Alors tu te vrilles sur ton siège pour que ton pied gauche se glisse sur la pédale d’accélération, qui évidemment se trouve à l’opposé, tout à droite. Au même moment, tu soulèves le pied droit et tu te penches vers lui, et tu tires de ta main droite sur la culotte qui est déjà accrochée à l’autre jambe et tu pestes parce que tu n’aurais pas dû procéder dans cet ordre, mais c’est trop tard. Il va sans dire que tu rates la sortie 112 et que le mec dans le GPS te signale que ce n’est pas possible, qu’il te faut faire demi-tour. Et ça, bien sûr, ça, remettre ta culotte tout en conduisant, ça personne ne te l’apprend au moment de passer ton permis.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: center;">***</p>
<p style='text-align:left'>&copy; 2016, <a href='http://lodeurdusexetiede.com'>Jean-Louis Milesi</a>. ]]></itunes:summary>
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<li><span style="color: #000000;">Illustration du chapitre : <strong>Marie Halleux</strong></span> <span style="color: #0000ff;"><a style="color: #0000ff;" href="http://lodeurdusexetiede.com/podcast/1-le-mari/" target="_blank">http://mariehalleux</a></span></li>
</ul>
</div>
<hr />
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Il est mort dans l’eau. Est-ce qu’on devient raide, dans l’eau ? Quand on meurt dedans. Ou est-ce qu’on reste toujours tout mou ?</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">J’ai fait ça à la mer, à la piscine, dans un lac, la rivière, la baignoire, un peu tout ce qui est mouillé, la douche, la pluie, j’ai fait les cascades, j’ai même fait la neige mais je sais pas si ça peut rentrer dans la même catégorie. Et les embruns à l’avant d’un bateau. C’est pas ce que je préfère. Trop froid. Dans la neige, j’avais la combinaison et nous n’avions ouvert que le strict nécessaire. Là, à l’avant du bateau, j’avais rien sur moi. Et le froid, ça aide pas à trouver ce qu’on cherche. Bien sûr j’ai fait les classiques, hammam, jacuzzi. Toujours il devient raide, même dans l’eau bien chaude d&rsquo;un hot tub. On pourrait croire que l’eau chaude ça ramollit, non, ça ramollit pas. Alors, peut-être que le corps tout entier, il peut devenir raide aussi. Dans l&rsquo;eau.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">C&rsquo;est arrivé dans ma voiture. La noyade de mon mari. Dans ma voiture. Je conduisais pas.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">J&rsquo;ai déjà fait ça en conduisant. Un jeune ramassé en stop. J&rsquo;allais pas bien loin, mais j’étais en retard, j’avais pas de temps à perdre, j&rsquo;allais pas m&rsquo;arrêter sur le bord de l&rsquo;autoroute. Mais c&rsquo;est là qu&rsquo;on s&rsquo;aperçoit que tout ce qu&rsquo;on fait machinalement, les limitations de vitesse, les poids lourds, eh bien ça demande en fait une sacrée concentration dès qu’un jeune mec te fous la main entre les cuisses. Et chercher son plaisir en plus de ça. Je l&rsquo;ai largué sur une bretelle. Sans avoir pris le temps de lui rendre la monnaie de sa pièce. Il m’a traitée de je sais pas quoi mais j’ai une idée assez précise tout de même. Désolée, je suis attendue à un mariage. </span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">C’est en arrivant en vue de l&rsquo;église, en vue sur le GPS, mais c’était pas mon mariage, que je me suis souvenue de ma culotte. </span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Je savais plus comment elle s’était éclipsée de mes pieds. En écartant les genoux, je pouvais l’apercevoir qui dépassait de sous le siège J’avais toujours pas le temps de m&rsquo;arrêter, j&rsquo;ai fait ça d&rsquo;une main. Je me voyais pas entrer dans l’église sans culotte. Le plus difficile, c&rsquo;est au moment d&rsquo;enfiler la jambe droite. La gauche ça pose aucun problème, avec une boîte à vitesse automatique, elle n’a que ça à faire. Mais la droite, elle doit s’occuper de deux pédales… Et quand tu veux pas arriver trop en retard à un mariage, tu peux pas freiner. Alors tu te vrilles sur ton siège pour que ton pied gauche se glisse sur la pédale d’accélération, qui évidemment se trouve à l’opposé, tout à droite. Au même moment, tu soulèves le pied droit et tu te penches vers lui, et tu tires de ta main droite sur la culotte qui est déjà accrochée à l’autre jambe et tu pestes parce que tu n’aurais pas dû procéder dans cet ordre, mais c’est trop tard. Il va sans dire que tu rates la sortie 112 et que le mec dans le GPS te signale que ce n’est pas possible, qu’il te faut faire demi-tour. Et ça, bien sûr, ça, remettre ta culotte tout en conduisant, ça personne ne te l’apprend au moment de passer ton permis.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: center;">***</p>
<p style='text-align:left'>&copy; 2016, <a href='http://lodeurdusexetiede.com'>Jean-Louis Milesi</a>. ]]></googleplay:description>
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			<title>2 &#8211; LE BOULOT</title>
			<link>http://lodeurdusexetiede.com/podcast/2-le-boulot/</link>
			<pubDate>Wed, 11 May 2016 05:58:14 +0000</pubDate>
			<dc:creator>Jean-Louis Milesi</dc:creator>
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			<description><![CDATA[illustration du chapitre : JANJA GORNIK http://janjagornik Un tas de chercheurs d&#8217;or m&#8217;attendait, alors j&#8217;ai rien pu faire sur Facebook avant un petit moment. Dès que j&#8217;ai eu une minute à moi, j&#8217;ai raconté ma ballade en voiture. Ballade, façon de parler. Bien sûr, je vais pas dire tout de go ce que j&#8217;ai fait [&#8230;]]]></description>
			<itunes:subtitle><![CDATA[illustration du chapitre : JANJA GORNIK http://janjagornik Un tas de chercheurs d&#8217;or m&#8217;attendait, alors j&#8217;ai rien pu faire sur Facebook avant un petit moment. Dès que j&#8217;ai eu une minute à moi, j&#8217;ai raconté ma ballade en voit]]></itunes:subtitle>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="mceTemp">
<ul>
<li><span style="color: #000000;">illustration du chapitre : <strong>JANJA GORNIK</strong> <span style="color: #0000ff;"><a style="color: #0000ff;" href="http://janjagornik.deviantart.com/gallery/" target="_blank">http://janjagornik</a></span></span></li>
</ul>
</div>
<hr />
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Un tas de chercheurs d&rsquo;or m&rsquo;attendait, alors j&rsquo;ai rien pu faire sur Facebook avant un petit moment.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Dès que j&rsquo;ai eu une minute à moi, j&rsquo;ai raconté ma ballade en voiture. Ballade, façon de parler. Bien sûr, je vais pas dire tout de go ce que j&rsquo;ai fait pendant la pause déjeuner. D&rsquo;abord parce que les copines seraient vertes de jalousie, et des copines vertes de jalousie, faut dire ce qui est, vite fait c&rsquo;est plus des copines. Et ensuite parce que tôt ou tard mon mari serait mis au courant. Maintenant il est mort. Mais je savais pas encore en remontant du parking.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Je me souviens, une fois j&rsquo;avais écrit : si les voitures roulaient au plaisir, on n&rsquo;aurait plus de problème de carburant.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Ce jour-là, le jour de la mort de mon mari, j&rsquo;avais écrit : pause-déjeuner, petite saucisse dans ma voiture, musique à fond.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">J&rsquo;avais menti, il n’y avait pas de musique à fond, pas assez discret, mais j’avais rajouté la musique pour le cas où quelqu&rsquo;un me demanderait pourquoi j&rsquo;étais allée dans ma voiture pour manger une saucisse. Et ça n&rsquo;a pas loupé, une copine m&rsquo;a demandé pourquoi dans la voiture, j&rsquo;ai répondu que je pouvais mettre la musique à fond, elle m&rsquo;a demandé jusqu&rsquo;où j&rsquo;avais roulé, j&rsquo;ai pas roulé j&rsquo;ai répondu. T&rsquo;étais simplement assise dans ta voiture ? À manger ton hot-dog ? T&rsquo;as pas peur des taches !</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Je me suis demandé si elle était vraiment conne ou au contraire, si elle avait tout pigé, la salope.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">J&rsquo;étais en train de réfléchir à une réponse, du genre qui en dit suffisamment pour tout dire et pour rien dire, ça demande quelques minutes de réflexion, lorsque mon portable a sonné. C&rsquo;était mon mari. Oui chéri, j&rsquo;ai dit.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Moi aussi j&rsquo;ai un raccourci sur mon téléphone portable, ça s&rsquo;appelle &laquo;&nbsp;mon chéri&nbsp;&raquo;, c&rsquo;est un cœur, j&rsquo;ai qu&rsquo;à cliquer dessus avec mon doigt et ça compose le numéro de mon mari. Sur son portable à lui, il a la même chose, mais c&rsquo;est pas un cœur, c&rsquo;est juste ma photo. Je suis horrible sur cette photo. Sans doute parce que je souris. Quand je souris, parfois, ça donne une drôle d’impression sur mon visage, comme quand tu remets vite fait ta culotte, sans prendre le temps de vraiment la positionner, et qu’un des bords se coince entre les lèvres, et toi tu cours parce que ça t’a forcément foutue en retard, ce que tu viens de faire et qui t’oblige à remettre ta culotte vite fait. Et plus tu cours et plus ce rebord coincé te tire sur une lèvre, et te force un sourire, un sourire qui s’agrandit en courant et te déchire l’entrejambe. C’est ce genre de sourire que j’avais sur la photo, sur le téléphone de mon mari. </span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Une voix m&rsquo;a répondu :</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">— Bonjour madame, police de Livermore.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">C&rsquo;était pas mon mari.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">C&rsquo;était la police.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Mon mari était mort.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: center;">***</p>
<p style='text-align:left'>&copy; 2016, <a href='http://lodeurdusexetiede.com'>Jean-Louis Milesi</a>. tous droit réservés  dépôt légal SACD &#8211; ISBN 978-2-9539370-7-7</p>
]]></content:encoded>
			<itunes:summary><![CDATA[<div class="mceTemp">
<ul>
<li><span style="color: #000000;">illustration du chapitre : <strong>JANJA GORNIK</strong> <span style="color: #0000ff;"><a style="color: #0000ff;" href="http://janjagornik.deviantart.com/gallery/" target="_blank">http://janjagornik</a></span></span></li>
</ul>
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<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Un tas de chercheurs d&rsquo;or m&rsquo;attendait, alors j&rsquo;ai rien pu faire sur Facebook avant un petit moment.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Dès que j&rsquo;ai eu une minute à moi, j&rsquo;ai raconté ma ballade en voiture. Ballade, façon de parler. Bien sûr, je vais pas dire tout de go ce que j&rsquo;ai fait pendant la pause déjeuner. D&rsquo;abord parce que les copines seraient vertes de jalousie, et des copines vertes de jalousie, faut dire ce qui est, vite fait c&rsquo;est plus des copines. Et ensuite parce que tôt ou tard mon mari serait mis au courant. Maintenant il est mort. Mais je savais pas encore en remontant du parking.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Je me souviens, une fois j&rsquo;avais écrit : si les voitures roulaient au plaisir, on n&rsquo;aurait plus de problème de carburant.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Ce jour-là, le jour de la mort de mon mari, j&rsquo;avais écrit : pause-déjeuner, petite saucisse dans ma voiture, musique à fond.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">J&rsquo;avais menti, il n’y avait pas de musique à fond, pas assez discret, mais j’avais rajouté la musique pour le cas où quelqu&rsquo;un me demanderait pourquoi j&rsquo;étais allée dans ma voiture pour manger une saucisse. Et ça n&rsquo;a pas loupé, une copine m&rsquo;a demandé pourquoi dans la voiture, j&rsquo;ai répondu que je pouvais mettre la musique à fond, elle m&rsquo;a demandé jusqu&rsquo;où j&rsquo;avais roulé, j&rsquo;ai pas roulé j&rsquo;ai répondu. T&rsquo;étais simplement assise dans ta voiture ? À manger ton hot-dog ? T&rsquo;as pas peur des taches !</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Je me suis demandé si elle était vraiment conne ou au contraire, si elle avait tout pigé, la salope.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">J&rsquo;étais en train de réfléchir à une réponse, du genre qui en dit suffisamment pour tout dire et pour rien dire, ça demande quelques minutes de réflexion, lorsque mon portable a sonné. C&rsquo;était mon mari. Oui chéri, j&rsquo;ai dit.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Moi aussi j&rsquo;ai un raccourci sur mon téléphone portable, ça s&rsquo;appelle &laquo;&nbsp;mon chéri&nbsp;&raquo;, c&rsquo;est un cœur, j&rsquo;ai qu&rsquo;à cliquer dessus avec mon doigt et ça compose le numéro de mon mari. Sur son portable à lui, il a la même chose, mais c&rsquo;est pas un cœur, c&rsquo;est juste ma photo. Je suis horrible sur cette photo. Sans doute parce que je souris. Quand je souris, parfois, ça donne une drôle d’impression sur mon visage, comme quand tu remets vite fait ta culotte, sans prendre le temps de vraiment la positionner, et qu’un des bords se coince entre les lèvres, et toi tu cours parce que ça t’a forcément foutue en retard, ce que tu viens de faire et qui t’oblige à remettre ta culotte vite fait. Et plus tu cours et plus ce rebord coincé te tire sur une lèvre, et te force un sourire, un sourire qui s’agrandit en courant et te déchire l’entrejambe. C’est ce genre de sourire que j’avais sur la photo, sur le téléphone de mon mari. </span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Une voix m&rsquo;a répondu :</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">— Bonjour madame, police de Livermore.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">C&rsquo;était pas mon mari.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify]]></itunes:summary>
			<googleplay:description><![CDATA[<div class="mceTemp">
<ul>
<li><span style="color: #000000;">illustration du chapitre : <strong>JANJA GORNIK</strong> <span style="color: #0000ff;"><a style="color: #0000ff;" href="http://janjagornik.deviantart.com/gallery/" target="_blank">http://janjagornik</a></span></span></li>
</ul>
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<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Un tas de chercheurs d&rsquo;or m&rsquo;attendait, alors j&rsquo;ai rien pu faire sur Facebook avant un petit moment.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Dès que j&rsquo;ai eu une minute à moi, j&rsquo;ai raconté ma ballade en voiture. Ballade, façon de parler. Bien sûr, je vais pas dire tout de go ce que j&rsquo;ai fait pendant la pause déjeuner. D&rsquo;abord parce que les copines seraient vertes de jalousie, et des copines vertes de jalousie, faut dire ce qui est, vite fait c&rsquo;est plus des copines. Et ensuite parce que tôt ou tard mon mari serait mis au courant. Maintenant il est mort. Mais je savais pas encore en remontant du parking.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Je me souviens, une fois j&rsquo;avais écrit : si les voitures roulaient au plaisir, on n&rsquo;aurait plus de problème de carburant.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Ce jour-là, le jour de la mort de mon mari, j&rsquo;avais écrit : pause-déjeuner, petite saucisse dans ma voiture, musique à fond.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">J&rsquo;avais menti, il n’y avait pas de musique à fond, pas assez discret, mais j’avais rajouté la musique pour le cas où quelqu&rsquo;un me demanderait pourquoi j&rsquo;étais allée dans ma voiture pour manger une saucisse. Et ça n&rsquo;a pas loupé, une copine m&rsquo;a demandé pourquoi dans la voiture, j&rsquo;ai répondu que je pouvais mettre la musique à fond, elle m&rsquo;a demandé jusqu&rsquo;où j&rsquo;avais roulé, j&rsquo;ai pas roulé j&rsquo;ai répondu. T&rsquo;étais simplement assise dans ta voiture ? À manger ton hot-dog ? T&rsquo;as pas peur des taches !</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Je me suis demandé si elle était vraiment conne ou au contraire, si elle avait tout pigé, la salope.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">J&rsquo;étais en train de réfléchir à une réponse, du genre qui en dit suffisamment pour tout dire et pour rien dire, ça demande quelques minutes de réflexion, lorsque mon portable a sonné. C&rsquo;était mon mari. Oui chéri, j&rsquo;ai dit.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Moi aussi j&rsquo;ai un raccourci sur mon téléphone portable, ça s&rsquo;appelle &laquo;&nbsp;mon chéri&nbsp;&raquo;, c&rsquo;est un cœur, j&rsquo;ai qu&rsquo;à cliquer dessus avec mon doigt et ça compose le numéro de mon mari. Sur son portable à lui, il a la même chose, mais c&rsquo;est pas un cœur, c&rsquo;est juste ma photo. Je suis horrible sur cette photo. Sans doute parce que je souris. Quand je souris, parfois, ça donne une drôle d’impression sur mon visage, comme quand tu remets vite fait ta culotte, sans prendre le temps de vraiment la positionner, et qu’un des bords se coince entre les lèvres, et toi tu cours parce que ça t’a forcément foutue en retard, ce que tu viens de faire et qui t’oblige à remettre ta culotte vite fait. Et plus tu cours et plus ce rebord coincé te tire sur une lèvre, et te force un sourire, un sourire qui s’agrandit en courant et te déchire l’entrejambe. C’est ce genre de sourire que j’avais sur la photo, sur le téléphone de mon mari. </span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Une voix m&rsquo;a répondu :</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">— Bonjour madame, police de Livermore.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">C&rsquo;était pas mon mari.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify]]></googleplay:description>
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			<itunes:author>Jean-Louis Milesi</itunes:author>
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			<title>1 &#8211; LE MARI</title>
			<link>http://lodeurdusexetiede.com/podcast/1-le-mari/</link>
			<pubDate>Sat, 07 May 2016 05:30:35 +0000</pubDate>
			<dc:creator>Jean-Louis Milesi</dc:creator>
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			<description><![CDATA[Illustration du chapitre : Mary Joy Scott &#171;&#160;Mural&#160;&#187; Clarion Alley, San Francisco, CA (photo JL Milesi) Mary Joy Scott FaceBook Je me suis rendu compte de rien. J’essaie pas de me trouver des excuses. On était en train de faire l’amour et c’est arrivé, il est mort. Je continuais à m’agiter. Pourquoi j’aurais cessé ? Je m’étais aperçue de [&#8230;]]]></description>
			<itunes:subtitle><![CDATA[Illustration du chapitre : Mary Joy Scott &#171;&#160;Mural&#160;&#187; Clarion Alley, San Francisco, CA (photo JL Milesi) Mary Joy Scott FaceBook Je me suis rendu compte de rien. J’essaie pas de me trouver des excuses. On était en train de faire l’amour]]></itunes:subtitle>
			<content:encoded><![CDATA[<ul>
<li><span style="color: #000000;">Illustration du chapitre : <strong>Mary Joy Scott </strong><em>&laquo;&nbsp;Mural&nbsp;&raquo;</em> Clarion Alley, San Francisco, CA (photo JL Milesi)</span> <span style="color: #3366ff;"><span style="color: #3366ff;"><a style="color: #3366ff;" href="https://www.facebook.com/maryjoytattoo" target="_blank">Mary Joy Scott FaceBook</a></span></span><br />
<hr />
</li>
</ul>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Je me suis rendu compte de rien. J’essaie pas de me trouver des excuses. On était en train de faire l’amour et c’est arrivé, il est mort.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Je continuais à m’agiter. Pourquoi j’aurais cessé ? Je m’étais aperçue de rien, j’avais pas de raison d’arrêter. Je continuais à chercher mon plaisir. Je le cherche plus souvent que je le trouve. Non, c’est pas tout à fait exact. Je le trouve assez souvent. Mais ce que j’aimerais, c’est le trouver sans avoir à le chercher. Je veux dire…</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">La mort de mon mari me trouble.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Je veux dire que… Merde ! Le plaisir c’est pas comme les clefs de sa voiture qu’on sait plus où on les pose et qu’on cherche. Ça devrait pas agacer de chercher son plaisir ! Alors que moi le plus souvent, ça m’agace. Comme si quelqu’un, l’autre quoi, le mec, le mari, et bien c’est comme s’il s’amusait à vous planquer vos clefs de bagnole. Et à vous de les trouver !</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Les clefs, je m’en fous, ça énerve de les chercher, mais on s’en fout, c’est un exemple.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Mais qu’on vous planque le plaisir ! Qu’on vous empêche de le trouver !</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Mais t’en as fait quoi ! t’as envie de gueuler à l’autre. T’en as fait quoi ? Et tu t’agites. Il est où ? Arrête, je joue plus, rends-moi mon plaisir ! tu hurles en te trémoussant de plus belle, arrête de faire le con je te dis, rends-le-moi tout de suite, rends-le, rends-le, tu t’agites, tu t’agites de plus en plus, tu te secoues comme si tu voulais le faire tomber de ton corps, l’expulser à coups de soubresauts ce plaisir qui rechigne. Ça vient pas, mais ça vient pas. T’entends dis ! Rends-le-moi !</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">On faisait l’amour et il est mort.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Noyé.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Je crois pas aux esprits et tout ça, mais je pense vraiment que quelque chose aurait dû me prévenir.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Mais non.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Moi je continuais comme si de rien. Et vas-y que je te chevauche, que je te cherche le bon angle d’attaque comme si le pied-de-biche de l’autre n’était rien d’autre que ça, un pied-de-biche, et tu tâtonnes avec pour décrocher ce plaisir coincé tout là-haut dans la moiteur, trop onctueux pour se laisser attraper.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">C’est idiot.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Je veux dire, qui aurait pu me prévenir ? Mon mari ? La mort l’aurait convoqué pour lui dire :</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">— Ça y est mon gars, c’est l’heure, c’est maintenant. Coucou ! C’est qui ? C’est la mort ! Je t’ai trouvé ! Allez, téléphone à ta femme, qu’on en finisse.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Il m’appelle.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">— Chéri ? C’est moi. Je ne te dérange pas longtemps, c’est juste pour te prévenir que je vais crever. T’en fais pas, il dit encore, c’est comme ça, il ajoute avant de raccrocher.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Et aussi sec la mort se dresse devant lui et lui crie au nez :</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">— T’es mort !</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Et il tombe raide.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Non, ça se passe pas comme ça.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Ça se passe pas comme ça, parce que s’il m’avait téléphoné, mon mari, j’aurais sans doute pas répondu, à cause du pied-de-biche de l’autre entre mes cuisses.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Et si j’avais tout de même décroché, il m’aurait dit chérie ? c’est moi, et moi j’aurais répondu :</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">— Je peux pas te parler là, je suis au boulot.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">— C’est pas l’heure de ta pause ?</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">— Si, mais…</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Je serre l’autre à la gorge pour qu’il cesse de s’agiter connement, je suis au téléphone ! j’ai envie de lui gueuler. Mes doigts lui écrabouillent la glotte, l’empêchent de respirer, sa nuque s’enfonce dans le dossier du fauteuil. Il sait bien que je téléphone, je suis à califourchon sur ses cuisses et je me balance lentement, je peux pas m’empêcher de me balancer.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">— Je ne te dérange pas longtemps, c’est juste pour te prévenir que je vais crever.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">— Ah okay, et tu comptes rentrer vers quelle heure ?</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Parce qu’évidemment, on peut pas tout faire en même temps, écouter son mari et chercher son plaisir.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">— T’en fais pas, il dit encore, c’est comme ça, puis il raccroche.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Et je reprends mon affaire, avec le propriétaire du pied-de-biche.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Mon mari ne m’a pas téléphoné, personne ne m’a prévenue.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Je veux dire, avant sa mort.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: center;">***</p>
<p style='text-align:left'>&copy; 2016, <a href='http://lodeurdusexetiede.com'>Jean-Louis Milesi</a>. tous droit réservés  dépôt légal SACD &#8211; ISBN 978-2-9539370-7-7</p>
]]></content:encoded>
			<itunes:summary><![CDATA[<ul>
<li><span style="color: #000000;">Illustration du chapitre : <strong>Mary Joy Scott </strong><em>&laquo;&nbsp;Mural&nbsp;&raquo;</em> Clarion Alley, San Francisco, CA (photo JL Milesi)</span> <span style="color: #3366ff;"><span style="color: #3366ff;"><a style="color: #3366ff;" href="https://www.facebook.com/maryjoytattoo" target="_blank">Mary Joy Scott FaceBook</a></span></span><br />
<hr />
</li>
</ul>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Je me suis rendu compte de rien. J’essaie pas de me trouver des excuses. On était en train de faire l’amour et c’est arrivé, il est mort.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Je continuais à m’agiter. Pourquoi j’aurais cessé ? Je m’étais aperçue de rien, j’avais pas de raison d’arrêter. Je continuais à chercher mon plaisir. Je le cherche plus souvent que je le trouve. Non, c’est pas tout à fait exact. Je le trouve assez souvent. Mais ce que j’aimerais, c’est le trouver sans avoir à le chercher. Je veux dire…</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">La mort de mon mari me trouble.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Je veux dire que… Merde ! Le plaisir c’est pas comme les clefs de sa voiture qu’on sait plus où on les pose et qu’on cherche. Ça devrait pas agacer de chercher son plaisir ! Alors que moi le plus souvent, ça m’agace. Comme si quelqu’un, l’autre quoi, le mec, le mari, et bien c’est comme s’il s’amusait à vous planquer vos clefs de bagnole. Et à vous de les trouver !</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Les clefs, je m’en fous, ça énerve de les chercher, mais on s’en fout, c’est un exemple.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Mais qu’on vous planque le plaisir ! Qu’on vous empêche de le trouver !</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Mais t’en as fait quoi ! t’as envie de gueuler à l’autre. T’en as fait quoi ? Et tu t’agites. Il est où ? Arrête, je joue plus, rends-moi mon plaisir ! tu hurles en te trémoussant de plus belle, arrête de faire le con je te dis, rends-le-moi tout de suite, rends-le, rends-le, tu t’agites, tu t’agites de plus en plus, tu te secoues comme si tu voulais le faire tomber de ton corps, l’expulser à coups de soubresauts ce plaisir qui rechigne. Ça vient pas, mais ça vient pas. T’entends dis ! Rends-le-moi !</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">On faisait l’amour et il est mort.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Noyé.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Je crois pas aux esprits et tout ça, mais je pense vraiment que quelque chose aurait dû me prévenir.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Mais non.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Moi je continuais comme si de rien. Et vas-y que je te chevauche, que je te cherche le bon angle d’attaque comme si le pied-de-biche de l’autre n’était rien d’autre que ça, un pied-de-biche, et tu tâtonnes avec pour décrocher ce plaisir coincé tout là-haut dans la moiteur, trop onctueux pour se laisser attraper.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">C’est idiot.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Je veux dire, qui aurait pu me prévenir ? Mon mari ? La mort l’aurait convoqué pour lui dire :</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">— Ça y est mon gars, c’est l’heure, c’est maintenant. Coucou ! C’est qui ? C’est la mort ! Je t’ai trouvé ! Allez, téléphone à ta femme, qu’on en finisse.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Il m’appelle.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">— Chéri ? C’est moi. Je ne te dérange pas longtemps, c’est juste pour te prévenir que je vais crever. T]]></itunes:summary>
			<googleplay:description><![CDATA[<ul>
<li><span style="color: #000000;">Illustration du chapitre : <strong>Mary Joy Scott </strong><em>&laquo;&nbsp;Mural&nbsp;&raquo;</em> Clarion Alley, San Francisco, CA (photo JL Milesi)</span> <span style="color: #3366ff;"><span style="color: #3366ff;"><a style="color: #3366ff;" href="https://www.facebook.com/maryjoytattoo" target="_blank">Mary Joy Scott FaceBook</a></span></span><br />
<hr />
</li>
</ul>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Je me suis rendu compte de rien. J’essaie pas de me trouver des excuses. On était en train de faire l’amour et c’est arrivé, il est mort.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Je continuais à m’agiter. Pourquoi j’aurais cessé ? Je m’étais aperçue de rien, j’avais pas de raison d’arrêter. Je continuais à chercher mon plaisir. Je le cherche plus souvent que je le trouve. Non, c’est pas tout à fait exact. Je le trouve assez souvent. Mais ce que j’aimerais, c’est le trouver sans avoir à le chercher. Je veux dire…</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">La mort de mon mari me trouble.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Je veux dire que… Merde ! Le plaisir c’est pas comme les clefs de sa voiture qu’on sait plus où on les pose et qu’on cherche. Ça devrait pas agacer de chercher son plaisir ! Alors que moi le plus souvent, ça m’agace. Comme si quelqu’un, l’autre quoi, le mec, le mari, et bien c’est comme s’il s’amusait à vous planquer vos clefs de bagnole. Et à vous de les trouver !</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Les clefs, je m’en fous, ça énerve de les chercher, mais on s’en fout, c’est un exemple.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Mais qu’on vous planque le plaisir ! Qu’on vous empêche de le trouver !</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Mais t’en as fait quoi ! t’as envie de gueuler à l’autre. T’en as fait quoi ? Et tu t’agites. Il est où ? Arrête, je joue plus, rends-moi mon plaisir ! tu hurles en te trémoussant de plus belle, arrête de faire le con je te dis, rends-le-moi tout de suite, rends-le, rends-le, tu t’agites, tu t’agites de plus en plus, tu te secoues comme si tu voulais le faire tomber de ton corps, l’expulser à coups de soubresauts ce plaisir qui rechigne. Ça vient pas, mais ça vient pas. T’entends dis ! Rends-le-moi !</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">On faisait l’amour et il est mort.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Noyé.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Je crois pas aux esprits et tout ça, mais je pense vraiment que quelque chose aurait dû me prévenir.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Mais non.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Moi je continuais comme si de rien. Et vas-y que je te chevauche, que je te cherche le bon angle d’attaque comme si le pied-de-biche de l’autre n’était rien d’autre que ça, un pied-de-biche, et tu tâtonnes avec pour décrocher ce plaisir coincé tout là-haut dans la moiteur, trop onctueux pour se laisser attraper.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">C’est idiot.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Je veux dire, qui aurait pu me prévenir ? Mon mari ? La mort l’aurait convoqué pour lui dire :</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">— Ça y est mon gars, c’est l’heure, c’est maintenant. Coucou ! C’est qui ? C’est la mort ! Je t’ai trouvé ! Allez, téléphone à ta femme, qu’on en finisse.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">Il m’appelle.</span></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;"><span class="s1">— Chéri ? C’est moi. Je ne te dérange pas longtemps, c’est juste pour te prévenir que je vais crever. T]]></googleplay:description>
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